Vous gérez votre budget au quotidien d'un côté, votre plan de retraite anticipée de l'autre, sans jamais pouvoir les connecter ? Après 15 ans à écrire sur l'indépendance financière et 5 ans en phase de retrait, je développe l'outil qui comble enfin ce fossé.

Phase d'accumulation : pas besoin de budget
Pendant ma phase d'accumulation, j'ai appliqué une méthode ultra-simple pour gérer mes finances : me payer en premier.
Chaque mois, 20% de mes revenus partaient automatiquement dans mes investissements. Le reste ? Je le dépensais sans réfléchir. Pas de budget, pas d'enveloppes, pas de tableur complexe. Juste un fonds d'urgence bien garni et une discipline d'épargne automatique.
Cette méthode m'a permis d'atteindre l'indépendance financière.
Pourquoi aurais-je eu besoin d'un budget ? Mon approche fonctionnait telle quelle : simple, efficace, sans friction.
Les outils de budgeting comme YNAB, Mint ou autres ? Pas pour moi. Du travail inutile pour aucun bénéfice dans ma situation. Je n'avais pas besoin de savoir exactement combien je dépensais en café ou en restaurants - tant que j'épargnais mes 20%, tout allait bien.
Je le reconnais, ma situation était particulière : revenus stables, pas de dettes, discipline naturelle (INTJ). Pour beaucoup, un outil de budget en phase d'accumulation peut accélérer significativement la progression vers le FIRE.
Le réveil brutal de la phase de retrait
Puis je suis passé en phase de retrait.
Et là, tout a changé.
Soudainement, les questions n'étaient plus les mêmes :
- Combien puis-je retirer ce mois-ci sans compromettre ma retraite et sans me fier bêtement à la règle des 4% ?
- Comment équilibrer mes dépenses mensuelles avec ma stratégie de retrait à long terme ?
- Est-ce que je peux me permettre cette dépense exceptionnelle sans impacter mon capital sur 30-50 ans ?
- Comment prendre en compte mes revenus variables (activité accessoire) ou fixes (revenus locatifs) ?
- Comment intégrer mes futures rentes (AVS, 2ème pilier) dans ma planification ?
Aucun outil ne répondait à ces questions.
Les calculateurs de retraite anticipée ? Ils te donnent un nombre FIRE statique, mais ne t'aident pas à gérer le quotidien une fois que tu y es.
Les outils de budgeting classiques ? Ils te disent combien tu as dépensé le mois dernier, mais ne te donnent aucune visibilité sur l'impact à long terme de tes décisions.
Les tableurs faits maison ? Chronophages, complexes, et jamais vraiment adaptés à la situation.
Le chaînon manquant : du quotidien au long terme
Ce qui manquait, c'était un outil qui lie le court terme au long terme.
Un système qui me permette de :
- Gérer mes dépenses mensuelles (comme un budget classique)
- Suivre la valeur de mes comptes et de mes investissements (portefeuille, allocation)
- Planifier mes retraits sur 30-50 ans
- Intégrer mes revenus actuels et mes futures rentes (AVS, 2ème pilier, assurances)
- Simuler des scénarios
Le tout sur une seule plateforme, avec une vision globale.
Le paradoxe psychologique des enveloppes
En creusant le sujet, j'ai réalisé quelque chose de contre-intuitif : les outils de budgeting peuvent servir à deux choses opposées.
En phase d'accumulation : pousser à épargner
Quand ton but est de devenir financièrement indépendant, tu cherches rationaliser tes dépenses. Les enveloppes budgétaires :
- fixent un cadre : tu sais exactement combien tu peux dépenser sans mettre en péril ton plan à long terme.
- t'empêchent de dépenser ce qui n'a pas été fixé dans ce cadre.
- te poussent à planifier de futures dépenses afin de ne pas être pris au dépourvu.
Voilà pour ce qui est de l'objectif connu et habituel d'un budget.
En phase de retrait : forcer à dépenser
MAIS : quand tu épargnes agressivement pendant des années, tu développes des biais psychologiques puissants :
- Culpabilité à dépenser
- Difficulté à se faire plaisir
- Habitude de vivre frugalement
- Sensation que chaque centime dépensé est un centime de liberté perdu
Les enveloppes virtuelles forcent à dépenser ce qui est alloué. Si tu mets 200 balles dans l'enveloppe "loisirs", tu es autorisé - voire obligé - de les utiliser. Sinon, l'argent reste là, inutilisé.
Paradoxalement, un outil de budget t'aide à dépenser plus en phase de retrait (dans les limites raisonnables que tu te fixes). Le but du FIRE c'est de profiter de la vie, pas de laisser, derrière nous, de riches héritiers.
➡️ Le même outil, deux usages opposés selon la phase de vie.
Ce que je construis
Depuis quelques mois, je travaille sur cet outil que j'aurais voulu avoir il y a 5 ans.
Un système qui combine :
- Budgeting au quotidien (enveloppes, transactions...)
- Suivi de la fortune (capital, allocation d'actifs...)
- Suivi des revenus (salaires, loyers, activités accessoires...) et des retraits sur capital
- Planification FIRE (stratégie de retrait, simulations, intégration des rentes)
- Adaptation au contexte suisse (AVS, LPP, 3ème pilier, fiscalité) mais utilisable aussi en dehors de la Suisse
Pas besoin d'être en phase de retrait pour l'utiliser. En phase d'accumulation, ça aide à :
- Structurer son épargne
- Investir intelligemment
- Suivre sa progression vers le nombre FIRE
- Simuler différents scénarios de retraite anticipée
Pourquoi maintenant ?
Après 15 ans à tenir ce blog, j'ai accumulé énormément de retours, questions, et cas d'usage de la communauté.
Les problématiques reviennent constamment :
- "As-tu utilisé un outil budgétaire et si oui lequel ?"
- "Comment tu gères ton budget maintenant que tu ne travailles plus ?"
- "Quel outil tu recommandes pour suivre sa progression FIRE ?"
- "Comment savoir si on est sur la bonne trajectoire en phase d'accumulation ou de retrait ?"
J'ai longtemps bricolé avec des tableurs Excel, des outils disparates, des calculs manuels. Mais au bout d'un moment, j'ai réalisé qu'il fallait quelque chose de mieux.
Questions fréquentes
Cet outil est-il uniquement pour les personnes déjà en phase de retrait ?
Non. En phase d'accumulation, il aide à structurer l'épargne, suivre la progression vers le nombre FIRE et simuler différents scénarios de retraite anticipée. La différence : en accumulation, les enveloppes budgétaires poussent à épargner ; en retrait, elles autorisent à dépenser sereinement.
Cet outil est-il uniquement utilisable en Suisse ?
Pas du tout. Les modules principaux (budget, transactions, capital, revenus et statistiques) fonctionnent indépendamment du contexte national. Les paramètres spécifiques à la prévoyance suisse (AVS, LPP, 3ème pilier) sont optionnels et activables uniquement si vous y êtes affilié.
Pourquoi ne pas utiliser YNAB ou un tableur Excel ?
Ces outils gèrent le court terme (dépenses mensuelles) mais ne le connectent pas au long terme (stratégie de retrait sur 30-50 ans).
La suite
Je partagerai plus de détails dans les prochains jours :
- Le nom de l'outil
- Les fonctionnalités concrètes
- La philosophie derrière le design
- Comment l'utiliser selon votre phase (accumulation vs retrait)
- La stratégie de retrait intégrée
Le lancement est prévu tout prochainement.
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En attendant, dites-moi en commentaire : vous êtes en phase d'accumulation ou de retrait ? Et quel est votre plus gros défi de gestion financière actuellement ?
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Bonjour,
Je suis en phase de retrait, mais mes revenus sont encore largement suffisant et ainsi je ne profite pas vraiment de mon épargne. Il y a clairement un sens de culpabilité qui s’est installé lors de la phase d’accumulation. C’est comme si je suis incapable de profiter de ce que j’ai accumulé.
Bonjour Gérard,
Merci pour votre témoignage. C’est un des écueils malheureusement assez répandu du processus FIRE. Il est d’autant plus prononcé que la phase d’accumulation s’est déroulée sur un mode de frugalisme extrême. Un outil de budgeting tel que celui que je développe peut vous aider à dépenser plus sans culpabiliser.
Votre dernière phrase « C’est comme si je suis incapable de profiter de ce que j’ai accumulé » résume bien tout le paradoxe de la démarche : on accumule pour profiter, mais on devient incapable de profiter parce qu’on a accumulé… C’est une Rat Race inversée !
exactement! C’est une rat-race inversée…. Je suis tellement habitué au frugalisme que je n’arrive pas à me lâcher. Ca m’attriste!
C’est précisément pour des situations comme la vôtre que je développe mon outil. Je serais curieux de savoir : avez-vous déjà essayé de mettre en place des enveloppes budgétaires virtuelles qui vous ‘autorisent’ à dépenser un montant défini ? Par exemple : 500 CHF/mois pour les loisirs, avec l’obligation de les utiliser ?
L’idée est de renverser la psychologie : au lieu de culpabiliser quand on dépense, on culpabilise si on ne dépense PAS ce qui a été alloué. On utilise les mêmes armes avec la « Frugal Race » qu’avec la « Rat Race », mais dans l’autre sens 🙂
C’est une bonne idée que je vais mettre en pratique. Étant donné que je touche l’AVS et que j’ai toujours un revenu, j’arrive a épargner sans problème. Je vis donc sur mes vieilles habitudes d’épargnant.
Exactement Gérard ! Vous mettez le doigt sur le cœur du problème : les « vieilles habitudes d’épargnant » sont tellement ancrées qu’elles persistent même quand les circonstances ont complètement changé.
Dans votre cas, vous avez AVS + revenus + capital = trois sources de revenus. Pourtant, le réflexe d’épargne reste dominant. C’est rationnel en phase d’accumulation, mais en phase de retrait, ça devient contre-productif : vous avez accumulé pour profiter, pas pour continuer à accumuler indéfiniment.
Je donnerai plus d’infos sur mon outil ces prochains jours si ça vous intéresse d’aller plus loin.
Je me réjouis de vous lire, car j’ai bien envie de sortir de ce cercle vicieux
Le tour complet des fonctionnalités paraîtra en début de semaine prochaine.D’ici là tâchez de profiter de ce passage vers la nouvelle année.
Excellent. c’est tellement vrai le développement de biais de dépense. Personnellement je ne les ai pas (encore!) dépassés mais j’y travaille lol.
Dans mon cas l’outil est Excel.
Une connaissance a trouvé une solution: elle se paie un « salaire » mensuel sur un compte spécifique. C’est son budget du mois et ce qu’il reste des mois précédents. Elle a remarqué qu’elle accumule sur ce compte… elle a gardé ce biais/réflexe d’accumulation,
Je trouve cette solution ingénieuse et simple.
Un bon outil est nécessaire voir indispensable. Aujourd’hui c’est simple car les marchés financiers nous permettent de croître notre patrimoine à un taux élevé. Ce ne sera pas toujours comme cela et un plan bien établi sera clé pour garder le cap pendant les périodes moins fastes (ou les tempêtes) pour ne pas prendre des décisions inadéquates/dommageables.
Merci pour ton témoignage Bientot ! La solution de ta connaissance est effectivement la bonne, et c’est d’ailleurs une méthode que je recommande vivement même sans biais frugaliste.
Se payer un « salaire » mensuel, c’est simplement organiser ses retraits de manière régulière et prévisible – que ce soit via les dividendes ou en ponctionnant directement le capital. Cette régularité crée un cadre psychologique rassurant : on sait exactement ce qu’on peut dépenser chaque mois, sans avoir à se poser la question à chaque achat.
Personnellement, je fais exactement pareil. J’ai d’ailleurs gardé le même jour de « paie » que lorsque j’étais salarié – par commodité pratique, mais aussi, je l’avoue, comme un petit pied de nez à mon ancienne vie 🙂
Le fait que ta connaissance accumule sur ce compte est révélateur : même avec un système bien pensé, les réflexes d’accumulation restent tenaces ! C’est là que mon outil intervient avec les enveloppes budgétaires : non seulement on se paie un « salaire », mais en plus on le répartit en catégories qui doivent être dépensées. Double sécurité psychologique.
Tu as aussi raison sur le dernier point : aujourd’hui les marchés nous portent, mais un outil solide devient indispensable quand les vents tournent. C’est dans les tempêtes qu’on mesure la valeur d’un bon système de navigation.