Mis à jour : janvier 2026
En investissement, la connaissance est votre meilleur atout. Avant de construire un portefeuille de revenus, vous devez comprendre les mécanismes en jeu et définir vos objectifs clairement. Cet article vous guide à travers une stratégie éprouvée pour bâtir un portefeuille de dividendes capable de financer vos besoins tout au long de votre retraite. Il ne s'agit pas d'un plan pour devenir riche rapidement, mais d'une approche méthodique combinant patience et bon sens.

L'inflation : l'ennemi silencieux de votre patrimoine
En janvier 2026, le contexte économique suisse illustre parfaitement le dilemme des investisseurs orientés revenus. Les obligations suisses de qualité offrent des rendements de 0.3% à 1.5%, tandis que l'inflation reste quasi nulle à 0.2% (moyenne 2025). L'inflation et le risque de marché sont les deux principaux dangers à considérer avant d'investir. Même si l'inflation suisse actuelle est faible, les prévisions pour 2026 tablent sur 0.5%, et l'histoire nous enseigne qu'elle peut remonter rapidement comme en 2022 (2.8%).
Imaginons un portefeuille obligataire de 1'000'000 CHF offrant un revenu annuel de 15'000 CHF (rendement de 1.5%). Avec une inflation de 1.5% par an sur le long terme, dans 12 ans, ce revenu n'aura plus qu'un pouvoir d'achat équivalent à 12'500 CHF d'aujourd'hui. Vous perdez 17% de votre capacité à maintenir votre niveau de vie.
La puissance des dividendes croissants
Supposons maintenant que vous investissiez ce même million dans des actions de qualité versant des dividendes avec un rendement initial de 3%. Ces sociétés augmentent leur distribution de 5% par an, dépassant largement l'inflation moyenne de long terme. Après 12 ans, vos 30'000 CHF de revenus initiaux passeraient à environ 54'000 CHF par an. En francs constants avec une inflation de 1.5%, cela représente une valeur d'environ 45'000 CHF, soit une croissance réelle de 50% de votre pouvoir d'achat.
Le contraste avec le portefeuille obligataire est saisissant. Là où les obligations maintiennent à peine votre pouvoir d'achat, les dividendes croissants vous enrichissent progressivement.
Combiner actions et obligations pour la stabilité
Un portefeuille équilibré mêlant actions à dividendes et obligations résiste mieux à l'inflation tout en amortissant les fluctuations du marché. La répartition classique 60% actions / 40% obligations reste en gros pertinente, mais doit évoluer avec votre profil :
- Jeunes investisseurs, préretraités et jeunes retraités : privilégiez une pondération en action supérieure ou égale à 70% pour combattre l'inflation sur le long terme
- Retraités de 70 ans ou plus : réduisez à 60% d'actions ou moins selon votre besoin de sécurité
Avec l'âge, votre horizon temporel se raccourcit et la nécessité de battre l'inflation diminue. Une pondération plus importante en obligations peut alors devenir acceptable, même si leurs rendements actuels restent modestes.
Les 6 piliers d'un portefeuille de dividendes de qualité
Un portefeuille de qualité prend du temps à construire. Votre objectif : posséder 20 à 30 entreprises de premier ordre générant des revenus croissants et fiables. Avant d'acheter, définissez vos critères. Faites vos analyses sur les entreprises candidates, puis attendez le bon prix d'entrée. En cas de doute, patientez. Il vaut mieux s'abstenir que de plonger sans réflexion.
1. Répartir le risque sur 20 à 30 positions
Vous investissez pour vos besoins de revenus futurs. Concentrer votre capital sur quelques positions seulement crée un attachement émotionnel dangereux et expose vos revenus à des risques excessifs. Une diversification sur 20 à 30 lignes garantit la stabilité de vos flux de trésorerie, même si quelques entreprises déçoivent.
2. Diversifier sur 5 à 7 secteurs d'activité
Posséder 10 compagnies pétrolières peut sembler solide, jusqu'à ce qu'une crise du secteur frappe toutes vos participations simultanément. La stabilité et la croissance des dividendes sont vos priorités absolues. Vous devez éviter à tout prix les coupures de dividendes massives qui surviennent lorsqu'un secteur entier traverse des difficultés. La crise financière de 2008-2009 a rappelé cette leçon : les banques et institutions financières ont coupé leurs dividendes en masse, ruinant les revenus des investisseurs trop concentrés sur ce secteur.
3. Privilégier la stabilité financière à la croissance pure
Avoir les deux est idéal, mais en cas de doute, choisissez toujours les entreprises financièrement solides. Un bilan sain avec peu d'endettement, des flux de trésorerie prévisibles et des marges confortables garantissent la pérennité des dividendes même en période difficile.
4. Chercher des taux de distribution modérés
Un ratio de distribution (payout ratio) de 60% ou moins offre une marge de sécurité. L'entreprise conserve ainsi 40% de ses bénéfices pour investir dans sa croissance, renforcer ses finances ou faire face aux imprévus. Un payout ratio supérieur à 80% devient risqué : la moindre baisse de résultat menace le dividende.
5. Sélectionner des sociétés à historique de croissance régulière
Les entreprises qui ont augmenté leurs dividendes régulièrement pendant 10, 15 ou 25 ans ont démontré leur capacité à générer de la croissance et à la partager avec leurs actionnaires. Cette constance révèle un management compétent et une stratégie durable.
6. Réinvestir les dividendes pendant l'accumulation
Réinvestissez systématiquement vos dividendes tant que vous n'avez pas besoin de ces revenus pour vivre. Cette stratégie exploite la puissance des intérêts composés et accélère la construction de votre capital avec un effort minimal. Chaque dividende réinvesti acquiert de nouvelles actions qui, à leur tour, génèrent des dividendes supplémentaires.
Méfiez-vous des rendements trop élevés
Paradoxalement, les rendements trop attractifs sont souvent synonymes de fragilité. Un rendement de 8% à 10% fait envie, mais il résulte généralement d'une forte baisse du cours, elle-même causée par des doutes légitimes du marché sur la pérennité du dividende. Vous pourriez vous retrouver face à une coupe brutale du dividende, voire sa suppression totale.
En janvier 2026, des rendements de 3% à 5% sur des actions de qualité sont raisonnables. Au-delà de 6%, menez une analyse approfondie pour comprendre pourquoi le marché sanctionne le titre. Le plus souvent, il a raison.
Accepter le risque pour battre l'inflation
Une rentabilité sans risque de 5% ou plus est impossible dans l'environnement actuel. Cacher votre argent sous le matelas ne fonctionne pas non plus à cause de l'inflation. Les investisseurs doivent prendre des risques mesurés, qu'ils le veuillent ou non, car l'inflation représente déjà un risque certain de perte de pouvoir d'achat.
L'approche des dividendes croissants permet de battre l'inflation sur le long terme avec des risques maîtrisés et raisonnables, bien plus efficacement qu'un portefeuille obligataire qui vous appauvrit progressivement.
Questions fréquentes
Quel rendement moyen viser en 2026 ?
Un rendement initial de 2.5% à 4% sur des actions de qualité est réaliste. Avec une croissance du dividende de 4-6% par an, votre rendement sur prix d'achat atteindra 5-8% après 10 ans. C'est cette croissance qui fait toute la différence à long terme.
Dois-je vendre une action dont le dividende stagne ?
Pas nécessairement. Analysez les raisons : problème temporaire ou structurel ? Si l'entreprise reste solide financièrement et que le dividende est maintenu, la patience peut s'avérer payante. Surveillez le payout ratio et l'évolution des bénéfices.
Les ETF de dividendes sont-ils une alternative valable ?
Les ETF comme Vanguard Dividend Appreciation ou SPDR S&P Dividend Aristocrats offrent une diversification instantanée et des frais minimes. Ils constituent un excellent point de départ ou un complément à une sélection personnelle d'actions, particulièrement si vous manquez de temps pour analyser individuellement 20-30 sociétés.
Sources et données
Données sur les taux d'intérêt et obligations suisses : Banque nationale suisse (BNS), Trading Economics
Données sur l'inflation : Office fédéral de la statistique (OFS)
Analyse des rendements actions : Investing.com, Boursorama, Café de la Bourse
Inspiration originale : Investopedia - Build a Dividend Portfolio
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Excellent article!
Depuis quelque temps déjà, j’ai démarré un blog à propos des riches et de leurs « techniques ». Au fil de mes lectures, j’ai découvert Warren Buffet et Benjamin Graham, puis l’approche du dividend growth investing.
La technique m’a tellement plu que j’ai commencé récemment à me bâtir un portefeuille d’actions de compagnies qui paient des dividendes en croissance. Je trouve la technique particulièrement captivante, simple et efficace. En plus, en mettant le focus sur les revenus et leur croissance, elle distrait l’investisseur des fluctuations des cours boursier, source de stress importante pour plusieurs investisseur et permet de considérer ses actions pour ce qu’elles sont, soit des parts d’une entreprise ayant des produits, des employés… Et non comme de simples billets de lotterie!
J’échange aussi sur une base hebdomadaire avec plusieurs bloggeurs américains qui utilisent cette technique avec succès.
Peu suggèrent d’investir une grande part de capital dans les obligations. Ils suggèrent plutôt, tel que Warren Buffett l’a dit récemment, des titres plus défensifs comme des cies d’électricité, d’approvisionnement en eau potable etc.. (Utilities). Ces compagnies offrent généralement un dividende initial plus élevé (4-6%) avec une croissance du dividende plus modeste (2-5%) et permettent donc à l’individu « riche » de rester « riche ».
Merci Alain. J’ai parcouru ton blog et nous avons semble-t-il plusieurs points communs, dans notre philosophie de vivre, nos sources d’inspiration et notre stratégie d’investissement. Bienvenue à toi dans le cercle des blogueurs en quête d’indépendance financière.