Analyse Coca-Cola 2025 : le géant des dividendes toujours avec Buffett

Dernière mise à jour : décembre 2025

Coca-Cola (KO:NYQ) reste le plus grand fabricant et distributeur de boissons non alcoolisées au monde et demeure l'une des positions phares de Warren Buffett dans le portefeuille de Berkshire Hathaway.

Analyse financière 2025 de Coca-Cola (KO) montrant bouteille iconique avec graphiques de performance, dividende 2.9%, ROE 45%, P/E 23, et référence à Warren Buffett investisseur historique

L'évolution spectaculaire depuis 2018

En 2018, le titre se négociait à 44 fois les bénéfices, les marges nettes stagnaient à 13.4%, et le payout ratio dépassait les 130% des bénéfices courants. La situation était intenable.

Aujourd'hui, le tableau est radicalement différent. L'entreprise a mené un redressement opérationnel impressionnant, qui se reflète dans des fondamentaux nettement améliorés.

Performance opérationnelle : une transformation remarquable

Les chiffres de 2024-2025 témoignent d'une amélioration substantielle de la profitabilité. Le chiffre d'affaires s'élève à 47.8 milliards de dollars (TTM) pour un bénéfice net de 13.0 milliards de dollars (TTM). L'exercice fiscal 2024, clos le 31 décembre, affiche 46.8 milliards de dollars de revenus pour 10.6 milliards de dollars de bénéfice net.

La croissance organique a atteint 12% en 2024, portée par une augmentation des prix de 11% et une croissance des volumes de 2%. Cette performance démontre le pouvoir de pricing exceptionnel de la marque, même dans un contexte inflationniste.

Les marges se sont spectaculairement redressées. La marge brute atteint 63.8% (TTM), la marge opérationnelle s'établit à 31.1% (TTM), et surtout, la marge nette bondit à 27.3% (TTM) contre seulement 13.4% en 2018. Cette amélioration de la profitabilité constitue le changement le plus notable depuis ma dernière analyse.

La rentabilité suit le même mouvement ascendant. Le ROE explose littéralement à 45.1% (TTM) contre 27.9% en 2018. Cette performance exceptionnelle classe Coca-Cola parmi les entreprises les plus rentables de son secteur, où la moyenne industrielle ne dépasse pas 5.2%.

Valorisation : un retour à la raison

La valorisation, qui constituait mon principal grief en 2018, s'est considérablement normalisée. Le P/E s'établit à 23.3 (TTM) contre 44 il y a six ans. Cela reste certes supérieur à la moyenne sectorielle de 17.6.

Le ratio prix/ventes de 6.4 (TTM) demeure élevé et dépasse largement la moyenne industrielle de 1.1. C'est le principal point faible de la valorisation actuelle, avec le P/FCF de 54.5 (TTM).

Le ratio cours/valeur comptable de 9.7 (dernier trimestre) contre 12.3 en 2018 confirme cette normalisation partielle de la valorisation, bien que cela reste très onéreux.

Dividende : enfin soutenable

Le dividende constitue un changement majeur depuis 2018. Le payout ratio s'établit à 65.0% (TTM) contre plus de 130% des bénéfices courants en 2018. Cette normalisation élimine le risque d'insoutenabilité qui pesait sur le titre il y a six ans.

Le rendement actuel de 2.9% peut sembler modeste, mais Coca-Cola affiche désormais 63 années consécutives d'augmentation du dividende, ce qui en fait un Dividend King. La croissance annuelle moyenne du dividende sur cinq ans s'élève à 3.9%, légèrement inférieure à la moyenne sectorielle de 5.1%.

Le dividende annuel indiqué atteint 2.04 dollars par action. Si l'on combine dividende et rachats d'actions, le shareholder yield total s'élève à 3.2%, ce qui reste correct pour une entreprise de cette qualité.

Structure financière : la dette reste préoccupante

Si la profitabilité s'est améliorée, la structure financière demeure le talon d'Achille de Coca-Cola. Le ratio dette/fonds propres s'établit à 1.52 (dernier trimestre), bien au-dessus de la moyenne sectorielle de 0.52. Cette dette élevée limite la flexibilité financière de l'entreprise.

Heureusement, la couverture des intérêts de 9.0x (TTM) reste confortable et dépasse largement la moyenne industrielle de 3.1x. Les excellentes marges permettent de supporter cette dette sans problème immédiat, mais la réduction de l'endettement devrait rester une priorité.

Le Z-Score d'Altman de 4.52 place l'entreprise solidement dans la zone verte, éliminant tout risque de faillite à court terme. Le F-Score de Piotroski de 7 sur 9 confirme la solidité financière globale de l'entreprise.

Stratégie et perspectives 2025

Le CEO James Quincey a déclaré en février 2025 que "la stratégie all-weather fonctionne" et que Coca-Cola "démontre sa capacité à diriger dans des environnements externes dynamiques". L'entreprise vise pour 2025 une croissance organique du chiffre d'affaires de 5.0 à 6.0% et une croissance du BPA comparable de 2.0 à 3.0%, incluant un effet négatif des devises de 6.0 à 7.0%.

Cette guidance prudente reflète un contexte macroéconomique incertain, notamment avec les nouveaux tarifs douaniers sur l'aluminium annoncés par l'administration Trump. Coca-Cola compte s'adapter en diversifiant ses formats d'emballage, privilégiant les bouteilles PET si les canettes aluminium deviennent trop coûteuses.

Le portefeuille de marques continue de bien performer. Coca-Cola Zero Sugar affiche une croissance volumétrique de 13% au T4 2024. Les boissons gazeuses (segment core) progressent de 2% en volume, tandis que les catégories eau, sports, café et thé croissent également de 2% en volume.

Warren Buffett : 37 ans de fidélité

Warren Buffett a commencé à acquérir des actions Coca-Cola en 1988, un an après le krach boursier. Entre 1988 et 1994, il a accumulé 400 millions d'actions pour un coût d'environ 1.3 milliard de dollars. Cette position n'a jamais bougé depuis.

Aujourd'hui, ces 400 millions d'actions valent plus de 28 milliards de dollars, soit un gain de plus de 2800% hors dividendes. Berkshire Hathaway détient 9.3% de Coca-Cola, ce qui en fait la troisième position du portefeuille avec 24.9 milliards de dollars.

Les dividendes constituent un flux de revenus massif pour Berkshire. En 2025, Coca-Cola versera environ 816 millions de dollars de dividendes à Buffett, soit 2.2 millions de dollars par jour. Buffett a qualifié sa détention de Coca-Cola de "sommeil de Rip Van Winkle", signifiant qu'il compte garder ces actions indéfiniment.

Performance boursière récente

Le titre affiche une performance de 11.0% sur 52 semaines et seulement 0.9% sur 26 semaines, reflétant une stabilisation après les gains de l'année précédente. La volatilité annuelle de 17.5% et un bêta proche de zéro (-0.03) confirment le caractère défensif de l'action.

Depuis le début 2024, le titre a progressé de 6%, une performance modeste mais qui reflète la nature défensive et prévisible de l'entreprise. Les périodes d'incertitude économique tendent à favoriser ce type de valeur refuge.

Conclusion : une qualité qui se paye

L'entreprise a spectaculairement amélioré sa profitabilité, normalisé son payout ratio, et démontré sa capacité à générer de la valeur pour les actionnaires. Le ROE de 45% place Coca-Cola parmi l'élite mondiale.

Néanmoins, la valorisation reste élevée. Un P/E de 23 n'est pas excessif pour une entreprise de cette qualité, mais le ratio prix/ventes de 6.4 et le P/FCF de 54 suggèrent que le marché anticipe une croissance soutenue. Avec des perspectives de croissance organique de 5 à 6% pour 2025, il faut se demander si le titre offre un potentiel de hausse significatif à ces niveaux.

La dette élevée (dette/fonds propres de 1.52) constitue le principal point faible structurel. Dans un environnement de taux élevés, cette dette pèse sur la flexibilité financière.

Pour un investisseur recherchant une valeur défensive de grande qualité avec un dividende sûr et croissant, Coca-Cola mérite sa place dans un portefeuille. Les 63 années d'augmentation du dividende parlent d'elles-mêmes. Pour un investisseur value pur cherchant des opportunités décotées, le titre n'offre pas de marge de sécurité suffisante aux cours actuels.

Une recommandation raisonnable serait d'attendre un point d'entrée plus favorable pour initier une nouvelle position. Un repli vers 60-62 dollars offrirait un rapport risque/rendement plus intéressant.

Sources et données

Données financières : FactSet

Rapports et communications officielles :

Articles de presse et analyses :


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2 réflexions sur “Analyse Coca-Cola 2025 : le géant des dividendes toujours avec Buffett”

  1. Philippe de Habsbourg

    Moi j’aimerais bien savoir quelle part de responsabilité Coke possède dans la quantité de plastique qui se retrouve dans les océans de la planète…

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