Journal d’un futur rentier (46) : entrepreneurs et rentiers

This entry is part 45 of 86 in the series Journal d'un futur rentier

Septembre 2016. Dernière mise à jour : janvier 2026.

Les points communs entre entrepreneurs et rentiers. Plus nombreux qu'on ne le pense.

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Comprendre son patron par le prisme FIRE

Paradoxalement, plus j'avance sur la voie de l'indépendance financière, plus je comprends mon patron. Certes, d'un côté il aliène la plus-value de mon travail (selon les théories marxistes), mais d'un autre côté chaque sou dépensé pour un de ses employés est un dividende en moins dans sa poche.

Les points communs entre entrepreneurs et rentiers

Un entrepreneur et un voyageur sur la route de l'indépendance possèdent énormément de points communs. Tous les deux veulent être libres et responsables du cours de leur vie. Ils construisent un projet à long terme qui leur permettra de devenir financièrement autonomes. Pour tous les deux, le chemin est autant important que le but. Leur quête a un côté économique et tangible, mais également (et surtout) introspectif et personnel.

Les qualités patronales nécessaires au FIRE

En fait, je crois même que certains côtés du patronat qui me déplaisent tant sont des qualités nécessaires en vue de devenir financièrement indépendant. Pensons par exemple simplement à leur souci constant de rationaliser et d'économiser. En tant qu'employé ça nous gave d'entendre chaque année les mêmes excuses pour ne pas nous accorder de salaire. Par contre en tant que futur rentier, il est nécessaire de mettre un peu d'argent de côté tous les mois. Surtout, on est bien content que les sociétés que nous possédons dans notre portefeuille fassent preuve de sagesse dans l'utilisation de leurs bénéfices, histoire qu'elles continuent à nous payer des dividendes... comme pour notre patron.

Le chemin schizophrène

Je l'ai déjà dit plusieurs fois : le chemin vers l'indépendance est schizophrène. Nous sommes à la fois salariés et patrons. Salariés parce que nous sommes contraints de passer temporairement par là pour épargner et investir intelligemment de l'argent. Patrons parce que nous devenons libres et responsables de notre vie, et que nous possédons des petites parties d'entreprises acquises en bourse.

ENTJ vs INTJ : patrons extravertis et intérieurs

Patrons et rentiers en herbe possèdent de plus des caractéristiques psychologiques très proches. Selon le MBTI, le profil type du directeur est ENTJ. Parmi les pèlerins en quête d'indépendance financière on rencontre énormément d'INTJ. Seule la dimension "extraversion" les distingue... Les futurs rentiers seraient donc simplement des "patrons" tournés vers leur vie intérieure, des dirigeants envers eux-mêmes.

Le reflet de ma propre personnalité

Il se pourrait donc bien que ce côté qui me dérange parfois tellement chez les chefs d'entreprise soit en fait simplement un reflet de ma propre personnalité...

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (janvier 2026)

En relisant cet article de septembre 2016, parallèle entre entrepreneurs et rentiers, je suis frappé par la justesse de l'analyse. Cette réflexion sur les points communs entre entrepreneurs et rentiers documentait une prise de conscience progressive : je partageais beaucoup plus de traits avec les patrons que je ne voulais l'admettre.

Pourquoi ? Parce que depuis 2021, je gère mon propre "entreprise" personnelle (même si je n'ai pas d'employés) : mon capital, mes investissements, mon temps, mes projets et ma petite activité accessoire indépendante. Et je fais face aux mêmes arbitrages qu'un patron : dépenser maintenant vs investir pour plus tard, rationaliser les coûts vs profiter davantage, sécuriser vs prendre des risques.

Les points communs entrepreneurs/rentiers : validés

Septembre 2016 listait les points communs entre entrepreneurs et rentiers : "être libres et responsables du cours de leur vie", "projet à long terme", "autonomie financière", "le chemin est autant important que le but", "quête économique et tangible, mais également introspective et personnelle".

La différence principale ? L'entrepreneur construit sa liberté en créant une entreprise (qui peut le rendre captif si elle nécessite sa présence constante). Le rentier construit sa liberté en accumulant du capital passif (qui le libère totalement une fois l'objectif atteint).

Donc oui, mêmes motivations (liberté, autonomie), même discipline (projet long terme), mais voies différentes. Et personnellement, je préfère la voie rentier : une fois le capital atteint, liberté totale sans dépendance à une entreprise opérationnelle.

Les qualités patronales nécessaires au FIRE : confirmé

Septembre 2016 observait que "certains côtés du patronat qui me déplaisent tant sont des qualités nécessaires en vue de devenir financièrement indépendant", notamment "leur souci constant de rationaliser et d'économiser".

Ironiquement, les patrons que je trouvais "radin" avec les salaires étaient probablement en train d'appliquer les mêmes principes que j'appliquais à mon épargne personnelle : maximiser ce qui va générer des rendements futurs, minimiser ce qui ne sert qu'à la consommation immédiate.

Donc oui, devenir financièrement indépendant nécessite d'adopter certains traits "patronaux" déplaisants : rigueur budgétaire, optimisation continue, refus des dépenses superflues. Pas moyen d'y échapper.

La "schizophrénie" salarié/patron : résolue depuis 2021

Cette dualité schizophrénique a-t-elle été résolue depuis août 2021 ? Totalement. Depuis ma démission, je ne suis plus salarié du tout. Je suis uniquement "patron" de mon propre capital et de ma vie.

Cette résolution de la schizophrénie est probablement un des aspects les plus libérateurs de FIRE. En tant que salarié, je vivais effectivement une double vie : employé obéissant le jour (subissant les décisions patronales sur économies/rationalisations), patron de mon épargne le soir (appliquant les mêmes principes d'économie/rationalisation). Cette dualité créait une dissonance cognitive permanente.

Depuis 2021, cette dissonance a disparu. Un seul rôle : gestionnaire de mon propre capital et temps. Cohérence totale. Soulagement psychologique énorme.

ENTJ vs INTJ : confirmation du profil

Septembre 2016 suggérait que les entrepreneurs typiques sont ENTJ (extravertis) et les rentiers typiques sont INTJ (introvertis), avec pour seule différence la dimension extraversion/introversion. "Les futurs rentiers seraient donc simplement des 'patrons' tournés vers leur vie intérieure, des dirigeants envers eux-mêmes."

Les caractéristiques INTJ correspondent en effet parfaitement au profil rentier :

  • Introversion : Préférence pour l'autonomie et la vie intérieure plutôt que les interactions sociales constantes nécessaires à l'entrepreneuriat extraverti
  • Intuition : Vision long terme, planification stratégique (FIRE nécessite cette perspective temporelle)
  • Thinking : Décisions basées sur la logique et les chiffres plutôt que les émotions (essentiel pour discipline d'épargne/investissement)
  • Judging : Préférence pour la structure, la planification et le contrôle (nécessaire pour exécuter un plan FIRE)

L'observation que les INTJ sont des "dirigeants envers eux-mêmes" est particulièrement juste. Je ne veux pas diriger d'autres personnes (contrairement aux ENTJ entrepreneurs), mais je veux absolument diriger ma propre vie avec une discipline et une stratégie comparables à celles d'un CEO dirigeant une entreprise.

Le "reflet de ma propre personnalité" : acceptation

La conclusion de septembre 2016 était introspective : "Il se pourrait donc bien que ce côté qui me dérange parfois tellement chez les chefs d'entreprise soit en fait simplement un reflet de ma propre personnalité..."

Ce qui me dérangeait chez les patrons (rigueur budgétaire, optimisation constante, refus dépenses "inutiles") était effectivement des traits que je possédais moi-même et que j'appliquais à ma vie personnelle.

Pourquoi ces traits me dérangeaient-ils chez les patrons alors que je les pratiquais moi-même ? Parce que quand un patron les applique à MES dépenses (mon salaire), ça m'affecte négativement. Mais quand je les applique à MES propres choix (mon épargne), j'en tire bénéfice.

Depuis 2021, maintenant que je ne subis plus les décisions patronales d'autrui mais applique uniquement mes propres décisions "patronales" à ma vie, cette irritation a disparu. J'ai fait la paix avec ces traits de personnalité.

Entrepreneurs vs Rentiers : quelle voie choisir ?

Septembre 2016 établissait que les deux voies (entrepreneuriat et FIRE) partageaient beaucoup de points communs. Mais laquelle est préférable ?

Cela dépend entièrement du profil psychologique. Pour un ENTJ (extraverti, énergisé par interactions sociales, aime diriger des équipes) : l'entrepreneuriat est probablement la meilleure voie. Pour un INTJ (introverti, énergisé par solitude, préfère diriger sa propre vie plutôt que celle d'autrui) : FIRE est probablement optimal.

Personnellement, avec mon profil INTJ, FIRE était clairement le bon choix. L'entrepreneuriat m'aurait obligé à gérer des employés, des clients, des fournisseurs - toutes interactions sociales qui m'épuisent. FIRE me permet la liberté et l'autonomie sans ces interactions.

Le message pour les lecteurs :

Les leçons de septembre 2016 :

  • Entrepreneurs et rentiers partagent des motivations communes : Liberté, autonomie, responsabilité, vision long terme. Si vous êtes attiré par l'entrepreneuriat mais rebuté par la gestion d'équipe/clients, FIRE offre les mêmes bénéfices sans ces contraintes.
  • Les qualités "patronales" déplaisantes sont nécessaires au FIRE : Rigueur budgétaire, optimisation constante, refus dépenses superflues. Si vous critiquez ces traits chez vos patrons, réalisez que vous devrez les adopter vous-même pour atteindre FIRE. Paradoxe inévitable.
  • Le chemin FIRE est "schizophrène" jusqu'à la démission : Vous serez salarié obéissant le jour, patron de votre épargne le soir. Cette dualité crée une dissonance cognitive. Mais elle se résout complètement quand vous atteignez FIRE et démissionnez.
  • INTJ → FIRE, ENTJ → Entrepreneuriat : Si vous êtes introverti, planificateur long terme, logique, structuré (INTJ), FIRE est probablement mieux adapté que l'entrepreneuriat. Si vous êtes extraverti, énergisé par interactions, leader naturel (ENTJ), entrepreneuriat peut être préférable.
  • Ce qui vous dérange chez les patrons peut refléter votre propre personnalité : Si certains traits patronaux (rigueur, optimisation) vous irritent, demandez-vous si ce n'est pas parce que vous possédez ces mêmes traits mais les appliquez différemment. L'introspection honnête aide à faire la paix avec ces paradoxes.

En septembre 2016, je réalisais que les entrepreneurs et les rentiers partageaient énormément de points communs, avec pour principale différence l'extraversion (ENTJ vs INTJ). Neuf ans plus tard, après 4+ ans de vie post-FIRE, je confirme cette analyse. Mon profil INTJ était parfaitement adapté à FIRE plutôt qu'à l'entrepreneuriat. La "schizophrénie" salarié/patron s'est résolue en 2021. Et j'ai fait la paix avec les traits "patronaux" que je critiquais autrefois, réalisant qu'ils étaient simplement le reflet de ma propre personnalité appliquée à ma vie. Les futurs rentiers sont effectivement des patrons tournés vers leur vie intérieure.

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