Journal d’un futur rentier (29) : vraies vacances

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Septembre 2014. Dernière mise à jour : janvier 2026.

Les vacances ont perdu leur sens originel. Critique d'un système qui transforme le repos en stress.

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Le sens originel du mot vacances

D'après Wikipédia, les vacances sont une période de temps pendant laquelle une personne cesse ses activités habituelles. Le terme vient du latin "vacare" qui signifie "être sans", rester ou être inoccupé. Notre monde de fous hyperactifs n'aimant cependant pas le vide, les mentors de l'économie nous ont vite concocté des artifices pour nous occuper à grands frais durant ces périodes bénies des dieux. Je suis le premier à vouloir partir sous les tropiques dès que l'occasion se présente, je suis donc mal placé pour critiquer, mais il faut bien reconnaître que l'être humain a vraiment de la peine à rester tranquille à ne rien faire, comme l'entend la définition originelle du mot vacances.

La mort du "fare niente"

Certes, on dira que partir sur une île paradisiaque c'est aussi ne rien faire d'une certaine façon. Mais bon, même là on arrive à vous vendre des activités de toute sorte, jet-ski, excursions, visites de distilleries de rhum, usines de fabrication de cigares, cours de danse, aqua-gym, etc. Bref, le farniente, de l'italien "fare niente", ne rien faire, a vraiment du plomb dans l'aile.

Les vacances stressantes modernes

Sans compter qu'une bonne partie d'entre nous sommes équipés de smartphones qui restent connectés en permanence pour répondre aux urgences professionnelles. À ce tarif là, on peut se demander si on ne ferait pas mieux de travailler. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de dépenser des milliers d'euros pour un voyage dont on ne rentrera guère reposé parce que :

  • On a bossé comme un fou pour être à jour avant de partir.
  • On a stressé pour faire les bagages à la dernière minute.
  • On s'est tapé 12 heures en avion à l'aller et presque pareil au retour.
  • On a continué à répondre à ses mails professionnels durant son séjour et on n'a jamais pu réellement se vider la tête.
  • On n'est pas resté tranquille une minute sur place parce qu'il fallait visiter le plus possible pour amortir en quelque sorte le prix du billet d'avion (ce qui au final n'a fait qu'agrandir encore plus la facture totale).

Le retour brutal à la réalité

Tout ça pour avoir encore la boule au ventre avant de recommencer le job, en sachant déjà la tonne d'emmerdes qui va arriver étant donné qu'on n'a jamais déconnecté réellement. Et puis pour avoir la tête sous l'eau dès la reprise pour rattraper en quelques jours tout le travail accumulé durant les vacances. Au final, ces vacances, elles servent à quoi ? Ou plutôt à qui ? Pas à vous certainement.

Les vacances servent l'économie, pas vous

En fin de compte votre travail est quand même fait, ça ne coûte donc presque rien à votre employeur et en plus vous dépensez infiniment plus que pendant que vous travaillez. Si ce n'est pas du pain béni pour l'économie tout ça...

Le vrai sens des vacances via FIRE

Bien entendu je ne voudrais pour rien au monde qu'on supprime ces congés merveilleux. Au contraire, je souhaiterais qu'ils durent pour toujours, en devenant financièrement indépendant. Mais pour cela il faut complètement changer de mentalité et réapprendre le sens originel du mot vacances...

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (janvier 2026)

En relisant cet article de septembre 2014, critique des vacances modernes stressantes et souhait qu'elles "durent pour toujours" via FIRE, je souris. Cette critique acerbe des vacances modernes (stressantes, coûteuses, perpétuellement connectées) et le souhait qu'elles "durent pour toujours" documentaient une frustration profonde avec le système des congés salariés.

Le paradoxe des vacances salariées :

La liste de septembre 2014 documentait parfaitement le paradoxe des vacances salariées : censées être du repos, elles deviennent souvent plus stressantes que le travail lui-même.

Chaque point de la liste résonnait probablement avec mon expérience personnelle en septembre 2014 :

  • "Bossé comme un fou pour être à jour avant de partir" : Les semaines précédant des vacances sont souvent les plus intenses de l'année. Pression pour "boucler" tous les dossiers, travailler tard, sacrifier ses week-ends. Ironie totale.
  • "Stressé pour faire bagages dernière minute" : Après avoir bossé jusqu'à la dernière seconde, pas le temps de préparer calmement. Bagages faits à la va-vite, oublis, stress supplémentaire.
  • "12 heures en avion" : Pour avoir 2 semaines aux tropiques, faut se taper 24h de transport total. Ratio effort/bénéfice questionnable, surtout avec jeunes enfants.
  • "Continué répondre mails professionnels durant séjour" : Smartphone toujours allumé, connexion permanente, "urgences" qui ne peuvent pas attendre 2 semaines. Jamais vraiment déconnecté.
  • "Pas resté tranquille une minute sur place" : Pression pour "rentabiliser" le voyage cher. Visites forcées, activités multiples, rythme épuisant. Retour plus fatigué qu'avant le départ.

Résultat final de septembre 2014 : "la boule au ventre avant de recommencer le job" et "la tête sous l'eau dès la reprise". Les vacances, au lieu de recharger les batteries, les vidaient encore plus.

Le souhait "que les vacances durent pour toujours" :

La conclusion de septembre 2014 exprimait le souhait que les vacances "durent pour toujours, en devenant financièrement indépendant". Ce souhait s'est-il réalisé ?

Absolument. Depuis 2021 (démission), je vis effectivement en "vacances permanentes" au sens originel du terme : "vacare", être inoccupé, cesser les activités habituelles (salariat).

Mais il y a une nuance cruciale entre "vacances permanentes" et "vacances salariées" :

Vacances salariées (2014) :

  • Durée limitée (2-4 semaines/an)
  • Pression pour "profiter" avant le retour
  • Stress avant/pendant/après
  • Connexion professionnelle permanente
  • Dépenses frénétiques pour "rentabiliser"
  • Retour brutal à la réalité

"Vacances" FIRE (depuis 2021) :

  • Durée illimitée (permanente)
  • Zéro pression (pas de retour au travail)
  • Zéro stress professionnel
  • Déconnexion totale (aucun employeur)
  • Budget raisonnable (pas besoin "rentabiliser")
  • Pas de retour brutal (c'est permanent)

La différence est radicale. Les "vacances permanentes" FIRE ne ressemblent presque pas aux vacances salariées décrites en septembre 2014. C'est un état complètement différent.

La disparition complète du stress pré/post vacances :

Depuis 2021, le cycle stress décrit en septembre 2014 a totalement disparu :

Plus de stress pré-vacances : Pas besoin de "bosser comme un fou pour être à jour". Si je pars en voyage, je pars. Aucun dossier à boucler, aucun patron à rassurer, aucune deadline à respecter.

Plus de connexion pendant vacances : Zéro mail professionnel. Zéro urgence. Zéro obligation de répondre à qui que ce soit. Déconnexion totale si je le souhaite.

Plus de stress post-vacances : Pas de "boule au ventre avant de recommencer le job". Pas de "tête sous l'eau dès la reprise". Parce qu'il n'y a pas de reprise. Les vacances continuent indéfiniment.

Cette disparition complète du cycle stress est probablement un des aspects les plus libérateurs de FIRE. Les vacances redeviennent vraiment ce qu'elles devraient être : du repos, de la déconnexion, du vide.

Les dépenses vacances : radicalement changées depuis FIRE :

Septembre 2014 critiquait les "milliers d'euros" dépensés pour des vacances stressantes. Depuis août 2021, mes dépenses vacances ont-elles changé ?

Oui, dans deux directions opposées :

Moins de pression pour vacances exotiques coûteuses : Quand on n'a que 2-4 semaines de congés par an, la tentation est forte de "tout donner" et dépenser des milliers pour des tropiques lointains. Quand on a 52 semaines de "congés" par an, la pression disparaît. Pas besoin de voyages extraordinaires constants.

Plus de flexibilité pour opportunités : Inversement, si une opportunité de voyage intéressante se présente (prix bas, moment optimal), je peux la saisir sans contrainte de congés restants ou d'autorisation patronale. Donc potentiellement plus de voyages, mais mieux optimisés et moins stressés.

Globalement, les vacances post-FIRE sont probablement moins onéreuses ET plus satisfaisantes que les vacances salariées pré-2021. Meilleur ratio qualité/prix parce que sans le stress systémique.

Le message pour les lecteurs :

Les leçons de septembre 2014 :

  • Les vacances modernes ont perdu leur sens originel : "Vacare" signifie être inoccupé, mais les vacances salariées modernes sont devenues stressantes, hyperactives et coûteuses. Pas vraiment du repos.
  • Le cycle stress pré/pendant/post vacances est systémique : Ce n'est pas votre faute si vos vacances sont stressantes. Le système salarial crée structurellement ce stress (travail fou avant, connexion pendant, rattrapage après). Vous ne pouvez pas "mieux gérer" vos vacances dans ce cadre.
  • Les vacances salariées servent l'économie, pas vous : Employeur bénéficie du travail pré-vacances et de la connexion permanente. Industrie touristique bénéficie de vos dépenses frénétiques. Vous ? Souvent plus fatigué au retour qu'au départ.
  • FIRE transforme radicalement les "vacances" : Les vacances permanentes FIRE ne ressemblent pas aux vacances salariées. Pas de stress pré/post, pas de connexion forcée, pas de pression pour "rentabiliser", pas de retour brutal. État complètement différent.
  • Le vrai luxe FIRE : absence de la "boule au ventre" : Plus que les voyages ou les activités, le vrai luxe FIRE c'est l'absence permanente de cette anxiété pré-reprise. Chaque dimanche soir serein, chaque retour de voyage sans stress. Sérénité permanente.
  • "Réapprendre vacare" nécessite FIRE : Impossible de vraiment apprendre à "être inoccupé" (sans contraintes) dans le cadre salarial. Seul FIRE permet de redécouvrir le sens originel des vacances : liberté totale de son temps.

En septembre 2014, je critiquais les vacances modernes stressantes et coûteuses, tout en souhaitant qu'elles "durent pour toujours" via FIRE. Sept ans plus tard (2021), ce souhait s'est réalisé. Depuis, je vis en "vacances permanentes" au sens originel du terme : "vacare", être sans contraintes professionnelles. Le cycle stress pré/pendant/post vacances a totalement disparu. La "boule au ventre" pré-reprise n'existe plus. Le "fare niente" est devenu possible, même si pas toujours exercé. Les vacances ont retrouvé leur sens originel : liberté totale de son temps, absence d'obligations externes, sérénité permanente. C'est exactement ce que j'espérais en septembre 2014.

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1 réflexion sur “Journal d’un futur rentier (29) : vraies vacances”

  1. Salut Jerôme,

    Je suis d’accord avec toi. Nous sommes devenus esclaves de notre boulot à tel point que lorsqu’il est temps de s’en affranchir (pour notre bien) on est stressé lorsqu’on y pense plus.
    C’est triste car au fond on sait très bien que si notre employeur n’a plus besoin de nous, il nous dira d’aller prendre des vacances.. et pour de bon cette fois !
    Personnellement , je ne me reconnais pas vraiment dedans car lorsque je suis en vacances, ma puce n’est déjà plus dans mon téléphone !

    En tout cas, merci pour cet article. Je ne savais pas l’étymologie du mot vacances! 🙂

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