Novembre 2012. Dernière mise à jour : janvier 2026.
Critique amère du monde professionnel. Cigales vs fourmis. Le système récompense les mauvaises personnes.

Les cigales : tout en apparence
Le monde professionnel est composé de cigales et de fourmis. Les cigales passent leur temps à se pavaner, promener leur dernier costume, gesticuler et vomir leur flux d'idées sans queue ni tête à longueur de journée. Elles arrivent le matin, toutes fringantes, chantent leurs exploits de la veille autour d'un café avant d'étaler toute leur science, sautant d'une séance à l'autre. Le silence et la quiétude leur font si peur qu'elles préfèrent critiquer et détruire ce qui fonctionne bien plutôt que de s'abstenir. Toujours à l'affût d'une occasion pour se rendre importantes, les cigales imposent leurs idées, sans écouter celles des autres et sans prendre en compte les erreurs du passé. C'est ainsi que les mêmes concepts réapparaissent cycliquement dans les entreprises, au gré des cigales dirigeantes, défaisant ce qui a déjà été fait par leurs prédécesseurs, mais sans plus de succès.
Les cigales ne travaillent jamais
Si les cigales parlent beaucoup et ont des avis sur tout, elles ne travaillent par contre jamais. Elles disent "Il faut" ou "Il n'y a qu'à", mais si vous leur demandez "Comment ?", elles vous diront que c'est votre problème, alors que justement c'est le leur. En fin de journée les cigales quittent le bureau l'esprit libre, satisfaites d'avoir pu déverser sur les autres leur ramassis de sottises. La nuit venue elles dorment paisiblement, rechargeant leurs batteries avant d'attaquer une nouvelle journée de rouleau compresseur.
Les fourmis : travailler dans l'ombre
Les fourmis quant à elles se lèvent tôt pour profiter de travailler avant de supporter le chant stérile des cigales. Elles essaient tant bien que mal de faire fonctionner la société, colmatant les brèches ouvertes par les cigales. Elles travaillent dans l'ombre, essayant de faire tenir l'édifice, malgré les vents contraires que font souffler les cigales au gré du temps. Tandis que ces dernières défilent à la tête des entreprises, amenant et repartant avec leurs idées loufoques, les fourmis font fidèlement le job en gérant la société et en faisant rentrer l'argent pour payer les cigales.
Le système récompense les cigales
En fin de journée les fourmis rentrent à leur maison, lessivées d'avoir dû supporter les théories versatiles des cigales et surtout d'avoir dû essuyer les pots cassés derrière elles. La nuit venue elles ruminent et s'inquiètent de la nouvelle journée à venir. Même si ce sont les fourmis qui font marcher la société, cette dernière ne récompense dignement que celles qui chantent le plus fort.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (janvier 2026)
En relisant cet article de novembre 2012, critique amère des cigales vs fourmis, je ressens encore la frustration intacte. Treize ans et deux mois plus tard, voici ce qui s'est passé.
Cette critique acerbe des cigales (parlent, gesticulent, ne travaillent jamais) vs fourmis (travaillent dur dans l'ombre, lessivées) documentait une frustration profonde et réelle.
Ce n'était pas de la philosophie abstraite. C'était du vécu quotidien. J'étais manifestement une fourmi en novembre 2012, épuisée de "colmater les brèches ouvertes par les cigales", de "faire tenir l'édifice", de rentrer "lessivée" chaque soir. Et l'amertume finale - "la société ne récompense dignement que celles qui chantent le plus fort" - était une observation brutale mais exacte.
Pourquoi le système récompense les cigales ?
La phrase finale de novembre 2012 était amère mais vraie : "Même si ce sont les fourmis qui font marcher la société, cette dernière ne récompense dignement que celles qui chantent le plus fort."
Pourquoi cette injustice ? Plusieurs raisons structurelles :
1. Visibilité > Compétence
Les cigales sont visibles (réunions, présentations, networking). Les fourmis sont invisibles (bureau, tête baissée, travail concret). Dans les hiérarchies, la visibilité est récompensée. Ce qui n'est pas vu n'existe pas.
2. Communication > Exécution
Les cigales savent PARLER de stratégie/vision/leadership. Les fourmis savent FAIRE le travail. Mais dans le salariat moderne, parler de faire > faire. Surtout dans les grandes entreprises bureaucratiques.
3. Politique > Performance
Les cigales excellent en politique interne (alliances, flatteries, crédit des succès d'autrui). Les fourmis se concentrent sur performance. Mais promotions/augmentations dépendent plus de politique que de performance réelle.
4. Court terme > Long terme
Les cigales génèrent des "quick wins" visibles (réorganisations, buzzwords). Les fourmis construisent solidité long terme (systèmes, processus). Mais les évaluations annuelles favorisent court terme flashy.
Donc oui, le système récompense structurellement les cigales. Ce n'est pas un bug, c'est une feature du salariat hiérarchique. Et ça ne changera jamais.
J'étais une fourmi, pas une cigale :
Cette identification comme fourmi explique pourquoi j'ai poursuivi FIRE si obstinément. Les fourmis qui restent dans le système finissent en burn-out. Les fourmis intelligentes construisent une sortie (FIRE) pour échapper au système avant épuisement total.
Que sont devenues les cigales et fourmis de 2012 ?
Les cigales de 2012 sont probablement aujourd'hui (2026) :
- Cadres supérieurs ou directeurs (promotions successives grâce à visibilité)
- Passées de cigale en cigale dans plusieurs entreprises (mobilité ascendante)
- Bien payées (système récompense "chant fort")
- Toujours aussi improductives mais invisiblement grâce à fourmis sous elles
Les fourmis de 2012 sont probablement aujourd'hui (2026) :
- Toujours au même niveau hiérarchique ou légèrement au-dessus (promotions rares)
- Encore plus épuisées après 14 ans supplémentaires (accumulation fatigue)
- Certaines en burn-out ou reconversion forcée
- Une minorité (comme moi) a atteint FIRE et quitté le jeu
Voilà le destin typique des fourmis : épuisement, burn-out, ou transformation cigale. Sauf pour celles qui construisent une sortie FIRE.
Depuis août 2021, ni cigale ni fourmi :
Voici la différence fondamentale entre novembre 2012 et janvier 2026. En 2012, j'étais une fourmi prisonnière du système cigales/fourmis. En 2026, depuis août 2021, je ne suis ni cigale ni fourmi. Je suis SORTI du système.
Plus de cigales à supporter. Plus de brèches à colmater. Plus de "rouleau compresseur" quotidien. Plus de ruminations nocturnes. Fini. Échappé. Libre.
Cette sortie n'était pas une promotion de fourmi à cigale (devenir ce que je détestais). C'était une évasion du zoo entier. Je ne joue plus à ce jeu. Ni fourmi ni cigale. Juste... ailleurs.
FIRE comme solution au dilemme cigales/fourmis :
Pour les fourmis qui se reconnaissent dans cette description de novembre 2012, il y a trois options :
Option 1 : Rester fourmi jusqu'à burn-out
Continuer à travailler dur dans l'ombre, se faire exploiter par cigales, s'épuiser progressivement, ruminer chaque nuit, craquer vers 45-55 ans. Issue la plus commune. La plus triste.
Option 2 : FIRE - Sortir du système
Construire capital financier suffisant pour quitter complètement le jeu cigales/fourmis. Refuser de jouer. S'échapper. Cette option demande de la discipline mais préserve intégrité ET santé mentale.
J'ai choisi l'option 2. Résultat : ni cigale ni fourmi. Juste libre.
"Lessivées d'avoir dû supporter" :
Cette phrase de novembre 2012 - "les fourmis rentrent à leur maison, lessivées d'avoir dû supporter les théories versatiles des cigales" - résonne encore douloureusement.
Entre novembre 2012 et août 2021, j'ai encore été "lessivé" des milliers de fois. Chaque jour de travail = supporter cigales, colmater brèches, essuyer pots cassés. Accumulation épuisement sur 9 ans supplémentaires après novembre 2012.
Mais depuis août 2021, jamais plus "lessivé". Pourquoi ? Parce qu'aucune cigale dans ma vie. Aucune. Zéro réunion. Zéro "théories versatiles" à supporter. Zéro "pots cassés" à essuyer pour autrui.
Cette absence totale de cigales depuis 4+ ans est probablement ce qui me rend le plus heureux dans ma vie post-FIRE. Le silence. La paix. L'absence de bruit stérile.
Les fourmis "ruminent et s'inquiètent de la nouvelle journée" :
Cette observation de novembre 2012 était exacte. Les fourmis ruminent la nuit. Pourquoi ? Parce qu'elles savent que demain les cigales reviendront. Nouveau "rouleau compresseur". Nouvelles brèches à colmater. Nouveaux pots cassés.
Entre 2012 et 2021, j'ai ruminé des milliers de nuits. Anxiété anticipatoire face au lendemain professionnel. Insomnie récurrente. Réveil 5h avec boule au ventre.
Depuis août 2021, ruminations nocturnes = disparues. Pourquoi ? Parce que demain n'apporte aucune cigale. Demain = liberté totale comme aujourd'hui. Rien à craindre. Sommeil serein retrouvé.
Cet effet sur le sommeil seul justifie les 21 ans d'efforts FIRE. Dormir paisiblement sachant qu'aucune cigale ne viendra demain = luxe inestimable.
Ce que j'aurais dit à mon moi de novembre 2012 :
"Tu es une fourmi épuisée de supporter les cigales. Cette frustration est légitime. Le système récompense effectivement celles qui 'chantent le plus fort', pas celles qui travaillent réellement. C'est injuste. Mais tu as choisi la bonne stratégie : ni rester fourmi jusqu'au burn-out, ni devenir cigale par compromission. Tu construis une sortie (FIRE). Continue. Dans 8 ans et 9 mois (août 2021), tu quitteras ce zoo cigales/fourmis définitivement. Depuis, aucune cigale dans ta vie. Aucune rumination nocturne. Aucune journée à redouter. Tu auras échappé. Et c'est magnifique. Tiens bon."
Le message pour les lecteurs :
Les leçons de novembre 2012 :
- Si vous êtes une fourmi, FIRE est votre sortie : Le système cigales/fourmis ne changera jamais. Si vous êtes une fourmi (travaillez dur, sous-récompensée, épuisée), FIRE est votre seule sortie saine. Ni burn-out ni compromission cigale.
- Le système récompense visibilité, pas compétence : "Chanter fort" > travailler dur. C'est structurel au salariat. Acceptez cette réalité sans amertume. Construisez votre sortie en parallèle.
- Les ruminations nocturnes disparaissent après FIRE : Si vous ruminez chaque nuit face au lendemain professionnel (cigales à supporter, brèches à colmater), FIRE résout ça. Sommeil serein retrouvé = immense.
- Fourmis finissent en burn-out sans plan de sortie : Si vous êtes fourmi sans stratégie FIRE, statistiquement vous craquerez vers 45-55 ans. Commencez MAINTENANT à construire votre sortie. Même si ça prend 20 ans, c'est mieux que burn-out.
En novembre 2012, j'étais une fourmi amère et épuisée dénonçant l'injustice du système qui récompense les cigales. En août 2021, j'ai quitté ce système définitivement. En janvier 2026, aucune cigale dans ma vie. Le silence, la paix, le sommeil serein. Les fourmis qui construisent FIRE s'échappent. Les autres s'épuisent. Choisissez l'évasion.
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Tellement vrai… Je partage totalement. Quand on regarde l’impact (en terme de destruction de valeur) que peuvent avoir des décisions prises au plus haut niveau (fusions d’entreprises, rachats aléatoires, opérations financières hasardeuses), on se trompe : l’objectif pour les « cravatés » avec leur beau costume, c’est de se construire un bon CV pour aller de conseil d’administration en conseil d’administration. Et là, l’objectif est en général totalement réussi.
Dans ces conditions, devenir rentier, ce n’est pas pour se la couler douce ou pour « profiter » du système, c’est juste une façon de dire « m… » au système.
PS : Vous avez un vrai talent pour l’écriture 🙂
Comme vous le dites, devenir rentier ce n’est pas pour se la couler douce ou profiter du système. C’est seulement un juste retour de manivelle, à savoir que son travail ne serve plus aux autres, mais à soi-même. Et en définitive dire « m… » au système effectivement.
Merci pour le compliment 😉