Journal d’un futur rentier (8) : discrimination inversée

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Janvier 2013. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Objectif : temps partiel pour accélérer vers FIRE. Découverte : discrimination inattendue.

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Retraite anticipée partielle

J'ai toujours pensé qu'une retraite anticipée totale du monde professionnel n'était pas souhaitable. Conserver une activité lucrative à temps partiel permet en effet de diversifier les sources de revenus, de goûter avant l'heure des joies de la retraite et de conserver un lien social. Mon objectif est donc désormais de dénicher un travail avec un taux d'activité réduit. Néanmoins, dans cette quête d'indépendance financière je me heurte aujourd'hui à deux phénomènes pour le moins inattendus...

Le paradoxe du succès professionnel

En premier lieu, les gens qui comme moi cherchent à devenir financièrement indépendants, sont en principe bons dans leur job car ils cherchent à maximiser leur salaire pour épargner et placer leur argent. Ce faisant, même si à long terme ils assurent leur objectif, à court et moyen terme ils ont l'impression de s'en éloigner. En effet, et j'en parlais déjà ici, plus un salarié a du succès, plus son employeur lui accapare son temps disponible. Dans ce cadre, il devient pratiquement impossible d'abaisser son taux d'activité.

Changer d'employeur pour réduire

La seule solution est alors de changer d'employeur, en visant uniquement des postes à temps partiel. La bonne nouvelle c'est que ces emplois sont assez fréquents, les entreprises étant friandes de recruter des compétences qu'elles ne peuvent s'offrir à plein temps. Je pensais donc pouvoir trouver rapidement chaussure à mon pied, mais c'est là que j'avais sous-estimé le poids de certains clichés encore bien présents, même au 21e siècle.

La discrimination dont on ne parle pas

On parle souvent de discrimination envers les femmes dans le monde professionnel, surtout par rapport au salaire et aux promotions. Je ne remets pas en cause ces allégations qui sont souvent justifiées. Néanmoins, on parle beaucoup moins souvent de la discrimination envers les hommes qui recherchent des postes à temps partiel.

Motifs ridicules

Les motifs donnés pour la non-sélection de mes candidatures ont frisé à plusieurs reprises le ridicule. Sans vouloir me vanter, j'ai un CV qui est bien garni et mon profil correspond à ce qui est recherché dans le marché, autant du point de vue de la formation, de l'âge et de l'expérience. Je trouverais un autre poste à 100% sans aucun problème. Mais quand c'est pour du temps partiel, on me dit que je suis trop expérimenté. Même si c'était vrai, pourquoi s'en soucier puisque je suis prêt à mettre ce bagage supplémentaire à disposition sans autre contrepartie que le fait de pouvoir travailler à temps partiel ?

Le sommet du ridicule

Parfois les explications sont encore plus limites. On m'a même carrément dit ne pas comprendre qu'un homme recherche un poste à temps partiel, malgré mes explications légitimes (conciliation vie privée/familiale et vie professionnelle). On croit rêver... Imaginez qu'on réponde quelque chose de la sorte à une femme pour un poste à temps complet !

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article de janvier 2013, je me reconnais dans cette frustration face aux stéréotypes de genre inversés.

La situation a-t-elle évolué entre 2013 et 2025 ?

Probablement un peu, mais pas spectaculairement. En 2025, un homme cherchant du temps partiel fait toujours face à plus de scepticisme qu'une femme. Les stéréotypes de genre sur le travail évoluent lentement. Très lentement. Le "breadwinner masculin à temps plein" reste la norme implicite dans beaucoup d'esprits.

Le paradoxe du succès professionnel :

J'expliquais en janvier 2013 que "plus un salarié a du succès, plus son employeur lui accapare son temps". Ce paradoxe était exact et s'est confirmé : être bon dans son job rend plus difficile de réduire son temps, car l'employeur veut vous garder au maximum.

C'est un piège FIRE classique : vous maximisez votre salaire pour épargner plus, mais ce faisant vous vous rendez indispensable et donc prisonnier de votre temps plein. La sortie de ce piège nécessite soit un changement d'employeur, soit une négociation ferme avec l'employeur existant.

"Retraite anticipée totale pas souhaitable" :

En janvier 2013, j'écrivais qu'une "retraite anticipée totale n'était pas souhaitable" et que je voulais "conserver une activité lucrative à temps partiel". Cette vision a partiellement changé. En 2021, j'ai finalement pris une "retraite anticipée totale" du salariat. Pas de poste à temps partiel conservé.

Mais l'intuition de janvier 2013 était juste : j'ai effectivement conservé une petite activité accessoire indépendante. Juste pas sous forme salariée. Ce sont des activités choisies, qui remplissent exactement les fonctions que j'évoquais : lien social, stimulation intellectuelle, sentiment d'utilité.

Donc non, une "retraite totale" au sens de ne rien faire n'était effectivement pas souhaitable. Mais une retraite du SALARIAT, oui. Nuance importante.

Le message pour les lecteurs :

Si vous êtes un homme et que vous cherchez à réduire votre temps de travail pour des raisons d'équilibre vie/travail ou pour accélérer vers FIRE, sachez que vous allez probablement faire face à du scepticisme, voire de la discrimination. Les stéréotypes de genre jouent dans les deux sens.

Solutions possibles :

  • Négocier avec votre employeur actuel (souvent plus facile que trouver nouveau poste temps partiel)
  • Créer votre propre activité indépendante à temps choisi
  • Accepter que le temps partiel n'est peut-être qu'une étape de transition psychologique, pas une nécessité, et viser directement la sortie totale du salariat

En janvier 2013, je cherchais un compromis (temps partiel salarié). En 2021, j'ai finalement choisi la solution radicale (sortie totale). Rétrospectivement : bonne décision. Les compromis ne sont pas toujours la meilleure solution. Parfois, il faut trancher net.

Et pour les femmes lectrices : oui, la discrimination salariale et promotionnelle que vous subissez est réelle et inacceptable. Mais sachez que les hommes qui veulent sortir du moule "breadwinner temps plein" font aussi face à des barrières, juste moins médiatisées. Le patriarcat enferme tout le monde dans des rôles rigides. FIRE est une libération de ces rôles pour tous les genres.

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4 réflexions sur “Journal d’un futur rentier (8) : discrimination inversée”

  1. Bonjour Jérôme,

    Une fois n’est pas coutume, je vais me faire l’avocat du diable.
    Je comprends tout à fait ton exaspération devant ton problème à trouver un job à temps partiel mais je comprends aussi les réticences de certains employeurs.
    D’après ce que j’ai compris, tu fais un job à forte valeur ajoutée, avec sans doute des responsabilités, bref un poste critique.
    Les postes à temps partiels sont, à mon sens, plutôt utilisés pour des emplois dont le coût du changement est faible : qui dit valeur ajoutée plus faible, dit aussi remplacement plus facile.
    Si j’étais patron et que j’avais besoin de recruter quelqu’un pour un poste critique, je privilégierai l’embauche d’une personne à 100%, plutôt qu’une ou deux à mi-temps : c’est plus simple à gérer (montée en compétences, transferts d’informations, absences…)
    Bien sûr, tu te positionnes sur le fait que tu proposes tes services à des entreprises qui ne pourraient pas te payer à temps plein et c’est une excellente chose. Mais la difficulté semble résider ici : trouver ce type d’entreprise ayant ce besoin spécifique 🙂
    Bon courage en tout cas,

    Phil

    1. Je suis ok avec toi Phil, mais justement ces postes existent puisqu’ils sont mis au concours. Alors pourquoi sont-ils réservés aux femmes ?
      Et puis je ne suis pas focalisé sur des postes clés. Apparemment dans l’inconscient collectif il est inimaginable qu’un homme :
      1) veuille travailler à temps partiel
      2) ne veuille pas forcément de responsabilités
      Tout ça est un bon exemple de la Rat Race.
      Il faut aller toujours plus haut dans la folie de consommer et de travailler.

  2. salut jerome,

    je suis entièrement d’accord avec ton point de vue. Mais faut-il pour autant baisser les bras et/ou prendre ce qui se présente. Vous vous êtes dans la « grande Métropole » et imaginez-vous celui qui se trouve dans des DOM où le travail est limité???

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