Mise à jour : avril 2026
Immobilier ou bourse ? Ce débat enflamme les discussions depuis des décennies. Parlons de vrais calculs — ceux qui incluent TOUS les frais cachés, le temps investi, et la fiscalité. J'ai possédé jusqu'à 4 biens immobiliers ET je possède également un portefeuille boursier conséquent. Avec plus de 20 ans d'expérience des deux côtés, voici mon retour d'expérience, chiffres à l'appui.

1. Pourquoi ce débat est mal posé
La plupart des comparaisons immobilier vs bourse sont biaisées dès le départ. Les pro-immo oublient les coûts cachés. Les pro-bourse ignorent l'effet de levier bancaire. Personne ne valorise correctement le temps investi.
Mon approche dans cet article :
- Calculs nets : tous frais inclus (gestion, entretien, vacance, fiscalité…)
- Temps valorisé : gestion locative = tracasseries, même avec un mandat de gestion
- Expérience réelle : j'ai possédé 4 biens immobiliers, vendu 2, gardé 2 (dont ma résidence principale)
Je ne suis ni pro-immo ni pro-bourse. J'aime les deux, mais pour des raisons très différentes.
2. Immobilier locatif : les chiffres réels
Commençons par démystifier l'immobilier. On parle souvent de "rendement brut", mais beaucoup moins de rendement net après TOUS les frais.
Rendement brut vs net : l'écart énorme
Pour avoir une vue globale du sujet, je prendrai deux exemples très différents. Le premier se base sur un bien situé en France (Paris), tiré de plusieurs informations glanées en ligne. Merci à mes lecteurs français de me corriger en commentaire le cas échéant. Le deuxième est tiré de ma propre expérience avec quatre biens en Suisse (Valais).
Appartement Paris
Voici l'exemple du bien parisien :
- Superficie : environ 50 m²
- Prix d'achat : 500'000 €
- Loyer réaliste : 31 €/m²/mois × 50 m² = 1'550 €/mois
- Loyers annuels : 1'550 € × 12 = 18'600 €
- Rendement brut : 18'600 € ÷ 500'000 € = 3.7%
- Après charges réelles, rendement net réel : 1.6%
Appartements Valais
En Suisse, j'ai effectué une comparaison similaire à partir de ma propre expérience avec 4 biens immobiliers en Valais. Évidemment, le prix d'achat, les loyers et la structure des frais diffèrent sensiblement de l'exemple parisien. Toutefois, in fine, les rendements bruts et nets ne sont pas si éloignés :
| Moyenne 4 biens Valais | Pourcentage |
| Rendement brut | 3.75% |
| Rendement net réel | 2.3% |
Le rendement net de l'exemple valaisan est légèrement plus élevé qu'à Paris, mais on reste dans les deux cas avec des chiffres relativement proches et plutôt bas.
Constat universel : partout, le rendement net représente environ 50 à 60% du brut une fois tous les frais comptabilisés.
Le rendement net n'explique pas tout
Ces résultats décevants ne plaident a priori pas pour l'immobilier. Comment expliquer alors que de nombreuses fortunes se sont construites à partir de cet actif ?
Nos deux exemples donnent un rendement net réel moyen d'environ 2%. C'est à peine moins que le rendement en dividendes d'un fonds indiciel suisse (CHSPI : 2.4%) ou français (CAC : 2.9%).
On investit en bourse pas uniquement pour les dividendes, mais aussi pour la plus-value — et c'est exactement pareil avec l'immobilier. Les loyers sont l'équivalent des dividendes, et la pierre, comme les actions, prend de la valeur sur le long terme.
Les prix de l'immobilier en Suisse suivent une évolution régulière. À l'aide de mes calculateurs financiers, j'ai estimé qu'elle se monte à 3.7% par an. Si on y ajoute le rendement net réel estimé ci-dessus (2.3%), on arrive à un Total Return de 6% par an (ce qui est aligné avec mes backtests sur l'immobilier helvétique).
Le levier bancaire : le vrai avantage de l'immobilier
L'immobilier possède un avantage structurel majeur : le levier bancaire. Grâce à des taux d'intérêt bas, la Suisse est particulièrement intéressante. Pour un bien de rendement (c'est-à-dire mis en location), vous devez disposer de 25% de fonds propres. Ainsi, avec 200'000 CHF de capital, vous contrôlez un actif de 800'000 CHF.
Mais attention : le levier amplifie aussi les pertes. Si la valeur de votre bien baisse (rare mais possible), vous perdez sur la totalité de la valeur, pas juste votre apport. Et vous continuez à rembourser le crédit. Non seulement vous pourriez vendre à perte, mais vous pourriez même devoir rajouter de l'argent pour rembourser votre banque.
Effet du levier sur le rendement
J'avais réalisé une estimation en 2019 qui donnait des chiffres similaires à ceux articulés par Stéphane Defferrard, dans un article de Bilan de 2016 : grâce à l'emprunt, le retour sur fonds propres peut monter jusqu'à 8%. Ceci sans compter les plus-values.
De ce point de vue, l'immobilier en Suisse est mieux loti qu'en France, car les taux d'intérêt y sont nettement plus bas. C'est une des raisons pour lesquelles les foncières helvétiques sont particulièrement performantes.
Effet du levier sur les plus-values
Si on reprend l'exemple de notre investissement initial de 200'000 CHF de capital (25% de fonds propres) pour un bien de 800'000 CHF : après 20 ans, la valeur du bien a doublé (au CAGR de 3.7% évoqué ci-dessus). Par rapport à votre mise de départ de 200'000 CHF, vous avez gagné 800'000 CHF, soit 400% sur 20 ans, ce qui représente un CAGR de 8.38% (sans compter les revenus locatifs, charges hypothécaires et autres dépenses). Toutefois, l'amortissement obligatoire (15% sur 15 ans) augmente progressivement le capital investi de 200'000 à 320'000 CHF, ce qui réduit le CAGR des plus-values d'environ 0.6 point, passant de 8.38% à 7.78%.
Total Return (avec levier)
Si on additionne le retour sur fonds propres de 8% (tenant compte des revenus, charges hypothécaires et autres dépenses) et le CAGR de 7.78% lié aux plus-values, on obtient pour l'immobilier helvétique un Total Return impressionnant de 14.33% par an avec effet de levier. C'est plus de 2 fois celui obtenu sans effet de levier (6%).
Et là vous êtes déjà en train de vous dire : ok, c'est bon. Pas besoin de lire plus loin. Demain, je vais voir mon banquier. Pas si vite.
Le coût caché : votre temps
Vous vous dites : je mets mon bien en gérance afin que mes revenus immobiliers soient 100% passifs. Et comme les frais de gérance ont déjà été pris en compte dans les calculs précédents, vous pensez vous en tirer à bon compte.
La réalité est plus nuancée. Pour être assuré d'être tranquille, vous devez soit pouvoir compter sur une gérance particulièrement professionnelle (la plupart ne le sont pas), soit avoir la chance de bénéficier de locataires stables, solvables et bienveillants.
À ce titre, j'ai vécu une année 2025 particulièrement chronophage sur un de mes biens, alors qu'il est pourtant sous mandat de gérance. J'ai perdu au moins une centaine d'heures qui auraient mieux été investies ailleurs. Ceci m'a d'ailleurs décidé à le mettre en vente. J'avais déjà connu une situation similaire il y a une dizaine d'années avec un autre bien immobilier.
Heureusement, ces situations n'arrivent pas tout le temps. Mais elles arrivent quand même. Si je fais une estimation grossière : une année difficile (100h) tous les 10 ans, plus un peu de gestion (10h/an) le reste du temps malgré la gérance, on arrive à une moyenne annuelle d'environ 20h. À 50 CHF de l'heure, cela représente un millier de francs par an, soit à peu près 0.15% de rendement net en moins. Pas énorme, certes, mais à prendre en compte.
Fiscalité (France / Suisse)
France
- Revenus locatifs : micro-foncier (abattement 30%) ou régime réel (charges déductibles)
- Plus-values : 36.2% (exonération après 22 à 30 ans selon type)
Suisse
Revenus locatifs :
- Propre logement : impôt sur valeur locative
- Bien locatif : impôt sur loyers perçus (revenus ordinaires)
Dans mes estimations sur mes propres biens immobiliers, j'estime que l'impact de l'impôt sur les revenus locatifs grève le rendement net réel d'environ 0.5% supplémentaires.
Plus-value à la revente :
- Impôt cantonal variable (1 à 50% selon canton et durée de détention)
- Dégressif : plus vous gardez longtemps, moins vous payez
Pour l'exemple, je reprends le cas suisse abordé plus haut (prix d'achat 800'000 CHF, prix après 20 ans 1'600'000 CHF).
En cas de revente, sur cette durée, l'impôt sur la plus-value est de 10%, soit 80'000 CHF, soit 4'000 CHF par année de détention. Cela représente 0.8% par an à soustraire encore sur le Total Return.
Après impôt et temps perdu : toujours ok
Tout compris (revenus et plus-value), l'impôt ampute de 1.3% le CAGR de l'immobilier en Total Return. Si on soustrait encore les 0.15% liés à la perte de temps, on atteint une réduction totale de 1.45%. Ceci donne, sans effet de levier, un CAGR de 4.55% (après impôt) et, avec effet de levier, un CAGR pouvant atteindre 14.33% (avant impôt sur plus-value), ce qui demeure excellent.
Le problème de la diversification
Du strict point de vue financier, l'approche immobilière demeure très intéressante, même en tenant compte de l'impact fiscal et de la perte de temps. En revanche, on se rend vite compte des limites du système : même en ayant recours au financement bancaire, vous êtes limité quant au nombre de biens que vous pouvez posséder. Vous avez besoin non seulement des fonds propres, mais également d'une couverture suffisante des intérêts bancaires par vos revenus.
Ceci soulève des questions quant à la diversification de vos investissements. Si vous pouvez espérer un CAGR élevé avec levier, vous pouvez aussi tomber sur nettement moins bien. Un mauvais placement immobilier peut vite tourner au cauchemar. Et dans ce cas, bonne chance pour vous en débarrasser — ce qui amène au problème de liquidité abordé juste après.
Les montants en jeu peuvent rapidement devenir problématiques. Dans le meilleur des cas, vous pouvez acquérir, sur la durée, quelques petits biens immobiliers, ce qui dilue ce risque. Mais dans la majorité des situations, vous concentrerez vos avoirs sur un seul bien. Si vous tombez sur une pépite à 14.33% par an, tant mieux — mais la réalité pourrait bien être différente.
Liquidité : le problème majeur
Vendre un bien immobilier prend 6 à 12 mois minimum. Je parle par expérience. Et il est évidemment impossible de vendre partiellement. Votre argent est bloqué pendant toute la durée de détention. En cas de besoin urgent, vous êtes coincé.
Ceci soulève un point critique par rapport à l'indépendance financière : vous ne pouvez pas compter votre capital immobilier physique dans votre fortune globale dans le cadre d'une méthode de retrait (règle des 4% ou approche VPW). Vous ne pouvez "que" prendre en compte vos revenus immobiliers (ce qui peut être fait avec des outils comme notre FIRE Calculator ou CaRBuRe).
Les revenus immobiliers, me direz-vous, c'est déjà bien. Toutefois, on a vu ci-dessus que plus de la moitié du rendement total de l'immobilier provient des plus-values. En d'autres termes, l'absence de liquidité (associée au manque de diversification) neutralise dans l'œuf une des principales qualités de l'immobilier physique : les plus-values.
3. L'avantage unique de l'immobilier en Suisse : extraire sa LPP
En Suisse, l'immobilier possède un avantage structurel majeur : vous pouvez retirer l'argent de votre caisse de pension (LPP) pour acheter votre résidence principale.
Comment ça marche
- Retrait anticipé LPP uniquement pour résidence principale
- Astuce : vous pouvez ensuite déménager et relouer votre ancienne résidence principale
La stratégie multi-étapes intelligente
Étape 1 : Jeune célibataire ou couple sans enfant
- Acheter un petit bien (studio/2 pièces) avec retrait LPP
- Utiliser comme résidence principale
- Cotiser LPP pendant 5 à 10 ans
Étape 2 : Couple avec enfants
- Acheter un bien plus grand (maison/4 pièces)
- Retirer à nouveau sa LPP (montant cotisé depuis le 1er achat)
- Relouer le 1er bien (qui devient locatif)
Avantages de cette stratégie :
- ✅ Extraire sa LPP en plusieurs étapes (avantage fiscal)
- ✅ Créer des revenus locatifs
- ✅ Acheter plutôt que louer (économie sur les loyers)
- ✅ ROI immo > taux LPP
- ✅ FIRE entre 40 et 50 ans vs 65 ans
Impact sur la rente future
- Aucun impact AVS (système séparé)
- ⚠️ Réduit la rente LPP future, mais impact favorable car le ROI immobilier dépasse le taux minimum LPP
Contrainte importante
⚠️ Si vous vendez le bien, vous devez rembourser la LPP.
- L'argent n'est pas libre d'utilisation
- Bloque partiellement la liquidité
- Impossible de vendre pour investir ailleurs sans rembourser d'abord
Mon cas : j'ai un bien locatif en Valais acheté avec retrait LPP. Je ne peux pas le revendre sans rembourser la LPP. C'est la (petite) contrainte de cette stratégie — mais le ROI reste correct, je touche des loyers réguliers et j'ai pu extraire mon 2e pilier qui dormait à 1%.
🔗 Voir aussi : LPP et retraite
4. Bourse : les chiffres réels
Passons maintenant à l'investissement boursier. Contrairement à l'immobilier, ce que vous voyez est ce que vous obtenez — peu de frais cachés.
Rendement historique : 7 à 8% long terme en CHF
- S&P 500 : 10% annualisé en USD (1926–2025)
- Mais en CHF : 7 à 8% annualisé (impact taux de change)
- Portefeuille 60/40 : 8% USD → 5 à 6% CHF
Pour la France, les chiffres USD sont plus proches car l'euro a moins fluctué face au dollar que le franc suisse. Mieux vaut toutefois rester conservateur dans les projections.
Référence académique : Jeremy Siegel dans "Stocks for the Long Run" démontre que les actions sont le meilleur rempart contre l'inflation sur le long terme, battant tous les autres actifs.
Pas de levier (sauf marge risquée)
Contrairement à l'immobilier, capital investi = capital possédé.
Vous pouvez utiliser la marge (emprunt courtier), mais c'est bien plus risqué que le levier immobilier :
- ❌ Appels de marge possibles (vente forcée en cas de baisse)
- ❌ Volatilité actions (17%) >> volatilité immo (5 à 8%)
- ❌ Pertes potentielles substantielles rapidement
- ❌ Stress psychologique énorme
Mon avis : le levier sur marge est réservé aux traders expérimentés (ou aux spéculateurs). Pour l'investissement long terme, restez sans levier en bourse.
Frais minimes
Les frais boursiers sont transparents et faibles, entre 0.25% et 1% par an (en fonction de votre activité de trading).
Temps minimal
Il est difficile d'estimer le temps investi en bourse, car cela dépend fortement des approches. Une stratégie passive basée sur quelques ETFs, comme le PP 2.x, se contente d'une heure de mise à jour par an. Une stratégie active, comme le PFD, demande en moyenne environ 30 minutes par semaine, soit 26 heures par an.
On se situe donc grosso modo dans des chiffres comparables à ceux de l'immobilier (avec un mandat de gérance). À capital similaire (800'000 CHF), cela représente environ 0.15% par an.
Autre aspect important : la qualité de ces heures "perdues" — elles sont souvent bien plus agréables que celles consacrées à l'immobilier…
Fiscalité (France / Suisse)
France
PFU 30% flat sur plus-values ET dividendes (12.8% impôt + 17.2% prélèvements sociaux).
Suisse
- Gains en capital : 0%
- Pas d'impôt sur plus-values (fortune privée)
- Exception rare : privé considéré comme négociant professionnel (qualification très rare en pratique)
- Dividendes : imposés comme revenu ordinaire
La Suisse est extrêmement favorable aux actions comparativement à l'immobilier sur le plan fiscal. Zéro impôt sur gains en capital, alors que l'immobilier paie un impôt sur la plus-value progressif (1 à 50% selon canton et durée de détention).
Dans mes estimations, l'impact de l'impôt sur les dividendes grève le rendement net réel d'environ 0.4% supplémentaires (pratiquement identique à l'impact sur les revenus locatifs), et évidemment zéro concernant les gains en capital (vs 0.8% pour l'immobilier).
Après impôt et temps perdu
Tout compris (revenus et plus-value), l'impôt ampute de 0.4% le CAGR en Total Return des investissements boursiers en Suisse. Si on soustrait encore les 0.15% liés à la perte de temps, on atteint une réduction totale de 0.55%. Ceci donne, sans effet de levier, un CAGR de 7% (après impôt). Comme on l'a déjà souligné, si vous voulez dormir sur vos deux oreilles, il est préférable de ne pas utiliser l'effet de levier pour investir en actions.
Sans levier, la bourse (7% après impôt) bat l'immobilier (4.55% après impôt) d'environ 50%. L'immobilier avec levier peut dépasser la bourse — avec toutefois un risque amplifié et une concentration géographique. Non seulement il n'est pas sûr que le rendement soit aussi élevé, mais surtout le levier peut amplifier une perte éventuelle de valeur.
Enfin, avec une stratégie quantitative comme le PFD, il est possible de se rapprocher des performances de l'immobilier avec levier, sans le risque associé, mais avec la liquidité et la diversification nécessaires (voir ci-après).
L'avantage énorme de la diversification
Contrairement à l'immobilier qui limite vos investissements à une poignée de biens, voire un seul, la bourse vous offre la diversification sur un plateau d'argent, même avec relativement peu de capital. À la limite, il suffit d'acheter un seul ETF, tel que VT, pour investir automatiquement dans près de 10'000 entreprises. Je déconseille toutefois une approche aussi basique.
Dans tous les cas, cette diversification limite fortement le risque idiosyncratique, c'est-à-dire propre à un seul élément, comme c'est le cas avec l'immobilier.
Liquidité : le game changer
En bourse, vous achetez ou vendez quand vous le souhaitez. Pas besoin de mettre une annonce, pas besoin d'aller voir votre banquier, pas besoin de notaire, pas besoin du registre foncier.
Juste un clic. Et l'argent est sur votre compte (vente). Ou alors vous êtes devenu propriétaire de Coca-Cola (achat). Tout ça pour quelques 0.05 à 0.2% de frais.
Autre avantage : vous pouvez liquider partiellement une position (par exemple 20%). Bonne chance pour vendre juste une chambre de votre appartement.
Comparé à la complexité et à la durée nécessaire pour une transaction immobilière (6 à 12 mois), c'est incomparable. En phase de retrait FIRE avec la méthode VPW (ou autre), cette liquidité est inestimable.
5. Immobilier via ETFs et fonds cotés : le meilleur des deux mondes
Il existe une troisième voie parfois oubliée : l'immobilier coté en bourse (REITs, SCPI, fonds immobiliers cotés). Cette approche combine les avantages de l'immobilier ET de la bourse.
Immobilier suisse coté (exemples : SRFCHA, SRECHA)
- Accessible avec quelques centaines de francs seulement
- Exposition à l'immobilier réel (bâtiments physiques suisses)
- Liquidité totale (vente immédiate comme une action)
- Aucune gestion locative
- Diversification instantanée
- Rendement total ~6%/an en CHF (dividendes + appréciation)
- Volatilité modérée (~8%)
- Frais de transactions minimes
Pour qui ?
- Souhaitez une exposition à l'immobilier sans contraintes de gestion
- Disposez d'un capital insuffisant pour l'immo physique
- Cherchez une diversification réelle entre classes d'actifs
- Acceptez des rendements modérés (CAGR ~6%) pour une volatilité réduite
- Êtes en phase FIRE retrait (liquidité primordiale)
Mon allocation : j'ai environ 15% de mon portefeuille PFD en fonds immobiliers suisses cotés (sélection directe de fonds individuels). C'est liquide, ça verse des dividendes réguliers, et je dors tranquille sans gérer de locataires.
🔗 Article complet : Investir dans l'immobilier via ETFs et fonds cotés
🔗 Pour débutants : voir aussi "Comment investir avec 50 à 200 €/mois" où je recommande SRFCHA (fonds de fonds) comme point d'entrée défensif.
6. Facteurs décisifs pour choisir
Votre choix dépend de 5 facteurs personnels.
Facteur #1 : appétence pour la gestion locative
- Vous aimez gérer les locataires et les travaux ? → Immo ok
- Vous détestez l'administration et les litiges ? → Bourse
Soyez honnête avec vous-même. La gestion locative, c'est un job à temps partiel. Si vous détestez gérer des problèmes humains, l'immobilier sera un enfer.
Facteur #2 : capital initial disponible
- < 50'000 CHF : bourse uniquement (apport insuffisant pour l'immo)
- 50'000 à 200'000 CHF : bourse ou petit immo (studio)
- > 200'000 CHF : les deux sont envisageables
Facteur #3 : objectifs de revenus
- Revenus réguliers mensuels fixes : immo avantageux (loyers prévisibles), mais attention au risque de vacance
- Croissance du capital : bourse avantageuse (intérêts composés)
- Flexibilité : bourse (vendre quand vous voulez)
Facteur #4 : géographie et opportunités locales
- Marché immo local dynamique : immo intéressant
- Marché cher ou surévalué (Paris, Genève) : bourse préférable
- Bonne connaissance du terrain : avantage immo (vous savez où acheter)
- En Suisse : possibilité d'extraire la LPP → immo résidence principale devient très attractif
Facteur #5 : profil psychologique
- Propension au risque élevée : bourse
- Besoin de tangible (brique et mortier) : immo
- Stress face aux litiges locatifs : bourse
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7. Stratégie mixte 70/30 : le compromis intelligent
Plutôt que de choisir un camp, une allocation mixte peut avoir du sens.
Pourquoi diversifier
- Immobilier seul ≠ diversification (1 bien = concentration géographique maximale)
- Actions seules ≠ vraie diversification (même classe d'actif)
- Immo + Bourse = vraie diversification (corrélation faible, classes d'actifs différentes)
Allocation 70% bourse / 30% immo
Exemple : patrimoine de 1'000'000 CHF
- 700'000 CHF en portefeuille actions / obligations / or
- 300'000 CHF en immobilier (immo coté + bien physique si LPP utilisée en Suisse)
Avantages :
- ✅ Diversification réelle (classes d'actifs peu corrélées)
- ✅ Revenus locatifs stables + croissance boursière
- ✅ Liquidité préservée
- ✅ Levier immo sans surexposition
REITs/SCPI : le compromis
Les fonds immobiliers cotés (REITs, SCPI, fonds suisses) offrent un compromis intéressant :
- ✅ Exposition à l'immobilier réel
- ✅ Liquidité totale
- ✅ Zéro gestion
- ✅ Rendement total ~6% en CHF
- ❌ Pas de levier bancaire (avantage perdu)
- Fiscalité des dividendes identique aux loyers (revenus ordinaires)
Verdict : utile pour une diversification de 10 à 20% du portefeuille, mais ne remplace pas complètement l'immo physique (pas de levier).
8. Mon cas personnel : plus de 20 ans d'expérience des deux
Après avoir possédé 4 biens immobiliers différents et développé un portefeuille boursier conséquent, voici mon allocation actuelle et les leçons apprises.
Ma répartition actuelle (2026)
Portefeuille : PFD, composé de :
- 85% Actions et autres actifs
- 15% Fonds immobiliers suisses cotés
1 bien immobilier locatif physique (Valais, ancienne résidence principale achetée avec retrait LPP)
Ma résidence principale (Valais, achetée avec ma femme via retraits LPP)
Pourquoi cette répartition
Portefeuille boursier :
- Performance supérieure (stratégies quantitatives)
- Diversification optimale
- Faible corrélation entre actifs
- Très bon rapport rentabilité/risque
- Liquidité totale (essentielle pour la méthode VPW)
Bien locatif physique (Valais) :
Pourquoi je le garde :
- ROI correct (meilleur de mes 3 biens initiaux)
- Contrainte LPP : je ne peux pas le vendre sans rembourser la LPP
- Locataire stable, sans histoires
Pourquoi j'ai vendu les 2 autres :
- Beaucoup de problèmes de gestion
- ROI pas extraordinaire
- Coûts cachés sous-estimés : entretien, vacance, litiges
- La vente m'a permis d'obtenir des liquidités pour investir en bourse → augmentation significative des retraits possibles sur capital
Ce que je referais
✅ Referais :
- Utiliser le retrait LPP jeune (extraire le 2e pilier qui dort à 1%)
- Stratégie multi-étapes si possible (1er bien puis 2e + relouer le 1er)
- Investir en bourse en parallèle dès le début
- Investir dans des fonds immobiliers cotés
❌ Erreurs commises :
- Sous-estimer le temps de gestion et les problèmes liés à l'immobilier (malgré mandat de gérance)
- Sous-estimer les coûts cachés (entretien, vacance, litiges…)
⚠️ Remarque importante : garder ou vendre l'immo physique post-FIRE dépend de 3 facteurs :
- ROI net réel
- Temps de gestion (bon locataire stable = 10h/an ok ; situation difficile = 100h/an)
- Contrainte LPP (si retrait utilisé, vente = remboursement obligatoire)
9. Message final
Il n'y a pas de bon ou mauvais choix absolu. L'important est de :
- Calculer honnêtement tous les coûts (pas juste le rendement brut)
- Valoriser votre temps
- Choisir selon votre profil (pas selon ce que font les autres)
La meilleure approche consiste à combiner un peu d'immobilier physique (pour le levier et extraire sa LPP) ET un portefeuille multi-actifs (pour la rentabilité, la diversification et la liquidité).
Questions fréquentes
Quel est le rendement net réel de l'immobilier en Suisse après tous les frais ?
D'après mon expérience avec 4 biens en Valais, le rendement brut tourne autour de 3.75%, mais le rendement net réel (après charges, entretien, gérance, vacance et fiscalité) tombe à environ 2.3%. En ajoutant l'appréciation annuelle du prix (~3.7%/an historiquement), on atteint un Total Return de 6% par an sans levier. Avec levier bancaire (25% de fonds propres), ce Total Return peut théoriquement monter bien au-delà.
La bourse est-elle plus rentable que l'immobilier ?
En comparaison directe sans levier, oui : la bourse affiche environ 7% par an après impôt en CHF, contre 4.55% pour l'immobilier. L'immobilier reprend l'avantage grâce au levier bancaire, mais ce levier amplifie aussi les risques et concentre votre patrimoine sur un bien unique. Avec une stratégie quantitative active comme le PFD, il est possible de se rapprocher des performances de l'immobilier avec levier, en conservant liquidité et diversification.
Comment utiliser sa LPP pour acheter un bien immobilier en Suisse ?
En Suisse, vous pouvez retirer votre 2e pilier (LPP) de manière anticipée pour financer l'achat de votre résidence principale. La stratégie la plus efficace consiste à acheter un premier petit bien (studio/2 pièces) avec un retrait LPP, l'habiter quelques années, puis acheter un bien plus grand pour la famille en effectuant un nouveau retrait LPP — et relouer le premier. Attention : si vous vendez le bien, vous devez rembourser le montant retiré à votre caisse de pension.
Vaut-il mieux investir dans l'immobilier physique ou dans des ETFs immobiliers ?
Les deux ont leur place. L'immobilier physique offre le levier bancaire et la possibilité d'extraire sa LPP, ce que les ETFs immobiliers ne permettent pas. En revanche, les fonds cotés (SRFCHA, SRECHA) offrent une liquidité totale, une diversification immédiate, aucune gestion locative et un rendement total d'environ 6%/an en CHF. Pour la phase FIRE retrait, les ETFs immobiliers sont nettement préférables en raison de leur liquidité. L'idéal est de combiner les deux selon votre situation.
Quelle est la fiscalité des gains boursiers en Suisse ?
En Suisse, les gains en capital boursiers sont exonérés d'impôt pour les particuliers (fortune privée). C'est un avantage considérable par rapport à l'immobilier, qui est soumis à un impôt cantonal sur la plus-value à la revente (entre 1 et 50% selon le canton et la durée de détention). Seuls les dividendes sont imposés comme revenu ordinaire. La qualification de "négociant professionnel en titres" reste rare et très strictement encadrée par les autorités fiscales.
Sources et données
- Rendements historiques actions : J. Siegel, "Stocks for the Long Run" (1926–2025)
- Fiscalité France : Service Public 2026, Code général des impôts
- Fiscalité Suisse : Administrations fiscales cantonales, AFC
- Rendements immobilier Suisse : Wüest Partner, OFS
- Rendements immobilier France : Notaires de France, INSEE
- Rendements PFD : Backtest propriétaire 2006–2026
- Les Déterminants de la Richesse
En savoir plus sur dividendes
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Salut Jérôme,
super article, très complet. C’est honnête et clairvoyant, on sent vraiment le vécu. Bravo et merci beaucoup pour ce partage d’expérience.
P.S. je viens juste de voir ton mail des transactions du jour pour le PFD, y a du boulot! ça va amputer le CAGR d’au moins 0,05%
Merci ! Oui je confirme, c’est du vécu (et pas toujours agréable).
Concernant les transactions : mes modèles se recalibrent à cause du cinglé de service (une nouvelle fois). Cela mériterait presque une analyse de la volatilité du marché en fonction du président… Mais je pense qu’on connaît déjà tous la réponse. Bref, le marché passe dans une zone assez dangereuse du point de vue technique… Affaire à suivre mais mieux vaut être un brin prudent (et c’est précisément ce que mes modèles font).
La toxicité de l’agent orange n’est plus à démontrer…
Merci pour cet article (j’ai encore un bout à lire) et pour la mise à jour du PF.
Pour ma curiosité, les changements de ces jours sont plutôt déclenchés par des TSL manuels ou d’autres facteurs ? (e.g. anticipation de changement de fondamentaux dus aux secteurs, taux d’intérêt / inflation, etc.)
Cela dépend des stratégies. Concernant l’or, on a échangé à ce propos avec Mik dans la partie membres du forum.
Pour les actions internationales, c’est l’indicateur MM-UI qui est à l’origine du grand chamboulement : il a entraîné la clôture des positions de la sous-stratégie Micro Caps et un brassage complet d’une autre sous-stratégie.
Ce qu’il y a d’hallucinant, c’est qu’on est à presque pile un an de la dernière activation de l’indicateur MM-UI. La cause était différente (tarifs), mais le fautif est le même… Et dans les deux cas : peine autoinfligée par l’administration US, sans aucune raison valable, avec pour conséquence un choc sur l’offre (import/export et pétrole). Rajoute là-dessus la hausse des taux des bons du Trésor. Joli cocktail…
Bonjour,
Merci pour cette analyse interessante. Je constate que j’ai sur 20 années, 11 années un bon bénéfice (10% 2025) 9 années des résultats négatifs (-9.33% 2008), donc je n’ai jamais eu 7% par année! J’ai un investissement 11% cash, 35% court terme, 35% actions et 19% participations immobilières.
Belle journée
Bernie
Bonjour Bernie,
Merci pour ce retour d’expérience concret et honnête — c’est exactement le genre de témoignage qui enrichit la discussion.
Les 7% annualisés évoqués dans l’article s’appliquent à un portefeuille majoritairement investi en actions sur le long terme. Avec 46% en cash et obligataire court terme, et seulement 35% en actions, il est structurellement impossible d’atteindre ce niveau de rendement. Votre résultat est parfaitement cohérent avec votre allocation.
Deux facteurs expliquent votre expérience :
1. L’allocation défensive. Un portefeuille aussi prudent ne peut pas capter le potentiel de croissance des marchés actions. En contrepartie, vous avez probablement très bien résisté en 2008 quand les marchés suisses perdaient ~32%. C’est le trade-off classique : moins de risque = moins de rendement.
2. La séquence des rendements. Démarrer sur 20 ans en 2006, juste avant la crise de 2008, est particulièrement défavorable pour la composante actions. Les premières années ont un impact disproportionné sur le CAGR final — c’est précisément pour ça qu’on parle de « risque de séquence ».
Bonne journée !
Bonjour Jérôme,
merci pour cet article qui montre bien ton vécu.
Je te partage quelques feedbacks de mon côté (vécu et actuel aussi) pour compléter et/ou nuancer ton article.
Concernant la LPP, même sans avoir retirer totalement nos avoirs de mon côté, je le mets en « capital » face à mes dettes immobilières (sur ma RP + 1 petit bien locatif) car je sais que je peux retirer l’entier de mon capital LPP restant (certes avec un taux d’impôts un peu plus élevé que si je le fais strictement tous les 5 ans). Mais pour être plus nuancé aussi, certaines caisses de pensions versent plutôt 5% par an en moyenne que le minimum 1.25%… cela relativise un peu les choses sur le supplément d’impôts à payer si pas de retrait échelonné et que le capital LPP augmente sans être retiré… et il y a aussi le risque de blocage des fonds LPP mais en Suisse les réformes ne se font pas en qq mois ce qui laisse le temps de s’organiser.
Concernant le CAGR de ton exemple de bien acheté 800’000 CHF, quand tu écris « Toutefois, l’amortissement obligatoire (15% sur 15 ans) augmente progressivement le capital investi de 200’000 à 320’000 CHF, ce qui réduit le CAGR des plus-values d’environ 0.6 point, passant de 8.38% à 7.78%. »… Cela n’est pas automatique. Dans mon cas personnel, la valeur de ma RP s’est appréciée depuis la date d’achat. Après avoir demandé une réévaluation du bien à ma banque, elle m’a confirmé « l’augmentation » de valeur de la RP et a supprimé mes obligations (contractuelles) d’amortissements (15% sur 15 ans)… Ce qui permet p.ex. de toujours amortir sa dette mais via des investissements en bourse en direct ou via un 3ème pilier (VIAC Global 100) qui certes reste de l’argent bloqué mais avec un effet de levier sur les marchés + adossé à une hypothèque sur le bien immo. Et en // il y a toujours le « capital » à dispo dans la LPP pour contribuer à « éteindre » la dette in fine sur la RP.
Ce dernier point est donc une opportunité assez unique du système suisse / autres pays européens p.ex. en France. Quand tes fonds propres atteignent 35% de la valeur de ton bien immobilier, tu n’as plus d’obligation d’amortissement de ton établissement bancaire (au sens du remboursement du capital « restant dû »). Alors que dans les pays comme la France 100% du prix d’achat + intérêts d’emprunt doivent être remboursés sur 20-25 ans… Ce qui entraîne une immobilisation de capital/cash et un coût d’opportunité très élevé pour l’exemple français.
Enfin, j’ai une question « bête »:
De ton côté, une fois que tu as sorti tout ou partie de ta LPP et qu’elle est dans ton bien immo, que tu approches/approchera de la zone 55-65 ans, à quel moment les autorités/caisse de pension te laissent tranquilles si tu ne souhaites pas/plus « rembourser » ta LPP et la laisser « immobiliser » dans ta RP + bien locatif?
Merci pour tes retours,
Sébastien
Merci Sébastien pour ces compléments bien documentés !
Sur le rendement LPP à 5% : tu as raison que « certaines » caisses font bien mieux que le minimum légal. Personnellement, au fil de ma carrière, j’ai alterné entre les meilleures et les pires. Pour les bonnes, j’étais effectivement moins pressé de retirer. Pour les mauvaises, chaque jour passé me semblait une éternité — et le retrait anticipé devenait une évidence.
Sur l’amortissement obligatoire : je l’avais mentionné pour être exhaustif, mais tu as raison et au final l’incidence sur le CAGR final demeure marginale. Et effectivement, dès que les fonds propres atteignent 35% de la valeur du bien (réévaluation à l’appui), l’obligation contractuelle peut tomber — bonne précision.
Sur le paradigme dette/3a/LPP : c’est vrai que c’est un avantage structurel du système suisse — mais il ne faut pas oublier que c’est aussi le paradigme que le lobby des banques et des assurances a tout intérêt à nous vendre. Pour une approche FIRE, j’ai personnellement fait exactement l’inverse : zéro dette, zéro LPP, zéro 3a. Anti-conformiste, certes (on ne se refait pas) — mais ça me permet de gérer mon capital selon mes objectifs, avec un accès immédiat, sans dépendre d’une caisse de pension ni attendre 65 ans.
Sur ta question : si je comprends bien, tu te demandes à partir de quel moment tu peux laisser ta LPP « immobilisée » dans ta RP sans obligation de la rembourser. La réponse est simple : tant que tu gardes le bien, il n’y a aucune obligation de remboursement. L’obligation ne se déclenche qu’en cas de vente. Donc si tu conserves ta RP jusqu’à la retraite, tu n’as jamais à « rembourser » quoi que ce soit. Ma LPP est ainsi bien au chaud dans mes deux biens (RP actuelle et ancienne mis en location) depuis plusieurs années, sans le moindre problème.
Merci pour tes retours toujours aussi intéressants.
« Pour une approche FIRE, j’ai personnellement fait exactement l’inverse : zéro dette, zéro LPP, zéro 3a. »
–> tu dois donc attendre avec impatience la fin de la valeur locative car dans ton cas (zéro dette sur tes 2 biens immo), la valeur locative t’ajoute un supplément de revenu (fictif) imposable 😉 ?
–> Concernant la LPP et le 3a, je pense que le système institutionnel vise surtout à ne pas mettre toute sa LPP dans sa RP… mais jusqu’à maintenant, on peut tout retirer si on le souhaite, ce qui maintient cette part de « liberté / anticonformisme » comme tu le dis. Sur le 3a, je vois plusieurs nuances, le lobby en place infiltrant les courtiers poussant beaucoup de gens (autour de moi) avec des 3a assurantiels en amortissement indirects de leur RP sur des engagements contractuels de 20 ou 25 ans et des rendements ridicules ce qui est une vrai arnaque. Je me dis donc qu’en utilisant un 3a (VIAC) pour rembourser une partie de sa dette immo (RP + bien locatif) c’est déjà optimisé d’apèrs aussi des backtests même si le PFD ferait mieux en simul « imposition + élevé sans déduction 3a + investissement du montant net d’impôt dans un PFD »…
Ah ah 🙂 La fin de la valeur locative, oui, pour une fois qu’une votation va dans le bon sens ! Cela compensera ce qui va être perdu avec l’imposition individuelle…
« avec des 3a assurantiels » : une horreur en effet ! Je suis d’accord avec toi : le 3a VIAC c’est le meilleur (pour ne pas dire le seul) moyen si tu veux utiliser les leviers « conventionnels » (dette+3a avec défiscalisation). Mais ces approches ont également une contrainte : elles bloquent tes capitaux et te créent une dette fiscale future. Pour le FIRE tu peux contourner le problème des capitaux bloqués en les prenant en compte dans ta fortune totale (comme on peut le faire via CaRBuRe). Pour la dette fiscale : elle est partiellement défendable parce que tu peux gagner de l’argent via le 3a. Mais, je trouve personnellement que dans une optique d’indépendance financière, on souhaite justement s’affranchir de tout engagement via autrui — et cela concerne également l’État. Autant avoir une clean-sheet, zéro contrainte, aucune épée de Damoclès sur la tête.
Je te suis dans ton raisonnement « d’indépendance financière » mais je dois reconnaitre que je ne suis pas prêt « psychologiquement » à arrêter mes déductions type 3a sur ma déclaration d’impôt actuel et revenus salariés actuels, car cela voudrait dire être imposé à ~35% sur le montant non versé au 3a mais p.ex. investi sur un PF 2.x passif… je préfère mettre ces CHF 7’248.- (x2 avec celui de ma femme) sur le 3a VIAC et en parallèle investir sur un PF 2.x sur le reste de notre épargne mensuel… encore une histoire « d’allocation » 😉
PS: je te cite « La fin de la valeur locative, oui, pour une fois qu’une votation va dans le bon sens ! Cela compensera ce qui va être perdu avec l’imposition individuelle… » ? –> de mon côté, la réforme me fera économiser des impôts étant marié !!
Certainement parce que vous travaillez les deux 🙂