Journal d’un futur rentier (30) : ne rien faire

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Octobre 2014. Dernière mise à jour : janvier 2026.

La difficulté de ne rien faire. Et pourquoi c'est souvent la meilleure stratégie.

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La difficulté de ne rien faire

Ne rien faire... J'en parlais déjà dans mon dernier billet. Avez-vous déjà remarqué comme c'est difficile ? Même quand on est parti avec la ferme intention de glander, c'est pourtant souvent impossible. Il y a toujours quelque chose ou quelqu'un qui vous en empêche. Une petite invitation par ici, un petit service par là, un téléphone par ci, un bébé qui pleure par là... Et même si toutes les conditions sont réunies pour rester tranquille, on se heurte à notre vieux démon, notre maudite incapacité à rester inactif plus d'une minute.

Apprendre à ne rien faire en investissement

En investissement il m'aura même fallu plusieurs années pour apprendre à ne juste rien faire ! Deux krachs boursiers majeurs auront quand même fini par avoir raison de cette soif maladive d'acheter, vendre et rester collé derrière mon écran à analyser la variation des cours boursiers. Il faut avoir la tête enfoncée jusqu'au cou pour finalement comprendre que toute cette agitation est parfaitement inutile. On le sait pourtant dès le début, mais on n'arrive pas à faire autrement, en tout cas pas tant qu'on ne l'a pas expérimenté, avec tous les aspects négatifs que ça implique.

L'agitation stérile généralisée

Dans la vie, c'est comme en investissement, la plupart du temps on court de manière stérile. On s'agite, on s'excite, et au final on se retrouve au même point que si l'on était resté à ne rien faire. Très souvent il aurait même été préférable de ne pas agir. C'est une constante de l'humanité et c'est valable pour les individus, les entreprises et même les États. Il n'y a qu'à voir l'inefficacité de la plupart des gouvernements et le travail de destruction dont ils peuvent faire preuve.

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (janvier 2026)

En relisant cet article d'octobre 2014, réflexion sur la difficulté de ne rien faire et sur la sagesse de l'inaction en investissement, je souris.

"Il faut avoir la tête enfoncée jusqu'au cou" :

Cette phrase d'octobre 2014 était brutalement honnête : "Il faut avoir la tête enfoncée jusqu'au cou pour finalement comprendre que toute cette agitation est parfaitement inutile."

Pourquoi faut-il souffrir autant avant de comprendre quelque chose d'aussi simple ? Parce que l'inaction va contre notre nature humaine. Nous sommes programmés pour agir, réagir, contrôler. L'idée de "ne rien faire" face à un krach de -50% va contre tous nos instincts de survie.

Donc oui, il faut effectivement "avoir la tête enfoncée jusqu'au cou" (c'est-à-dire subir des pertes très douloureuses dues au surtrading) pour finalement accepter intellectuellement ET émotionnellement que l'inaction est supérieure à l'action frénétique.

Les gens qui apprennent cette leçon intellectuellement sans jamais la vivre émotionnellement (en traversant un vrai krach) ne l'ont pas vraiment apprise. Au premier krach majeur, ils paniquent. Seul l'apprentissage par la douleur crée une discipline durable.

La difficulté de ne rien faire dans la vie quotidienne :

Octobre 2014 commençait par observer que même "quand on est parti avec la ferme intention de glander, c'est pourtant souvent impossible". Cette difficulté de l'inaction ne concerne pas seulement l'investissement, mais la vie entière.

Depuis 2021 (ma démission), cette difficulté a-t-elle disparu ? Ai-je enfin réussi à "ne rien faire" régulièrement ?

Oui et non. Depuis 2021, je n'ai plus les contraintes professionnelles qui m'empêchaient de "glander" (horaires imposés, réunions, deadlines). Théoriquement, je pourrais passer des journées entières à ne rien faire.

Mais en pratique, je reste actif : blog, sport, musique, projets personnels, lecture, apprentissage. Pourquoi ? Parce que "notre maudite incapacité à rester inactif plus d'une minute" est toujours là. C'est probablement un trait de personnalité INTJ : besoin constant de stimulation intellectuelle, incapacité à rester oisif.

La différence depuis 2021 ? Je choisis maintenant MON activité (projets qui m'intéressent) plutôt que de subir l'activité imposée par un employeur. Donc pas vraiment "ne rien faire", mais "faire ce que je veux" au lieu de "faire ce qu'on me dit". Nuance importante.

"Dans la vie comme en investissement : on court stérilement" :

L'observation d'octobre 2014 que "la plupart du temps on court de manière stérile" s'appliquait-elle à ma vie de l'époque ?

Absolument. En octobre 2014, salarié, je courais effectivement stérilement : réunions inutiles, projets abandonnés, réorganisations cycliques, stress pour des problèmes qui se résolvaient seuls. "On s'agite, on s'excite, et au final on se retrouve au même point que si l'on était resté à ne rien faire."

Cette agitation stérile a-t-elle disparu depuis 2021 ? Largement oui. Sans emploi salarié, je ne subis plus l'agitation imposée par autrui. Mes projets progressent lentement mais sûrement, sans course frénétique, sans stress artificiel.

Donc la leçon "ne rien faire" appliquée à l'investissement s'est étendue à la vie entière : ne plus courir stérilement, accepter la lenteur, privilégier le calme sur l'agitation.

Le message pour les lecteurs :

Les leçons d'octobre 2014 :

  • Savoir intellectuellement ≠ pouvoir appliquer émotionnellement : Vous "savez" probablement déjà que trader constamment est contre-productif. Mais vous le faites quand même parce que l'instinct d'action est plus fort que la connaissance rationnelle. Acceptez cette réalité et soyez patient avec vous-même pendant l'apprentissage.
  • L'agitation stérile est partout : Pas seulement en investissement, mais dans la vie professionnelle, personnelle, politique. La plupart du temps, "on se retrouve au même point que si l'on était resté à ne rien faire". Apprenez à reconnaître l'agitation stérile et à privilégier le calme.

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1 réflexion sur “Journal d’un futur rentier (30) : ne rien faire”

  1. Merci Jérôme, article particulièrement pertinent un dimanche! Deux commentaires:1. nous ne sommes pas des animaux indolents et le ‘mouvement’ (être affairé, bouger, …) c’est la vie et, plus important en matière de finance 2. l’industrie financière est rémunérée sur l’agitation de ses clients, donc le cadre est faux, nous ne faisons qu’obéir à un fort courant incitatif pour faire fonctionner la machine et dépenser. C’est l’équivalent de l’incitation à la consommation pour les produits non indispensables.

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