Dernière mise à jour : janvier 2026
En février 2016, à 43 ans, je traversais une période particulièrement difficile de mon parcours professionnel. Pour la troisième fois en moins d'un an, je frôlais le burnout et ne m'en tirais que de justesse, au prix d'une fatigue intense pendant plusieurs semaines. Ce billet analysait les causes de cette situation et identifiait trois principes pour continuer le chemin vers l'indépendance financière sans me détruire au passage.

En l'espace de moins d'une année je viens d'éviter un burnout de justesse pour la 3e fois consécutive. Heureusement, à chaque fois, je m'en rends compte juste assez vite pour m'en tirer sans trop de dégâts, même si je le paie par une très grosse fatigue durant plusieurs semaines.
Les causes sont multiples. Je ne peux blâmer uniquement mon employeur actuel. Certes le rythme de travail est élevé, mais de mon côté je me fixe également des objectifs très (pour ne pas dire trop) élevés. Dans ma vie privée c'est pareil, j'investis énormément de ressources pour ma famille et pour mes loisirs.
Paradoxalement ma quête d'indépendance financière, qui est sensée me libérer sur le long terme de la Rat Race, a également tendance à m'épuiser sur le court terme. Paradoxalement aussi, ce surinvestissement dans tout ce que je fais a provoque aussi un désengagement total durant plusieurs semaines lorsque je suis à bout de forces. Ma vie professionnelle, sportive et pire, familiale, en paient donc le prix aussi au final.
Le mérite de tout ça c'est que ça me fait voir désormais les choses d'une manière un peu différente.
Premièrement ma quête d'indépendance financière, même si elle me fatigue sur le moment ne doit pas être remise en cause. Au contraire elle est ce qui me permettra dans un proche avenir de m'épanouir pleinement dans ce que j'aime vraiment faire, à savoir, sans ordre de préférence : écrire, investir, faire du sport et passer du temps avec les personnes que j'aime.
Deuxièmement, je dois lever le pied au niveau professionnel. Cela signifie non seulement être moins impliqué d'un point de vue émotionnel, mais aussi y consacrer moins de temps. Autrement dit, je dois commencer à me mettre dans la tête que mon job commence à devenir une activité accessoire. Après tout, c'est bien ce à quoi il est destiné... avant de ne plus exister du tout.
Enfin, et cela va de pair avec les deux points précédents, je dois dès aujourd'hui consacrer plus de temps à ce que j'aime faire et non pas ce que je dois faire.
Ce n'est qu'en appliquant ces trois principes que je pourrai atteindre sereinement l'indépendance financière.
Note rétrospective – janvier 2026
Dix ans après ce billet, cette période de février 2016 reste dans ma mémoire. Trois burnouts évités de justesse en un an, c'était clairement un signal d'alarme que quelque chose devait changer fondamentalement dans mon approche.
Le diagnostic de 2016 était correct : je m'épuisais en surinvestissant simultanément dans le travail, la famille, les loisirs et la quête FIRE. Cette recherche de perfection dans tous les domaines créait une pression insoutenable. Pire, les périodes d'effondrement qui suivaient chaque quasi-burnout affectaient précisément ce que je cherchais à préserver : ma vie familiale et personnelle.
Les trois principes identifiés en février 2016 se sont révélés essentiels pour les cinq années suivantes (2016-2021) qui me séparaient encore de l'indépendance financière :
Principe 1 : Ne pas remettre en cause la quête FIRE. C'était juste. Abandonner l'objectif à cinq ans de la ligne d'arrivée aurait été une erreur dramatique. La fatigue de court terme ne justifiait pas de renoncer à la liberté de long terme. J'ai tenu bon et atteint l'indépendance en 2021.
Principe 2 : Désengagement émotionnel et temporel du travail. C'était le changement crucial. Entre 2016 et 2021, j'ai progressivement appliqué ce principe : moins d'heures de travail, moins d'investissement émotionnel dans les projets professionnels, acceptation que mon travail n'était plus ma priorité. Cette transition mentale a été difficile mais indispensable.
Principe 3 : Prioriser ce que j'aime sur ce que je dois. Partiellement appliqué entre 2016 et 2021, pleinement réalisé depuis 2021. Aujourd'hui en 2026, je fais effectivement ce que j'aime (écrire, investir, sport, temps avec les proches) sans les obligations professionnelles qui parasitaient tout.
Avec le recul, je réalise que la période 2015-2016 était probablement le "pic difficile" de mon parcours FIRE. J'avais déjà 20 ans de carrière derrière moi, j'étais épuisé par le travail, mais il me restait encore 5 ans à tenir. C'est dans cette phase intermédiaire, ni débutant ni arrivé, que le risque de burnout était maximal.
Ce que j'aurais aimé savoir en février 2016 : ces cinq dernières années passent finalement vite, et l'épuisement professionnel diminue naturellement quand on sait que la sortie approche. Entre 2016 et 2021, mon niveau de stress professionnel a progressivement baissé, non pas parce que le travail devenait plus facile, mais parce que j'appliquais le principe 2 (désengagement) et parce que la perspective de la sortie se rapprochait.
En janvier 2026, cinq ans après avoir atteint l'indépendance financière, je peux faire ce bilan : les trois quasi-burnouts de 2015-2016 étaient le prix à payer pour avoir trop voulu bien faire partout. Les trois principes identifiés en février 2016 m'ont effectivement permis d'atteindre "sereinement" (relativement parlant) le FIRE en 2021. Mais le mot important dans cette phrase reste "sereinement" : j'aurais pu atteindre le FIRE en me détruisant la santé. J'ai choisi de ralentir professionnellement pour préserver l'essentiel.
Aujourd'hui, quand je vois des personnes dans la communauté FIRE se tuer à la tâche pour atteindre l'indépendance "le plus vite possible", je repense à février 2016 et je leur dis : ralentissez. Mieux vaut atteindre le FIRE en étant en forme que de s'y traîner épuisé. L'indépendance financière n'a de valeur que si vous êtes en état d'en profiter.
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