Journal d’un futur rentier (3) : le baptême du feu 2000-2003

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Octobre 2012. Dernière mise à jour : janvier 2026.

Le baptême du feu. Mes débuts catastrophiques en bourse, et comment l'obstination a tout sauvé.

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Neuf mois après mon premier job, j'investis en bourse

Neuf mois seulement après avoir débuté ma première activité professionnelle je commençais déjà à investir en bourse, avec déjà en toile de fond cette notion encore un peu floue de "rentier". Je savais déjà que je ne voulais pas travailler toute ma vie durant, mais les tenants et aboutissants ne m'étaient encore pas tous connus. Je poursuivais donc le chemin obscur entamé chez ma conseillère en orientation, sans trop savoir là où j'allais aller. Cette fois c'est la réalité qui m'a rattrapé et qui est venue m'indiquer la route à suivre, mais pas vraiment de la façon dont je m'y attendais.

Août 2000 : le krach immédiat

À peine mes premières économies investies, en août 2000, le marché a commencé à s'effondrer. Je n'avais aucune expérience de la bourse et tous mes projets d'indépendance financière future s'écroulaient en même temps. Persévérant, je continuais néanmoins à investir en 2001, pensant pouvoir me refaire en bénéficiant d'un rebond de la bourse. Mal m'en a pris. Toujours persévérant, voire même un peu têtu, rebelote en 2002... très mauvaise idée une fois de plus.

Trois ans de pertes (2000-2003)

Début 2003, je n'avais fait qu'essuyer de lourdes pertes depuis près de trois ans. J'aurais pu lâcher prise, vendre ce qui me restait et quitter la bourse. À ce moment j'ai eu droit à un petit coup de pouce du destin, sous la forme d'abord d'une somme d'argent inattendue, mais aussi et surtout à cause de mon job qui devenait de plus en plus insupportable. Je commençais déjà à aligner les heures de travail, les responsabilités et les soucis qui vont de pair. Ainsi, au lieu de me décourager d'investir, je me suis dit qu'il fallait persévérer une fois de plus et que tôt ou tard mes efforts allaient payer. Et je ne croyais pas si bien dire...

Mars 2003 : acheter au son du canon

C'est ainsi que je débute ma 4e vague d'investissement, en mars 2003, lorsque G.W. déclare la guerre à l'Irak. Acheter au son du canon... Bien m'en a pris cette fois et grâce à mon obstination j'étais parvenu à essuyer mes lourdes pertes initiales.

La leçon qui me sert encore aujourd'hui

Cette leçon de vie donnée par le marché m'a énormément servi et me sert encore aujourd'hui. Je suis ainsi devenu beaucoup plus prudent par rapport à mes placements et par rapport à mes projections et objectifs. J'ai compris aussi que même lorsque la situation semble compromise, elle peut très rapidement retourner à notre avantage (mais le contraire est aussi vrai) et qu'il ne faut donc jamais baisser les bras.

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (janvier 2026)

En relisant cet article d'octobre 2012, récit de mes débuts catastrophiques en bourse (août 2000 - mars 2003), je mesure à quel point cette période a forgé toute ma philosophie d'investissement.

Le contexte historique : la bulle internet

Août 2000 = sommet de la bulle internet. Le NASDAQ avait culminé en mars 2000 à environ 5'000 points après avoir quintuplé en 5 ans. Quand j'ai investi mes premières économies en août 2000, le krach était déjà commencé mais la plupart des gens pensaient que c'était juste une "correction temporaire".

Entre août 2000 et octobre 2002, le NASDAQ a chuté d'environ 80% par rapport au sommet de mars 2000. Les indices européens et suisses ont perdu 40-60%. Les valeurs technologiques ont été massacrées : -90-99% pour beaucoup. C'était un carnage absolu.

J'ai donc commencé à investir littéralement au pire moment possible. Le timing était catastrophique. Mais avec le recul de 25+ ans (2000-2026), ce timing catastrophique était probablement la meilleure chose qui pouvait m'arriver.

L'obstination qui a tout sauvé

Entre août 2000 et mars 2003, j'ai continué à investir malgré les pertes accumulées. L'article d'octobre 2012 documente cette obstination : "Persévérant... 2001", "Toujours persévérant, voire même un peu têtu... 2002", "il fallait persévérer une fois de plus".

Était-ce de l'obstination intelligente ou de la stupidité pure ? Honnêtement, probablement un mélange. À l'époque, je n'avais pas assez d'expérience pour distinguer "moyenner à la baisse intelligemment" de "jeter de l'argent dans un puits sans fond". Mais rétrospectivement, l'obstination a fonctionné.

Pourquoi ? Parce qu'en continuant à investir pendant la chute (2000-2002), j'ai accumulé des positions à des prix de plus en plus bas. Quand le marché a finalement rebondi à partir de mars 2003, ces positions accumulées à bas prix ont explosé à la hausse. La stratégie DCA (Dollar Cost Averaging) a fonctionné, même si je ne savais pas encore que ça s'appelait comme ça à l'époque.

Mars 2003 : "Acheter au son du canon"

L'article d'octobre 2012 mentionne que ma "4e vague d'investissement" a eu lieu en mars 2003, "lorsque G.W. déclare la guerre à l'Irak". La célèbre maxime de Rothschild : "Acheter au son du canon, vendre au son du clairon".

Le 20 mars 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak. Les marchés étaient à terre. La peur était maximale. Tout le monde vendait ou refusait d'acheter. Et moi, avec mon "coup de pouce du destin" (argent inattendu reçu début 2003), j'ai investi massivement en mars 2003.

Les leçons de 2000-2003 ont servi pour tous les krachs ultérieurs

L'article d'octobre 2012 dit : "Cette leçon de vie donnée par le marché m'a énormément servi et me sert encore aujourd'hui." Treize ans plus tard (janvier 2026), je confirme : les leçons de 2000-2003 m'ont effectivement servi pour TOUS les krachs ultérieurs.

Krach 2008-2009 (-50%)

Quand le krach financier de 2008-2009 est arrivé, je n'ai pas paniqué. Pourquoi ? Parce que j'avais déjà vu pire en 2000-2003 (-80% sur certains titres). Comparé à 2000-2003, le krach de 2008-2009 n'était qu'une répétition.

Krach COVID mars 2020 (-35%)

Quand le COVID a fait chuter les marchés de 35% en quelques semaines (mars 2020), même réaction : pas de panique. Pourquoi ? Parce que 35% après avoir vu 80% en 2000-2003 et 50% en 2008-2009, c'était presque ennuyeux.

Corrections 2022 (-20-30%) et 2025

La correction de 2022 (inflation, hausse taux) était encore moins impressionnante. Après trois krachs précédents, une correction de 20-30% devient juste... normale. Partie du cycle. Aucune émotion. Juste attendre que ça passe. Il en a été de même au 1er semestre 2025.

Donc oui, la leçon de 2000-2003 "me sert encore aujourd'hui" en 2026. Elle a créé une immunité psychologique permanente. Aucun krach ne peut plus me faire paniquer parce que j'ai survécu au pire (2000-2003) au tout début.

La prudence acquise en 2000-2003

L'article d'octobre 2012 dit : "Je suis ainsi devenu beaucoup plus prudent par rapport à mes placements et par rapport à mes projections et objectifs."

Cette prudence acquise douloureusement en 2000-2003 s'est manifestée comment concrètement entre 2003 et 2026 ?

  • Jamais all-in sur un seul secteur : Après avoir vu la tech massacrée en 2000-2003, je n'ai plus jamais concentré mon portefeuille sur un seul secteur. Diversification géographique et sectorielle permanente.
  • Toujours garder un peu de cash : Depuis 2003, je garde toujours une petite proportion variable de mon portefeuille en cash (ou équivalents). La quantité exacte dépend du nombre de titres que je parviens à trouver (ou pas). Indirectement donc, plus le marché est cher, plus j'ai de cash.
  • Ne jamais utiliser de levier/marge : Certains investisseurs utilisent la marge pour amplifier leurs gains. Moi jamais. Pourquoi ? Parce qu'en 2000-2003, j'ai vu des gens liquidés à cause de la marge. Le levier amplifie les pertes autant que les gains. Trop risqué.
  • Projections conservatrices : Depuis 2003, toutes mes projections FIRE ont été délibérément conservatrices. Cette prudence a créé des marges de sécurité qui ont absorbé tous les chocs.

Cette prudence m'a permis de DORMIR la nuit pendant tous les krachs. Et de ne jamais paniquer. Le coût psychologique d'une approche agressive aurait probablement été insoutenable pour moi.

Ce que j'aurais dit à mon moi d'octobre 2012

"Tu racontes le baptême du feu de 2000-2003. Ces trois années de pertes catastrophiques semblaient un désastre à l'époque. Mais rétrospectivement, c'était la meilleure formation possible. Pourquoi ? Parce qu'en survivant à ce krach brutal au tout début, tu as créé une immunité psychologique permanente qui te permettra de traverser tous les krachs futurs (2008, 2020, 2022, 2025) sans paniquer. Ton obstination de 2000-2003, qui semblait stupide à l'époque, était en fait la décision la plus sage de ton parcours FIRE. Sans cette obstination, tu aurais abandonné en 2003. La leçon 'jamais baisser les bras' que tu as apprise en 2003 te servira effectivement 'encore aujourd'hui' en 2026. Continue exactement ce que tu fais."

Le message pour les lecteurs

Les leçons d'octobre 2012 :

  • Le pire timing peut devenir la meilleure formation : Commencer à investir au sommet d'une bulle (août 2000) semble catastrophique. Mais traverser ce krach brutal forge une résilience psychologique qui vaut de l'or. Si vous débutez pendant un krach, considérez-le comme une formation gratuite.
  • L'obstination intelligente bat le timing parfait : Entre 2000 et 2003, j'ai continué à investir malgré les pertes. Cette obstination a permis d'accumuler à bas prix. Résultat : récupération complète quand le marché a rebondi. Leçon : continuer à investir régulièrement bat essayer de timer le marché parfaitement.
  • Les krachs précoces créent une immunité permanente : Traverser un krach violent tôt dans son parcours crée une immunité psychologique qui protège lors de tous les krachs futurs. Si vous subissez un krach dans vos premières années d'investissement, ne désespérez pas. C'est une formation précieuse.
  • La frustration professionnelle est un carburant FIRE : Un job insupportable peut sembler une malédiction. Mais c'est aussi le carburant le plus puissant pour FIRE. Chaque jour pénible au travail renforce la discipline d'épargne/investissement. Utilisez votre frustration comme motivation.
  • Le hasard joue un rôle, mais il faut être prêt : Le "coup de pouce du destin" de début 2003 (argent inattendu) était du hasard pur. Mais j'étais prêt mentalement à l'utiliser intelligemment (investir en mars 2003). Leçon : on ne peut pas contrôler le hasard, mais on peut se préparer à saisir les opportunités.

En octobre 2012, je racontais le baptême du feu de 2000-2003 : débuts catastrophiques, trois ans de pertes, obstination têtue, et finalement récupération complète grâce à l'investissement de mars 2003. Treize ans plus tard, je confirme que ces trois années de souffrance initiale ont été la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Le baptême du feu fait mal. Mais il forge les investisseurs qui durent.

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