Journal d’un futur rentier (31) : et après on fait quoi ?

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Novembre 2014. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Réflexion philosophique. L'objectif devient réalisable. Mais après on fait quoi ?

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Croisée des chemins

Ces derniers temps j'ai un peu l'impression d'être à la croisée des chemins. C'est certainement dû au fait que j'ai déjà bien avancé sur la voie de l'indépendance financière et que je sens que ce n'est plus seulement un rêve, mais un objectif qui a toutes les chances de se réaliser, même si ce n'est pas pour demain. C'est un sentiment bizarre, un peu un mélange de joie, de confiance, mais aussi de craintes et de remises en question.

Pas de questions financières

Étonnamment ces interrogations n'ont rien à voir avec des questions financières. Tout mon plan fonctionne en effet à perfection, même si je sais très bien que tout prochainement une correction boursière viendra me chahuter quelque peu... mais juste quelque peu grâce à la résilience des dividendes. Si je m'interroge c'est plutôt sur le fond de la démarche. OK, c'est bien joli de toucher des revenus régulièrement sans rien faire, mais après on fait quoi ?

Profiter de la vie, mais...

Bon bien sûr il y a des tonnes de choses à faire, profiter de la vie, voyager, prendre du bon temps avec ses amis et sa famille, consacrer son temps aux loisirs, au sport, etc. Mais ne va-t-il pas manquer finalement un des aspects du monde professionnel auquel on ne pense pas toujours : être utile à la société ? Regardez les retraités autour de vous : la plupart n'ont plus besoin financièrement de travailler mais ils essaient tout de même de conserver une activité bénévole pour rendre service aux autres.

Un bien joli souci

Je ne veux bien sûr pas laisser tomber mon objectif d'indépendance financière, qui se rapproche de plus en plus. Mais plus je sens que je peux toucher à ce doux rêve, plus je m'interroge sur ce qui va se passer après. Et je me dis que finalement j'ai de la chance : c'est un bien joli souci que j'ai là...

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article de novembre 2014, je souris devant ces interrogations existentielles. Onze ans et un mois plus tard, voici les réponses.

Novembre 2014 = 7 ans avant la démission :

En novembre 2014, je me sentais "à la croisée des chemins" et j'interrogeais : "après on fait quoi ?". À cette époque, j'étais à environ 7 ans de ma démission. L'objectif FIRE était devenu réalisable psychologiquement, même si financièrement il manquait encore des années d'accumulation.

Cette question existentielle - "que faire une fois rentier ?" - était prématurée (7 ans d'avance), mais légitime. C'est le signe d'une maturité psychologique : anticiper les problèmes futurs, pas seulement célébrer les succès présents.

Ai-je trouvé quelque chose à faire après ?

Oui. Depuis ma démission en 2021, mes activités principales sont :

  • Ce blog (dividendes.ch) : maintenance, nouveaux articles occasionnels, interaction avec lecteurs
  • Coaching : petite activité accessoire indépendante
  • Stratégies quantitatives : recherche et développement de stratégies d'investissement data-driven
  • Gestion de portefeuille : suivi actif de mes investissements (pas juste "set and forget")
  • Vie personnelle : voyages, sport, musique, famille, projets variés selon l'humeur

Donc oui, j'ai trouvé quoi faire. Pas d'activité bénévole traditionnelle comme je l'imaginais en novembre 2014 ("rendre service aux autres"), mais des projets choisis qui me motivent.

Le plan financier fonctionnait "à perfection" :

J'écrivais que "tout mon plan fonctionne à perfection" malgré l'anticipation d'une "correction boursière". Cette confiance de novembre 2014 était justifiée. Entre 2014 et 2021, il y a effectivement eu des corrections, mais le plan a tenu. Mes stratégies ont été résilientes comme prévu. La trajectoire générale a continué vers l'objectif.

Donc oui, le plan financier de novembre 2014 fonctionnait effectivement "à perfection". Sept ans plus tard, démission. Le plan a marché.

"Ce n'est plus un rêve mais un objectif réalisable" :

Cette phrase de novembre 2014 marquait une transition psychologique importante. Passer de "rêve" à "objectif réalisable" change tout. Un rêve, c'est flou, incertain, peut-être impossible. Un objectif réalisable, c'est concret, mesurable, atteignable avec des actions définies.

En novembre 2014, cette transition mentale s'était opérée. Je ne fantasmais plus vaguement sur "devenir rentier un jour". Je planifiais concrètement comment y arriver dans X années. C'était un tournant psychologique décisif qui a probablement accéléré la réalisation finale (2021).

"Un sentiment bizarre" :

J'écrivais ressentir un "mélange de joie, de confiance, mais aussi de craintes et de remises en question". Ce mélange émotionnel complexe était typique de l'approche de l'objectif. Pas de pure euphorie, pas de pure anxiété, mais un cocktail des deux.

Avec le recul de 2025, je comprends mieux ce sentiment de novembre 2014. Les craintes étaient : "Et si je m'ennuie ?" "Et si je perds le sens ?" "Et si la vie de rentier n'est pas aussi belle que je l'imagine ?" Ces craintes étaient légitimes mais se sont révélées infondées. La vie de rentier est effectivement aussi belle que je l'imaginais. Pas parfaite, mais infiniment meilleure que le salariat.

"Un bien joli souci" :

Cette conclusion de novembre 2014 était clairvoyante. "C'est un bien joli souci que j'ai là" - s'inquiéter de ce qu'on va faire une fois financièrement indépendant, c'est effectivement un problème de riche. Des milliards de gens n'auront jamais ce "problème".

Onze ans plus tard, je confirme : oui, c'était un joli souci. Et j'ai trouvé des réponses satisfaisantes.

Ce que j'aurais dit à mon moi de novembre 2014 :

Si je pouvais parler à mon moi de novembre 2014, je lui dirais :

"Ne t'inquiète pas pour l'après. Tu trouveras naturellement des projets qui te passionnent. Tu n'auras pas besoin de forcer une 'utilité sociale' artificielle via du bénévolat traditionnel. Tes compétences et tes intérêts trouveront leur chemin vers des projets utiles (blog, outils logiciels, recherche). La vie de rentier n'est pas un vide existentiel. C'est une liberté de choisir tes projets selon tes envies, pas selon les besoins d'un employeur. Fais confiance au processus. Continue le plan financier. Le reste suivra naturellement."

Le message pour les lecteurs :

Si vous approchez de votre objectif FIRE et que vous commencez à vous interroger "OK, mais après on fait quoi ?", c'est normal. C'est même sain. Ça montre que vous pensez au-delà du simple aspect financier.

Mes conseils basés sur 4+ ans de vie de rentier :

  • Ne forcez pas : Vous n'avez pas besoin de planifier à l'avance une "activité bénévole" pour justifier votre retraite anticipée. Les projets émergeront naturellement.
  • Testez pendant : Si possible, testez différentes activités AVANT la retraite (side projects, hobbies) pour voir ce qui vous plaît vraiment.
  • Acceptez l'oisiveté : Les premiers mois/années de retraite, vous aurez peut-être envie de... rien faire. C'est OK. Vous avez travaillé 20-30 ans. Prenez le temps de décompresser.
  • L'utilité sociale n'est pas obligatoire : Vous n'avez pas besoin d'être "utile" pour justifier votre existence. Vivre libre et heureux est déjà une forme de résistance contre le système aliénant.
  • Les projets viendront : Avec le temps, des idées émergeront. Blog, écriture, projets logiciels, recherche, art, musique, artisanat - il y a mille façons d'occuper son temps de manière satisfaisante.

En novembre 2014, je m'inquiétais de l'après. En décembre 2025, je confirme : l'après est bien. Très bien même. Les questionnements existentiels de 2014 se sont résolus naturellement avec le temps et l'expérience. Faites le saut. Le reste suivra.

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3 réflexions sur “Journal d’un futur rentier (31) : et après on fait quoi ?”

  1. Bonjour Jérôme,

    Toute la question de la quête mais de savoir ce qu’il y a vraiment au bout, et surtout après !
    L’avantage avec cette quête c’est qu’elle est tellement sur le long terme que ça laisse le temps d’y penser !

    En tout cas, quelle belle réussite de toucher le rêve du bout des doigts !!!

    Bonne réflexion quant à ta retraite en ce dimanche hivernal 😉

  2. Martin l'investisseur autonome

    Mon cher Jérôme, c’est un beau problème que tu as là.
    Personnellement, je te répondrais fais ce qui te procure le plus de plaisir et de fierté.

    Notre vie, il faut la vivre pas la subir…nous sommes maître de nos choix.

    Martin

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