Dernière mise à jour : janvier 2026
En décembre 2013, alors que l'hiver s'installait et que les vacances d'été semblaient bien loin, j'écrivais cette méditation sur la nature particulière des vacances comme moments de reconnexion profonde avec soi-même. C'était aussi une réflexion anticipatrice : si les vacances procurent cette harmonie temporaire entre corps et esprit, alors l'indépendance financière devrait permettre de vivre cette osmose en permanence.

Les journées se font de plus en plus courtes. Le temps des vacances au bord de l'eau semble bien loin désormais. Ah... les vacances... Trois semaines au chaud, paisibles, sans contrainte. Même deux semaines au pire, je suis preneur. Quand on a la chance de déconnecter ainsi durant plusieurs jours, si possible loin de chez soi, à l'abri des sollicitations de toutes sortes, on expérimente des phénomènes intérieurs très particuliers. Cela peut même se produire sur des durées inférieures, mais pour cela il faut complètement tourner la prise, en partant très loin, ou en se coupant du reste du monde d'une manière ou d'une autre.
La première semaine de vacances n'est jamais vraiment reposante. Les soucis du boulot sont encore bien présents. On n'a pas pu boucler certains dossiers urgents, ou on l'a fait, mais avec la conscience d'un travail bâclé. Il faut préparer les valises, penser aux billets d'avion, aux passeports et surtout se taper des heures interminables d'attente et de voyage. Sans compter les mômes à gérer pour ceux qui ont le bonheur de vivre cette expérience supplémentaire particulière. Bref, c'est l'enfer.
Mais quand tout cela est derrière et qu'on pose ses fesses sur une chaise longue, un cocktail à la main, la mer cristalline devant soi, on oublie tout. Le job semble déjà bien loin, et la reprise ce n'est pas pour tout de suite. Donc on y pense plus. Les sollicitations de toutes sortes et contraintes quotidiennes diverses ont disparu. On est coupés de tout. Pas de visite surprise à la maison, pas d'invitation de dernière minute, pas de service à rendre, pas de travail urgent à terminer. On ne pense qu'à soi. Les vacances sont un peu égoïstes quand on y pense, ou peut-être n'est-ce qu'un juste rééquilibrage des choses après tant de semaines à suer pour les autres. Une manière de se retrouver.
C'est dans ces moments là que notre conscient et notre inconscient sont le plus en harmonie. Nous nous retrouvons face à nos vraies valeurs, notre essence même, ce qui fait ce que nous sommes. Nous agissons en fonction de nos aspirations, pas celles des autres. C'est un peu comme si on s'était donné rendez-vous avec soi-même, l'occasion de faire le point. N'avez-vous jamais pris des décisions importantes concernant votre vie durant ces moments privilégiés ?
Mes choix majeurs à propos de ma vie familiale et professionnelle ont toujours été fait pendant ces instants. Impossible en effet de prendre les bonnes décisions lorsque l'on est pressé comme un citron de toutes parts. C'est aussi durant ce laps de temps béni des dieux que j'ai décidé d'investir en bourse pour devenir rentier. Et à chaque fois que j'ai la chance de revivre de pareils moments, je me recentre sur cet objectif. En fin de compte, être rentier, c'est vivre en permanence cette osmose du corps et de l'esprit.
Note rétrospective – janvier 2026
Treize ans après ce billet, avec cinq années d'indépendance financière complète derrière moi (depuis 2021), je peux évaluer si la promesse finale s'est réalisée : est-ce que "être rentier, c'est vivre en permanence cette osmose du corps et de l'esprit" ?
La réponse courte : oui, largement. Mais avec des nuances importantes que je ne pouvais pas anticiper en décembre 2013.
Ce qui s'est vérifié :
L'harmonie décrite pour les vacances existe effectivement au quotidien depuis 2021. Je n'ai plus besoin d'"une première semaine pour décompresser" parce qu'il n'y a plus rien dont il faut décompresser. Les "soucis du boulot encore bien présents" ont disparu définitivement. La sensation de "ne penser qu'à soi" (ou en tout cas de ne répondre qu'à ses propres priorités plutôt qu'à celles d'un employeur) est devenue permanente.
La phrase "on est coupés de tout : pas de visite surprise, pas d'invitation de dernière minute, pas de service à rendre, pas de travail urgent" décrit assez bien ma vie depuis 2021. J'ai la liberté de dire non à ce qui ne m'intéresse pas, d'organiser mon temps selon mes envies, de ne pas être disponible quand je ne veux pas l'être.
Ce qui était partiellement illusoire :
Le fantasme des "vacances permanentes" était naïf. En décembre 2013, je projetais sur l'indépendance financière future l'état mental que je vivais pendant deux ou trois semaines de vacances annuelles. Mais il y a une différence fondamentale : les vacances sont précieuses précisément parce qu'elles sont rares et temporaires.
Depuis 2021, je ne vis plus en "mode vacances permanent". Je vis en mode normal, mais libre. C'est différent. En vacances, on savoure chaque instant parce qu'on sait que ça va se terminer. En indépendance financière permanente, la vie redevient... normale. Pas moins agréable, mais normale. On ne passe pas ses journées sur une chaise longue avec un cocktail à contempler la mer en se disant "quelle chance extraordinaire". On vit simplement, sans contrainte professionnelle.
L'osmose corps-esprit reconsidérée :
La phrase "notre conscient et notre inconscient sont le plus en harmonie" était juste pour les vacances. En décembre 2013, mon inconscient voulait la liberté que mon conscient devait réprimer pour continuer à travailler. Cette tension disparaissait temporairement en vacances.
Depuis 2021, cette tension a effectivement disparu de façon permanente. Mon conscient et mon inconscient veulent la même chose : vivre librement sans contrainte salariale. Plus de dissonance cognitive entre ce que je dois faire (travailler) et ce que je veux faire (être libre). Cette harmonie permanente est probablement l'aspect le plus précieux de l'indépendance financière.
Les décisions importantes :
En décembre 2013, j'écrivais que mes "choix majeurs ont toujours été faits pendant ces instants" de vacances. C'était vrai. Mais depuis 2021, je réalise que quand on vit en permanence dans cet état d'esprit clair, on n'a plus besoin d'attendre les vacances pour prendre des décisions importantes. Les décisions se prennent naturellement, au bon moment, sans attendre un état mental particulier qui n'arrive qu'une fois par an.
Le paradoxe de l'absence de contrainte :
Une chose que je n'avais pas anticipée : en vacances, on ne pense qu'à soi parce que c'est temporaire et qu'on se l'autorise. En indépendance financière permanente, on ne peut pas "ne penser qu'à soi" indéfiniment sans devenir un égoïste complet. Les responsabilités familiales, sociales, communautaires restent présentes. L'absence de contrainte professionnelle ne crée pas un vide total, elle libère simplement de l'espace pour d'autres engagements choisis.
La nostalgie des vacances :
Ironiquement, depuis 2021, je n'ai plus cette nostalgie intense des vacances que j'exprimais en décembre 2013 ("Ah... les vacances... Même deux semaines au pire, je suis preneur"). Quand toute l'année est "libre", les vacances au sens traditionnel perdent leur caractère quasi-mystique. Elles deviennent simplement des déplacements géographiques, pas des parenthèses existentielles.
En janvier 2026, la conclusion de décembre 2013 reste valide mais mérite une reformulation : être rentier, ce n'est pas vivre en vacances permanentes, c'est vivre en harmonie permanente entre ce qu'on veut faire et ce qu'on fait réellement. L'osmose corps-esprit des vacances était due à l'absence temporaire de contraintes. L'osmose de l'indépendance financière est due à l'absence permanente de contraintes professionnelles non choisies. La nuance est importante.
Le rêve de décembre 2013 s'est réalisé, mais pas exactement comme je l'imaginais. C'est mieux en certains aspects (permanence, normalisation), moins intense en d'autres (absence de ce caractère spécial des vacances). Mais globalement, oui, l'harmonie promise est au rendez-vous.
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