Bitcoin en 2025 : au-delà de la spéculation

Dernière mise à jour : décembre 2025

En décembre 2025, le Bitcoin oscille autour de 90'000 dollars, après avoir atteint un sommet historique de 126'000 dollars en octobre. Une volatilité spectaculaire qui pourrait faire croire à une énième bulle spéculative. Pourtant, le contexte de 2025 diffère radicalement de celui des cycles précédents. L'adoption institutionnelle a transformé le paysage : 31% du Bitcoin circulant est désormais détenu par des institutions, et les ETF Bitcoin accumulent près de 180 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

Symbole Bitcoin doré sur fond technologique avec gratte-ciels financiers symbolisant l'adoption institutionnelle massive de la cryptomonnaie en 2025

Une légitimation institutionnelle sans précédent

Le tournant s'est opéré en janvier 2024 avec l'approbation des ETF Bitcoin spot par la SEC américaine. En moins de deux ans, ces produits réglementés ont attiré des flux massifs de capitaux institutionnels. Le seul ETF iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock gère plus de 50 milliards de dollars, devenant le lancement d'ETF le plus réussi de l'histoire de la finance traditionnelle.

Cette institutionnalisation s'est accélérée en 2025 grâce à plusieurs catalyseurs réglementaires. Le GENIUS Act, adopté en juillet 2025, a établi un cadre fédéral clair pour les actifs numériques aux États-Unis. L'ordre exécutif de Trump créant une Strategic Bitcoin Reserve a normalisé l'idée d'une détention souveraine de cryptomonnaies. En Europe, la régulation MiCA a harmonisé les standards à travers les États membres, facilitant l'adoption transfrontalière.

Les banques traditionnelles ont opéré un virage à 180 degrés. PNC Bank est devenue en décembre 2025 la première grande banque américaine à offrir du trading Bitcoin direct à ses clients fortunés via Coinbase. Goldman Sachs opère un desk Bitcoin traitant plus de 2 milliards de dollars par semaine. JPMorgan, dont le CEO Jamie Dimon critiquait violemment le Bitcoin il y a quelques années, propose désormais des services de garde pour ses clients les plus riches.

La question de la valeur intrinsèque revisitée

L'argument selon lequel le Bitcoin n'aurait aucune valeur intrinsèque parce qu'il ne génère pas de flux de revenus reste récurrent. Cette vision est réductrice. Elle ignore que la valeur d'un actif ne se résume pas aux dividendes ou intérêts qu'il verse.

L'or, qui ne paie aucun revenu, conserve une capitalisation boursière de plusieurs trillions de dollars depuis des millénaires. Sa valeur repose sur trois piliers : une offre limitée et prévisible, une reconnaissance universelle comme réserve de valeur, et une facilité de négociation. Le Bitcoin partage exactement ces trois caractéristiques, avec un avantage supplémentaire décisif : son plafond d'offre est mathématiquement garanti à 21 millions d'unités, dont 19.96 millions sont déjà en circulation.

La comparaison avec les monnaies fiduciaires est encore plus favorable au Bitcoin. Les banques centrales occidentales maintiennent des taux d'intérêt réels souvent négatifs après inflation. Le dollar, l'euro ou le franc suisse ne "paient" plus d'intérêts significatifs dans un monde de taux quasi-nuls. Leur offre, elle, est illimitée et soumise aux décisions discrétionnaires des autorités monétaires. Le Bitcoin propose l'inverse : une politique monétaire prévisible, transparente et immuable.

De la volatilité spéculative à la stabilité institutionnelle

Un changement fondamental s'est opéré en 2025 : la volatilité du Bitcoin a chuté d'environ 75% par rapport aux cycles précédents selon plusieurs études. Cette stabilisation résulte directement de l'afflux de capitaux institutionnels. Les "mains fortes" – fonds de pension, family offices, trésoreries d'entreprises – ne paniquent pas lors des corrections. Elles voient ces replis comme des opportunités d'accumulation.

MicroStrategy, pionnière de cette stratégie de trésorerie Bitcoin, détient désormais plus de 43'500 BTC (environ 4 milliards de dollars). D'autres entreprises cotées ont suivi, intégrant progressivement le Bitcoin comme actif de réserve. Selon les projections de JPMorgan, si les institutions traitent le Bitcoin avec le même niveau de confiance que l'or sur une base ajustée au risque, son prix pourrait atteindre 170'000 dollars.

La liquidité s'est considérablement approfondie. Les volumes quotidiens de trading sur les ETF Bitcoin atteignent régulièrement 40 à 50 milliards de dollars. Cette profondeur de marché rend les manipulations plus difficiles et les mouvements de prix moins erratiques.

Le Bitcoin comme actif décorrélé

L'une des qualités les plus précieuses du Bitcoin pour un portefeuille diversifié reste sa faible corrélation avec les autres classes d'actifs. Même face à l'or, son "cousin réel", le Bitcoin affiche des mouvements de prix largement indépendants.

Cette décorrélation permet d'améliorer le profil rendement-risque d'un portefeuille. Une allocation modeste de 2 à 5% en Bitcoin, désormais recommandée par plusieurs consultants en investissement institutionnels, peut réduire la volatilité globale tout en augmentant les rendements potentiels. Il convient toutefois de calibrer cette exposition en fonction de sa tolérance au risque personnelle.

Les données de 2025 montrent que 86% des investisseurs institutionnels sont soit déjà actifs dans l'espace crypto, soit prévoient d'y entrer. Cette transformation d'un actif retail spéculatif vers une composante standard des portefeuilles institutionnels marque un point d'inflexion historique.

Perspectives pour 2026 et au-delà

Les prévisions pour 2026 varient, mais convergent vers une fourchette de 140'000 à 200'000 dollars. Ces projections ne relèvent plus du fantasme : elles s'appuient sur des modèles quantitatifs intégrant les flux ETF, l'adoption croissante, et les comparaisons avec la capitalisation de l'or.

Le cycle de halving – division par deux de la récompense de minage qui limite l'inflation du Bitcoin – continue d'exercer son influence structurelle sur l'offre. Avec une demande institutionnelle croissante et une offre nouvelle en diminution constante, le déséquilibre fondamental penche clairement du côté haussier.

Plusieurs fonds de pension américains ont commencé à allouer du capital vers les ETF Bitcoin. Des États comme le Wyoming explorent des réserves de Bitcoin souveraines. Cette normalisation progressive transforme le Bitcoin d'un pari spéculatif en une allocation stratégique défensive face à la dévaluation monétaire et l'instabilité géopolitique.

Conclusion

Le Bitcoin de 2025 n'est plus celui de 2021. L'infrastructure réglementaire s'est clarifiée. Les produits d'investissement institutionnels ont proliféré. Les grandes banques ont adopté une posture constructive. La volatilité a diminué de façon spectaculaire. La liquidité s'est approfondie.

Certes, la dimension spéculative persiste – tout actif à fort potentiel de croissance attire les traders. Mais réduire le Bitcoin à cette seule facette en 2025 serait ignorer sa transformation structurelle. Avec 31% de l'offre entre des mains institutionnelles, 180 milliards de dollars dans les ETF, et un cadre réglementaire de plus en plus favorable, le Bitcoin s'impose comme une réserve de valeur numérique crédible.

La question n'est plus de savoir si le Bitcoin a une place dans l'écosystème financier moderne, mais quelle sera l'ampleur de cette place. Pour l'investisseur averti, cela justifie une analyse sérieuse plutôt qu'un rejet dogmatique ou une adhésion aveugle.

Questions fréquentes

Pourquoi le Bitcoin a-t-il de la valeur s'il ne génère pas de revenus ?

Le Bitcoin tire sa valeur de sa rareté programmée (21 millions d'unités maximum), de sa décentralisation, et de sa reconnaissance croissante comme réserve de valeur. Comme l'or, il n'a pas besoin de verser des dividendes pour avoir de la valeur. Sa capitalisation de 1.8 trillion de dollars en décembre 2025 reflète la confiance collective dans ces propriétés fondamentales.

L'adoption institutionnelle signifie-t-elle que le Bitcoin est devenu sûr ?

L'adoption institutionnelle a considérablement réduit la volatilité et amélioré la liquidité, mais le Bitcoin reste un actif à risque. Sa volatilité, bien que réduite de 75% par rapport aux cycles précédents, dépasse largement celle des actions ou obligations. Une allocation prudente de 2 à 5% maximum dans un portefeuille diversifié reste recommandée pour la plupart des investisseurs.

Quel est l'impact des ETF Bitcoin sur le marché ?

Les ETF Bitcoin ont transformé l'accessibilité de cet actif pour les institutions. Avec près de 180 milliards de dollars d'actifs sous gestion fin 2025, ils ont créé une demande structurelle massive. Le seul ETF de BlackRock (IBIT) avec ses 50 milliards de dollars représente déjà 2.7% de la capitalisation totale du Bitcoin. Cette institutionnalisation réduit la volatilité et augmente la légitimité de l'actif.

Le Bitcoin peut-il vraiment remplacer l'or ?

Le Bitcoin est souvent appelé "or numérique" car il partage plusieurs caractéristiques : rareté, divisibilité, portabilité, et reconnaissance comme réserve de valeur. Selon le modèle de JPMorgan, si le Bitcoin atteignait une parité ajustée au risque avec l'or, son prix pourrait grimper vers 170'000 dollars. Toutefois, l'or bénéficie de 5000 ans d'histoire tandis que le Bitcoin n'a que 16 ans. La coexistence des deux semble plus probable qu'un remplacement complet.

Quels sont les risques principaux pour le Bitcoin en 2026 ?

Les principaux risques incluent un retournement réglementaire majeur (peu probable vu les tendances actuelles), une faille technique dans le protocole Bitcoin (jamais observée en 16 ans), une correction macro-économique sévère affectant tous les actifs à risque, ou l'émergence d'une technologie concurrente supérieure. La diversification reste essentielle pour gérer ces risques résiduels.

Sources et données

Rapports et analyses :

Données réglementaires : SEC (approbations ETF), GENIUS Act (juillet 2025), Strategic Bitcoin Reserve (janvier 2025)

Prévisions institutionnelles : JPMorgan (modèle gold-parity à 170k$), Standard Chartered, BlackRock Research


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8 réflexions sur “Bitcoin en 2025 : au-delà de la spéculation”

  1. Difficile de ne pas penser que c’est une bulle, néanmoins plus le temps passe et moins je continue de le penser.

    D’une part parce qu’il y a une récurrence forte (3eme occurence), de ce même schéma de grande augmentation du prix après le halving, qui a été largement étudiée (vu qu’avec la blockchain on a accès librement a un tas d’informations sur les achats et la demande).
    Cette récurrence nous montre que le bitcoin suit une loi d’adoption, et que les halvings créent un choc d’offre qui fait monter explosivement le prix quelques mois plus tard.

    Tant que l’adoption du bitcoin continue, ce phénomène continuera. Aujourd’hui on estime a environ 1.7% de la population mondiale, le nombre de personnes possédant du bitcoin. Cela a donc largement possibilité de continuer jusqu’au prochain halving ou meme encore le suivant.

    D’autre part, ce qui me fait dire que ce n’est pas une bulle, c’est le fait que les institutions s’y intéressent cette année, certainement pour spéculer et trader, mais aussi également comme actif de réserve (achats de Microstrategy, Tesla…) qui ont plutôt pour plan de l’utiliser comme protection contre une inflation potentielle.

    Lorsqu’on regarde le graphique du prix en échelle linéaire, il semble être fortement émotionnel, et ça ressemble exactement a une bulle. En échelle log, on voit vraiment bien les cycles de halving, et la « folie » qui en suit. Mais sur le long terme, on est quand même en moyenne sur une progression annualisée de 200% sur 10 ans.
    Alors est ce une bulle ? A mon avis, pas encore

    1. Y a bulle et bulle. Y a celles qui éclatent définitivement et celles qui se regonflent encore plus. Amazon aussi était en situation de bulle en 2000 et J. Bezos est aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète.

      Je pense que le bitcoin est plus proche d’Amazon que de JDS Uniphase….

  2. Merci pour cet article qui commence mal mais finit bien selon moi. Oui je partage les avis des commentaires et à force de me documenter je suis de plus en plus persuadé qu’il va supplanter l’or comme « store of value ». Nous sommes encore potentiellement tout au début d’une révolution dont on n’imagine pas les conséquences.

  3. Philippe de Habsbourg

    Exactement! « des traders veulent réaliser des gains à court terme. » et je pense que le problème ce situe là. J’ai un ami qui n’arrête pas d’essayer de me convaincre d’investir dans cette monnaie (ça commence à être chiant à la fin!). Mais il fait du day-trading! Moi ça m’épuise de devoir suivre ça quotidiennement, quand j’investis j’essaye de le faire sur une horizon de 20 ans. Et quand je regarde la santé de mon porte feuille, je me demande ce que le bitcoin m’apporterait de plus… Pour m’acheter une Tesla? hummm non merci, ça ne respecterait pas mon plan de vie d’avoir une voiture qui me coûte la peau du cul à entretenir à chaque semestre et me stresser avec le stationnement dans la neige!

    De toute manière, moi je m’en tiens aux conseils de Warren Buffett :
    1- Respecter mes connaissances (j’y comprends rien au BTC et j’en ai rien à cirer non plus)
    2- Investir sur le long terme (Le BTC aura-t-il la même performance que le S&P500 sur une horizon de 10 ans? Selon toutes probabilités, non. Si je me trompe, bah tant pis! Si j’avais investis dans Amazon tout mon argent il y a 20 ans je serais milliardaire aussi!)
    3- Rester à l’écart de la folie qu’entraîne la fluctuation des marchés
    4- Être PATIENT!

    De toute manière, le BTC suit la même trajectoire exponentielle que la bourse ou le marché immobilier. Lorsque ça ira mal pour vrai, le BTC va en prendre une claque comme tout le reste….

    1. Il me semble que le BTC est devenu un actif comme un autre. Ou en tout cas pas très loin. Au début c’était seulement un truc de geek que personne ne comprenait. Maintenant il commence à être reconnu. Comme tout actif, il n’échappe pas à la spéculation. Cependant, comme tout actif aussi, on peut l’utiliser dans un portefeuille pour une approche d’investissement.

      J’ai très longtemps été réfractaire au BTC. J’ai changé d’avis le jour où j’ai découvert son absence totale de corrélation aux autres actifs. Une petite ligne de Bitcoin est ainsi très appréciable dans un portefeuille. Pas pour spéculer, juste pour diversifier et diminuer paradoxalement la volatilité du portefeuille.

      Ce n’est assurément pas la poule aux œufs. Ce n’est pas non plus le diable en personne. C’est juste un actif avec tout ce que ça implique.

  4. Ce qu’il faut voir aussi c’est l’inflation réelle. Avec les politiques monétaires et de crédit il y a de fait une expansion très importante de la masse monétaire. Si on ne compte pas seulement quelques produits de consommation mais si on inclut dans le calcul la valeur des actifs (immobilier, actions) « asset inflation », alors on s’aperçoit qu’il y a une inflation réelle que certains évaluent à 15% / an. C’est énorme. D’où l’intérêt du BTC qui échappe au contrôle des banques centrales et est conçu sur le principe de rareté avec une inflation connue dès le départ et très faible. Avec une inflation réelle à 15% par an, on peut être un très bon stock picker et quand même voir son capital fondre si on arrive pas à les dépasser.

  5. Le bitcoin vaut 0 non pas seulement pour une histoire de flux nuls, mais aussi parce qu’il ne sert à rien. Sauf si vous êtes de la mafia russe et que vous en avez besoin pour rançonner des entreprises lorsque vous avez piraté leur outil informatique.

    C’est difficile d’en convenir quand on en a et qu’on y croit. Mais fondamentalement, cela ne vaut rien. C’est de la pure spéculation. Demain, vous vous réveillerez et vous vous direz : « mais qu’est-ce que je fais avec mon argent là-dedans ! ». Il sera peut-être trop tard.

    C’est grisant de faire partie de la fête. C’est exactement la même sensation quand il est minuit à une grosse fête où tout le monde picole : ambiance de folie ! Il arrivera malheureusement un lendemain matin. Genre gueule de boit jusqu’au soir…

    Personne de sérieux n’intègre de monnaie virtuelle dans son patrimoine, sauf s’il est joueur. Et là on est dans une approche de type casino. Ce qui n’a plus rien à voir avec de l’investissement. Encore faut-il le reconnaître et en avoir conscience.

    Les particuliers ont trop de sous. Ils ont du temps et aucune activité : ils spéculent avec les produits qu’on leur propose. Si Deutschebank et Goldman Sachs s’y mettent, c’est pour toucher des commissions et refourguer des produits aux particuliers. Ils auraient tord de s’en priver vu l’appétit actuel des spéculateurs pour ce type de produits risqués !

    Ce nouveau paradigme, on entendait déjà ça en 2018 quand tous les actifs étaient surévalués. Ensuite, on n’a plus entendu parler de cryptomonnaies… jusqu’à il y a quelques semaines. Un épiphénomène qui est appelé à disparaître dans l’histoire des actifs.

  6. Laurent Martin

    Vers 2018 me semble-t-il, je me suis intéressé au Bitcoin, à son histoire et son fonctionnement, à la Block Chain qu’il y a derrière, et à ce qui fait varier son cours (oui, oui, l’offre et la demande bien sûr; mais qu’est-ce qui fait varier celles-ci?).
    J’en ai acheté pour quelques centimes, juste pour faire l’expérience concrète d’un achat.
    Au final, je m’en tiens éloigné, par prudence, car, même si je veux bien concevoir qu’il pourrait devenir une sorte de « d’or digital », soit un valeur refuge, je n’ai toujours pas confiance en cette monnaie virtuel dont nombre de paramètres m’échappent, malgré mes efforts pour étudier et tenter de comprendre.
    Donc, en l’état, le Bitcoin et autres monnaies virtuelles, c’est sans moi. Mais je suis conscient de passer peut-être à côté de quelque chose.

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