Analyse TotalEnergies (TTE) : faut-il investir en 2026 ?

Dernière mise à jour : février 2026

Note : les données de cours, capitalisation et dividende sont exprimées en euros (devise de cotation sur Euronext Paris). Les résultats opérationnels (chiffre d'affaires, bénéfice net) sont exprimés en dollars, conformément aux publications officielles de TotalEnergies et à la pratique des analystes financiers, le pétrole et le GNL étant cotés en USD. Les résultats 2025 sont préliminaires. Source des données : FactSet.

TotalEnergies (TTE), rebaptisée en 2021, est le cinquième groupe pétrolier et gazier mondial et un acteur incontournable du CAC 40. Avec un rendement de dividende de 4.92% et une valorisation encore en dessous de la moyenne sectorielle, l'action suscite l'intérêt des investisseurs FIRE. Mais après deux années consécutives de recul des bénéfices, la marge de sécurité du dividende se réduit. Entre résultats préliminaires 2025 décevants et ambitions renouvelables, analysons si TotalEnergies mérite encore une place dans un portefeuille d'indépendance financière.

Analyse TotalEnergies 2026 : transition de l'énergie fossile vers les renouvelables, dividende et valorisation pour investisseurs FIRE.

Du géant pétrolier Total à TotalEnergies : une transformation en cours

En mai 2021, Total devient TotalEnergies pour refléter sa volonté de diversification énergétique. Ce changement de nom n'est pas qu'un exercice de communication : il marque une évolution stratégique vers un modèle multi-énergies intégrant les renouvelables.

Ces dernières années, l'action a connu un parcours chahuté : après la chute liée à la crise sanitaire de 2020, elle a rebondi grâce à l'envolée des prix de l'énergie en 2022-2023 suite à la guerre en Ukraine. Depuis, les résultats se normalisent avec deux années consécutives de recul : le bénéfice net 2024 avait déjà reculé de 26.4%, et les résultats préliminaires 2025 affichent une nouvelle baisse de 20.2% (exercice clos le 31.12.2025).

Cette trajectoire s'explique par plusieurs facteurs : le repli durable des prix du pétrole et du gaz et l'effondrement des marges de raffinage après deux années exceptionnelles. La capacité du groupe à résister à ce double choc tient à son modèle intégré, notamment dans le gaz naturel liquéfié.

Valorisation de TotalEnergies en 2026

La capitalisation boursière s'établit à environ 140.2 milliards d'euros, ce qui maintient TotalEnergies parmi les géants mondiaux de l'énergie.

Au cours actuel d'environ 65.44 euros, TotalEnergies présente une valorisation qui mérite attention. Le groupe affiche un PER (TTM) de 12.4, soit toujours nettement en dessous de la moyenne du secteur à 17.5. Ce multiple bas peut indiquer soit une opportunité, soit des doutes du marché sur la trajectoire bénéficiaire.

Le ratio price-to-book (dernier trimestre) s'établit à 1.46, légèrement en dessous de la moyenne sectorielle à 1.68. C'est raisonnable pour une entreprise rentable de cette envergure.

Par rapport aux ventes, le cours s'échange à 0.88x (P/S, TTM), en dessous de l'industrie à 1.05x. En revanche, le P/FCF (TTM) ressort désormais à 15.5x, quasiment à parité avec le secteur (15.4x) : la décote sur le free cash-flow, qui était significative l'an passé, a pratiquement disparu — un point à surveiller.

Le dividende TotalEnergies : généreux mais marge de sécurité réduite

Le dividende constitue l'un des principaux attraits de TotalEnergies pour les investisseurs orientés revenus. Le rendement s'établit à 4.92%, supérieur à la moyenne du secteur (4.34%). Le dividende annuel indiqué est de 3.22 euros par action, versé trimestriellement — ce qui convient parfaitement aux stratégies FIRE nécessitant des flux de trésorerie réguliers.

Mais ce dividende est-il soutenable ? Le taux de distribution (payout ratio, TTM) s'établit désormais à 61.6%, en hausse notable par rapport à l'année précédente, même s'il reste en dessous de la moyenne sectorielle (79%). La croissance annuelle moyenne du dividende sur cinq ans ressort à 9.0%. Ces chiffres indiquent que la marge de sécurité, bien que toujours présente, s'est réduite avec la baisse des bénéfices.

Le groupe complète sa politique de retour aux actionnaires par des rachats d'actions, ce qui réduit mécaniquement le nombre de titres en circulation. L'évolution du nombre d'actions sur dix ans est de -0.82% annualisé. Dividende et rachats combinés donnent un Shareholder Yield (TTM) de 9.48%, toujours très attractif malgré un léger recul par rapport à l'année précédente.

Analyse financière : deux années de normalisation consécutives

Résultats préliminaires 2025

Les résultats préliminaires 2025 confirment la poursuite de la normalisation. Le bénéfice net s'établit à 13.7 milliards de dollars (exercice clos le 31.12.2025, données préliminaires), en recul de 20.2% par rapport à 2024.

Le chiffre d'affaires 2025 s'affiche à 190.4 milliards de dollars (exercice clos le 31.12.2025, données préliminaires), en baisse de 10.6%. Cette contraction prolongée s'explique principalement par la persistance de prix pétroliers modérés et des marges de raffinage revenues à des niveaux normaux après la flambée de 2022-2023.

Ces deux années consécutives de recul ne constituent pas en soi un signal d'alarme : elles reflètent un cycle de normalisation après deux exercices exceptionnels. La question est de savoir si un plancher est atteint ou si la baisse structurelle des prix fossiles pourrait peser davantage.

Rentabilité, profitabilité, endettement et liquidités

La rentabilité des capitaux propres (ROE, TTM) s'établit à 11.04%, en recul mais toujours au-dessus de la moyenne sectorielle de 9.33%. Cette performance témoigne d'une allocation du capital encore efficace malgré la pression sur les résultats.

Les marges restent supérieures à celles de l'industrie sur les indicateurs clés. La marge nette (TTM) s'établit à 7.21% contre 5.61% pour le secteur, et la marge opérationnelle (TTM) à 11.53% contre 9.97%. La marge brute (TTM) de 18.80% reste inférieure à la moyenne sectorielle (24.50%), reflet du modèle intégré très capitalistique du groupe.

Le ratio dettes/capitaux propres (dernier trimestre) s'améliore légèrement à 0.53, désormais proche de la moyenne du secteur (0.49). La couverture des intérêts (TTM) ressort à 5.19x, en recul et toujours en dessous de la moyenne sectorielle de 8.60x. Ce point mérite attention si les résultats devaient continuer à se dégrader.

Le score d'Altman Z-Score ressort à 2.06, dans la zone dite "grise" (entre 1.81 et 2.99), commun pour les grandes entreprises industrielles capitalistiques. Cela ne traduit pas un risque élevé de défaillance. Le Piotroski F-Score de 4/9 marque une légère dégradation par rapport à l'année précédente, à surveiller dans la durée.

Production et actifs

La production d'hydrocarbures 2024 avait atteint 2.43 millions de barils équivalent pétrole par jour, en hausse de 2%, grâce au démarrage de cinq projets majeurs : Mero-2 et Mero-3 au Brésil, Anchor aux États-Unis, Fenix en Argentine et Tyra au Danemark. Cette trajectoire de croissance organique devrait se poursuivre en 2025-2026 avec la montée en puissance de ces actifs et de nouveaux démarrages, ce qui constitue un soutien structurel aux revenus futurs.

Transition énergétique : ambition ou greenwashing ?

La question de la crédibilité de la transformation de TotalEnergies mérite un examen approfondi, tant elle conditionne la pérennité du modèle économique à long terme.

Les objectifs affichés

TotalEnergies vise une production d'électricité de 100 à 120 TWh par an d'ici 2030, dont 70% à partir de sources renouvelables et 30% de centrales à gaz flexibles. Cet objectif représente une croissance annuelle moyenne de 20% dans ce segment.

Le mix de vente cible pour 2030 s'établit à 30% de pétrole, 50% de gaz et 20% d'électricité. Si ces chiffres témoignent d'une diversification, ils confirment aussi que les hydrocarbures resteront dominants pendant encore de nombreuses années.

En capacités installées, le groupe affichait 27 GW d'énergies renouvelables fin 2024 et ambitionne de dépasser 100 GW en 2030. Comparé à sa taille et à ses capacités financières, cet engagement paraît modeste face aux leaders purs du secteur renouvelable.

La réalité des investissements

TotalEnergies investit annuellement entre 16 et 18 milliards de dollars, dont environ 4.5 milliards dans les énergies bas carbone, soit moins de 30% du total. Ce budget a même été réduit de 500 millions en début 2025, suggérant que face au choix entre rentabilité immédiate et transformation de long terme, le groupe privilégie encore largement les énergies fossiles dont les marges demeurent supérieures.

Actuellement, les énergies fossiles représentent environ 99% du mix énergétique produit par TotalEnergies. La transition reste donc largement devant nous, malgré les annonces.

Le positionnement par rapport aux concurrents

Comparé à ses pairs européens Shell et BP, TotalEnergies maintient un engagement relativement ferme sur les renouvelables. Les deux groupes britanniques ont récemment revu à la baisse leurs ambitions climatiques, Shell réduisant ses investissements et BP se recentrant sur le GNL.

TotalEnergies se positionne ainsi comme l'élève le plus studieux parmi les supermajors européennes, même si ses efforts restent modestes au regard des enjeux climatiques. Patrick Pouyanné, le PDG, défend une "transition réaliste" tenant compte des contraintes économiques et de la demande énergétique mondiale.

Les risques liés à la transition

L'évolution réglementaire constitue un risque majeur. L'Union européenne durcit progressivement ses exigences climatiques, et les taxes sur les émissions pourraient s'alourdir. TotalEnergies y est exposée, même si sa présence internationale dilue ce risque.

Les pressions ESG des investisseurs institutionnels s'intensifient. De grands fonds intègrent de plus en plus de critères environnementaux dans leurs décisions. Une entreprise perçue comme insuffisamment engagée pourrait voir sa valorisation pénalisée à terme.

Le risque d'actifs échoués (stranded assets) plane sur le long terme. Si la demande de pétrole déclinait plus rapidement que prévu, une partie des réserves et infrastructures pourrait perdre de la valeur. TotalEnergies estime ce risque limité à moyen terme mais reconnaît son existence au-delà de 2030.

Profil de risque pour l'investisseur FIRE

Volatilité et dépendance aux cours des matières premières

Avec un bêta sur un an de 0.74, TotalEnergies affiche une volatilité inférieure à celle du marché général, avec une volatilité annuelle de 21.38%. Toutefois, cette faible corrélation avec les grands indices ne protège pas contre les mouvements spécifiques du secteur énergétique.

Le principal risque réside dans la forte imbrication avec les prix du pétrole et du gaz. Une chute durable du Brent sous 60 dollars pourrait impacter significativement les résultats et, à terme, la capacité à maintenir le dividende aux niveaux actuels. Sur les 52 dernières semaines, l'action a progressé de 13.3%, et de 23.7% sur les 26 dernières semaines.

Solidité financière

Le ratio d'endettement (0.53) offre une marge de manœuvre correcte, proche désormais de la moyenne sectorielle. La génération de cash-flow reste robuste même dans un environnement de prix modéré. La couverture des intérêts à 5.19x est correcte.

La diversification géographique et métier protège partiellement contre les chocs localisés. TotalEnergies opère sur les cinq continents et couvre l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'exploration à la distribution.

Risques spécifiques

Le risque géopolitique ne doit pas être sous-estimé. TotalEnergies opère dans des zones parfois instables, notamment au Mozambique (projet LNG) et en Afrique de l'Ouest. Ces expositions génèrent des risques opérationnels et réputationnels.

Les risques juridiques s'accumulent également. Le groupe fait face à des procédures liées aux droits humains et subit des pressions croissantes d'ONG climatiques. Ces contentieux, même s'ils aboutissent rarement à des condamnations financières lourdes, peuvent peser sur l'image et la valorisation.

Mon avis d'investisseur FIRE sur TotalEnergies

Les points positifs

Le rendement de 4.92% reste attractif dans l'environnement actuel. Pour un investisseur FIRE cherchant des revenus réguliers, ce dividende constitue un atout majeur. La croissance annuelle moyenne de 9.0% sur cinq ans et l'historique de fiabilité sur plusieurs décennies renforcent la confiance.

La valorisation demeure attractive avec un PER (TTM) de 12.4, soit une décote significative par rapport à l'industrie (17.5). Le ROE (11.04%, TTM) reste supérieur au secteur (9.33%), et les marges nette et opérationnelle surpassent la concurrence.

Le Shareholder Yield de 9.48% (dividende + rachats d'actions) reste remarquable. Le positionnement dans le GNL offre par ailleurs un coussin de sécurité : le gaz naturel liquéfié devrait voir sa demande croître dans les prochaines années, notamment en Asie, et TotalEnergies est le troisième acteur mondial du secteur.

Les points négatifs et zones d'incertitude

Deux années consécutives de recul des bénéfices (-26.4% en 2024, -20.2% en 2025 préliminaire) constituent un signal à ne pas ignorer. Même si cette normalisation était prévisible après les exercices exceptionnels de 2022-2023, la trajectoire mérite d'être surveillée.

Le payout ratio monte à 61.6% (TTM) et le P/FCF rejoint quasiment la moyenne sectorielle : deux indicateurs qui signalent que la valorisation et la sécurité du dividende sont moins confortables qu'il y a un an. Le Piotroski F-Score de 4/9 confirme cette légère dégradation.

La transition énergétique reste lente et peu ambitieuse comparée aux enjeux. Les investisseurs convaincus que la sortie des énergies fossiles doit s'accélérer trouveront l'action difficilement compatible avec leurs valeurs.

L'horizon de long terme soulève des questions. Au-delà de 2030, que devient un géant pétrolier dans un monde qui doit drastiquement réduire sa consommation de fossiles ? TotalEnergies aura-t-il achevé sa mue ou restera-t-il trop dépendant d'énergies en déclin structurel ?

Profil d'investisseur adapté

TotalEnergies convient aux investisseurs FIRE cherchant des revenus réguliers, à l'aise avec la volatilité modérée du secteur énergétique et pas rédhibitoirement opposés aux énergies fossiles. L'action s'intègre bien dans une stratégie de diversification sectorielle, à condition de ne pas la surpondérer compte tenu des incertitudes sur la trajectoire bénéficiaire.

Pour ceux qui suivent une approche strictement ESG ou craignent les risques climatiques de long terme, des alternatives existent dans les utilities européennes ou les énergéticiens davantage engagés dans les renouvelables.

Dans une optique value, TotalEnergies coche encore plusieurs cases : PER et P/S en dessous du secteur, dividende fiable, ROE supérieur. Mais la disparition de la décote sur le FCF et la hausse du payout invitent à la prudence sur la taille de la position.

Quelle pondération dans un portefeuille FIRE ?

Une pondération d'environ 3% paraît raisonnable pour profiter du Shareholder Yield de 9.48% sans s'exposer excessivement aux risques sectoriels et à la poursuite possible de la normalisation des résultats.

Questions fréquentes

TotalEnergies verse-t-elle encore des dividendes élevés ?

Oui, TotalEnergies maintient une politique de dividende solide. Le rendement s'établit à 4.92%, avec un dividende annuel de 3.22 euros par action, supérieur à la moyenne du secteur (4.34%). Dividende et rachats d'actions combinés donnent un Shareholder Yield de 9.48% (TTM). Le payout ratio (TTM) monte toutefois à 61.6% avec la baisse des bénéfices, réduisant la marge de sécurité par rapport aux années précédentes. Cette politique devrait se maintenir tant que les prix du pétrole restent supérieurs à 60 dollars le baril.

L'action TotalEnergies est-elle un bon investissement en 2026 ?

TotalEnergies présente un profil risque-rendement intéressant pour les investisseurs cherchant des revenus, mais avec des nuances par rapport aux années précédentes. La valorisation reste attractive avec un PER (TTM) de 12.4 contre 17.5 pour le secteur. Cependant, deux années consécutives de baisse des bénéfices, un payout ratio en hausse et la disparition de la décote sur le FCF invitent à une pondération modérée dans un portefeuille diversifié plutôt qu'à une surexposition.

Quelle est la différence entre Total et TotalEnergies ?

Il s'agit de la même entreprise. En mai 2021, Total a changé de nom pour devenir TotalEnergies afin de refléter sa stratégie de diversification vers les énergies renouvelables. Le code boursier est passé de FP à TTE. Le pétrole et le gaz restent largement dominants dans le mix actuel de production, les renouvelables ne représentant encore qu'environ 1% de la production du groupe.

TotalEnergies peut-elle continuer à payer son dividende ?

La capacité de TotalEnergies à maintenir son dividende reste solide à moyen terme, mais la marge de sécurité s'est réduite. Le payout ratio (TTM) est passé à 61.6%, contre 79% en moyenne pour le secteur — il y a donc encore de la marge. La croissance annuelle moyenne du dividende sur cinq ans est de 9.0%. Une troisième année consécutive de baisse significative des bénéfices pourrait toutefois contraindre le groupe à stabiliser le dividende plutôt qu'à le faire croître.

En conclusion

TotalEnergies en 2026 incarne le dilemme des supermajors : maintenir la rentabilité élevée des énergies fossiles tout en préparant une transition coûteuse vers un monde bas carbone. Pour l'investisseur FIRE, l'action offre encore un dividende régulier et fiable avec un Shareholder Yield de 9.48%, adossé à des fondamentaux financiers qui restent supérieurs au secteur sur les marges et le ROE.

Toutefois, le tableau s'est nuancé : deux années consécutives de recul des bénéfices, un payout ratio en hausse, un P/FCF qui rejoint le secteur. Ces signaux n'imposent pas de vendre, mais invitent à ne pas surpondérer. Une pondération d'environ 3% dans un portefeuille diversifié permet de capter le rendement sans s'exposer excessivement aux risques sectoriels.

La réussite de l'investissement dépendra de deux facteurs clés : l'évolution des prix pétroliers (idéalement entre 70 et 90 dollars pour stabiliser les résultats) et la capacité du groupe à accélérer sa transformation pour rester pertinent dans la décennie 2030-2040.

Sources et données

Données financières : FactSet (TTM et exercice fiscal clos le 31.12.2025, résultats préliminaires).

  • TotalEnergies – Rapports annuels officiels
  • TotalEnergies – Résultats et communiqués de presse financiers

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13 réflexions sur “Analyse TotalEnergies (TTE) : faut-il investir en 2026 ?”

  1. Laurent Martin

    Merci Jérôme pour cette nouvelle analyse, avec une approche rigoureuse et sans concession. C’est toujours un plaisir de lire tes analyses.
    S’agissant de Total, je pense qu’il serait intéressant de compléter l’analyse par une approche moins objective que celle basée sur les chiffres du bilan et des comptes de pertes et profits, soit par une réflexion sur le marché des produits pétroliers, et donc la demande et l’offre en la matière. Certes, cet exercice est difficile et quelque peu aléatoire, car il nécessite de connaître les réserves mondiales, les capacités de production mondiales, la vitesse à laquelle des changements dans la consommation d’énergie va s’effectuer, sans compter que tout cela dépend aussi de facteurs politiques. Pour bien faire, il faudrait aussi savoir comment se situe Total par rapport à ses concurrents (qui a quelles réserves [quantité] sous contrat, qui a les coûts de production, [extraction, transformation, transport] les moins élevés [qualité], et donc un avantage compétitif [l’extraction dans les sables moyen-orientaux est moins cher qu’en mer du Nord par exemple], qui est présent à la vente sur quels marchés [la demande ne va pas évoluer uniformément dans le monde entier), etc. Et quels sont les investissements « alternatifs » de Total pour viser une diversification.
    Aujourd’hui, on constate que le prix des produits pétroliers est à la hausse après le « coronakrach » de mars 2020 (tout en étant encore bien loin des sommets d’avant le krach de 2008 et de la période 2010-2014; à noter que le prix du baril a décollé assez fort vers l’année 2000, après des années 90 à des niveaux relativement stables et bas). Cela devrait être favorable à Total, pour l’exercice 2021 en tous les cas.
    De manière générale, on assiste actuellement à une hausse importante du prix des matières premières.

    1. JérômeTop membre 🏅🗣️💬

      Salut Laurent
      merci pour ton commentaire.
      « il serait intéressant de compléter l’analyse par une approche moins objective que celle basée sur les chiffres du bilan et des comptes de pertes et profits, soit par une réflexion sur le marché des produits pétroliers, et donc la demande et l’offre en la matière… »
      Je ne fais précisément jamais ce genre d’analyse. On rentre là dans le domaine projections et conjectures. À ce petit jeu, rares sont ceux qui tombent juste, et comme le dit l’adage, même une horloge en panne donne l’heure juste deux fois par jour. Je préfère me baser sur ce qui est connu et bien réel. Cela évite les mauvaises surprises.

  2. Cette analyse ne vaut pas grand chose vu qu’elle se base sur les chiffres de 2020, qui ont été très affectés par le « virus chinois » (encore une autre ineptie de cet article) et surtout par la stupidité endémique des gouvernements de l’OCDE (un virus bien « occidental » celui-ci).
    Le dividende est assuré, selon les dirigeants, avec un baril à 26$, donc rien d’inquiètant.
    Certes la dette (i.e., l’investissement) pèse, mais cela doit être comparer aux autres majors et surtout analyser selon le secteur (evidemment très coûteux en CAPEX) et aux yeux de la politique d’investissement et de développement de la société qui est en pleine mutation.

    1. JérômeTop membre 🏅🗣️💬

      « Cette analyse ne vaut pas grand chose vu qu’elle se base sur les chiffres de 2020, qui ont été très affectés par le « virus chinois » (encore une autre ineptie de cet article) »
      Comme je l’ai mentionné plusieurs fois dans l’article justement, j’ai précisément indiqué ce qui relevait du structurel ou du conjoncturel (et donc du virus – dont personne ne s’offusque que les variants s’appellent anglais, indien ou brésilien).

    2. « virus chinois » (encore une autre ineptie de cet article)
      quelle ineptie ? le virus vient de chine => virus chinois, n’ayant peur ni des mots, ni de la réalité, ni des chinois ^^
      Merci Jérome pour l’analyse, je suis perso actionnaire de Total 😀

    3. En voilà un qui ferait mieux d’acheter et lire ATTENTIVEMENT le livre de Jérôme. C’est toujours bien de chercher à avoir des avis contraires, on se rend ainsi compte de la qualité des articles de ce site et la mine de connaissances partagée!
      Un grand MERCI dividendes.ch !

  3. « Cette analyse ne vaut pas grand chose… »

    Mon point de vue: cette analyse est d’une justesse et d’une transparence incroyables, en bref une analyse comme on n’en verra jamais de la part d’une banque.

    Par contre, si quelque chose ne vaut pas grand chose, c’est effectivement l’action Total.

    A bon entendeur, salut.

  4. Si tu savais en détails ce que je pense des politiciens, je t’assure que les banquiers apparaîtraient à côté comme de vrais anges 🙂

  5. JérômeTop membre 🏅🗣️💬

    Pareil pour moi. Lors d’une fin de soirée bien arrosée je me suis même pris de bec avec l’un d’entre eux 😉

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