Dernière mise à jour : janvier 2026
Lorsqu'on atteint enfin l'indépendance financière, une question fondamentale se pose : va-t-on vivre en grignotant progressivement son capital, en ne laissant à ses héritiers que de quoi payer les funérailles ? Ou alors vivre exclusivement de sa rente (dividendes, intérêts, loyers) en conservant son capital intact ? Cette décision influence non seulement notre qualité de vie à la retraite, mais aussi le patrimoine transmis et le temps nécessaire pour atteindre l'indépendance financière.

Les taux de retrait sûrs en 2026 : ce que dit la recherche actuelle
La question du taux de retrait optimal fait l'objet de recherches continues. Les conclusions les plus récentes de Morningstar pour 2026 suggèrent un taux de retrait initial de 3.9% sur une durée de 30 ans, avec 90% de probabilité de succès. Ce chiffre est légèrement supérieur aux 3.7% recommandés en 2024, principalement grâce à l'amélioration des rendements obligataires.
Il faut noter que ce taux de 3.9% correspond à une allocation défensive de 30-50% actions. Paradoxalement, dans le modèle ultra-conservateur de Morningstar (retraits fixes ajustés à l'inflation sans aucune flexibilité), augmenter la part d'actions ne permet pas d'augmenter le taux de retrait initial à cause de la volatilité accrue. Dans tous les cas, avec 3.9%, on demeure très proche de la règle des 4% habituellement utilisée par la communauté FIRE.
Ces recommandations prudentes s'expliquent par les valorisations boursières élevées actuelles et les perspectives de rendements futurs plus modestes que par le passé. Néanmoins, comme on le verra plus loin, l'utilisation de stratégies flexibles permet d'augmenter significativement ce taux, rendant alors les allocations plus agressives en actions beaucoup plus avantageuses.
L'étude Trinity : un pilier toujours d'actualité
L'étude Trinity, publiée initialement en 1998 par trois professeurs de Trinity University, reste une référence incontournable. Cette recherche a analysé l'impact de différents taux de retrait (de 3% à 12% par an) sur des portefeuilles composés d'actions américaines et d'obligations gouvernementales US, couvrant la période de 1926 à 1995. Une mise à jour effectuée en 2011 a intégré les données jusqu'en 2009, incluant ainsi la crise financière de 2008.
Des analyses plus récentes utilisant des données jusqu'en 2024 confirment la robustesse générale de ces conclusions. Pour une retraite de 30 ans, un taux de retrait de 4% avec un portefeuille 75% actions / 25% obligations affiche toujours 98% de chances de succès. Cependant, pour des retraites anticipées dépassant 40 ou 50 ans, la prudence recommande de viser plutôt 3.5%.
Enseignements clés des études actualisées
Les recherches récentes mettent en évidence plusieurs points essentiels :
L'inflation demeure un ennemi redoutable du pouvoir d'achat des retraités, particulièrement pour ceux qui prennent leur retraite très tôt. Un taux de retrait "sûr" doit impérativement tenir compte de l'ajustement annuel à l'inflation.
Plus la durée de vie attendue du portefeuille est longue, plus la part d'actions doit être importante. Pour une retraite de 40 ans ou plus, une allocation d'au moins 75% en actions s'avère généralement nécessaire. Un taux de retrait de 3.5% par an sur un portefeuille équilibré présente d'excellentes chances de durabilité sur 40 ans. Les retraits supérieurs à 5% par an sur des périodes excédant 15 ans affichent des probabilités de réussite faibles.
Paradoxalement, les portefeuilles fortement pondérés en actions avec un taux de retrait conservateur (3-4%) peuvent créer de riches héritiers. En effet, avec un taux de retrait "100% sûr", il existe une chance sur deux que le portefeuille soit multiplié par plus de 16 fois à la fin d'une retraite de 50 ans, même après ajustement de l'inflation et retrait de tous les montants nécessaires.
Grandes disparités selon les marchés : la perspective internationale
Une dimension souvent négligée des études sur les taux de retrait concerne leur applicabilité géographique. Les recherches de Wade Pfau, actualisées en 2024, révèlent des différences considérables selon les pays.
Les champions historiques
Les marchés nord-américains se distinguent particulièrement. Le Canada permet historiquement un taux de retrait de 4.4% sur 30 ans avec un portefeuille 50/50, tandis que les États-Unis supportent confortablement 4%. La Nouvelle-Zélande, la Suède et le Danemark affichent également des taux de 4.1%.
Le cas particulier de la Suisse
La Suisse présente une situation particulière. Elle a permis historiquement un taux de retrait sûr de 3.5% sur 30 ans. Fait surprenant : l'allocation optimale historique pour la Suisse était de seulement 20% actions / 80% obligations, à l'opposé des recommandations habituelles. Cette particularité s'explique par les taux d'intérêt exceptionnellement élevés qui ont prévalu au début du siècle dernier ainsi que durant les années 1970-1990. Aujourd'hui la politique monétaire, avec des taux quasi nuls, plaide a contrario pour une surpondération en actions.
Les marchés européens continentaux
En revanche, les pays européens touchés par les guerres mondiales ont connu des résultats nettement moins favorables. En Belgique, France, Italie et Allemagne, le taux de retrait sécuritaire s'est situé entre 1% et 1.5% seulement. Le Japon a affiché la situation la plus difficile avec un taux ne dépassant même pas 0.5%, conséquence des guerres et de l'éclatement de la bulle japonaise en 1990.
Dividendes versus capital : deux approches convergentes
Avec un taux de 3.5% de prélèvements sur capital par an, on s'assure une très longue retraite. Or, 3.5% correspond également au rendement atteignable avec un portefeuille de dividendes croissants de qualité, pour peu qu'on les achète à bon prix ou qu'on les conserve suffisamment longtemps pour que le rendement sur coût d'achat grimpe à ce niveau.
L'avantage des dividendes réside dans leur double bénéfice : non seulement ils évitent le retrait de capital, mais ils croissent généralement dans le temps si l'on mise sur des entreprises solides comme les aristocrates de dividendes. Cette approche permet de recevoir une rente confortable tout en préservant voire en augmentant le capital pour ses héritiers.
Une question de probabilités et de flexibilité
En réalité, la frontière entre les deux approches s'avère plus perméable qu'il n'y paraît. Selon l'étude Trinity, avec un taux de retrait considéré comme "100% sûr", il existe de fortes probabilités que le portefeuille demeure substantiel voire croisse significativement. Un retraité débutant sa nouvelle vie à 35 ans avec 1 million de dollars a une chance sur deux que son portefeuille se monte à plus de 16 millions lors de ses 85 ans, même en corrigeant l'inflation et en débitant tous les retraits.
Cette réalité surprenante s'explique par le fait qu'un taux "100% sûr" est calibré pour résister au pire scénario possible. Dans la majorité des cas historiques, les conditions sont plus favorables, permettant au capital de perdurer et même de croître.
Convergence des stratégies
Vivre de dividendes croissants ressemble à un portefeuille 100% actions avec un taux de retrait légèrement supérieur à 3%. Dans ce cas, le capital ne s'épuise jamais et progresse même avec le temps, conjointement aux distributions. C'est exactement ce que l'on constate avec un taux de retrait très prudent sur un portefeuille équilibré.
Vivre de sa rente ou grignoter son capital s'avère donc assez similaire, à condition que le taux de retrait demeure prudent en fonction de la durée prévue de la retraite. Cette convergence est logique puisque les dividendes constituent un "fruit" du capital.
Volatilité et allocation d'actifs : le facteur psychologique
L'étude Trinity et les travaux de Wade Pfau et William Bengen mettent le doigt sur un élément crucial souvent sous-estimé : l'impact psychologique de la volatilité. Investir dans des actions en travaillant diffère radicalement de devoir vivre uniquement de ses placements. Demander à un retraité de prélever 3.5% de son portefeuille alors qu'il vient d'en perdre 25% représente un défi émotionnel considérable.
L'allocation 50/50 comme compromis... historique
Mettre le curseur au milieu (50% actions / 50% obligations) a constitué historiquement un excellent compromis, comme l'avait déjà enseigné Benjamin Graham dans son fameux "Investisseur intelligent". Wade Pfau a démontré qu'entre 1900 et 2008 sur le marché américain, faire varier la pondération d'actions d'un portefeuille entre 30% et 80% n'impactait pas significativement le taux de retrait sécuritaire.
De même, William Bengen a prouvé que depuis 1926, le taux de retrait sans risque sur 30 ans variait très peu pour les allocations en actions comprises entre 35% et 90%. La différence entre les travaux de Bengen et l'étude Trinity provient principalement du choix des obligations : Bengen a utilisé des emprunts d'État à moyen terme (environ 10 ans), moins volatiles que les obligations à long terme de l'étude Trinity. Cette différence de volatilité s'avère significative.
Ceci étant dit, comme nous l'avons mentionné pour le contexte helvétique, les niveaux des taux d'intérêts actuels plaident aujourd'hui pour une surpondération en actions.
L'importance cruciale de la volatilité
Lorsqu'on doit vivre uniquement de son capital, la volatilité n'a plus seulement un impact psychologique mais des conséquences financières réelles. La rentabilité des actions compense leur volatilité. Les obligations compensent leur manque de performance par leur faible nervosité. La corrélation inverse entre actions et obligations longues permet d'augmenter le ratio rentabilité/risque du portefeuille.
L'idéal consisterait à obtenir une rentabilité similaire aux actions avec une volatilité proche des obligations. Les travaux de Mebane Faber ont prouvé qu'on pouvait atteindre cet objectif en diversifiant au-delà des seules actions et obligations, notamment avec l'immobilier, l'or et le cash. Cette approche m'a inspiré pour créer ma propre allocation d'actifs.
Stratégies flexibles : augmenter son taux de retrait en toute sécurité
Les recherches récentes de Morningstar démontrent qu'il est possible d'augmenter significativement son taux de retrait en adoptant des stratégies flexibles. Au lieu du taux conservateur de 3.9% avec dépenses fixes, plusieurs approches permettent d'atteindre 5.2% à 5.7% tout en maintenant 90% de probabilité de succès.
La méthode des "guardrails" (garde-fous)
Développée par Jonathan Guyton et William Klinger, cette approche permet un taux de départ de 5.2% en ajustant les retraits selon la performance du portefeuille. Concrètement, on augmente les prélèvements lorsque le marché performe bien et on les réduit temporairement durant les périodes difficiles. Cette flexibilité devient beaucoup plus acceptable lorsqu'elle est combinée avec des revenus garantis comme l'AVS ou les pensions.
La méthode VPW (Variable Percentage Withdrawal)
Une autre approche sophistiquée mérite d'être mentionnée : la méthode VPW (Variable Percentage Withdrawal). Contrairement aux taux fixes, cette méthode ajuste dynamiquement le pourcentage de retrait en fonction de l'âge et de l'allocation d'actifs. Cette approche combine mathématiquement sécurité et optimisation des retraits. Elle possède trois avantages remarquables : elle évite de faire banqueroute, elle évite de laisser derrière soi de riches héritiers sans voir pu profiter des fruits de son travail et elle permet de bénéficier des rendements excédentaires d'un portefeuille par rapport au marché.
Nous reviendrons prochainement sur cette méthode dans un article dédié qui détaillera son fonctionnement et son intégration dans une stratégie FIRE.
Ajustements simples mais efficaces
Une méthode plus simple consiste à ne pas ajuster les retraits à l'inflation après une année de perte du portefeuille. Cette règle élémentaire permet déjà d'améliorer significativement la durabilité du portefeuille sans complexité excessive.
Notre recommandation pour 2026
Pour une retraite vraiment anticipée (40 ans ou plus), les prélèvements sur capital devraient en théorie se limiter à 3.5% par an. Des disparités très importantes existent selon les pays. Seuls ceux qui n'ont pas connu la guerre sur leur territoire ont historiquement permis d'atteindre des taux supérieurs : États-Unis, Canada, Grande-Bretagne et Suisse.
Rien ne garantit que l'Histoire se reproduira à l'identique, même si elle a tendance à se répéter. Il demeure donc essentiel de continuer à miser sur les gagnants tout en diversifiant dans les pays où les actions sont bon marché.
Dividendes et taux de retrait : même combat
Le taux de retrait sûr de 3.5% correspond au rendement atteignable avec un portefeuille de dividendes de qualité acheté à bon prix. Prélever 3.5% de son capital ou toucher des dividendes avec un rendement similaire revient pratiquement au même et permet d'atteindre le même objectif.
Un point fondamental mérite d'être clarifié : dans l'étude Trinity comme dans les autres recherches sur les taux de retrait, le pourcentage mentionné représente le montant total prélevé du portefeuille, dividendes inclus. Autrement dit, si votre portefeuille génère 2% de dividendes et que vous prélevez 3.5%, vous ne vendez que pour 1.5% d'actions. Si vos dividendes atteignent 3.5%, vous n'avez aucune vente à effectuer. Les dividendes ne s'ajoutent donc pas au taux de retrait : ils en constituent une partie intégrante.
Celui qui suit une stratégie de prélèvement a tout intérêt à diversifier avec d'autres actifs (obligations, or et immobilier). Une allocation 100% actions fonctionne théoriquement mais s'avère très difficile à supporter émotionnellement sans apporter de meilleurs résultats. À l'inverse, celui qui vit uniquement de dividendes a moins à s'inquiéter de la volatilité, même s'il n'est jamais agréable de voir fondre son capital. Il faut alors miser sur des payeurs de dividendes croissants d'excellente qualité, tels que les aristocrates.
L'approche hybride : le meilleur des deux mondes
La diversification a toujours été un conseil précieux en matière d'investissement. Cela vaut pour les devises, les pays et les classes d'actifs. C'est également valable pour les stratégies permettant de vivre de ses placements durant la retraite.
L'approche optimale consiste à se constituer un groupe diversifié de payeurs de dividendes de qualité assurant des revenus réguliers et croissants. Des obligations gouvernementales, de l'immobilier, un peu d'or et du cash complètent le tout. On vit en grande partie des revenus du capital (dividendes, coupons, loyers, intérêts) et on complète par une ponction sur le capital, soit ponctuellement pour des dépenses exceptionnelles, soit de manière périodique selon les besoins.
Un bon système d'allocation d'actifs s'avère essentiel pour vivre une retraite sereine, avec des revenus solides et un portefeuille à la fois performant et peu volatil. Si on l'associe à une stratégie de retrait plus évoluée, telle que l'approche VPW, on peut se permettre un taux de prélèvement sécuritaire bien supérieur à 3.5% et même à 4% (règle FIRE), raccourcissant substantiellement le temps nécessaire pour devenir financièrement indépendant.
En définitive, rente et capital ne s'opposent pas : les deux approches sont complémentaires et nécessaires pour une stratégie d'indépendance financière réussie.
Questions fréquentes
Quel est le taux de retrait recommandé en 2026 ?
Morningstar recommande un taux de retrait initial de 3.9% pour 2026 avec un portefeuille équilibré (30-50% actions) sur 30 ans. Pour une retraite anticipée de 40-50 ans, un taux conservateur de 3.5% est préférable. Des stratégies flexibles (portefeuille et retrait) permettent toutefois d'atteindre des chiffres supérieurs, même au-delà de la règle des 4% utilisée dans la communauté FIRE.
Vaut-il mieux vivre de dividendes ou ponctionner son capital ?
Les deux approches convergent : un taux de retrait de 3.5% équivaut au rendement d'un portefeuille de dividendes de qualité. La différence principale réside dans la gestion de la volatilité. L'approche hybride combinant revenus du capital et ponctions occasionnelles offre le meilleur équilibre.
Quelle allocation d'actifs adopter pour une retraite anticipée ?
Pour une retraite de 40 ans ou plus, visez au moins 70% d'actions pour combattre l'inflation. Diversifiez avec immobilier, or, obligations et cash pour optimiser le ratio rendement/risque.
La règle des 4% est-elle toujours valable ?
La règle des 4% demeure un bon point de départ mais nécessite un calcul plus approfondi en fonction de votre âge et de votre allocation d'actifs. L'utilisation de stratégies flexibles (portefeuille et retraits) permet d'augmenter ce taux en toute sécurité.
Comment les taux de retrait varient-ils selon les pays ?
Les États-Unis et le Canada ont supporté historiquement 4%+, la Suisse 3.5%. Les pays européens touchés par les guerres (France, Allemagne, Italie, Belgique) n'ont permis que 1-1.5%. Ces différences soulignent l'importance de la diversification géographique.
Que faire si le marché chute juste après ma retraite ?
Le risque de séquence de rendements (mauvaises années en début de retraite) n'est pas anodin. Les taux de retrait sans risque mentionnés dans les études ci-dessus ont toutefois déjà pris en compte ce risque. Pour assurer les arrières et surtout se rassurer, quelques conseils supplémentaires : posséder un fonds de secours bien fourni, adopter une stratégie de retrait flexible et/ou reporter temporairement certaines dépenses non essentielles.
Sources et données
Cooley, P.L., Hubbard, C.M., & Walz, D.T. (1998). "Retirement Savings: Choosing a Withdrawal Rate That Is Sustainable." AAII Journal.
Cooley, P.L., Hubbard, C.M., & Walz, D.T. (2011). "Portfolio Success Rates: Where to Draw the Line." Journal of Financial Planning.
Pfau, W.D. (2010). "An International Perspective on Safe Withdrawal Rates: The Demise of the 4% Rule?" Journal of Financial Planning.
Pfau, W.D. (2024). "Does The 4% Rule Work Around The World?" Retirement Researcher. https://retirementresearcher.com/4-rule-work-around-world/
Arnott, A.C., Benz, C., & Kephart, J. (2025). "What's a Safe Retirement Withdrawal Rate for 2026?" Morningstar. https://www.morningstar.com/retirement/whats-safe-retirement-withdrawal-rate-2026
Morningstar. (2025). "The State of Retirement Income: 2025." Morningstar Research.
Bengen, W.P. (1994). "Determining Withdrawal Rates Using Historical Data." Journal of Financial Planning.
En savoir plus sur dividendes
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Merci pour cet article détaillé sur un sujet fondamental pour ceux qui tendent l’indépendance financière (dans l’idée de ne pas devoir dépendre d’un revenu du travail).
Si on peut vivre du revenu du capital, sans manger systématiquement ledit capital, c’est tant mieux et plus rassurant. Et si on a des enfants, cela ajoute du sens à cette stratégie.
Avec plaisir. D’une fois qu’on a adopté son taux de retrait sécuritaire, p. ex. 3.5%, on arrive très vite à estimer de manière macro où est-ce qu’on se situe sur le chemin de l’indépendance financière.
On commence par prendre son revenu net, on soustrait sa capacité d’épargne (inutile une fois à la retraite), on soustrait aussi éventuellement les dépenses professionnelles de grosse ampleur (p. ex. les frais kilométriques pour les pendulaires).
Si on ne cotise plus du tout à l’AVS via son conjoint ou un petit revenu accessoire, il faut aussi ajouter la cotisation AVS (https://www.ahv-iv.ch/p/2.03.f). A prendre aussi l’assurance accident non professionnelle, si on n’a pas de une petite activité accessoire d’au moins 20%.
Enfin on peut en théorie aussi enlever les gains fiscaux réalisés par l’arrêt de l’activité lucrative. Attention néanmoins car il y a le risque (même en Suisse) de passer dans la catégorie comme négociant en titre professionnel et donc d’être taxé sur les gains en capital.
Ce dernier point milite d’ailleurs clairement en faveur d’une approche basée sur le paiement en dividendes, plutôt que sur le retrait du capital (afin de ne pas être taxé deux fois : impôt sur le revenu des dividendes et des gains en capital).
Quand on a obtenu on son revenu nécessaire, on le divise par le taux sécuritaire.
Par exemple, pour un revenu annuel net de 100’000.- provenant de l’activité lucrative, avec une retraite totale anticipée, d’une durée prévue de 40 ans, et une approche basée sur les revenus uniquement en dividendes :
– épargne 20 % : 20’000.-
– frais d’acquisition du revenu : 10’000.-
+ AVS + assurance accident : 3’000.-
– Gain fiscal env. 9’000.- (taux conservateur)
– Revenu nécessaire : 64’000.-
– Capital nécessaire (taux sécuritaire de 3.5%) : 1’800’000.-
On constate dans l’exemple ci-dessus que l’élément-clé, c’est l’épargne, comme je le dis depuis la nuit des temps. Plus on met de côté, plus vite non seulement on a du capital, mais surtout moins on a besoin de revenu nécessaire.
Le capital nécessaire dans l’exemple ci-dessus peut paraître important, mais je suis resté très prudent dans les déductions. Et n’oublions pas qu’on parle d’une retraite de 40 ans !
Et puis il faut voit aussi si on peut extraire sa LPP sur un bien immobilier, ce qui permet de diminuer encore le revenu/capital nécessaire.
Bonjour Jérôme, merci pour toutes ces infos précieuses! Toujours un plaisir de lire ces articles enrichissants!
Je me posais la question de l’investissement sur des bourses étrangères. Comment cela se passe-t-il en termes d’impôts: double déclaration ou seule en Suisse? double imposition ou pas? etc. Peux-tu mettre de la lumière à ce sujet?
Hello
Il y a un sujet sur le forum qui en parle:
https://www.dividendes.ch/forum-2/topic/fiscalite-dividendes/
Merci Jérôme pour cet article tout simplement fantastique. Tu abordes de nombreux aspects très intéressants et la comparaison entre vivre des intérêts de son capital et consommer son capital est extrêmement bien présentée.
L’importance de l’impact émotionnel avec un portefeuille 100% actions ne doit effectivement pas être prise à la légère. Par contre, je pense qu’en choisissant essentiellement des actions peu cycliques (banques cantonales, actions immobilières, pharmaceutiques, valeurs alimentaires,…) on peut fortement réduire la volatilité de son portefeuille et l’impact sur ses nerfs. Beaucoup de ces titres sont à peine plus volatils que des obligations, mais offrent un rendement non seulement supérieur, mais aussi croissant.
Vivre de ses dividendes plutôt qu’en consommant son capital offre en outre une marge de sécurité supplémentaire (on peu toujours puiser dans son capital exceptionnellement en cas de pépin) et permet en effet de laisser un joli pactole à ses enfants.
Merci dividende.
Effectivement tu as raison les titres à faible bêta sont aussi un moyen de faire baisser la volatilité d’un portefeuille. Et contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les titres à bêta élevé qui performent le mieux. Bien au contraire.
Les obligations à une moyenne ou longue maturation ont néanmoins l’avantage d’être corrélées de manière inverse aux actions. Ce qui amène une réelle diversification. Néanmoins, il faut reconnaître qu’actuellement elles sont un bien mauvais investissement…