Dernière mise à jour : décembre 2025
Dans un environnement marqué par des taux d'intérêt élevés (Treasury 10 ans à 4.14%), une inflation qui se normalise après les pics de 2022-2023, et une volatilité boursière persistante, les actions à dividendes retrouvent leur attrait auprès des investisseurs. Ces titres offrent une combinaison rare : revenu stable, potentiel d'appréciation du capital, et protection lors des corrections de marché.

La contribution décisive des dividendes au rendement total
Les dividendes ne représentent pas un simple complément aux gains en capital, ils constituent une composante essentielle de la performance boursière à long terme. Selon S&P Dow Jones Indices, les dividendes ont contribué à hauteur de 31% du rendement total mensuel du S&P 500 sur la période 1926-2025. Cette contribution a même atteint 37% sur la période 1927-2023 selon Bloomberg.
Cette importance varie selon les décennies. Durant les années 1940 et 1970, périodes de croissance économique modérée, les dividendes ont représenté plus de la moitié du rendement total. À l'inverse, durant les années 1990, portées par une appréciation boursière exceptionnelle, ils ne comptaient que pour 14% du rendement. Dans les années 2000, marquées par deux krachs majeurs (bulle internet et crise financière), les dividendes ont fourni la quasi-totalité du rendement positif, compensant les pertes en capital.
Performance supérieure des payeurs de dividendes
Les données historiques démontrent sans ambiguïté la surperformance des entreprises distribuant des dividendes. Une étude de Ned Davis Research couvrant la période 1973-2022 révèle des écarts de performance considérables.
Un investissement de 100 dollars effectué en 1973 aurait généré les résultats suivants en 2022 :
- Entreprises augmentant leurs dividendes : 14,118 dollars
- S&P 500 (indice complet) : 4,439 dollars
- Entreprises sans dividendes : 843 dollars
- Entreprises réduisant leurs dividendes : 73 dollars (perte de 27%)
Ces résultats s'accompagnent d'une volatilité moindre. Sur la période 1976-2022, les payeurs de dividendes ont affiché un rendement annualisé de 12.4% avec une volatilité de 15.0%, contre 11.7% et 25.7% pour les non-payeurs selon les données de Kenneth French.
Les caractéristiques défensives des dividendes
Protection lors des corrections
Les dividendes agissent comme un amortisseur lors des phases baissières. Durant les corrections de marché (baisse ≥10%), les actions à dividendes limitent systématiquement les pertes par rapport aux non-payeurs. Cette protection s'explique par le flux de revenus positif que procurent les distributions, indépendamment des fluctuations de cours.
Moindre volatilité
Les dividend growers du Russell 1000 ont généré un rendement annualisé de 11.41% avec une volatilité de 14.35% sur la période 1985-2024, comparé à 11.07% et 15.87% pour l'indice Russell 1000 complet. Cette combinaison rendement supérieur-risque inférieur contredit la théorie financière classique et souligne la qualité intrinsèque de ces entreprises.
Un signal de solidité financière
Le versement régulier de dividendes constitue un indicateur fiable de la santé financière d'une entreprise. Une politique de dividende implique plusieurs facteurs positifs :
- Discipline financière : L'engagement de verser des dividendes oblige la direction à générer des flux de trésorerie positifs et récurrents
- Transparence : Les dividendes renforcent la crédibilité des bénéfices annoncés, car ils représentent de la trésorerie réellement distribuée
- Confiance : Une augmentation du dividende signale la confiance du management dans les perspectives futures
- Responsabilité : Les entreprises répugnent à réduire leur dividende, ceci étant perçu très négativement par les investisseurs
Le contexte favorable de 2025
Rendements comparés aux obligations
Avec un rendement du S&P 500 autour de 1.14% et des obligations du Trésor à 10 ans offrant 4.2%, l'écart semble défavorable aux actions. Toutefois, cette comparaison néglige trois éléments essentiels :
- Les dividendes croissent au fil du temps, contrairement aux coupons obligataires fixes
- Les actions offrent un potentiel d'appréciation du capital significatif
- Les entreprises de qualité augmentent régulièrement leurs distributions
Par exemple, un investisseur qui aurait acheté des actions d'aristocrates du dividende il y a 10 ans bénéficie aujourd'hui d'un rendement sur prix de revient bien supérieur à 1.14%, grâce aux augmentations successives.
Des bilans solides
Après la période COVID et face à l'incertitude économique, de nombreuses entreprises ont renforcé leur situation financière. Cette solidité permet de maintenir et d'augmenter les dividendes même en période difficile. Les ratios de distribution (payout ratios) restent soutenables pour la majorité des payeurs du S&P 500.
Demande des investisseurs
Le vieillissement démographique continue d'alimenter la demande pour les titres générateurs de revenus. Les retraités et investisseurs cherchant un revenu régulier privilégient naturellement les actions à dividendes, créant un support structurel pour ces titres.
Les pièges à éviter
Un rendement élevé n'est pas toujours synonyme d'opportunité. Plusieurs signaux d'alerte doivent inciter à la prudence :
- Rendement exceptionnellement élevé (>6%) : Souvent le résultat d'une chute du cours, signalant des difficultés
- Ratio de distribution élevé (>80%) : Laisse peu de marge pour maintenir le dividende en cas de baisse des bénéfices
- Flux de trésorerie libre négatif : Le dividende n'est pas soutenable à long terme
- Dette excessive : Limite la capacité de l'entreprise à maintenir ses distributions
- Secteurs cycliques en difficulté : Risque de réduction forcée du dividende
L'exemple de Walgreens illustre ces risques. Membre historique des Dividend Aristocrats, l'entreprise a dû réduire puis suspendre son dividende en 2024-2025 face à ses difficultés opérationnelles.
Stratégie d'investissement
Pour tirer parti des avantages des dividendes tout en limitant les risques, privilégiez :
- Les dividend growers : Entreprises augmentant régulièrement leurs dividendes depuis 10+ ans
- Les ratios de distribution modérés : Entre 40% et 70% des bénéfices
- Les flux de trésorerie libre positifs : Capacité réelle à financer le dividende
- La diversification sectorielle : Éviter la concentration dans les secteurs cycliques
- Le réinvestissement : Maximiser l'effet des intérêts composés
Conclusion
Les actions à dividendes conservent toute leur pertinence en 2025. Les données historiques démontrent leur supériorité en termes de rendement total et de réduction du risque. La contribution de 31% des dividendes au rendement du S&P 500 depuis un siècle, la transformation de 100 dollars en 14,118 dollars pour les dividend growers contre 843 dollars pour les non-payeurs, et la volatilité réduite de 15% plaident clairement en leur faveur.
Dans un environnement de taux élevés et de volatilité persistante, les dividendes offrent un revenu régulier, une protection à la baisse, et un potentiel d'appréciation. L'essentiel réside dans la sélection : privilégier la qualité, la croissance régulière des distributions, et la soutenabilité financière plutôt que le simple rendement élevé.
Les dividendes ne garantissent pas le succès, mais les entreprises qui les augmentent constamment ont historiquement surperformé le marché avec moins de risque. Cette combinaison rare fait des dividend growers un pilier pour tout portefeuille orienté vers la création de richesse à long terme.
Questions fréquentes (FAQ)
Quel est le rendement en dividendes actuel du S&P 500 ?
Le rendement en dividendes du S&P 500 s'établit à environ 1.14% en décembre 2025. Ce niveau, bien qu'historiquement bas, doit être replacé dans le contexte de valorisations élevées et de croissance des dividendes au fil du temps.
Les actions à dividendes performent-elles mieux que les autres ?
Oui, historiquement. Sur la période 1973-2022, les entreprises augmentant leurs dividendes ont transformé 100 dollars en 14,118 dollars, contre 4,439 dollars pour le S&P 500 et seulement 843 dollars pour les non-payeurs. Cette surperformance s'accompagne d'une volatilité réduite.
Quelle est la part des dividendes dans le rendement total ?
Les dividendes ont contribué à hauteur de 31% du rendement total mensuel du S&P 500 sur la période 1926-2025. Cette contribution varie selon les décennies : plus de 50% dans les années 1940 et 1970, seulement 14% dans les années 1990.
Comment identifier un dividende soutenable ?
Analysez le ratio de distribution (payout ratio) qui devrait idéalement se situer entre 40% et 70%, vérifiez les flux de trésorerie libre qui doivent être positifs, examinez l'historique des augmentations de dividendes (10+ ans idéalement), et évaluez le niveau d'endettement qui doit rester raisonnable.
Les taux élevés pénalisent-ils les actions à dividendes ?
Contrairement à une idée reçue, les données historiques montrent que les payeurs de dividendes surperforment dans tous les environnements de taux. Avec des taux du Treasury à 10 ans autour de 4.2% en 2025, les dividendes croissants des actions de qualité offrent un avantage compétitif sur les revenus fixes.
Faut-il privilégier le rendement élevé ?
Non. Un rendement exceptionnellement élevé (>6%) résulte souvent d'une chute du cours et signale des difficultés. Privilégiez plutôt la croissance régulière du dividende et la soutenabilité financière. Les dividend growers avec des rendements modérés (2-4%) ont historiquement mieux performé que les high yielders.
Sources et données
Sources principales :
- S&P Dow Jones Indices - S&P 500 Dividend Aristocrats Research (2025)
- Hartford Funds - The Power of Dividends: Past, Present, and Future (mars 2025)
- Kenneth French Data Library - Dividend Payers vs Non-Payers (1976-2022)
- Ned Davis Research - Dividend Performance Study (1973-2022)
- T. Rowe Price - Growing Dividends Research (décembre 2024)
- Federal Reserve Bank of St. Louis (FRED) - Treasury Yields Data
- Bloomberg - S&P 500 Total Return Analysis
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Bonsoir,
Pour savoir si l’entreprise aura la capacité à augmenter le dividende quel que soit le scénario économique, il faut que son free cash flow soit supérieur au montant total du dividende, sur plusieurs années entre 5 et 10 ans. En complément, gardons un oeil sur le payout ratio (ratio de distribution = dividende / bénéfice).
Par ailleurs, j’estime qu’il ne faut pas se précipiter pour acheter ses actions à dividende croissante car à l’heure actuelle les indices boursiers sont au plus haut depuis 4 ans en particulier pour le S&P 500 et la volatilité est curieusement faible. Enfin, au niveau macroéconomique, tout n’est pas réglé en Europe et tôt ou tard, les mains fortes auront dans le viseur les signes de ralentissement économique des USA.
Cordialement,
Sovanna Sek de GenY Finances.
Mon dernier billet : http://geny-finances.blogspot.com/2012/08/composition-portefeuille-geny-finances.html
Salut Sovanna,
effectivement le marché n’est pas trop abordable en ce moment. Je pense, et je souhaite, qu’on aura une correction cet automne, qui donnera un bon point d’entrée. Mon dernier achat remonte à janvier, ça commence à faire long, même pour investisseur conservateur comme moi 😉
Pour ma part, c’était durant le sell in may and go away => mai-juin 2012.
Bonjour,
En vous lisant, je me demande si c’est bien le moment d’investir dans des actions à dividendes ? moi qui voulais passer a l’action avant la fin du mois…
Quel est le meilleur moment pour investir dans l’absolu ? quels points importants faut il respecter avant de débuter ? et pourquoi pas: quelles actions privilégier ?
Cordialement
Florian
Beaucoup de questions !
En vous lisant, je me demande si c’est bien le moment d’investir dans des actions à dividendes ? Quel est le meilleur moment pour investir dans l’absolu ?
les actions à dividendes sont moins volatiles et moins sensibles au marché que les autres, donc c’est moins grave si on se plante un peu dans le timing
de plus n’oubliez pas qu’historiquement les dividendes représentent environ 50% de la rentabilité totale boursière… en choisissant des dividendes croissants, même si vous deviez vraiment vous planter dans le timing, vous avez toujours les autres 50% pour vous rattraper
lisez aussi cette page : http://www.dividendes.ch/evaluation-du-marche/
quels points importants faut il respecter avant de débuter ? quelles actions privilégier ?
je vous suggère de lire mon Tutorial : http://www.dividendes.ch/tutorial/
vous trouverez encore plus d’infos dans mon E-Book : http://www.dividendes.ch/e-book-profession-rentier/
Ces échanges intéressants datent de bientôt deux ans, et la correction n’a toujours pas eu lieu…donc cela doit faire pres de 6 ans que les indices sont au plus haut si j’en crois Sovanna.
Pfrr..qui va etre capable d’attendre encore longtemps la correction avant d’investir?
Il n’y a pas besoin d’attendre sans absolument rien faire, juste d’investir moins souvent et de manière plus prudente. Se concentrer sur des titres à faible bêta, en marge du marché, délaissés, peu populaires… il y a encore quelques uns. Et surtout il faut garder une bonne réserve de côté pour la correction.