Dernière mise à jour : janvier 2026
En mars 2015, à 42 ans, j'écrivais ce billet désabusé sur l'ambiance générale de l'époque. Deux mois après les attentats de Charlie Hebdo (7 janvier 2015) et l'Hyper Cacher, la France vivait sous une atmosphère pesante. Des drones survolaient Paris mystérieusement, les guerres faisaient rage au Moyen-Orient, et l'actualité était saturée d'événements anxiogènes. Ce billet reflétait un certain découragement face au "destin" des générations X et Y.

Y a pas à dire on vit une époque particulière. Si on était en 1999 certains auraient déjà agité le spectre de la fin du monde. Les guerres éclatent de tous les côtés, des forcenés tirent sur n'importe qui un peu partout et y a même des drones qui volent au-dessus de Paris. La psychose monte et tout le monde devient parano. Tout ça me rappelle curieusement l'atmosphère pesante qui prévalait après les attentats du 11 septembre et les épisodes d'Anthrax qui ont suivi.
C'est lourd. On ne peut passer une journée sans apprendre qu'une atrocité a été commise je ne sais où. Le genre humain fait vraiment pitié en ce moment. Homo homini lupus est. Et il n'y a pas un camp qui soit meilleur que l'autre à ce petit jeu morbide. A la rigueur juste moins pire. Et encore.
Nous, les X et Y, on a vraiment pas de cul, si je peux me permettre un vilain jeu de mots. Non seulement on a raté les trente glorieuses, mais surtout on est arrivés dans la vie active alors que tout commençait à partir en couilles. Depuis la fin des années '90 on a quoi à se mettre sous la dent à part des guerres, des attentats, des crises politiques et économiques majeures et des krachs boursiers ? Même l'évolution technologique ne semble pas vouloir tirer l'Humanité du bon côté.
Bon, vous allez me dire que malgré tout cela le marché n'a jamais été aussi haut. Oui, c'est bien la seule chose qui tient encore debout c'est vrai. Mais pour combien de temps encore... ? En attendant, faites l'amour, pas la guerre... c'est franchement plus intéressant.
Note rétrospective – janvier 2026
Onze ans après ce billet écrit dans une période particulièrement sombre, je peux apporter plusieurs niveaux de recul. D'abord le contexte : mars 2015, c'était effectivement deux mois après les attentats de Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher. La France était sous le choc, l'atmosphère était lourde, et l'actualité mondiale semblait confirmer une spirale de violence (montée de Daesh, guerre en Syrie, tensions en Ukraine après l'annexion de la Crimée en 2014).
Avec onze ans de recul, plusieurs observations s'imposent :
1. La complainte générationnelle était partiellement infondée. Oui, les générations X et Y ont "raté les Trente Glorieuses". Mais regardons les faits : entre mars 2015 et janvier 2026, malgré toutes les crises (Brexit 2016, Trump 2016-2020, COVID-19 2020-2022, guerre en Ukraine 2022+, inflation 2022-2023), les marchés boursiers ont continué à progresser. Le S&P 500 a plus que doublé. Le SPI suisse a progressé d'environ 60%. Ceux qui ont investi disciplinairement pendant cette période "catastrophique" se sont enrichis.
2. La phrase prophétique. "Bon, vous allez me dire que malgré tout cela le marché n'a jamais été aussi haut. Oui, c'est bien la seule chose qui tient encore debout c'est vrai. Mais pour combien de temps encore... ?" Cette question dubitative de mars 2015 a reçu une réponse claire onze ans plus tard : encore très longtemps. Les marchés de mars 2015 qui me semblaient "trop hauts" étaient en réalité un excellent point d'entrée. C'est la démonstration parfaite que le pessimisme ambiant est rarement un bon guide d'investissement.
3. L'impact réel sur mon parcours FIRE. Malgré cette vision désabusée du monde en mars 2015, j'ai continué à épargner et investir disciplinairement. J'ai atteint l'indépendance financière en 2021, six ans après ce billet. Le pessimisme philosophique n'a heureusement pas contaminé mon exécution pratique. C'est peut-être la leçon la plus importante : on peut penser que le monde va mal tout en continuant à construire méthodiquement son indépendance financière.
4. La réalité historique. Les générations précédentes pensaient aussi vivre des époques terribles. Mes parents (Boomers) ont grandi pendant la Guerre Froide avec la menace nucléaire permanente. Mes grands-parents ont vécu deux guerres mondiales. Chaque génération a l'impression que "c'était mieux avant" et que "maintenant c'est terrible". En réalité, par la plupart des indicateurs objectifs (espérance de vie, prospérité, accès à l'éducation et aux soins), les générations X et Y vivent dans une période historiquement privilégiée.
5. L'indépendance financière comme réponse. Paradoxalement, ce billet pessimiste contenait la bonne conclusion implicite : face à un monde perçu comme chaotique et anxiogène, l'indépendance financière est une réponse pragmatique. Elle ne résout pas les problèmes du monde, mais elle vous donne la liberté de vous en protéger partiellement (temps pour vous, moins de stress, capacité de choisir où vous vivez et comment vous passez vos journées).
En janvier 2026, si je devais réécrire ce billet, je le ferais différemment. Non pas parce que le monde est devenu objectivement meilleur (dieu sais s'il reste plein de problèmes), mais parce que j'ai compris trois choses depuis 2015 :
Premièrement, le pessimisme médiatique ne doit pas contaminer l'optimisme pragmatique de l'investisseur. Les marchés montent sur un mur d'inquiétudes, comme on dit. Mars 2015 était un excellent moment pour investir, précisément parce que tout semblait aller mal.
Deuxièmement, l'indépendance financière permet de se détacher partiellement du chaos ambiant. Depuis 2021, je vis beaucoup plus sereinement non pas parce que le monde est devenu paisible, mais parce que je ne suis plus pris dans l'engrenage de la vie salariée qui amplifie le stress généré par l'actualité.
Troisièmement, chaque génération pense vivre la pire époque. Les X et Y n'ont pas "raté" les Trente Glorieuses ; ils ont simplement vécu leur propre époque avec ses défis et ses opportunités. Et rétrospectivement, malgré un début difficile, les opportunités d'investissement entre 2000 et 2025 étaient exceptionnelles pour qui savait les saisir.
Le "faites l'amour, pas la guerre" de conclusion reste d'actualité. Mais j'ajouterais en 2026 : et investissez méthodiquement, peu importe ce que racontent les nouvelles.
En savoir plus sur dividendes
Subscribe to get the latest posts sent to your email.