Dernière mise à jour : janvier 2026
En novembre 2015, à 42 ans, je traversais une période de stress professionnel particulièrement intense qui me faisait réaliser une chose effrayante : mon plan initial prévoyait encore dix ans avant l'indépendance financière, mais je sentais que je ne tiendrais pas aussi longtemps. Ce billet marque un tournant : la décision d'accélérer le mouvement par tous les moyens disponibles, performance d'investissement et taux d'épargne.

Il n'y a pas à dire... ce n'est pas facile tous les jours. Dans la vie d'un travailleur, il y a cycliquement des périodes d'intense stress qui viennent, puis qui partent. Quand elles sont derrière, on a une fâcheuse tendance à les oublier et les minimiser, mais quand elles reviennent on se demande comment on a fait pour tenir le coup la dernière fois.
J'ai beau avoir posé plusieurs garde-fous depuis le temps, mais je n'arrive toujours pas à éviter ces mauvais moments, ou du moins minimiser l'impact qu'ils ont sur moi. J'ai changé de job, essayé de fixer certaines limites et appris à mieux faire face au stress... n'empêche qu'on dirait que le monde du travail arrive toujours insidieusement à trouver une nouvelle faille dans mon dispositif de protection.
J'ai pourtant tout pour bien faire. Mon chemin vers l'indépendance financière est déjà bien avancé et il devrait me permettre de facilement relativiser les préoccupations du monde du travail. Je sais que je peux dégager des revenus de façon passive, sans même devoir me lever le matin. Je ne devrais donc pas m'inquiéter à ce point de ce qui passe chez mon employeur.
Mais je le fais. Pas tout le temps, certes, mais je le fais quand même. Et quand cela se passe, ça pourrit mon existence, ça me bouffe de l'intérieur, ça nuit à mes relations sociales, et même à ma santé.
Il faut vraiment que cela change. Je ne vais pas pouvoir continuer encore très longtemps à galvauder ainsi mes meilleures années pour un employeur, aussi bon soit-il.
J'ai déjà fait tout ce que je pouvais pour gérer au mieux ce stress. Mais au bout d'un moment, on a beau lutter et se protéger, si on ne combat pas à armes égales, on a aucune chance. La seule issue, c'est de quitter le monde professionnel, en atteignant l'indépendance financière.
Selon mes calculs de l'époque, j'avais encore besoin d'une dizaine d'années pour le faire. Mais je ne vais pas pouvoir tenir le coup aussi longtemps. Il va falloir que j'accélère le mouvement, et il n'y a pas 36 solutions pour le faire:
- Soit j'augmente la performance, déjà assez bonne, de mes placements. Pour ceci j'ai une idée que suis en train de tester. Si les essais sont concluants, j'en ferai bien entendu profiter à tous mes membres.
- Soit j'augmente ma capacité d'épargne, qui est également assez haute. Pour ceci pas vraiment d'autre choix que d'appliquer des méthodes radicales.
Le mieux c'est bien sûr de faire les deux en même temps. Et c'est à quoi je vais m'atteler ces prochains temps... histoire de sortir au plus vite de la Rat Race.
Note rétrospective – janvier 2026
Onze ans après ce billet, je peux confirmer : l'accélération a fonctionné. En novembre 2015, je calculais avoir encore besoin de dix ans (donc jusqu'en 2025). J'ai finalement atteint l'indépendance financière en 2021, soit six ans plus tard. J'ai donc gagné environ quatre ans sur mon plan initial.
Le constat "le monde du travail arrive toujours insidieusement à trouver une nouvelle faille dans mon dispositif de protection" s'est confirmé jusqu'en 2021. Changer d'employeur, fixer des limites, développer des techniques de gestion du stress : rien de tout cela n'a vraiment fonctionné. La seule solution était effectivement de quitter complètement le monde professionnel.
Une observation importante avec onze ans de recul : savoir qu'on ne peut pas tenir dix ans de plus est paradoxalement motivant. Cette prise de conscience de novembre 2015 a créé une urgence salutaire qui m'a poussé à optimiser agressivement mon parcours FIRE. Sans cette lucidité douloureuse, j'aurais peut-être continué sur ma trajectoire initiale et atteint l'indépendance seulement en 2025.
En janvier 2026, cinq ans après avoir atteint le FIRE, je mesure pleinement l'importance de ce billet de novembre 2015. C'était le moment où j'ai arrêté de subir passivement mon parcours pour devenir activement stratégique. "Accélérer le mouvement" n'était pas qu'une déclaration d'intention : c'était un plan d'action qui a effectivement été exécuté.
Pour ceux qui sont aujourd'hui dans la situation que je décrivais en novembre 2015 (stress insupportable, encore plusieurs années à tenir), voici mon conseil : prenez au sérieux votre incapacité à "tenir le coup aussi longtemps". Ce n'est pas de la faiblesse, c'est du réalisme. Et ce réalisme doit vous pousser à accélérer. Les quatre ans que j'ai gagnés entre 2015 et 2021 valent infiniment plus que tout ce que j'aurais pu obtenir en prolongeant mon calvaire professionnel jusqu'en 2025.
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