Août 2014. Dernière mise à jour : décembre 2025.
La décennie perdue aux krachs. De l'utopie à la réalité. Sans jamais me priver de rien.

Au début : une utopie
J'ai commencé à investir en août 2000. Au début ce n'était qu'un lointain rêve, une utopie, peut-être un passe-temps qui m'occuperait quelque temps, avant de passer à autre chose. En 2000, c'était l'ère des valeurs dotcom, tout le monde se ruait dessus, avec un effet qui était accentué par l'afflux d'une multitude de novices en bourse, grâce à l'arrivée des brokers en ligne. C'était juste la folie.
La décennie perdue
La suite on la connaît. Un des plus grands lessivages de l'histoire des marchés boursiers. Krach 2000-2003. Puis à peine remis sur pieds, rebelote : crise financière 2008-2009. Deux krachs boursiers successifs en moins de dix ans. Une décennie perdue. Littéralement. Dix années où le capital a stagné ou régressé, où les gains patiemment accumulés se sont évaporés, où il a fallu recommencer encore et encore.
Cette décennie perdue m'a coûté cher en temps. Si j'avais commencé en 2003 au lieu de 2000, j'aurais évité le premier krach. Si j'avais commencé en 2009 au lieu de 2000, j'aurais évité les deux. Je serais probablement arrivé à destination bien plus vite. Mais voilà, on ne choisit pas son timing de départ. On fait avec ce qu'on a.
Ce que cette débâcle m'a apporté
Paradoxalement je pense aujourd'hui que c'est cette débâcle qui fait que cette petite lubie qui m'a pris à l'époque a changé ma vie. De par mon type de personnalité INTJ, je suis un peu têtu et tenace. Cet échec cuisant initial m'a donné la volonté de me battre, d'apprendre et de trouver des solutions. Bien entendu, en commençant à un meilleur moment, j'aurais sans doute pu gagner du temps, mais je ne posséderais pas aujourd'hui cette expérience qui me permet de voir venir les prochains soubresauts du marché (et ils vont arriver) avec zénitude. Je dirais même que je les considère désormais comme une opportunité.
Plus une utopie : des revenus passifs réels
Désormais je ne suis plus au stade de l'utopie. Mon chemin vers l'indépendance financière est bien réel, je perçois des revenus passifs réguliers qui me permettent d'épargner encore plus. Le rêve de 2000 est devenu réalité tangible en 2014. Les dividendes tombent. Les loyers arrivent. Le capital croît. Ce n'est plus de la théorie lue dans des livres ou fantasmée devant des tableurs Excel. C'est concret, mesurable, réel.
Quand je repense à mes débuts en bourse il y a 14 ans, j'ai l'impression que c'était hier. Je me revois encore effectuer mon premier clic pour passer mon ordre et suivre les secondes d'après l'évolution du cours, rivé devant mon écran durant des heures. Tout cela a bien changé heureusement.
Jamais privé de rien
Et voici le point crucial que beaucoup de méthodes FIRE oublient de mentionner : je ne me suis jamais privé de rien. Jamais. J'ai toujours voyagé comme j'en avais envie et vécu comme je le voulais. Les vacances que je voulais, les restaurants que j'appréciais, les loisirs qui me plaisaient - tout ça, je l'ai fait. Zéro sacrifice. Zéro privation. Zéro frustration.
Certes, de par ma personnalité INTJ, je n'ai jamais été un esclave de la société de consommation, de ses grandes marques et de leurs publicités. Je n'achète pas de BMW pour impressionner le voisin. Je ne change pas de smartphone tous les six mois parce qu'Apple sort un nouveau modèle. Je ne m'habille pas en Armani pour paraître riche. Tout ça ne m'intéresse pas naturellement.
Mais à part cela, l'épargne que je constitue c'est vraiment de l'argent qui ne me sert à rien. C'est ça la clé. Je ne me prive de rien qui me fait réellement plaisir. J'épargne uniquement ce qui, de toute façon, ne changerait rien à ma qualité de vie si je le dépensais. L'argent qui dort inutilement sur un compte courant, je le mets au travail. Mais je ne sacrifie rien d'important.
La stratégie : ne jamais toucher au capital
Ma méthode d'investissement dans les dividendes croissants possède une autre particularité importante : ne jamais toucher au capital, une fois l'âge de la "retraite" arrivé, contrairement à la très grande majorité des autres approches. Ceci représente une sécurité supplémentaire, car vous avez toujours à disposition un coussin confortable en cas de coup dur. De plus vous n'avez pas à vous soucier de votre espérance de vie, car plus celle-ci est longue, plus votre fortune croît (en même temps que vos revenus). Enfin, vous pouvez laisser à vos enfants un joli cadeau lors de votre dernier voyage.
Le chemin continue
La décennie perdue m'a ralenti, certes. Mais elle ne m'a pas arrêté. L'utopie de 2000 est devenue projet concret en 2014. Et ce projet, je sais maintenant qu'il va aboutir. Les revenus passifs sont là, croissants, réguliers. Le capital se reconstruit après les tempêtes. Et tout ça sans avoir sacrifié ma qualité de vie pendant 14 ans.
Si on peut atteindre l'indépendance financière en vivant normalement, sans privations, pourquoi s'en priverait-on ? C'est juste une question de patience et de discipline. Les krachs passent. Le temps guérit. Et au final, on arrive.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (décembre 2025)
En relisant cet article d'août 2014, je suis frappé par trois thèmes qui méritent développement. Onze ans et quatre mois plus tard, voici mon analyse.
La "décennie perdue" 2000-2010 : réalité et impact :
En août 2014, je parlais de "décennie perdue" pour désigner les années 2000-2010 ravagées par deux krachs successifs (2000-2003, 2008-2009). Cette expression était-elle juste ?
Oui. Entre août 2000 et environ 2010, le capital boursier a effectivement stagné. Les gains d'une année étaient annulés par les pertes de l'année suivante. Recommencer indéfiniment. Frustrant.
Mais surtout, ces 10 premières années ont été psychologiquement épuisantes. Voir son capital végéter malgré des années d'efforts, c'est décourageant. Beaucoup abandonnent à ce stade. Grâce à ma ténacité INTJ, j'ai cependant tenu. Et après 2010, les choses se sont effectivement accélérées.
De l'utopie (2000) à la réalité tangible (2014) :
J'écrivais qu'en 2000, FIRE n'était qu'"un lointain rêve, une utopie, peut-être un passe-temps". Puis qu'en 2014, "je ne suis plus au stade de l'utopie... je perçois des revenus passifs réguliers".
Cette transition utopie → réalité est cruciale psychologiquement. En 2000, l'objectif était flou, théorique, presque fantaisiste. "Devenir rentier" sonnait comme "gagner au loto" - techniquement possible mais peu probable. En 2014, après 14 ans d'accumulation malgré la décennie perdue, l'objectif était devenu concret. Les revenus passifs existaient vraiment. Les dividendes tombaient effectivement. Les loyers arrivaient chaque mois. Ce n'était plus un rêve, c'était une trajectoire mesurable.
Cette transition se produit généralement après 10-15 ans d'efforts soutenus. Avant, c'est trop abstrait. Après 10-15 ans, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Vous VOYEZ que ça marche. Et cette visualisation concrète donne la motivation pour les 5-10 dernières années.
"Jamais privé de rien" : la véritable clé :
C'est probablement le point le plus important d'août 2014 et de tout mon parcours FIRE. "Je ne me suis jamais privé de rien. Jamais." Cette phrase mérite qu'on s'y attarde.
Entre 2000 et 2021, voici ce que j'ai fait :
- Voyagé où je voulais, quand je voulais (dans mes moyens, mais sans me priver)
- Mangé au restaurant quand j'en avais envie
- Pratiqué mes hobbies sans compter
- Vécu dans des logements confortables (pas de colocation spartiate pour économiser)
- Conduit des voitures fiables (pas luxueuses, mais pas des poubelles non plus)
- Pris soin de ma santé sans rogner sur les soins
Zéro privation réelle. Jamais raté un événement familial ou amical pour "économiser". Jamais refusé une opportunité de voyage pour "épargner". Jamais vécu comme un ascète pour "atteindre FIRE plus vite".
Comment ai-je quand même épargné suffisamment pour atteindre FIRE durant la quarantaine ? Grâce à la distinction cruciale que je faisais en août 2014 : "l'épargne que je constitue c'est vraiment de l'argent qui ne me sert à rien".
Voici le secret : je n'épargne QUE l'argent qui, de toute façon, ne changerait rien à ma qualité de vie si je le dépensais. Pas l'argent du voyage au Japon dont je rêve. Pas l'argent du bon restaurant avec des amis. Pas l'argent des activités qui me font vraiment plaisir. Juste l'argent qui dormirait inutilement sur un compte courant parce que je n'ai rien d'important à en faire ce mois-ci.
Cette approche change tout. Psychologiquement, vous ne vous sentez JAMAIS privé. Vous vivez normalement, pleinement, sans frustration. Et en même temps, vous épargnez 15-25% de vos revenus chaque mois, simplement parce que vous n'êtes pas esclave de la consommation inutile.
Le contraste avec les méthodes FIRE extrêmes :
Beaucoup de méthodes FIRE américaines prônent l'extrême frugalité : vivre en van, manger des pâtes tous les jours, ne jamais sortir, tout sacrifier pour épargner 70-80% du revenu et atteindre FIRE en 10 ans.
Ces méthodes fonctionnent pour certains. Mais elles créent aussi beaucoup d'échecs. Pourquoi ? Parce que vivre 10 ans en mode survie spartiate est psychologiquement insoutenable pour la plupart des gens. Et quand ils y arrivent, ils n'en profitent pas parce qu'ils n'ont pas assez d'argent ou parce qu'ils deviennent psychologiquement incapables de le dépenser.
"Je n'ai jamais été un esclave de la société de consommation" :
Cette précision d'août 2014 était importante. Je ne me suis "jamais privé de rien", MAIS naturellement, je ne suis pas attiré par la consommation ostentatoire. Pas de BMW, pas de vêtements de luxe, pas de gadgets inutiles pour impressionner.
C'est là que ma personnalité INTJ aide énormément. Les INTJ sont généralement imperméables à la pression sociale et au marketing. On achète ce qui nous est utile, pas ce qui "fait bien". On voyage pour l'expérience, pas pour les photos Instagram. On mange au restaurant pour la qualité, pas pour le prestige de l'adresse.
Cette immunité naturelle à la consommation inutile fait que mon épargne n'était PAS un sacrifice. C'était juste... logique. Pourquoi dépenser de l'argent pour des choses qui ne m'apportent rien ? Autant le mettre au travail.
Mais attention : je dépensais sans compter sur ce qui comptait réellement pour moi (voyages, expériences, santé, famille, amis). Juste pas sur les conneries marketing (voiture de luxe, vêtements de marque, derniers gadgets).
La stratégie "ne jamais toucher au capital" :
En août 2014, j'expliquais que ma stratégie dividendes prévoyait de "ne jamais toucher au capital" après la retraite. Avantages théoriques : sécurité (coussin permanent), pas de souci d'espérance de vie, héritage possible.
J'ai toutefois changé d'approche à partir de 2019 (retrait du capital), ce qui m'a permis de considérablement réduire le temps nécessaire à atteindre mon objectif.
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Bonjour!
Tout d’abord, J’aimerais vous féliciter pour votre le degré d’indépendance d’esprit et de patience dont vous faites preuve. Vous avez très bien compris comment arriver à atteindre vos objectif financiers.
Continuer dans la même veine, vous êtes sur le chemin de l’indépendance financière, il n’y a aucun doute.
Martin
http://www.investir-a-la-bourse.com
Article bien rédigé contrairement à de nombreux autres blogs dont les articles sont du blabla vide de contenu.
Ca donne envie de lire le reste x)
@+
Merci PA. 😉
Bonjour,
je suis dans l’ensemble d’accord, mais les dividendes croissants me semblent être une méthode assez lente.