Journal d’un futur rentier (48) : citron pressé

This entry is part 47 of 86 in the series Journal d'un futur rentier

Octobre 2016. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Sucé jusqu'à la moelle. Comme un citron. Comme un tube de dentifrice. Comme un consommable.

Journal rentier octobre 2016 citron pressé tube dentifrice exploitation travail burn-out épuisement consommable supermarché

Le citron au presse-agrumes

Sucé jusqu'à la moelle. C'est souvent l'impression que j'ai lorsque je rentre du taf. Un peu comme si j'étais un citron qu'on passe au presse-agrumes. On appuie bien fort dessus, on le tourne bien dans tous les sens, histoire d'extraire jusqu'à la dernière goutte de substance utile. Et on ne laisse que la peau.

Le tube de dentifrice

Après tout, étant donné qu'on vous a acheté, autant en profiter. Vous faites bien pareil avec votre dentifrice. Bien appuyer sur le tube, depuis le fond, jusqu'au col. Si c'est nécessaire encore l'enrouler sur lui-même ou encore mieux, l'écraser en le lissant de bas en haut avec le dos d'un couteau. Là vous en avez vraiment pour votre argent. Et vous pouvez jeter sans vergogne le contenant à la poubelle, avant d'utiliser le deuxième tube que vous aviez acheté en duo-pack.

Le consommable de supermarché

Le monde du travail n'est rien d'autre qu'un gigantesque supermarché dont vous êtes le consommable. Il ne vous manque plus que la date de péremption et le code-barres. J'ai d'ailleurs vu récemment que certains cinglés en Suède s'amusaient à s'implanter des puces NFC sous leur épiderme. Comme ça c'est plus facile pour vous faire passer à la caisse, au propre comme au figuré. Bip, bip, souriez, vous êtes scanné.

Époque formidable

Y a pas à dire, on vit vraiment une époque formidable.

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article d'octobre 2016, je me reconnais dans cette rage froide et ces métaphores brutales. Neuf ans plus tard, voici le bilan.

Les métaphores étaient-elles justes ?

Complètement. Citron au presse-agrumes, tube de dentifrice écrasé au couteau, consommable de supermarché avec code-barres et date de péremption - ces images d'octobre 2016 décrivaient exactement ma réalité de salarié. Et celle de millions d'autres. On achète votre temps, votre énergie, votre santé mentale. On presse jusqu'à la dernière goutte. Puis on jette le contenant vide (licenciement, burn-out, retraite forcée).

En 2025, ces métaphores sont toujours aussi valables. L'exploitation n'a pas diminué. Elle s'est même probablement intensifiée avec le télétravail permanent qui efface les dernières frontières.

Comment je suis sorti de ma condition de "consommable" :

En construisant un capital d'investissement suffisant pour ne plus dépendre d'un employeur. En octobre 2016, j'étais encore un consommable avec code-barres implicite. En 2021, j'ai démissionné. En 2025, je ne suis plus un consommable de personne. Je vis de dividendes, pas de salaire. Personne ne peut me presser comme un citron parce que je n'appartiens à personne.

C'est la seule vraie sortie : indépendance financière. Tant que tu dépends d'un salaire, tu es un consommable. Un citron. Un tube de dentifrice. Point.

Les puces NFC implantées :

En octobre 2016, j'ironisais sur les "cinglés en Suède" qui s'implantaient des puces NFC. Neuf ans plus tard en 2025, quelle est la réalité ?

La pratique existe toujours, principalement en Suède où environ 4'000-6'000 personnes ont des implants pour paiements, accès bâtiments, transports. Quelques entreprises comme Epicenter (Suède) ont proposé ça à leurs employés volontaires (~150 personnes). Globalement dans le monde : environ 50'000-100'000 personnes.

MAIS c'est resté ultra-marginal. Sur 8 milliards d'humains, c'est 0.00125%. La vraie tendance, c'est l'inverse : 13 États américains ont carrément INTERDIT les implants obligatoires par les employeurs (Californie, Wisconsin, Alabama, etc.). La législation préventive montre que la société rejette massivement cette dystopie.

Mon ironie d'octobre 2016 - "Bip, bip, souriez, vous êtes scanné" - reste d'actualité pour cette micro-minorité d'early adopters. Mais contrairement à ce que je craignais, ce n'est PAS devenu une pratique courante. La résistance sociale et légale a bloqué la généralisation.

"On vit vraiment une époque formidable" :

Cette conclusion ironique d'octobre 2016 était chargée de cynisme. Neuf ans plus tard, l'ironie est encore plus mordante. Entre 2016 et 2025, l'époque est devenue encore "plus formidable" : surveillance algorithmique, productivité maximale exigée, frontières vie pro/perso explosées, burn-out record, précarité record. Le presse-agrumes tourne plus vite. Le tube de dentifrice est écrasé plus fort.

Pour ceux qui sont encore dans le système salarial, l'époque n'est pas formidable. Elle est dystopique.

Le message pour les lecteurs :

Si vous vous reconnaissez dans ces métaphores - citron pressé, tube de dentifrice écrasé, consommable avec code-barres - sachez que ce n'est pas inéluctable. Ce n'est pas "la vie normale". C'est de l'exploitation. Et vous pouvez en sortir.

La sortie s'appelle indépendance financière. Construire un capital qui génère des revenus passifs suffisants pour couvrir vos besoins. Cela prend des années, beaucoup d'épargne, de discipline, de patience. Mais c'est possible. Je l'ai fait. Des milliers d'autres l'ont fait.

En octobre 2016, j'étais un citron pressé qui savait qu'il allait bientôt pouvoir jeter le presse-agrumes. En 2021, je l'ai jeté. En 2025, je confirme : meilleure décision de ma vie. On ne devrait pas vivre comme des consommables. On devrait vivre comme des humains libres.

L'époque n'est pas formidable. Mais sortir de l'époque en construisant son indépendance financière, ça, c'est formidable.

Journal d'un futur rentier

Journal d’un futur rentier (47) : la faute aux études Journal d’un futur rentier (49) : respect aux travailleurs

En savoir plus sur dividendes

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

4 réflexions sur “Journal d’un futur rentier (48) : citron pressé”

  1. Attention ! la lucidité c est le début de la révolte  » comprendre c est désobeir  » ,,,,
    Mais Effectivement , l independance financiere qui permet avant tout de s acheter du temps
    est le premier pas vers une pensée plus libre ,,,
    Il y a de trés bons textes sur l alienation du travail écrits par Simone Weil ( la philosophe ,, lol )

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *