Dernière mise à jour : février 2026
Roche Holding AG, géant bâlois de la pharma fondé en 1896, emploie près de 112'774 collaborateurs dans le monde. L'entreprise figure parmi les leaders mondiaux du secteur pharmaceutique et diagnostique, avec une position dominante dans les traitements oncologiques et les solutions de diagnostic innovantes.

Cette analyse s'appuie sur les données financières FactSet (exercice clos le 31.12.2025) et les données de marché de février 2026.
Performance financière 2025
Roche a généré sur l'exercice 2025 un chiffre d'affaires de CHF 61'516 millions, en progression de 1.69% en CHF (7% à taux de change constants, l'appréciation du franc suisse ayant pesé sur les chiffres publiés). La véritable surprise vient du bénéfice net IFRS : CHF 12'880 millions, en hausse de 50% en CHF. Il est cependant essentiel de comprendre ce chiffre correctement : cette progression spectaculaire est pour une large part non récurrente. Elle s'explique principalement par un effet de base favorable — en 2024, Roche avait enregistré CHF 3.2 milliards de dépréciations exceptionnelles de goodwill (Flatiron Health et Spark Therapeutics), qui avaient artificiellement écrasé le bénéfice de l'exercice précédent.
La mesure plus fiable de la performance opérationnelle récurrente est le bénéfice "core" (hors éléments non récurrents), qui progresse de 4% en CHF (11% à taux constants) — solide, mais sans commune mesure avec les 50% IFRS. Le bénéfice opérationnel core s'établit à CHF 21.8 milliards, porté par la croissance des ventes et des gains d'efficacité. Cette distinction est importante pour ne pas surestimer la dynamique bénéficiaire de Roche.
Dividende et rémunération des actionnaires
| Métrique | Valeur (TTM / exercice 2025) |
|---|---|
| Dividende annuel indiqué | CHF 9.70 |
| Rendement du dividende | 2.58% |
| Payout ratio (TTM) | 60.02% |
| Croissance dividende (5 ans) | +1.51% annuel |
| Années consécutives de hausse | 38 ans |
| Shareholder yield (div + rachat) | 2.91% |
| Évolution du nombre d'actions (10 ans) | -0.68% |
Le dividende de CHF 9.70 offre un rendement de 2.58%, complété par de légers rachats d'actions pour un shareholder yield total de 2.91%. Surtout, le payout ratio (TTM) a nettement reculé à 60.02%, contre 82% précédemment, grâce à la forte progression des bénéfices. La soutenabilité du dividende s'est donc considérablement améliorée.
La croissance annuelle du dividende sur 5 ans reste modeste à 1.51%, inférieure à l'inflation. Mais l'historique de 38 années consécutives d'augmentation témoigne de l'engagement durable du groupe envers ses actionnaires, et il est raisonnable d'anticiper que cette série se poursuivra. D'ailleurs le conseil d'administration proposera de l'augmenter à CHF 9.80 lors de la prochaine AG qui se tiendra le 10 mars 2026.
Valorisation
| Ratio | Valeur (TTM) | Industrie (TTM) | Interprétation |
|---|---|---|---|
| P/E | 23.26 | 26.32 | En dessous de la moyenne sectorielle |
| P/S | 4.91 | 7.35 | Nettement sous la moyenne sectorielle |
| P/FCF | 25.08 | 23.60 | Légèrement au-dessus du secteur |
| P/B | 8.94 | 3.01 | Prime élevée sur actif net comptable |
Le tableau de valorisation a sensiblement évolué depuis la précédente analyse. Le PER (TTM) est redescendu à 23.26x, soit en dessous de la moyenne sectorielle de 26.32x — un signal positif. Le ratio P/S de 4.91 est également bien inférieur à la moyenne de l'industrie (7.35). Seul le P/B reste nettement au-dessus du secteur (8.94 vs 3.01), mais cela s'explique en grande partie par les actifs intangibles (brevets, marques) qui ne figurent pas au bilan.
Dans l'ensemble, la valorisation s'est normalisée et est aujourd'hui plus raisonnable qu'elle ne l'était lors de la précédente analyse. Elle reste cependant conditionnée à une confirmation de la progression des bénéfices.
Rentabilité et marges
| Indicateur | Valeur (TTM) |
|---|---|
| Marge brute | 78.74% |
| Marge opérationnelle (EBIT) | 30.84% |
| Marge nette | 20.94% |
| ROE | 39.29% |
| Couverture des intérêts | 15.98x |
Les marges de Roche sont exceptionnelles et supérieures au secteur. La marge brute de 78.74% confirme le pouvoir de pricing du groupe. La marge nette (TTM) de 20.94% est en nette hausse par rapport à la précédente analyse, mais cette amélioration est en partie non récurrente : elle reflète l'absence en 2025 des dépréciations massives de goodwill enregistrées en 2024. En base "core" (hors éléments exceptionnels), la progression est réelle mais plus modeste. Le ROE (TTM) de 39.29% doit être interprété avec la même prudence — il reste néanmoins très solide, même en normalisant l'effet de base.
Solidité financière et scores
Avec un Piotroski F-Score de 6/9, Roche affiche une santé financière satisfaisante. L'Altman Z-Score de 4.90 place le groupe très nettement en zone "sûre" (au-dessus de 2.99), confirmant l'absence de risque de détresse financière à horizon prévisible. Le ratio dette/capitaux propres de 0.98 est supérieur à la moyenne sectorielle (0.25), mais cela reflète les acquisitions stratégiques récentes et reste gérable au vu du cash flow opérationnel abondant.
Perspectives et pipeline
Le pipeline pharmaceutique de Roche reste l'un des plus riches du secteur, avec 17 blockbusters en portefeuille. Les principaux moteurs de croissance incluent Vabysmo (ophtalmologie), Phesgo et Itovebi (oncologie) et Ocrevus (sclérose en plaques). L'acquisition de Poseida Therapeutics illustre la volonté de Roche de se renforcer dans les thérapies géniques.
La performance boursière récente est notable : +38.08% sur 26 semaines et +18.74% sur 52 semaines, avec un bêta de 1.12. Cette surperformance a cependant mécaniquement comprimé le rendement du dividende à 2.58%. Pour 2026, le groupe vise une croissance des ventes dans le milieu de la fourchette à un chiffre (mid-single-digit) à taux de change constants.
Points d'attention
- La forte hausse du cours (+38% en 6 mois) a réduit le rendement du dividende, désormais à 2.58%
- La croissance du dividende reste faible (+1.51%/an sur 5 ans), inférieure à l'inflation
- La perte d'exclusivité sur certains médicaments représente un risque structurel récurrent dans ce secteur
- Les échecs dans le pipeline R&D (prasinezumab pour Parkinson, entre autres) rappellent les risques inhérents à la pharma
- L'exposition au dollar américain crée une volatilité liée aux taux de change, pénalisante pour l'investisseur suisse
Verdict pour l'investisseur FIRE suisse
Roche Holding a amélioré son profil financier depuis notre dernière analyse, mais il faut lire les chiffres avec discernement. Le bénéfice net IFRS en hausse de 50% est flatteur : il intègre pour une large part l'absence des CHF 3.2 milliards de dépréciations exceptionnelles de 2024. En vision récurrente (bénéfice "core"), la progression est de 4% en CHF — modeste mais réelle. Le payout ratio à 60% témoigne d'une nette amélioration par rapport au 82% de la précédente analyse. La marge nette à 21% et le ROE à 39% sont partiellement gonflés par cet effet de base, mais restent représentatifs d'une entreprise de très haute qualité opérationnelle.
La valorisation, avec un PER de 23x inférieur à la moyenne sectorielle, est aujourd'hui plus attrayante qu'elle ne l'était. Elle reste néanmoins conditionnelle à la confirmation de la progression des bénéfices dans les prochains exercices. Pour un investisseur FIRE cherchant à construire un portefeuille de qualité, Roche mérite pleinement sa place. Le rendement de 2.58% est modeste en valeur absolue, mais adossé à 38 ans de croissance consécutive et à des fondamentaux de premier ordre.
Pour ceux qui privilégient une approche quantitative value, Roche est désormais plus compétitive qu'auparavant sur les ratios de valorisation face au secteur. Une entrée progressive reste prudente, surtout après la forte hausse récente du cours.
Questions fréquentes
Quel est le dividende actuel de Roche ?
Le dividende annuel indiqué de Roche s'élève à CHF 9.70 par action, ce qui correspond à un rendement de 2.58% au cours actuel de CHF 376.40. Roche a augmenté son dividende pendant 38 années consécutives, ce qui en fait l'un des "dividend aristocrats" les plus solides de la Bourse suisse.
La valorisation de Roche est-elle raisonnable en 2026 ?
Avec un PER (TTM) de 23.26x, Roche se négocie désormais en dessous de la moyenne de son secteur (26.32x), ce qui est une évolution favorable par rapport aux analyses précédentes. Le P/S de 4.91 est également bien inférieur à la moyenne sectorielle. La prime sur valeur comptable (P/B 8.94) reste élevée, mais elle reflète les actifs intangibles (brevets, savoir-faire R&D) absents du bilan comptable.
Le dividende de Roche est-il sûr ?
Oui, le dividende de Roche est l'un des mieux sécurisés du SMI. Le payout ratio (TTM) est redescendu à 60%, grâce à la forte progression des bénéfices IFRS — dont il faut noter qu'une partie est non récurrente (absence des dépréciations de goodwill de 2024). En vision récurrente, le bénéfice "core" progresse de 4%, ce qui reste compatible avec la poursuite des hausses annuelles du dividende. Le conseil d'administration propose d'ailleurs de porter le dividende à CHF 9.80 pour 2026 — ce qui constituerait la 39e année consécutive de hausse.
Roche ou Novartis pour un portefeuille FIRE ?
Les deux entreprises sont d'excellente qualité. Novartis offre un rendement très légèrement supérieur (~2.55%) et une valorisation généralement plus abordable. Roche affiche une meilleure rentabilité (ROE 39% vs environ 30% pour Novartis) et un historique de dividende plus long (38 ans vs 28 ans). Le choix dépend de la priorité accordée au rendement immédiat versus la qualité de l'entreprise sur le long terme. Les deux méritent leur place dans un portefeuille diversifié.
Sources et données
- Données financières : FactSet (exercice clos le 31.12.2025, TTM)
- Rapports annuels Roche Holding AG
- Communiqués de presse Roche
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Excellente entreprise en effet, mais beaucoup trop chère notamment par rapport à la croissance plutôt lente. Les pharmas sont particulièrement recherchées actuellement en raison de leur profil défensif, ce qui explique les valorisations excessives.
Idem pour Novartis ainsi que pour les plus petites sociétés similaires telles que Vifor Pharma, Siegfried, Galenica ou encore Lonza.
Lonza est un autre météorite que j’ai conseillé à un vieux pote de vendre. Tout est brûlant en ce moment.
Au fait, c’est la fête à Trump aujourd’hui. Je me demande ce qu’il branle…
Quelle fête? C’est la journée mondiale des simplets?
Exact! President’s Day !
Merci pour cette analyse de Roche. Je partage vos conclusions pour cette entreprises et les autres acteurs du secteur.
Dans un autre domaine, que pensez-vous de Schindler (actions nominatives ou bons de participation cotés à la bourse suisse). Les cours ont récemment baissé sur fond de résultats 2019 inférieurs aux attentes et de coronavirus. Mais cette société me semble de qualité et intéressante -par les temps qui courent- pour un investissements à long terme. Ce qui me plaît, c’est que le business de cette société n’est pas seulement de vendre des ascenseurs et autres escaliers roulants, mais aussi et surtout d’entretenir ce matériel sensible, ce qui procure un revenu régulier.
C’est une société que je suivais de près à l’époque. Elle est également d’une très grande qualité et comme tu le soulignes elle peut s’appuyer sur ce côté « clientèle captive » fort appréciable, qui lui assure des revenus réguliers. Elle a ainsi beaucoup de qualités propres aux franchises (notamment des frais généraux bien maîtrisés, un goodwill en hausse, une faible dette et des dépenses en capital basses également, ce qui est assez étonnant pour une entreprise de ce type). Il y a un bon retour à l’actionnaire sous forme de dividende et de remboursement de la dette (4.4% par an au total). Ceci étant dit, je la trouve chère également. Pas autant que Roche, mais trop chère quand même.
J’avais analysé Schindler en 2018 et j’en reste toujours à la même conclusion: entreprise absolument top mais j’essaierai de ne pas payer plus de 200 balles.
https://www.dividendes.ch/2018/04/analyse-de-schindler-schnswx/
Salut à tous,
Comme déjà commenté l’action Roche Holding AG est une valeur de fonds de portefeuille qui doit être acheté sur un fort repli dans une stratégie « Buy and hold ».
Il en est de même pour Nestlé et Novartis représentent les deux tiers de l’indice SMI qui sont des valeurs défensives et rentrent dans la catégorie des dividendes aristocrates.
C’est pourquoi dans un marché chahuté ces valeurs sont recherchées pour stabiliser les portefeuilles, d’où la forte demande actuelle.
Bonne journée à tous
bonjour, dans le genre action de papy a fort dividende que pensez-vous de Shell ? https://www.google.com/search?q=AMS:RDSA&tbm=fin#scso=_3uhcXsXPJommaKrQo-AL1:0
Elle s’est faite proprement défoncer par le coronavirus, c’est une petroliere avec un dividende qui bouge pas depuis des années et qui est donc avec un prix de l’action très bas à 8 ou 9%
Et la demande en petrole ne va pas disparaitre d’ici demain… même si les chinois vont mettre du temps a tout relancer je ne doute pas que le prix du brent et donc de shell va remonter dans un avenir assez proche
ça pue le dividend trap !
Le dividende dépasse le FCF courant/moyen et il est également tout proche de la rupture par rapport aux bénéfices courants / moyens. Avec le passage de Corona, le dividende risque donc bien de souffrir…
L’action est chère malgré ce que laisse apparaître le rendement en dividendes (par rapport aux bénéfices courants et surtout moyens, idem par rapport au FCF, et c’est pire si on regarde par rapport à la valeur d’entreprise).
Et puis pour terminer, c’est un couteau qui tombe ! Laissons donc l’orage passer et on verra après…
quand tu dis le prix par rapport a la valeur d’entreprise tu parles de la valeur comptable ? dans le cas de shell tu le calcules comment ce ratio ?
et pour le ratio prix/cash flow par action j’obtiens environ 4 : (prix de l’action (20€) / FCF par action (5)
pour moi c’est une bonne valeur pour ce ration non ?
Ah oui, j’ai pris le titre à NY ce qui change la donne effectivement, autant pour moi. Ces titres cotés sur deux marchés différents avec des cours qui ne correspondent pas et des monnaies qui différent de ceux des résultats consolidés c’est une vraie saloperie !
Alors oui c’est mieux effectivement, ça change le problème de la valorisation, mais pas celui du dividende qui est menacé et du cours en chute libre.
ha oui je parlais de la cotation euronext amsterdam
pour le dividende effectivement il y a ce risque vu la chute du cours, mais je connais bien cette action car je suis dessus depuis une dizaine d’années et le dividende n’a jamais baissé (plutôt augmenté même) malgré 2 chutes du cours ressemblant à celle qui arrive en ce moment (en 2007 et 2016)
bon après le passé ne présume pas de l’avenir bien sur 🙂 mais je trouve que ce genre de momentum est assez rare pour pour le noter ^^
La chute du cours ne m’inquiète pas pour le dividende. Pour ce dernier, c’est plutôt le fait que le bénéfice ou le fcf sont presque intégralement utilisés pour le payer. Je ne sais pas comment était la situation en 2007. Peut être qu il y avait plus de marge. Peut être aussi qu’ils ont émis des actions ou contracté de la dette pour payer des dividendes… C’est stupide mais ça arrive…
Bref. Si la chute du cours me pose problème ce n’est pas pour ça mais justement parce que le momentum est pourri. Comme tu le dis, c’est rare. Parfois ça remonte très fort pour un moment comme en 1987 ou 2018 (je parle du marché dans son ensemble). Mais parfois c’est le début d’une beaucoup plus grosse baisse comme en 2000 et 2008. Si le marché n’était pas aussi haut je serais moins regardant, mais là par contre ça incite à la prudence.
eh bien voilà…