Journal d’un futur rentier (34) : de l’utopie au projet

This entry is part 33 of 86 in the series Journal d'un futur rentier

Mai 2015. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Transition de l'utopie au projet concret. Les calculs deviennent précis. Pas encore prêt, mais proche.

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De l'utopie au projet tangible

Devenir rentier. Cela a très longtemps été un objectif qui relevait presque plus d'une utopie. Mais plus j'avance, plus mes projets prennent forme. Bien sûr, je ne suis pas encore prêt à tout arrêter et partir sous les tropiques. Bien sûr, je dois encore me lever les matins pour gagner ma croûte. Bien sûr, je supporte encore les fantaisies de mon employeur. Néanmoins, tout cela pèse de moins en moins sur moi. Mon esprit est déjà ailleurs.

Calculs de plus en plus précis

Même si je ne suis pas encore prêt à larguer les amarres, mes petits calculs sur ma vie "d'après" deviennent de plus en plus précis. Combien je tire de mon travail aujourd'hui, combien je tire de mes dividendes, combien provient de mes locataires, quelle part j'arrive à épargner ? Quelles sont les frais liés directement à mon activité professionnelle qui disparaîtront lorsque je serai rentier ? Quelles sont les autres dépenses que j'aurai (sorties, loisirs, voyages...) ? Et avec tout cela, en fin de compte, quel chemin me reste-t-il à parcourir ?

Divagations : je pourrais déjà tout plaquer

Parfois, en fonction du rythme de mes journées, je me lance dans des divagations et je me dis que je pourrais déjà tout plaquer. Laisser de côté la folie du monde du travail et me consacrer à ce que j'ai vraiment envie de faire, c'est-à-dire pas grand-chose. Enfin juste assez pour gagner un peu d'argent et donner un autre sens à ma vie. Vivre des revenus passifs, et prendre mon pied quoi.

Encore un peu prématuré

Certes, je reviens toujours à la réalité et je me rends compte que c'est encore un peu prématuré à ce stade. Je pourrais le faire, mais je prendrais sans doute quelques risques. Et depuis que j'ai trouvé un job qui me colle un peu plus à la peau, je suis un peu moins pressé de fuir le monde du travail. Je dis bien moins pressé. Mais pas moins motivé...

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article de mai 2015, je mesure la justesse de l'intuition documentée. Dix ans et sept mois plus tard, voici ce qui s'est passé.

"Mon esprit est déjà ailleurs" :

Cette phrase de mai 2015 était révélatrice. Même si je devais encore "me lever les matins pour gagner ma croûte" et "supporter les fantaisies de mon employeur", psychologiquement, j'étais déjà en train de m'extraire du système.

Ce détachement mental progressif entre 2015 et 2021 a rendu les dernières années de salariat plus supportables. Quand on sait qu'on va sortir dans X années, quand on a un plan précis, quand les calculs montrent que c'est atteignable - le présent désagréable devient tolérable car temporaire.

Entre 2015 ("mon esprit est déjà ailleurs") et 2021 (démission effective), il y a eu 6 ans de détachement mental progressif. Ce processus psychologique de préparation à la sortie était aussi important que les calculs financiers eux-mêmes.

"Parfois je me dis que je pourrais déjà tout plaquer" :

Cette divagation de mai 2015 était-elle totalement irréaliste ? Probablement pas. Si j'envisageais déjà de "tout plaquer", c'est que financièrement, j'étais déjà proche de l'objectif final. Techniquement faisable, mais avec "quelques risques" comme je le reconnaissais.

Avec le recul de 2025, attendre 6 ans supplémentaires (mai 2015 → août 2021) était sage. Pourquoi ?

  • Consolidation financière : Les 6 dernières années ont permis d'atteindre et même dépasser mon objectif, créant un coussin de sécurité
  • Test de résilience : Les corrections de 2018 et surtout le COVID 2020 ont testé la robustesse du portefeuille avant la démission
  • Préparation psychologique : 6 ans supplémentaires pour se préparer mentalement, tester des réductions de temps de travail, etc.

Donc oui, j'aurais PU tout plaquer en mai 2015. Mais j'ai bien FAIT d'attendre 2021.

"C'est encore un peu prématuré... je prendrais quelques risques" :

Cette prudence de mai 2015 était justifiée. Quels étaient ces "quelques risques" ?

  • Pas de coussin pour imprévus : Problèmes santé, crises familiales, dépenses exceptionnelles - pas de marge
  • Vulnérabilité aux corrections : Une correction de -30-40% juste après la démission aurait été très difficile à supporter

En attendant 6 ans, ces risques ont été considérablement réduits. Meilleure décision.

"Un job qui me colle un peu plus à la peau" :

J'écrivais en mai 2015 avoir trouvé "un job qui me colle un peu plus à la peau", ce qui me rendait "un peu moins pressé de fuir". Cette amélioration relative de la situation professionnelle entre 2015 et 2021 a facilité l'attente des 6 dernières années. Si j'avais continué à carburer à 60h/semaine comme en 2013 (épisode 56), tenir jusqu'en 2021 aurait été beaucoup plus difficile psychologiquement.

Donc paradoxalement, trouver un job "un peu mieux" en 2015 a AIDÉ à atteindre le FIRE en 2021, en rendant l'attente supportable. Un job totalement horrible aurait peut-être mené à une démission prématurée et risquée. Un job "acceptable" permet de tenir jusqu'au moment optimal.

Le message pour les lecteurs :

Les leçons de mai 2015 :

  • La transition utopie → projet est progressive : Après 10-15 ans d'accumulation, l'objectif FIRE passe naturellement de "rêve flou" à "plan concret avec calculs". C'est un signe que vous approchez.
  • Les calculs précis donnent confiance : Quand vous pouvez lister précisément revenus actuels (travail, dividendes, loyers), épargne, dépenses, frais professionnels à éliminer - l'objectif devient tangible. Faites ces calculs régulièrement.
  • "Je pourrais déjà tout plaquer" = trop tôt : Si vous pensez pouvoir démissionner mais avec "quelques risques", attendez encore. Ces 5-10% supplémentaires de capital peuvent faire la différence entre stress permanent et sérénité.
  • Un job "acceptable" facilite l'attente : Paradoxalement, un job totalement horrible peut mener à une démission prématurée. Un job "un peu mieux" permet de tenir jusqu'au moment optimal.
  • Moins pressé ≠ moins motivé : Pouvoir ralentir le rythme mental (moins de pression) tout en maintenant l'objectif (motivation intacte) est la combinaison idéale pour les dernières années avant FIRE.

En mai 2015, mon objectif passait d'utopie à projet concret. Six ans plus tard, le projet devenait réalité (août 2021). Quatre ans après (décembre 2025), la réalité est devenue vie quotidienne. Les calculs "de plus en plus précis" de mai 2015 se sont révélés remarquablement justes. Si vous êtes aujourd'hui où j'étais en mai 2015 - l'objectif devient tangible, les calculs se précisent, vous pensez parfois pouvoir sauter - continuez vos calculs, affinez-les, mais soyez patient encore quelques années. Le timing parfait approche. Moins pressé, mais pas moins motivé. C'est la voie.

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2 réflexions sur “Journal d’un futur rentier (34) : de l’utopie au projet”

  1. Le titre de l’article était irrésistible 🙂 En effet, ça donne envie de devenir rentier, et je pense que le blogging est un merveilleux moyen pour y arriver, enfin tout dépend des objectifs financiers que l’on se fixe. Super blog ! Bonne continuation 🙂

  2. J’y penses tous les jours, refais inlassablement les mêmes calculs pour faire passer la pilule de se lever le matin =)
    si tout va bien mi 2016 je suis dehors =) oui dehors car le monde du travail est comme la prison
    tout le monde y est prisonnier mais seule une elite arrivent à en sortir (via du passif j’entends)
    envoie moi un mail si tu veux converser

    sébastien
    23 ans

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