Dernière mise à jour : janvier 2026
Les dividendes modérés, croissants et couverts par la progression des bénéfices constituent la meilleure stratégie de rendement sur les marchés français et suisses. C'est ce que nos deux précédents backtests ont démontré. Mais cette approche sophistiquée présente un défaut majeur : elle génère trop peu de titres pour construire un portefeuille réel et diversifié.

Face à ce constat, quelle stratégie de dividendes reste à la fois performante ET applicable dans la vraie vie ? Ce backtest sur 20 ans (2004-2024) apporte des réponses concrètes pour les investisseurs suisses et français.
Les limites des stratégies sophistiquées
Élargir l'horizon de recherche en sélectionnant simultanément les titres sur les marchés français et suisse améliore les résultats : 16.22% de rentabilité annuelle moyenne. Toutefois, le nombre de titres (sept en moyenne) demeure insuffisant pour un portefeuille applicable.
Une alternative consiste à faire fonctionner en parallèle les deux portefeuilles (Suisse et France). Cette approche génère une performance annuelle moyenne de près de 18% avec 11 titres en moyenne. C'est mieux, mais encore trop limité pour un portefeuille réel correctement diversifié.
Privilégier la simplicité et l'applicabilité
À trop rechercher l'excellence, nous nous sommes heurtés à l'impossible. Les stratégies basées sur les dividendes moyens, croissants et couverts par les bénéfices sont inapplicables au quotidien en tant qu'approches uniques. Elles peuvent en revanche être combinées à d'autres stratégies, ce qui constitue déjà un excellent point.
Nos backtests précédents ont également démontré que les indicateurs basiques suivants réussissent mieux que le marché :
- le rendement en comparaison aux pairs au sein des industries (bourse de Paris)
- le rendement en comparaison au marché global (Zurich)
Dans le quintile le plus élevé pour ces approches, on dénombre près de 80 titres en France et près de 50 titres en Suisse. C'est largement suffisant pour constituer un vrai portefeuille diversifié.
Performances des stratégies simples (2004-2024)
En limitant la sélection aux 20 titres offrant le meilleur rendement dans le quintile élevé, on obtient les performances suivantes :
| Marché | Stratégie | Performance annuelle moyenne | Nombre de titres |
|---|---|---|---|
| Zurich | Top 20 rendements (quintile élevé) | 12.0% | 20 |
| Paris | Top 20 rendements (quintile élevé) | 7.0% | 20 |
| Paris | Top 20 + croissance bénéfices > 3% | 8.75% | 20 |
Le piège du rendement élevé sur Paris
Pour Paris, la stratégie simple génère une légère baisse par rapport à la comparaison avec les pairs. Ce phénomène s'explique par un effet de Yield Trap : en ciblant les 20 meilleurs rendements parmi le 5e quintile, certains titres offrent un rendement élevé pour de mauvaises raisons (difficultés opérationnelles, dividende non soutenable).
Ce problème n'a pas été constaté en Suisse, comme c'était déjà le cas pour le PER. Pour pallier cette faiblesse, il suffit d'ajouter un critère lié aux bénéfices : croissance des bénéfices des 12 derniers mois par rapport aux 12 mois précédents supérieure à 3%. On obtient alors une rentabilité annuelle moyenne de 8.75%, légèrement supérieure au 5e quintile au sein des industries.
Les résultats sont moins spectaculaires qu'avec une approche sophistiquée basée sur la croissance des dividendes, mais ils demeurent largement honorables par rapport à la performance des marchés respectifs. Surtout, ils peuvent être reproduits dans un vrai portefeuille avec une diversification adéquate.
Synthèse des enseignements clés
À travers nos différents backtests réalisés sur les dividendes en Suisse et en France, nous avons mis en évidence les tendances suivantes :
- Les rendements modérés sont sublimés par la croissance : la comparaison aux pairs au sein des industries constitue un filtre efficace pour éviter les pièges du haut rendement
- L'approche idéale est difficile à appliquer : les dividendes moyens et croissants, appuyés par des bénéfices progressifs, constituent la stratégie la plus efficace, mais nécessitent de nombreux critères qui réduisent drastiquement le nombre de titres disponibles. Elle doit donc être juxtaposée à d'autres approches
- La simplicité prime pour un portefeuille unique : si vous souhaitez constituer un portefeuille réel en utilisant comme seule approche les dividendes, il est nécessaire de s'en tenir à l'indicateur le plus efficace sur le marché concerné (comparaison aux pairs pour Paris, comparaison au marché global pour Zurich)
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure stratégie de dividendes pour un portefeuille réel ?
Pour un portefeuille applicable, privilégiez les stratégies simples : sélectionnez les 20 titres au meilleur rendement dans le quintile élevé (comparaison aux pairs pour Paris, au marché global pour Zurich). Sur Paris, ajoutez un filtre de croissance des bénéfices (>3%) pour éviter les pièges de rendement.
Pourquoi ne pas utiliser uniquement la stratégie de dividendes croissants ?
Bien que cette approche offre les meilleures performances (16-18% annuels), elle génère trop peu de titres (7-11 en moyenne) pour constituer un portefeuille suffisamment diversifié. Elle doit être combinée à d'autres stratégies.
Les performances sont-elles différentes entre Zurich et Paris ?
Oui, significativement. Sur 2004-2024, la stratégie simple génère 12.0% annuels à Zurich contre 8.75% à Paris (avec filtre bénéfices). Cette différence s'explique notamment par un effet Yield Trap plus prononcé sur le marché français.
Sur quelle période portent ces backtests ?
Les backtests couvrent la période 2004-2024, soit 20 ans de données. Cette durée permet de capturer plusieurs cycles économiques complets et d'évaluer la robustesse des stratégies dans différents environnements de marché.
Sources et données
Les données financières utilisées pour ces backtests proviennent de FactSet. Les performances sont calculées sur la période 2004-2024 pour les marchés suisse (SIX Swiss Exchange) et français (Euronext Paris).
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