Août 2016. Dernière mise à jour : décembre 2025.
Plus d'augmentation depuis des années. Avant je me serais révolté. Aujourd'hui ça m'amuse. Mes dividendes croissent de 10%/an.

Stagnation salariale
Voilà plusieurs années que je n'ai pratiquement plus eu d'augmentation de salaire. Les quelques bricoles supplémentaires que j'ai pu recevoir durant ce laps de temps n'ont même pas été suffisantes pour couvrir l'augmentation du coût de la vie.
Avant : révolte. Aujourd'hui : amusement
À l'époque, je m'en serais offusqué. J'aurais été réclamer auprès de mon supérieur. J'aurais même pu quitter mon emploi. Aujourd'hui je prends cela avec beaucoup d'amusement. J'écoute les justifications, qui n'ont pas évolué depuis une bonne vingtaine d'années (à les écouter on dirait qu'on vit une crise économique depuis les années 90). Et la donne était similaire chez tous les employeurs que j'ai pu côtoyer.
Donc maintenant, ça m'amuse. Je me marre même. Après tout, augmentation de salaire rime aussi avec responsabilités et stress supplémentaire. Donc, si y en a pas, il n'y a pas de quoi vouloir se tuer à la tâche. Plus de revenu, ça veut aussi dire plus d'impôts. Et si je regarde les périodes où j'ai effectivement plus gagné, je n'ai pas non plus été plus heureux... bien au contraire.
Les revenus passifs changent tout
Au-delà de tout ça, il y a surtout mes revenus passifs qui me permettent de relativiser cette stagnation de mon salaire. Cela fait déjà très longtemps en effet que grâce à eux j'ai compris que je ne deviendrai jamais riche en travaillant. Les loyers immobiliers, et les revenus croissants de mes dividendes m'apportent aujourd'hui cette sécurité financière que je n'ai pas avec mon salaire seul.
Le capital bat le travail
Quand on pense que mes dividendes croissent de 10% par an et que je n'ai plus eu de réelle augmentation de salaire depuis très longtemps, cela fait vraiment réfléchir sur le sens du travail... Les entreprises récompensent leurs actionnaires (et en principe également leurs dirigeants) chaque année d'un revenu supplémentaire de 10%, et ce depuis presque la nuit des temps, alors qu'elles justifient en même temps l'absence d'augmentation de salaires à leurs employés, pour cause de difficultés économiques.
Le capital est donc mieux récompensé que le travail. Même très nettement. Il est même à bien des égards moins taxé. C'est certes scandaleux et il y a de quoi s'en offusquer, voire même de descendre dans les rues. Mais jusqu'ici, les divers mouvements tels que les Indignés, Occupy Wall Street ou Nuit Debout, n'ont rien changé au système, et ce malgré sa faillite avec la crise financière de 2007. Le récent scandale des Panama Papers en est la plus grande preuve.
Utiliser le système contre lui-même
La seule voie réellement efficace, c'est donc d'utiliser les armes du système capitaliste pour s'affranchir de ses contraintes. C'est le côté schizo du chemin vers l'indépendance financière : on fait la révolution chacun à sa manière. Ce faisant, on utilise le capital pour s'affranchir des côtés néfastes de la société consumériste et sortir de la Rat Race.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (décembre 2025)
En relisant cet article d'août 2016, je me reconnais dans ce mélange de cynisme amusé et de stratégie subversive. Neuf ans et quatre mois plus tard, voici le bilan complet.
"Ça m'amuse" est devenu "ça ne me concerne plus" :
En août 2016, je disais que la stagnation salariale "m'amusait" au lieu de m'offusquer. C'était du détachement progressif. En 2025, je ne peux même plus dire que ça m'amuse, car je ne suis plus concerné. Je n'ai plus de salaire du tout depuis 2021. Zéro augmentation, zéro stagnation, zéro patron. Juste des dividendes qui croissent tranquillement.
L'ironie ultime : je vis maintenant de dividendes :
En août 2016, je critiquais le système où "les entreprises récompensent leurs actionnaires de 10% par an alors qu'elles refusent toute augmentation aux employés". Je dénonçais l'injustice fondamentale : capital > travail.
En 2025, je vis de dividendes. JE SUIS devenu cet actionnaire qui reçoit ses 10% annuels pendant que d'autres salariés stagnent. L'ironie est totale. Mais il y a une nuance morale : je ne suis pas un héritier parasitaire. J'ai construit ce capital par mon épargne et mes investissements. Je suis passé du côté "travail exploité" au côté "capital rentier" par effort personnel, pas par héritage.
Est-ce que ça rend le système moins injuste ? Non. Mais au moins, ma position actuelle est le résultat d'une stratégie consciente, pas d'un privilège de naissance.
Les mouvements sociaux n'ont rien changé :
En août 2016, je citais les Indignés, Occupy Wall Street, Nuit Debout. Mon constat : "n'ont rien changé au système". Neuf ans plus tard en 2025, je confirme. Entre 2016 et 2025, d'autres mouvements sont apparus (Gilets Jaunes en France, etc.). Résultat ? Le système est toujours là, plus fort que jamais. Le capital bat toujours le travail, probablement même plus qu'en 2016.
Ma conclusion d'août 2016 reste valide : les révolutions collectives ne changent rien. Seules les révolutions individuelles fonctionnent. Construire son capital, devenir rentier, sortir du système. C'est cynique, individualiste, mais efficace.
"Utiliser les armes du capitalisme pour s'en affranchir" :
Cette formule d'août 2016 était le cœur de ma philosophie. Neuf ans plus tard, je confirme : ça marche. J'ai utilisé les dividendes (outil capitaliste pur) pour sortir du salariat (exploitation capitaliste). J'ai retourné le système contre lui-même. Comme un judo financier : utiliser la force de l'adversaire pour le vaincre.
Le côté "schizo" que je mentionnais : critiquer le capitalisme tout en utilisant ses outils. Cette contradiction apparente est en fait la seule stratégie efficace. Tu ne peux pas détruire le système de l'extérieur. Mais tu peux t'en extraire individuellement en maîtrisant ses règles.
"Révolution chacun à sa manière" :
En 2016, je parlais de faire la révolution individuellement, pas collectivement. En 2025, je mesure pleinement ce que ça signifie. Ma révolution personnelle a réussi : je suis libre. Mais le système global n'a pas changé. Des millions de salariés continuent de subir la stagnation salariale pendant que les actionnaires empochent leurs dividendes croissants.
C'est la limite de l'approche FIRE : elle libère des individus, pas la société. C'est une évasion, pas une révolution. Mais au moins, c'est une évasion qui fonctionne.
Ce que je referais différemment :
Rien. Ma stratégie d'août 2016 - accepter la stagnation salariale avec amusement car les dividendes compensent largement - était exacte. J'aurais pu démissionner plus tôt, mais bon, j'ai pris une marge de sécurité confortable. Pas de regret.
Le message pour les lecteurs :
Si votre salaire stagne depuis des années et que ça vous frustre, vous avez deux options :
- Option collective : Manifester, rejoindre un syndicat, militer pour changer le système. Historiquement, efficacité proche de zéro. Le système capitaliste absorbe toutes les contestations.
- Option individuelle : Construire votre capital d'investissement. Épargner agressivement. Investir dans des actions à dividendes croissants. Utiliser les armes du capitalisme pour vous en affranchir. Efficacité : très élevée si vous êtes discipliné sur 15-20 ans.
Je respecte ceux qui choisissent l'option 1 (lutte collective). Mais moi j'ai choisi l'option 2 (évasion individuelle). En août 2016, j'étais en pleine construction. En 2021, j'ai sauté. En 2025, je confirme : ça marche.
Le capital bat le travail. C'est injuste. C'est scandaleux. Mais c'est la réalité. Vous pouvez soit la dénoncer toute votre vie, soit l'utiliser à votre avantage pour vous libérer. Moi j'ai choisi la deuxième voie. Et je ne regrette rien.
La révolution collective n'arrivera probablement jamais. Mais votre révolution personnelle, elle, peut commencer dès aujourd'hui. Un dividende à la fois.
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Je ne suis généralement pas fan des produits financiers purs, préférant le dur, mais ce journal et ton blog me parlent vraiment. Age, situation, et vision à moyen terme (soit 8-10 ans), on aurait du co-écrire! ^^
Mention particulière à l’article sur la rat race, qui résume bien ma vision des choses.. 😉
merci pour ton commentaire et plein succès !
Bonjour,
J’aime beaucoup la rédaction de votre article. Je m’y retrouve un peu. Etant employé, avec un salaire un tout petit peu plus elevé que le SMIC, mais ayant un petit capital boursier, je ne peux que constaté l’efficience d’un portefeuille equilibré.
Votre remarque sur l’augmentation ridicule du salaire a contrario des augmentations des dividendes est « spot-on »! Cela parassait pourtant evident, et vous lire, je réalise votre affirmation.
Merci Vincent pour votre commentaire sympa 😉