Journal d’un futur rentier (26) : sous le palmier

This entry is part 25 of 86 in the series Journal d'un futur rentier

Avril 2014. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Le moment fondateur. Sous un palmier des Caraïbes, la décision qui a changé ma vie.

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Il y a douze ans, les Caraïbes

Il y a douze ans je suis parti pour la première fois sur une île des Caraïbes. Deux semaines sous les tropiques, au chaud, à ne rien faire. Ce temps béni faisait suite à une longue période de stress intense professionnel. Je profitais de ces quelques jours non seulement pour me reposer, mais aussi pour prendre un peu de recul par rapport à mon activité lucrative. À l'écart de tout, sans téléphone, sans e-mail, c'était l'instant et l'endroit rêvé. J'investissais déjà en bourse, depuis deux ans, sans autre but que de m'amuser et d'essayer de faire un peu d'argent (sans succès). La décision que je pris alors allait changer ma vie.

Confronté à soi-même

Quand on se coupe de tout et qu'on part au loin, on est confronté à soi-même. On se retrouve. On ne répond plus aux besoins d'autrui, mais aux siens. Quelque part on redevient un animal. Notre cerveau reptilien reprend le dessus. Les besoins physiques deviennent plus importants : manger, boire, dormir et... enfin vous savez de quoi je parle.

L'épiphanie sous le palmier

Bref. Allongé sous un palmier, je me laissais aller à mes pensées, pas encore endormi, mais pas très alerte non plus. Je revoyais avec détachement les derniers mois passés à travailler comme un forcené. Tout cela me paraissait si proche et si loin à la fois. Face à mon vrai moi, là, sous ce palmier, je me disais que cet autre moi, celui qui courait dans tous les sens, ce n'était pas vraiment moi. À l'ombre, sous une légère brise, bercé par le clapotis des vagues, paisible, avec personne pour troubler cette réelle quiétude, je me retrouvais. Caché sous ce palmier, les problèmes ne venaient pas à moi, et je n'allais pas les chercher non plus.

Le concept du palmier

C'est ainsi que j'ai fait mien le "concept du palmier" qui se rapproche de la morale de la fable du Grillon "Pour vivre heureux, vivons caché". Bien appliquer ce principe est facile à faire quand on est sur une île, ça l'est beaucoup moins quand on est dans le monde professionnel. Même si l'on essaie de se faire discret, et de ne pas aller à l'encontre des problèmes, ceux-ci ne tardent pas à venir à nous.

La promesse faite ce jour-là

Toujours sous mon palmier protecteur, sur la route de Morphée, et toujours amusé par cet autre moi se faisant chahuter comme un pantin, je réalisais que malgré toute ma volonté, le concept du palmier ne serait vraiment applicable qu'à partir du moment où les fils seraient coupés avec le monde professionnel. Avant d'en arriver à sa morale, le Grillon nous dit bien "Combien je vais aimer ma retraite profonde".

Alors à ce moment, et juste avant de m'endormir, je me fis la promesse que le boursicotage était terminé et que j'investirais uniquement pour devenir rentier. Et c'est précisément ce que je fais depuis douze ans.

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article d'avril 2014, je suis ému par ce souvenir fondateur. Onze ans et huit mois plus tard, voici ce qui s'est passé.

Le moment sous le palmier : 2002, pas 2014 :

En avril 2014, j'écrivais "il y a douze ans", donc en 2002. Ce voyage aux Caraïbes a eu lieu 2 ans après avoir commencé à investir en bourse (août 2000). Entre 2000 et 2002, je "boursicotais" sans but précis, "juste pour m'amuser et essayer de faire un peu d'argent (sans succès)".

Ce voyage de 2002 marque le tournant fondateur de mon parcours FIRE. Avant : trading amusement sans stratégie. Après : investissement sérieux avec objectif précis (devenir rentier). Ce moment sous le palmier a littéralement changé la trajectoire de ma vie.

"Cet autre moi qui courait dans tous les sens, ce n'était pas vraiment moi" :

Cette phrase de 2002 (racontée en avril 2014) était prophétique. Sous le palmier, j'avais réalisé que mon "vrai moi" n'était pas celui qui travaillait "comme un forcené" et se faisait "chahuter comme un pantin". Mon vrai moi était celui allongé sous le palmier, paisible, détaché, serein.

Vingt-trois ans plus tard (2002-2025), je confirme : OUI, le vrai moi c'était effectivement celui sous le palmier. Depuis ma démission en 2021, je vis essentiellement comme j'étais sous ce palmier en 2002 : tranquille, sans stress professionnel, sans problèmes qui viennent me chercher, dans ma "retraite profonde" comme dit le Grillon.

La vie de rentier depuis 2021, c'est exactement la vie que j'ai goûtée pendant deux semaines en 2002 sous ce palmier. Sauf que maintenant, ce n'est plus deux semaines de vacances. C'est permanent.

Le "concept du palmier" : pour vivre heureux, vivons caché :

J'expliquais en avril 2014 avoir adopté le "concept du palmier" inspiré de la fable du Grillon : "Pour vivre heureux, vivons caché". Ce principe signifie : se tenir à l'écart des problèmes, ne pas les chercher, vivre tranquillement dans son coin sans attirer l'attention.

Ce concept est-il applicable dans le monde professionnel ? J'écrivais en 2014 que non : "Même si l'on essaie de se faire discret... les problèmes ne tardent pas à venir à nous." Cette observation était juste. Dans le salariat, impossible de vraiment appliquer le concept du palmier. Les problèmes viennent vous chercher : emails urgents, réunions imprévues, crises à gérer, patrons anxieux, collègues toxiques.

Mais depuis 2021, hors du monde professionnel, le concept du palmier est-il enfin applicable ? Absolument. Depuis ma démission, je vis effectivement "caché" dans ma "retraite profonde". Personne ne vient me chercher. Aucun problème professionnel n'arrive à ma porte. Je choisis mes activités, mes projets, mes interactions. C'est exactement ce que j'avais entrevu en 2002 sous ce palmier.

"Les fils coupés avec le monde professionnel" :

J'écrivais en avril 2014 (racontant 2002) que le concept du palmier ne serait "vraiment applicable qu'à partir du moment où les fils seraient coupés avec le monde professionnel". Cette intuition était exacte.

En août 2021, j'ai effectivement coupé ces fils. Démission. Fin du salariat. Depuis, je vis comme sous le palmier de 2002. Les fils ne sont plus là pour me tirer dans tous les sens. Je ne suis plus un pantin. Je suis libre.

Cette métaphore des "fils coupés" était particulièrement juste. Le salariat, c'est exactement ça : des fils invisibles qui vous attachent, vous tirent, vous manipulent. Employeur tire d'un côté, clients de l'autre, collègues d'un troisième, deadlines d'un quatrième. Vous êtes une marionnette. La seule manière d'appliquer vraiment le concept du palmier, c'est de couper TOUS ces fils. Démission totale. Indépendance financière complète.

"Combien je vais aimer ma retraite profonde" :

Cette citation du Grillon utilisée en avril 2014 était prémonitoire. La "retraite profonde" que j'anticipais en 2002 et évoquais en 2014 s'est concrétisée en 2021.

Est-ce que j'aime effectivement ma "retraite profonde" depuis 2021 ? Absolument. Plus encore que ce que j'imaginais en 2002 sous le palmier. La réalité quotidienne de la liberté financière dépasse le fantasme de deux semaines de vacances.

Le Grillon avait raison. La retraite profonde, loin du bruit du monde professionnel, cachée dans son coin tranquille, c'est effectivement le bonheur. Pas pour tout le monde peut-être. Mais pour les esprits indépendants comme moi (INTJ), c'est le paradis.

Le message pour les lecteurs :

Les leçons du palmier de 2002 :

  • Vous aurez probablement un moment fondateur : Souvent, le parcours FIRE commence par une épiphanie. Pas forcément sous un palmier, mais un moment où vous réalisez "je ne veux plus de cette vie, je veux autre chose". Ce moment peut arriver pendant des vacances, un burn-out, une crise personnelle. Écoutez-le.
  • Passer du jeu à la stratégie change tout : "Boursicotage pour s'amuser" vs "investissement pour devenir rentier" = différence radicale. Le premier mène nulle part. Le second mène à FIRE. Si vous investissez encore "pour vous amuser", arrêtez. Choisissez un objectif sérieux.
  • Votre "vrai moi" n'est probablement pas celui qui travaille : Comme moi en 2002, vous découvrirez peut-être que votre personnalité professionnelle (celle qui court, stresse, se fait chahuter) n'est pas votre vraie nature. Votre vrai vous est peut-être celui qui se repose, contemple, profite tranquillement. FIRE vous permet de revenir à ce vrai vous.
  • Le concept du palmier ne fonctionne qu'avec indépendance financière : "Pour vivre heureux, vivons caché" est impossible dans le salariat. Les problèmes vous trouveront toujours. La seule manière d'appliquer vraiment ce principe : couper les fils, devenir financièrement indépendant, se retirer dans sa "retraite profonde".
  • Les promesses faites pendant les épiphanies méritent d'être tenues : En 2002, je me suis promis d'arrêter le boursicotage et d'investir pour devenir rentier. J'ai tenu cette promesse pendant 19 ans. Résultat : liberté en 2021. Si vous avez fait une promesse similaire à vous-même (lors d'un moment de clarté, de vacances, de crise), tenez-la. Elle peut changer votre vie.

En 2002, sous un palmier des Caraïbes, j'ai eu l'épiphanie qui a changé ma vie. En 2021, j'ai coupé les fils professionnels. En 2025, je vis en permanence sous mon "palmier" métaphorique.

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