Rendements par classe d’actifs en CHF (depuis 2004)

Cette page compare les rendements des quatre grandes classes d'actifs depuis 2004, calculés directement en francs suisses. Les données sont actualisées chaque semaine.

Rendements par classe d'actifs (base 100, CHF)

Actions : Monde vs Suisse vs S&P 500 (CHF)

Pour approfondir les particularités de la concentration géographique, voir nos articles "La guerre des ETFs" et "Portefeuille 100% actions".

Statistiques (2004 à aujourd'hui, CHF)

Classe CAGR Volatilité Sharpe Max drawdown
Actions Monde 7.93% 15.02% 0.48 -57.43%
Immobilier suisse 6.58% 8.25% 0.68 -26.12%
Obligations Confédération 2.13% 5.21% 0.19 -22.19%
Or 8.55% 15.66% 0.5 -38.56%
MSCI Switzerland (EWL) 6.62% 12.48% 0.46 -53.57%
S&P 500 8.84% 15.11% 0.54 -57.06%

Matrice de corrélation (rendements mensuels, CHF)

Actions Monde Immobilier suisse Obligations CH Or MSCI Switzerland S&P 500 US Treasuries (IEF)
Actions Monde 1 0.34 -0.03 0.03 0.76 0.95 0.1
Immobilier suisse 0.34 1 0.2 0.08 0.3 0.31 0.04
Obligations CH -0.03 0.2 1 0.2 -0.04 0.03 0.41
Or 0.03 0.08 0.2 1 -0.07 -0.02 0.21
MSCI Switzerland 0.76 0.3 -0.04 -0.07 1 0.74 -0.05
S&P 500 0.95 0.31 0.03 -0.02 0.74 1 0.19
US Treasuries (IEF) 0.1 0.04 0.41 0.21 -0.05 0.19 1

Toutes les séries démarrent au 1er janvier 2004. Informations fournies à titre strictement informatif, ne constituent pas un conseil en investissement.

Ce que ces chiffres révèlent

Le CAGR mesure la croissance annuelle moyenne, la volatilité l'amplitude des variations, le ratio de Sharpe le rendement obtenu par unité de risque et le max drawdown la pire chute subie depuis un sommet. Ces quatre indicateurs racontent des histoires différentes : une classe d'actifs peut afficher un excellent rendement tout en étant peu recommandable pour un profil prudent, si sa volatilité ou son drawdown sont trop élevés pour être supportés psychologiquement au mauvais moment.

Le piège de la classe d'actifs unique

Se limiter à une seule classe d'actifs, même diversifiée en interne (plusieurs titres, plusieurs pays), n'élimine pas le risque propre à cette classe. Un portefeuille 100% actions peut très bien être construit de façon large (capitalisation, secteurs, géographie), il n'en demeure pas moins exposé dans son ensemble aux cycles boursiers. C'est pourquoi la diversification entre classes d'actifs reste un niveau de protection distinct de la diversification à l'intérieur d'une même classe : voir notre article sur le portefeuille 100% actions.

Les ETF, malgré leur simplicité apparente, n'échappent pas non plus à ce problème. La plupart sont pondérés par capitalisation boursière, ce qui les rend très corrélés entre eux dès qu'ils couvrent des marchés similaires. Empiler plusieurs ETF actions n'apporte donc souvent qu'une diversification illusoire ; ce qui compte, c'est la corrélation réelle entre les instruments choisis, pas leur nombre. Plus de détails dans notre guide sur les ETF.

La corrélation, véritable clé de la diversification

La matrice ci-dessus le montre bien : l'or et les obligations affichent une corrélation faible, voire négative, avec les actions. C'est précisément ce qui en fait de bons amortisseurs de portefeuille, indépendamment de leur rendement propre. Un actif dont la performance est décorrélée du reste du portefeuille garde son utilité même si son rendement individuel est modeste, grâce au rééquilibrage systématique entre classes d'actifs.

Ce principe, popularisé sous le nom de démon de Shannon, explique pourquoi une allocation diversifiée et rééquilibrée régulièrement peut génerer un rendement supérieur à la moyenne pondérée de ses composants pris isolément. La volatilité, souvent perçue comme un pur inconvénient, devient alors une source d'alpha lorsqu'elle est exploitée entre actifs décorrélés.

L'immobilier suisse : un compromis intéressant

Les statistiques ci-dessus illustrent bien le profil particulier de l'immobilier suisse coté : une volatilité nettement inférieure à celle des actions, pour un rendement qui reste proche. Les fonds immobiliers et ETF dédiés permettent d'accéder à cette classe d'actifs sans les contraintes de l'investissement direct (gestion locative, illiquidité, capital nécessaire important). Leur corrélation modérée avec les actions en fait un candidat naturel pour lisser un portefeuille sans sacrifier trop de performance. Pour approfondir : investissement immobilier via ETF et fonds cotés.

Les limites d'une allocation figée

Les obligations ont longtemps joué le rôle d'amortisseur face aux actions, notamment dans les allocations classiques comme le 60/40. La remontée des taux d'intérêt a rappelé qu'aucune classe d'actifs n'offre de protection garantie en toutes circonstances. D'où l'intérêt de combiner plusieurs mécanismes de défense (diversification entre classes décorrélées, sélection qualité/valeur, discipline de rééquilibrage) plutôt que de compter sur un seul pilier. Nous détaillons ces approches dans notre article sur les stratégies défensives.

Construire son allocation

Il n'existe pas d'allocation universelle entre ces quatre classes d'actifs : le bon dosage dépend de l'horizon d'investissement, de la tolérance au risque et de la phase de vie (accumulation ou décumulation). Les données de cette page servent avant tout de base de réflexion : elles montrent ce que chaque classe d'actifs a réellement offert en franc suisse, avec ses forces et ses faiblesses, plutôt que des promesses théoriques. Pour un cadre plus complet sur la construction d'un portefeuille, voir notre guide complet pour investir.