Septembre 2016. Dernière mise à jour : janvier 2026.
Nostalgie de la liberté universitaire. Et comment j'ai travaillé pour la retrouver.

Tout cela c'est de la faute des études
Tout cela c'est de la faute des études. A-t-on idée de proposer des cursus universitaires à raison de 20 heures par semaine à des jeunes de 20 ans ? Tu crois qu'ils vont faire quoi les gars le reste du temps ?
Personnellement, je m'en suis pas privé. Bière, musique, piscine, copains, copines, et encore d'autres choses peu orthodoxes. Tout cela pendant 4 ans. Inutile de vous dire que cela a laissé des traces sur la perception que j'ai de ce monde. Et surtout sur la manière de m'y comporter.
Le costume et le vilain petit canard
Alors, bien entendu, quand on arrive dans l'univers professionnel, on est obligé de se fondre dans le moule. On enfile un costume, au propre, comme au figuré. Mais sous cette carapace, le vilain petit canard est toujours bien présent. Même 20 ans plus tard. Surtout 20 ans plus tard...
Avec l'expérience, tu deviens un as de la parade. Tu arrives à faire croire que tu es un mec sérieux. Parfois même tu te fais prendre à ton propre jeu. Ça veut juste dire que tes responsabilités t'ont temporairement brouillé les idées. Mais très vite le sale gamin refait surface et reprend sa place.
Apprendre à glander, pas à travailler
À l'époque, je pensais que les études, c'était pour apprendre à travailler. En fait, j'y ai surtout appris à glander. Dieu que c'était bon de poser son linge à la piscine, avec quelques cahiers dans le sac... pour les mettre sous la tête. De temps en temps se lever, aller chercher une mousse, regarder les bikinis. Et ça finissait presque toujours pareil. Un bon coup de soleil, une bonne gueule de bois et les cahiers bien cachés au fond du sac.
Retourner "étudier" pour de vrai
Bien entendu, une fois finies les études, j'ai bien été forcé d'apprendre à travailler. Mais on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Je n'avais qu'une envie, retourner "étudier". Alors, c'est précisément ce que j'ai fait. Pour de vrai cette fois. Je me suis mis à dévorer tout ce qui touche à la bourse et à la finance, avec pour objectif ambitieux de redevenir libre comme un étudiant de 20 ans. Paradoxalement, c'est à ce moment-là que j'ai pour la première fois vraiment dû me mettre au travail. Pour pas mal de temps...
De la faute ou grâce aux études ?
Tout cela c'est de la faute des études. Ou peut-être grâce à elles...
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (janvier 2026)
En relisant cet article de septembre 2016, nostalgie de la liberté universitaire et détermination à la retrouver, je souris. Cette nostalgie de la liberté universitaire ("20 heures par semaine", "bière, musique, piscine") et cette détermination à "redevenir libre comme un étudiant de 20 ans" documentaient la motivation profonde derrière FIRE.
Ce n'était pas simplement un désir d'argent ou de confort. C'était un désir de retrouver la LIBERTÉ totale qu'on a à 20 ans quand on est étudiant : maître de son temps, aucune obligation rigide, possibilité de glander si on le souhaite.
La liberté universitaire : 20h/semaine vs 40-60h salariat :
Le contraste décrit en septembre 2016 était brutal : "20 heures par semaine" à l'université vs (implicitement) 40-60 heures par semaine dans le salariat. Ce contraste a marqué profondément ma "perception de ce monde".
Quand on goûte à 20h/semaine pendant 4 ans à l'âge de 20 ans, on découvre qu'il est possible de vivre une vie riche et satisfaisante avec énormément de temps libre. Puis on entre dans le salariat et soudainement 40-60h/semaine deviennent la "norme". Pour quelqu'un qui a connu la liberté universitaire, cette intensification brutale du temps contraint est un choc.
Cette expérience explique probablement pourquoi beaucoup de personnes FIRE ont fait des études supérieures préalablement : ils ont goûté à une liberté qu'ils veulent retrouver. Ceux qui sont entrés dans le monde professionnel directement après le lycée n'ont jamais connu cette liberté, donc ils ne ressentent pas le même manque.
Le "vilain petit canard" sous le costume professionnel :
Septembre 2016 décrivait parfaitement le double jeu que j'ai joué pendant 20 ans : "On enfile un costume, au propre, comme au figuré. Mais sous cette carapace, le vilain petit canard est toujours bien présent."
Ce "vilain petit canard" = le vrai moi qui a passé 4 ans à glander à la piscine, boire des bières, profiter de la vie. Ce moi-là ne correspond pas du tout au moule professionnel. Donc pour survivre dans le salariat, j'ai dû construire une "carapace" : costume, sérieux apparent, professionnalisme de façade.
"Tu deviens un as de la parade" = exactement ça. Après 20 ans de salariat, j'étais devenu expert pour faire croire que j'étais "un mec sérieux". Mais c'était une performance. En dessous, le "sale gamin" restait intact.
Depuis ma démission, ce double jeu a disparu. Je n'ai plus besoin de porter le costume (littéral ou figuré). Le "vilain petit canard" peut exister ouvertement. Plus de carapace. Plus de parade. Juste moi. Cette authenticité retrouvée est probablement un des aspects les plus libérateurs de FIRE.
"Apprendre à glander" vs "apprendre à travailler" :
Le contraste humoristique de septembre 2016 était savoureux : "Je pensais que les études, c'était pour apprendre à travailler. En fait, j'y ai surtout appris à glander."
Cette observation, bien que présentée avec humour, contient une vérité profonde. Les études universitaires enseignent effectivement l'autonomie et la gestion libre du temps plus que le travail acharné.
20h/semaine de cours obligatoires + le reste du temps totalement libre = vous apprenez à gérer votre emploi du temps, à choisir vos priorités, à profiter de votre temps libre sans culpabilité. Ces compétences sont exactement celles nécessaires pour réussir FIRE : autonomie, gestion du temps libre, capacité à trouver du sens hors du travail.
Donc ironiquement, "apprendre à glander" pendant les études était probablement une meilleure préparation à FIRE qu'"apprendre à travailler 60h/semaine" comme le font certains cursus intensifs.
La vraie auto-formation : plus de travail que les études formelles :
Le paradoxe central de septembre 2016 était magnifique : "Je me suis mis à dévorer tout ce qui touche à la bourse et à la finance, avec pour objectif ambitieux de redevenir libre comme un étudiant de 20 ans. Paradoxalement, c'est à ce moment-là que j'ai pour la première fois vraiment dû me mettre au travail."
Ce paradoxe est au cœur de nombreux parcours FIRE. Pendant les études formelles : peu d'efforts, beaucoup de glandage, diplôme quand même obtenu. Mais pour l'auto-formation en finance/investissement vers FIRE : énormément de travail, lecture intensive, apprentissage discipliné, pendant des années.
Pourquoi ce contraste ? Parce que la motivation était différente. Études formelles = obligation imposée, motivation extrinsèque faible, résistance passive. Auto-formation FIRE = objectif personnel profond (retrouver liberté, motivation intrinsèque maximale, discipline volontaire.
L'objectif a-t-il été atteint : redevenir libre comme un étudiant de 20 ans ?
En septembre 2016, j'écrivais que mon "objectif ambitieux" était de "redevenir libre comme un étudiant de 20 ans". Cinq ans plus tard (2021), j'ai démissionné. Neuf ans plus tard (janvier 2026), ai-je atteint cet objectif ?
Absolument. Depuis août 2021, ma vie ressemble beaucoup à ma vie étudiante de 20 ans :
- Maître de mon temps : Comme à 20 ans, aucune heure imposée. Je me lève quand je veux, travaille si je veux, glande si je veux.
- Aucune obligation rigide : Comme à 20 ans, pas de patron, pas de délais imposés, pas de présence obligatoire quelque part.
- Liberté totale : Comme à 20 ans, chaque journée est un choix. Sport si envie, lecture si envie, projet personnel si envie.
Globalement, oui, j'ai retrouvé la liberté de mes 20 ans. Peut-être même mieux : la liberté des 20 ans + la sécurité financière + la sagesse de l'expérience. L'objectif "ambitieux" de septembre 2016 a été atteint.
Est-ce que je glande à la piscine maintenant ?
Question amusante mais sérieuse. En septembre 2016, je décrivais avec nostalgie mes après-midis à la piscine à 20 ans : "Poser son linge à la piscine, avec quelques cahiers dans le sac... pour les mettre sous la tête."
Depuis août 2021, est-ce que je revis ces moments ? Honnêtement, pas exactement de la même manière. À 50+ ans, passer l'après-midi à la piscine à regarder les bikinis et boire des bières a perdu un peu de son attrait par rapport à 20 ans.
Mais l'OPTION existe. Si demain j'ai envie de passer l'après-midi à la piscine, rien ne m'en empêche. Cette possibilité théorique, même non exercée quotidiennement, est psychologiquement libératrice. C'est ça la vraie liberté : avoir le choix, même si on ne choisit pas toujours l'option la plus hédoniste.
"De la faute ou grâce aux études" : réponse définitive :
Septembre 2016 se terminait sur cette question : "Tout cela c'est de la faute des études. Ou peut-être grâce à elles..."
Neuf ans plus tard, quelle est la réponse ? GRÂCE aux études. Absolument grâce à elles.
Pourquoi ? Parce que ces 4 ans de liberté universitaire (20h/semaine, glandage assumé, vie insouciante) m'ont montré qu'une autre vie était possible. Ils ont créé un point de référence : "voilà ce que c'est qu'être libre". Sans ce point de référence, j'aurais peut-être accepté le salariat 40-60h/semaine comme la norme inévitable.
Mais parce que j'ai goûté à 20h/semaine pendant 4 ans à 20 ans, je SAVAIS que le salariat intensif n'était pas inévitable. Cette connaissance a créé une insatisfaction permanente qui a alimenté ma quête FIRE.
Donc oui, grâce aux études. Elles m'ont "gâché" pour le salariat en me montrant qu'il existait une vie meilleure. Et cette "corruption" a été le moteur de mon émancipation.
Le message pour les lecteurs :
Les leçons de septembre 2016 :
- La liberté universitaire crée un point de référence précieux : Si vous avez fait des études supérieures avec beaucoup de temps libre, vous avez goûté à la vraie liberté. Ce point de référence alimente l'insatisfaction face au salariat intensif. Utilisez cette nostalgie comme motivation FIRE.
- Le double jeu professionnel est épuisant : Porter un "costume" (littéral et figuré) pendant 20-40 ans alors que votre vrai moi est un "vilain petit canard" est psychologiquement épuisant. FIRE met fin à cette dissociation. Vous pourrez enfin être authentiquement vous-même.
- L'auto-formation motivée > études formelles obligatoires : Apprendre par choix (finance pour FIRE) génère beaucoup plus de travail et de discipline qu'apprendre par obligation (études formelles). Mais c'est aussi beaucoup plus satisfaisant et efficace.
- Retrouver la liberté de vos 20 ans est un objectif valide : Si votre motivation FIRE est de "redevenir libre comme à 20 ans", c'est parfaitement légitime. Pas de honte à vouloir retrouver cette liberté perdue. C'est même probablement une des meilleures motivations FIRE.
- "Apprendre à glander" est une compétence FIRE essentielle : Savoir profiter de son temps libre sans culpabilité, trouver du sens hors du travail, gérer son autonomie - ces compétences acquises en "glandant" pendant les études sont exactement celles nécessaires pour réussir FIRE. Ne sous-estimez pas cette formation.
En septembre 2016, je rêvais de retrouver la liberté de mes 20 ans universitaires (20h/semaine, piscine, insouciance). Cinq ans plus tard, j'ai démissionné. Neuf ans plus tard, cette liberté a été retrouvée, amplifiée par la sécurité financière et la sagesse de l'expérience. Était-ce de la faute ou grâce aux études ? Grâce à elles, définitivement. Elles m'ont montré qu'une vie libre était possible. Et je l'ai construite.
En savoir plus sur dividendes
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Hello je partage totalement ton point de vue. 🙂
Je trouve que les études sont un peu un hors sujet de la vie. Dans le sens où on va nous embrouiller l’esprit, ou plutôt nous former à quelque chose qu’on ne veut pas forcément. Il est clair que ça a du sens de faire des études pour ceux qui veulent devenir médecin, chirurgien, pilote de ligne car il faut impérativement avoir les diplômes en question pour exercer.
Ceci dit lorsque nous voyons une bonne partie des étudiants en médecine se bourrer la gueule avec souvent la conséquence d’avoir seulement 2-3 heures de sommeil, on peut parfois se demander ce qu’on leur enseigne. Etant donné que l’alcool et un manque considérable de sommeil est nettement néfaste à notre santé sur le long terme. Mais bon je ne les remerciai jamais assez lorsqu’on voit les vies qu’ils/elles sauvent au quotidien et j’ai assez de gratitude envers eux et les métiers compliqués qu’ils exercent (comme d’ailleurs pour tous les métiers du monde, sans qui nous n’aurions pas à manger).
Cependant je trouve qu’il manque vraiment du contenu dans la scolarité que l’on connait tous. C’est dommage que l’on n’ait pas de cours d’éducation financière, de développement personnel, ou même apprendre à apprendre. Mais bon apparemment dans ce système capitaliste il faut abondamment de salarié…
Je retiendrai aussi que la diversification des différentes matières que l’on nous enseigne n’est finalement pas quelque chose de très productif. Afin d’être performant il vaut mieux en effet se concentrer sur une seule tâche. Je pense qu’être excellent dans une tâche est bien mieux qu’être un peu bon partout. Peut-être aussi pour ça que bon nombre d’élèves ne savent pas où s’orienter ?
Mais c’est pas grave comme tu le dis très bien dans ton article, grâce à l’école nous savons ce qu’il ne faut pas faire. 🙂