Dernière mise à jour : janvier 2026
En octobre 2016, à 43 ans, je me trouvais à mi-parcours de ma carrière professionnelle et je réfléchissais à l'endurance remarquable de ceux qui travaillent jusqu'à l'âge légal de la retraite. Ce billet exprimait une admiration sincère pour ces personnes, tout en affirmant clairement que je ne comptais pas en faire partie. C'était aussi une déclaration d'intention : ma liberté serait autofinancée, sans recours aux aides sociales.

Je suis toujours sidéré par les gars qui travaillent jusqu'au bout. Ils alignent les dernières années, jusqu'à 65 ans et il semble même parfois qu'ils ne veulent pas lâcher prise. Certains d'ailleurs prolongent le "plaisir" de quelques années encore. Franchement, et ce n'est pas du 2e degré, je les admire.
Imaginer qu'on puisse travailler ainsi, depuis sa post-adolescence, jusqu'au début de son 3e âge, ça mérite un grand coup de chapeau. Se lever près de 10'000 fois, tôt le matin, parfois sous la pluie, la neige ou le froid, souvent pour essuyer des critiques de la part de ses supérieurs ou de la clientèle, et le tout en gardant toujours le sourire... c'est l'œuvre d'un héros.
Personnellement, je n'en suis pas capable. J'estime que je ferai seulement la moitié du chemin. Pour le reste, j'ai gagné un peu de temps en amont, grâce aux études (merci les parents) et surtout je profiterai d'une retraite très anticipée (merci moi-même).
Alors, bien sûr, tous les jobs ne sont pas comparables. Certainement que le mien y est pour quelque chose et m'a usé bien avant l'heure. Mais ça n'explique pas tout, car je vois autour de moi énormément de personnes avec activités franchement pénibles et qui vont jusqu'au bout. Encore une fois, bravo à elles.
Je pense surtout que c'est une question de personnalité. Il y a des gens faits pour travailler, il y en a même qui aiment ça. En ce qui me concerne, je ne supporte pas de devoir rendre des comptes à autrui. C'est plus fort que moi. Et c'est très certainement dû au fait que je suis un INTJ.
Mesdames et Messieurs les travailleurs, vous avez tout mon respect. Rien que pour ça, je ne profiterai pas du chômage, ni de l'assurance invalidité, ni de n'importe quelle autre aide sociale. Je me paierai seul ma liberté.
Note rétrospective – janvier 2026
Dix ans après ce billet, je peux confirmer avoir tenu mes deux engagements principaux : j'ai effectivement pris une retraite très anticipée (à 48 ans en 2021, soit 17 ans avant l'âge légal suisse), et je l'ai fait sans jamais recourir aux aides sociales. Mon indépendance financière est entièrement autofinancée par mes investissements.
L'admiration exprimée en 2016 pour ceux qui travaillent jusqu'à 65 ans reste intacte. Avec le recul et cinq années de "retraite" derrière moi, je mesure encore mieux l'endurance que cela représente. Certains de mes anciens collègues approchent maintenant de la soixantaine et continuent vaillamment. Mon respect pour eux n'a fait que grandir.
La partie sur la "personnalité INTJ" mérite toutefois une nuance. En 2016, j'attribuais beaucoup à ma personnalité : l'incapacité de supporter la hiérarchie, le besoin d'indépendance, l'aversion pour "rendre des comptes". Dix ans plus tard, je pense que c'était partiellement vrai, mais aussi partiellement une rationalisation confortable.
Oui, mon profil INTJ explique probablement mon besoin d'autonomie et mon approche systématique du FIRE. Mais la vraie différence entre moi et ceux qui travaillent jusqu'à 65 ans ne tient pas uniquement à la personnalité. Elle tient surtout à la décision consciente d'optimiser pour la liberté plutôt que pour la consommation. Beaucoup de mes collègues qui "travaillent jusqu'au bout" le font parce qu'ils ont fait d'autres choix : maison plus grande, voitures plus chères, enfants dans des écoles privées, etc.
La promesse de ne pas profiter des aides sociales était importante pour moi en 2016 et je l'ai tenue. C'était une question d'intégrité personnelle : si je choisissais de quitter le monde du travail par choix et non par nécessité, il me semblait éthiquement correct de le faire sur mes propres fonds. Cette décision me permet aujourd'hui d'assumer pleinement mon statut de rentier sans aucun complexe.
Les "10'000 fois" où il faut se lever tôt pour aller travailler ? J'en aurai fait environ 5'000. Pour les 5'000 autres, j'ai choisi de me lever quand je veux, pour faire ce que je veux. Et franchement, ce privilège vaut tous les petits sacrifices consentis en amont.
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