Dernière mise à jour : février 2026
Novartis : géant pharmaceutique suisse du SMI
Novartis est née de la fusion de Ciba-Geigy et Sandoz en 1996 à Bâle. Avec une capitalisation boursière de plus de 241 milliards de francs suisses, Novartis figure parmi les plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales et représente un pilier du Swiss Market Index (SMI).

En octobre 2023, Novartis a finalisé la scission de sa division Sandoz (génériques), marquant un tournant stratégique majeur. La société se concentre désormais exclusivement sur les médicaments innovants à forte valeur ajoutée, notamment en oncologie et en immunologie.
Fondamentaux financiers et performance boursière
Chiffres clés
Novartis démontre une solidité financière remarquable. Le chiffre d'affaires s'établit à 45.3 milliards CHF pour l'exercice clos le 31.12.2025, avec une croissance de +2.2%. Le bénéfice net atteint 11.7 milliards CHF (TTM), en progression de +10.7%, témoignant d'une expansion notable des marges. Le free cash-flow est régulier et substantiel, permettant à la fois dividendes et rachats d'actions. L'endettement reste maîtrisé avec un ratio dette/fonds propres de 0.77, mais avec une tendance à progresser ces dernières années ; la couverture des intérêts par l'EBIT est toutefois excellente, à près de 15x (TTM).
Le titre Novartis est coté en CHF sur le SMI, offrant une exposition au secteur pharmaceutique sans risque de change pour les investisseurs suisses. Cette caractéristique est précieuse dans un portefeuille diversifié, même si l'entreprise réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires en devises étrangères.
Politique de dividendes : croissance durable
Novartis affiche un historique impressionnant de dividendes croissants sur plus de 25 années consécutives, une performance qui place l'entreprise parmi les "dividend aristocrats" européens.
Caractéristiques du dividende
Le rendement actuel s'établit à 2.93%, avec un dividende annuel de 3.70 CHF par action. Le taux de distribution (payout ratio) ressort à 55.7% du bénéfice net (TTM), offrant une marge de sécurité confortable. Cette politique reflète la génération de cash-flow robuste de Novartis et l'engagement du management envers les actionnaires. Le taux de distribution modéré laisse également de la marge pour financer la R&D, des acquisitions stratégiques et le rachat d'actions.
Ce dernier point est une caractéristique notable de l'entreprise bâloise, qui réduit progressivement le nombre d'actions en circulation depuis 2013 (-2.16% sur 10 ans en rythme annualisé). Le shareholder yield, combinant rendement en dividende et rachats d'actions, atteint 6.1%, un niveau attractif pour une blue chip défensive.
Analyse value investing : valorisation et opportunités
Métriques de valorisation (TTM)
D'un point de vue value investing quantitatif, Novartis présente des caractéristiques contrastées. Le P/E ressort à 21.1x (TTM), contre 25.9x pour l'industrie — un écart favorable. Le Price-to-Book est en revanche élevé à 6.67x, soit plus du double de la médiane sectorielle (3.06x). Le Price-to-Sales s'établit à 5.38x (TTM), nettement inférieur à l'industrie (7.73x). Le P/FCF de 19.3x est également plus attractif que la moyenne sectorielle (23x).
Ce décalage entre une valorisation raisonnable sur les bénéfices et les flux et un P/B élevé s'explique aisément : une grande partie de la valeur de Novartis réside dans des actifs immatériels issus de la R&D (brevets). La marge brute exceptionnelle de 84.4% (TTM), bien supérieure à la médiane de l'industrie (72.1%), et la marge nette de 25.7% expliquent directement ce clivage. Un P/S élevé accompagne mécaniquement des marges nettes élevées. Le ROE de 30.5% (TTM), là encore très supérieur à l'industrie, confirme la qualité de l'allocation du capital.
Sur le plan de la solidité financière, le Piotroski F-Score de 7/9 et l'Altman Z-Score de 4.23 signalent une situation fondamentale saine.
Avantages compétitifs durables
Novartis possède plusieurs "moats" économiques solides : un pipeline de médicaments innovants protégés par des brevets (Cosentyx, Entresto, Kesimpta), une expertise R&D avec des investissements massifs en recherche, des barrières réglementaires élevées propres au secteur pharmaceutique, et des économies d'échelle sur la production et la distribution mondiales.
Risques et points d'attention
Exposition aux devises
Bien que coté en CHF, Novartis reste sensible aux fluctuations USD/CHF. Les États-Unis représentent environ 35-40% du chiffre d'affaires, constituant le premier marché individuel de l'entreprise. Lorsque le franc suisse se renforce, les revenus en dollars perdent de la valeur une fois convertis, impactant les résultats publiés. Ce risque doit être intégré dans l'allocation d'actifs.
Pression politique sur les prix aux États-Unis
Un risque majeur et croissant concerne la pression politique américaine sur les prix des médicaments. L'administration en place affiche une volonté de réduire les coûts de santé pour les Américains, et les pharmas sont dans le viseur. Les menaces incluent l'extension du pouvoir de négociation de Medicare, l'autorisation d'importations parallèles depuis le Canada ou l'Europe, un plafonnement potentiel des prix et une transparence forcée sur les publicités. Pour Novartis, dont les médicaments innovants affichent des prix élevés justifiés par des investissements R&D massifs, toute réduction substantielle des prix US de 20-30% impacterait directement la profitabilité et la capacité à financer le pipeline de recherche. Ce risque est partiellement compensé par la diversification géographique (Europe, Chine, marchés émergents).
Tensions commerciales et menaces douanières
Un risque géopolitique supplémentaire est apparu : les menaces de droits de douane américains sur les produits suisses, incluant potentiellement le secteur pharmaceutique. Face aux pressions sur le déficit commercial américain, Novartis et les autres géants pharmaceutiques helvétiques ont dû s'engager sur des investissements massifs aux États-Unis — nouvelles usines, centres de R&D, création d'emplois locaux. Ces engagements de plusieurs milliards sur 5 à 10 ans sécurisent l'accès au marché américain, mais réduisent la flexibilité d'allocation du capital et pourraient peser sur les marges à court terme. Rien ne garantit par ailleurs que ces engagements suffisent à éviter définitivement des droits de douane futurs : le risque politique américain devient structurel pour les pharmas suisses.
Autres risques sectoriels à surveiller
Les risques traditionnels du secteur demeurent : expiration de brevets (cliff de brevets) avec arrivée de génériques et biosimilaires, incertitudes liées au pipeline R&D (probabilité de succès en phase 3 d'environ 60% en pharma), pression réglementaire européenne (EMA, prix dans les pays en difficulté budgétaire) et volatilité dans les marchés émergents, notamment en Chine.
Synthèse : un profil de risque en mutation
Le profil de risque de Novartis a considérablement évolué depuis 2023-2024. Aux risques traditionnels du secteur pharmaceutique s'ajoutent désormais des risques géopolitiques et politiques américains structurels qui pèsent sur la visibilité long terme. Ces nouveaux risques ne remettent pas en cause la solidité fondamentale de Novartis, mais justifient une valorisation plus prudente, une diversification accrue au sein du portefeuille et une surveillance rapprochée des développements politiques américains. Pour les investisseurs value, ces risques peuvent aussi créer des points d'entrée attractifs lors de corrections, si le marché surréagit aux annonces politiques et tant que les fondamentaux long terme (pipeline, brevets, génération de cash) restent solides.
Performance historique et comparaison SMI
Novartis est un poids lourd du SMI, représentant environ 15-20% de l'indice selon les périodes. Sur les 52 dernières semaines, le titre a progressé de +31.5%, avec une performance de +22.9% sur 6 mois. Le beta d'un an ressort à 0.73, confirmant le caractère défensif du titre. Sur 20 ans, Novartis a délivré une performance totale (dividendes réinvestis) compétitive, surperformant légèrement l'indice helvétique (CAGR 7.08% vs 6.23%), tout en sous-performant légèrement des leaders américains comme Johnson & Johnson (CAGR 7.37%).
Novartis post-Sandoz : nouvelle ère stratégique
Le spin-off de Sandoz en 2023 marque une transformation stratégique profonde. Novartis se recentre sur les médicaments brevetés à haute marge, abandonnant le segment des génériques moins rentable. Cette stratégie améliore les marges opérationnelles — désormais à 31.3% (TTM) — et permet une allocation de capital plus efficace vers la R&D innovante. Les investisseurs doivent cependant surveiller la capacité de la nouvelle Novartis à maintenir sa croissance sans l'apport stable des génériques Sandoz.
Questions fréquentes
Novartis est-elle un bon investissement pour les dividendes ?
Oui, avec plus de 25 ans d'augmentations consécutives et un rendement de 2.93% (dividende annuel de 3.70 CHF), Novartis convient aux investisseurs recherchant des revenus réguliers et croissants. Le taux de distribution de 55.7% offre une bonne sécurité et laisse de la marge pour de futures hausses.
Quels sont les principaux risques d'investir dans Novartis en 2026 ?
Les risques se sont complexifiés : la pression politique américaine sur les prix des médicaments menace les marges sur le premier marché de l'entreprise ; les menaces de droits de douane ont forcé des investissements massifs aux USA qui pèsent sur la flexibilité financière ; les expirations de brevets exposent certains médicaments clés à la concurrence des génériques ; enfin, la force structurelle du franc suisse pèse sur les revenus libellés en USD (35-40% du CA). Le profil de risque intègre désormais une composante géopolitique structurelle.
Comment Novartis protège-t-elle son accès au marché américain ?
Face aux menaces de droits de douane, Novartis a annoncé des investissements importants aux États-Unis : nouvelles usines, centres de R&D et création d'emplois locaux, pour plusieurs milliards de dollars sur 5 à 10 ans. Ces engagements sécurisent l'accès au premier marché mondial mais réduisent la flexibilité d'allocation du capital à court terme. L'incertitude demeure sur leur efficacité face à l'imprévisibilité politique américaine.
La pression sur les prix pharmaceutiques aux États-Unis est-elle durable ?
Oui, cette pression est structurelle et largement bipartisane. Démocrates et Républicains convergent sur la nécessité de réduire les coûts de santé, même si les méthodes diffèrent. Pour Novartis, cela implique une érosion progressive des marges américaines, compensée partiellement par la croissance en Europe et dans les marchés émergents. Les investisseurs doivent intégrer ce "nouveau normal" dans leurs modèles de valorisation.
Novartis ou Roche : quelle action pharmaceutique suisse choisir ?
Les deux sont des leaders mondiaux avec des profils distincts. Novartis offre un meilleur rendement en dividendes (2.93% vs environ 2.6% pour Roche, avec une capitalisation plus élevée) et un P/E plus attractif relativement à sa croissance. Roche mise davantage sur la croissance et domine l'oncologie et le diagnostic. Face à des risques géopolitiques similaires, une diversification avec les deux est pertinente, ou privilégier Novartis pour les revenus et Roche pour la croissance.
Le dividende de Novartis est-il menacé par ces nouveaux risques ?
Non, à court et moyen terme. Avec un payout ratio de 55.7% et un free cash-flow solide, Novartis dispose d'une marge confortable. Les investissements forcés aux USA et la pression sur les prix pourraient ralentir la croissance du dividende — qui progresse en moyenne de 3.5% par an sur 5 ans — mais pas menacer sa pérennité. L'engagement du management sur une politique de dividende croissant reste fort, même en environnement difficile.
À quel prix Novartis devient-elle vraiment attractive ?
Avec un P/E de 21.1x et un P/B de 6.67x à des niveaux historiquement élevés, le titre n'est pas bon marché. Une correction de 10-15% ramènerait le P/E sous 19x et le rendement au-dessus de 3.3%, niveaux plus confortables pour initier une position. Une approche DCA (achats réguliers fractionnés) permet de lisser le risque d'entrée sans attendre une correction qui pourrait ne pas venir.
Conclusion : Novartis dans une stratégie d'investissement
Novartis représente une option intéressante pour les investisseurs value recherchant une exposition au secteur pharmaceutique avec un profil risque/rendement équilibré. L'entreprise combine croissance modérée (+2.2% de CA, +10.7% de bénéfice net en TTM), dividendes fiables et leadership sur des segments thérapeutiques porteurs.
La valorisation du titre est attractive du point de vue des bénéfices (P/E 21.1x vs 25.9x pour l'industrie) et du free cash-flow (P/FCF 19.3x vs 23x). En revanche, le P/B de 6.67x se situe à un niveau historiquement élevé et très supérieur à la médiane de l'industrie. Il vaut donc mieux attendre une correction et/ou prendre position en plusieurs fois via une stratégie DCA.
Pour les investisseurs suisses, l'avantage d'un titre coté en CHF versant des dividendes en francs suisses est non négligeable, même si l'exposition économique reste largement internationale. Dans le cadre d'une stratégie d'investissement diversifiée, Novartis peut servir de position de cœur (core holding) dans la poche actions suisses d'un portefeuille équilibré.
Note : Cet article constitue une analyse éducative et ne représente pas un conseil d'investissement personnalisé. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
Sources et données
Données financières : FactSet (TTM et exercice fiscal clos le 31.12.2025). Historique de performance boursière et données de dividendes : FactSet. Informations stratégiques et narratif qualitatif issus des rapports annuels et communiqués officiels de Novartis AG.
- Rapports annuels Novartis AG (site officiel)
- Fiche valeur Novartis sur SIX Swiss Exchange
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Salut Jérome,
Très prometteuse cette action par contre malgré que j’ai lu ton ebook, je ne comprends pas trop la partie lié à la monnaie.
L’un des intérêts de Novartis est qu’elle est suisse et donc qu’elle devrait amener de la diversification à un portfolio très axé actions US, ce qui est un peu normal quand on investit dans des dividendes croissants. Néanmoins, on constate que le cours de Novartis est sensible aux variations du dollar. Lorsque la paire USD/CHF baisse, la valeur en CHF de Novartis baisse aussi. Cela est normal étant donné que les coûts fixes de la société sont payés en francs suisses et qu’elle exporte énormément. Le but recherché de diversification face au USD n’est donc pas atteint. Par contre la société offre indéniablement d’autres avantages.
Bonjour
Je trouve deux titres novatis en suisse sur la plateforme
Il y a NOVARTIS N (NOVN) et NOVARTIS N 2L (NOVNEE) à quoi correspond le deuxième classé dans la catégorie actions ?
Cordialement
le titre Novartis se négocie à la bourse suisse sous NOVN
NOVNEE est une ligne de rachat d’actions avec comme acheteur exclusif Novartis
http://www.novartis.com/investors/shareholders-information/share-buy-back/current-program.shtml
vous ne pouvez pas trader cette position
Ok merci Jerome
Par ailleurs que suggéreriez vous pour initier 7 positions diversifiées en terme monétaire de 2 à 5000 euros chacunes. Placement long terme bien sur.
Cordialement
Vous trouverez des idées dans mes deux stratégies :
http://www.dividendes.ch/portfolio/
http://www.dividendes.ch/ex-us-international-etfs-and-dividend-stocks/
je verrais bien par exemple : CLX, CL, MCD, HRL, NESN.VX, EMMN.SW, BELL.SW
si vous souhaitez vraiment varier les monnaies choisissez ENB.TO et SAN.PA à la place d’un ou deux des titres ci-dessus, mais il faut savoir que les titres US indiqués ci-dessus bénéficient traditionnellement d’une baisse du billet vert et se protègent donc de leur propre risque de monnaie
ok je vais regarder.
Cordialement
Bonjour,
Mon épouse vient d’hériter de 8000 titres Novartis et ne possède rien d’autre. Je souhaite lui constituer un portefeuille d’une vingtaine de lignes d’actions américaines (50%) Suisses (40%) et Europennes en euros (10%). L’objectif est de rechercher des titres dont le dividendes est régulièrement croissant et en prenant un minimum de risque à LT. Je viens de lire des analyses assez préoccupantes sur Procter et Gamble et surtout sur Johnson et Johnson. Auriez vous des recommandations actualisées sur quelques titres.
Le portefeuille serait détenu en suisse, mon épouse y travaille et est suissesse.
Merci
Bonjour Patrick
8000 Novartis, y a pire comme héritage 😉
Avez-vous regardé mes stratégies :
http://www.dividendes.ch/portfolio/
http://www.dividendes.ch/ex-us-international-etfs-and-dividend-stocks/
Toutes les données sont actualisées chaque dimanche matin. Pour les commentaires complets j’essaie de les mettre à jour une fois par année… il y a beaucoup de titres ! Je suis certes moins chaud pour JNJ, mais je trouve que PG est une société de très bonne qualité.
Bonjour Jerôme,
Effectivement, j’ai pris connaissance de vos liens après avoir posté. Vos tableaux sont extrêmement intéressants et je vous en remercie.
Petite question annexe : Savez vous s’il existe en Suisse, comme en France avec Bourse Direct ou Blinck par exemple, des brokers où l’on peut passer directement ses ordres sur un compte titre à partir de chez soi par internet? Est-ce que c’est possible par exemple si l’on ouvre un compte titres à l’UBS ? Auriez vous dans ce cas un établissement que vous conseilleriez sur Genève ?
Merci
Bonjour Patrick
Merci pour votre feedback. Toutes les banques proposent cette prestation. Il faut juste un compte titres avec option netbanking.
Après si vous voulez faire beaucoup d’ordres, il y a les brokers comme tradedirect et swissquote qui ont tous les deux bonne réputation.
Personnellement je préfère passer par ma banque car je ne suis pas un trader très actif comme vous avez pu le constater.
Pour les banques je conseille d’éviter les gros calibres internationaux comme UBS et CS. Il y a des plus petites banques comme les banques cantonales, la Raiffeisen ou la banque Migros qui sont bien.
Merci Jérôme,
C’est bien ce que je pensais. Je constate d’ailleurs que nous fréquentons les mêmes forum d’investisseurs…heureux.
Je suis nouveau sur votre forum, mais je compte le consulter avec assiduité. J’espère que vous n’aller pas vous lasser, car pour avoir été 4 ans modérateur sur un autre site, je sais que le bénévolat à ses limites.
Bon courage et au plaisir d’échanger avec vous
tant que j’ai des idées y a pas de souci 😉