Octobre 2012. Dernière mise à jour : janvier 2026.
Le diagnostic fondamental. Le monde du travail n'est pas fait pour moi. Besoin d'autonomie incompatible avec la subordination salariale.

Le monde du travail n'est pas fait pour moi
Aujourd'hui je suis de plus en plus convaincu que le monde du travail actuel n'est pas fait pour moi. Non pas que je suis un paresseux, bien au contraire. J'ai une capacité de travail qui dépasse de loin la norme. Par contre mon besoin d'autonomie et d'indépendance sont trop importants pour devoir dépendre de l'autorité d'un employeur, avec tout ce que ça implique. Recevoir des ordres, devoir rendre des comptes, se justifier, courir dans tous les sens pour les besoins d'un autre, ça ne me motive aucunement.
14 ans sans trouver ma voie
Je ne le savais pas encore à l'époque, mais c'est sans doute pour cela que je n'arrivais pas à me projeter dans une profession. C'est ainsi qu'en sortant des études j'ai aligné des stages et des expériences professionnelles un peu tous azimuts, sans jamais trouver ma voie. Cela fait maintenant 14 ans que j'ai terminé mes études et je dois reconnaître que, même si je me suis fixé dans un domaine, je n'en ai jamais vraiment retiré de satisfactions. Bien entendu, tout n'a jamais été noir, mais je n'ai plus jamais pu vivre les mêmes sensations que durant mes études où j'étais indépendant, livré à moi-même et seul responsable de ma petite personne.
La dépendance permanente à autrui
C'est sans doute cette dépendance de tous les instants à autrui qui est si difficile à vivre dans le monde professionnel. Nos réussites, comme nos échecs, dépendent de ce qui est accompli en amont et en aval par d'autres personnes. Nos possibilités d'agir comme salarié sur le système sont finalement dérisoires alors même que nous devons en assumer la pleine responsabilité. À contrario, les membres de conseils d'administration et les tops managers des sociétés possèdent une latitude décisionnelle énorme, tandis que dans les faits ils ne sont jamais inquiétés lorsque leur responsabilité est engagée. Il n'y a qu'à voir ce qu'il s'est passé dans le monde financier depuis 2008. C'est juste scandaleux.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (janvier 2026)
En relisant cet article d'octobre 2012, diagnostic sur l'incompatibilité entre mon besoin d'autonomie et le salariat, je suis frappé par la justesse de l'analyse.
Le profil INTJ et le besoin d'autonomie :
Ce que je décrivais en octobre 2012 sans le nommer explicitement, c'est le profil INTJ typique : besoin d'autonomie extrême, difficulté avec l'autorité arbitraire, frustration face à la dépendance, incapacité à se motiver pour "les besoins d'un autre".
Les INTJ sont parmi les types de personnalité les plus incompatibles avec le salariat traditionnel. Pourquoi ? Parce qu'ils ont besoin de comprendre le "pourquoi" derrière chaque décision, détestent recevoir des ordres sans justification logique, et supportent mal la hiérarchie pour la hiérarchie. Pour un INTJ, "recevoir des ordres, devoir rendre des comptes, se justifier" n'est pas juste démotivant - c'est psychologiquement insoutenable à long terme.
Cette incompatibilité fondamentale explique probablement pourquoi j'ai poursuivi FIRE si obstinément. Ce n'était pas un simple désir de confort ou de richesse. C'était une nécessité existentielle pour un esprit qui ne peut pas fonctionner sous subordination permanente.
"Je ne le savais pas encore à l'époque" :
Cette phrase d'octobre 2012 - "Je ne le savais pas encore à l'époque, mais c'est sans doute pour cela que je n'arrivais pas à me projeter dans une profession" - documente une prise de conscience progressive.
En sortant des études (vers 1998), je ne comprenais pas pourquoi je ne trouvais pas ma "voie" professionnelle. J'ai "aligné des stages et des expériences professionnelles un peu tous azimuts, sans jamais trouver ma voie". À l'époque, j'attribuais probablement ça à de l'indécision ou à un manque de passion pour un domaine spécifique.
Mais en octobre 2012, après 14 ans dans le monde professionnel, le diagnostic était enfin clair : le problème n'était pas le domaine ou la profession. Le problème était le salariat lui-même. Peu importe le job, peu importe le secteur, la structure fondamentale (subordination, ordres, dépendance) restait incompatible avec ma personnalité.
Cette prise de conscience était cruciale. Une fois que vous comprenez que le problème est structurel (pas spécifique à un employeur ou un domaine), vous arrêtez de chercher le "bon job" et vous commencez à construire une sortie du salariat lui-même. C'est exactement ce que j'ai fait entre 2012 et 2021.
La nostalgie des études :
J'écrivais en octobre 2012 que je n'avais "plus jamais pu vivre les mêmes sensations que durant mes études où j'étais indépendant, livré à moi-même et seul responsable de ma petite personne".
Cette nostalgie des études est commune chez beaucoup de personnes qui poursuivent FIRE. Pourquoi ? Parce que les études (surtout universitaires) offrent une autonomie qu'on ne retrouve jamais dans le salariat : vous choisissez vos cours, gérez votre emploi du temps, décidez quand travailler, assumez seul les conséquences de vos choix. C'est une liberté totale.
Puis vous entrez dans le salariat et cette liberté disparaît instantanément. Vous devez être présent 8-10h par jour à des heures imposées, faire ce qu'on vous dit, suivre des processus décidés par d'autres, justifier chaque décision. Pour un esprit habitué à l'autonomie des études, c'est un choc brutal.
Depuis août 2021 (ma démission), ai-je retrouvé les "mêmes sensations" que durant les études ? Absolument. Peut-être même mieux. Comme pendant les études : je choisis mes projets, gère mon temps, décide de mes priorités, assume seul mes succès et échecs. Mais contrairement aux études, je n'ai plus la pression des examens ou des délais académiques. C'est l'autonomie des études, amplifiée par l'absence totale de contraintes.
Responsabilité sans pouvoir décisionnel :
Le paragraphe le plus incisif d'octobre 2012 concernait le paradoxe du salariat : "Nos possibilités d'agir comme salarié sur le système sont finalement dérisoires alors même que nous devons en assumer la pleine responsabilité."
Ce paradoxe est au cœur de la frustration salariale. Vous êtes responsable des résultats (si échec, c'est votre faute), mais vous n'avez presque aucun pouvoir sur les décisions structurelles (stratégie, budget, organisation, processus). C'est comme être capitaine d'un navire où quelqu'un d'autre contrôle le gouvernail.
Depuis août 2021, ce paradoxe a disparu. Je suis maintenant responsable uniquement de ce que je contrôle réellement. Si un projet échoue, c'est ma décision, ma responsabilité, mais aussi mon pouvoir décisionnel qui était en jeu. L'alignement entre responsabilité et pouvoir est enfin restauré.
L'injustice systémique :
La conclusion d'octobre 2012 dénonçait l'injustice : "Les membres de conseils d'administration et les tops managers des sociétés possèdent une latitude décisionnelle énorme, tandis que dans les faits ils ne sont jamais inquiétés lorsque leur responsabilité est engagée. Il n'y a qu'à voir ce qu'il s'est passé dans le monde financier depuis 2008."
Cette observation de 2012 reste-t-elle vraie en 2026 ? Malheureusement oui. Le système n'a pas changé. Les dirigeants continuent à avoir une latitude décisionnelle énorme avec une responsabilité personnelle minimale. Quand une entreprise échoue (comme récemment le Crédit Suisse), les salariés perdent leur emploi, mais les dirigeants partent avec des indemnités dorées. Quand une crise systémique arrive (2008, COVID, etc.), les salariés subissent, mais les élites sont protégées.
Cette injustice structurelle était une des motivations profondes pour FIRE. Si le système est injuste et que vous ne pouvez pas le changer, la seule option rationnelle est d'en sortir. C'est exactement ce que j'ai fait.
FIRE comme seule solution :
Pour quelqu'un avec un besoin d'autonomie aussi fort que le mien (et que beaucoup d'autres INTJ ou profils similaires), il n'y a que trois options face au salariat :
Option 1 : S'adapter au salariat - Accepter la subordination, apprendre à recevoir des ordres sans frustration, faire semblant d'être motivé. Certains y arrivent. Moi pas. J'ai essayé pendant 21 ans, échec complet.
Option 2 : Entrepreneuriat - Créer sa propre entreprise pour échapper à la hiérarchie. Cela offre de l'autonomie mais crée d'autres dépendances (clients, employés, banques, régulations). Pas testé personnellement (à part ma petite activité accessoire indépendante). Certains INTJ réussissent bien l'entrepreneuriat.
Option 3 : FIRE - Construire un capital suffisant pour n'avoir besoin ni d'employeur ni de clients. Autonomie totale. C'est l'option que j'ai choisie.
Pour les esprits qui ne peuvent pas fonctionner sous subordination, FIRE est probablement la solution la plus sûre. L'entrepreneuriat peut échouer, mais un capital bien construit génère des revenus stables indéfiniment.
Le message pour les lecteurs :
Les leçons d'octobre 2012 :
- Si vous ne "trouvez pas votre voie", le problème est peut-être structurel : Beaucoup de gens changent de job/secteur/entreprise en cherchant la "bonne carrière". Mais si le problème fondamental est la subordination elle-même, aucun changement de carrière ne résoudra la frustration. Identifiez si votre problème est spécifique (ce job) ou structurel (le salariat).
- Le besoin d'autonomie n'est pas de la paresse : Refuser la subordination ne signifie pas refuser le travail. On peut avoir une "capacité de travail qui dépasse de loin la norme" tout en étant incapable de fonctionner sous autorité hiérarchique. Les deux ne sont pas incompatibles.
- La nostalgie des études révèle quelque chose : Si vous regrettez l'autonomie de vos années d'études, c'est probablement un signe que votre personnalité est incompatible avec le salariat traditionnel. Cette nostalgie n'est pas de l'immaturité - c'est un signal à écouter.
- Responsabilité sans pouvoir = frustration permanente : Si vous êtes constamment tenu responsable de résultats que vous ne contrôlez pas, cette frustration ne disparaîtra jamais dans le salariat. C'est structurel. FIRE restaure l'alignement entre responsabilité et pouvoir.
- Pour certains profils, FIRE est une nécessité, pas un luxe : Si votre besoin d'autonomie est aussi fort que le mien (INTJ typique), FIRE n'est pas juste un objectif financier agréable. C'est une nécessité existentielle pour préserver votre santé mentale à long terme.
En octobre 2012, je diagnostiquais l'incompatibilité fondamentale entre mon besoin d'autonomie et le salariat. Ce diagnostic s'est révélé exact. Neuf ans plus tard (août 2021), j'ai quitté définitivement le salariat. Quatre ans après (janvier 2026), je confirme : le monde du travail salarié n'était effectivement pas fait pour moi. Mais contrairement à ce que la société voudrait vous faire croire, ce n'est pas un problème. C'est juste un signal qu'il existe d'autres chemins. FIRE en est un.
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Jerome,
nos ages respectifs, parcours et philosophies d’investissement etant tres proches, d’apres ce que je lis, je te propose de co-fonder un hedge fund….et on ecrira notre lettre de dem’ ensemble! 🙂
Birdie,
un hedge-fund, un fonds de placement ou un ETF. Je ne sais pas lequel est le plus compliqué à gérer… mais certainement pas le premier ! Difficile par contre de se lancer dans une telle aventure sans le soutien d’une banque. Voilà, message passé 😉