Mars 2017. Dernière mise à jour : décembre 2025.
En rangeant des vieilles affaires, je tombe sur un formulaire d'orientation. Et là, choc. L'objectif était déjà écrit il y a trente ans.

La découverte
En faisant de l'ordre dans mes affaires de jeunesse, je suis retombé sur un formulaire que j'avais dû remplir pour l'école, quand j'avais 12 ans. À la question "Que veux-tu faire à la fin de la scolarité obligatoire ?", j'avais répondu "Je veux tout arrêter pour réaliser mes projets".
Incroyable. Je n'en reviens pas. Il y a 30 ans en arrière j'étais déjà sans le savoir sur la route de l'indépendance financière.
Peur et fierté
Franchement, ça fait peur. Avoir aussi peu évolué sur plusieurs décennies, c'est à se poser des questions. D'un autre côté je me dis que c'est cool d'avoir réussi à conserver cette approche pré-pubère et rebelle de la réalité.
Putain... je n'ai pas répondu "Je veux réaliser mes projets". Non, j'ai bien répondu "Je veux tout arrêter pour réaliser mes projets". En d'autres termes, je veux sortir de la Rat Race, là, dès la fin de la scolarité obligatoire.
L'avant-goût universitaire
Ce n'est pas ce que j'ai pu faire tout de suite bien évidemment, mais quelques années plus tard, durant mes études universitaires, je me suis offert un petit avant-goût de cette indépendance. Et c'est ce qui m'a conforté sans aucun doute dans le fait que mon intuition de pré-ado était la bonne.
Le long chemin douloureux
Le chemin a été très long, et même douloureux parfois par la suite. Sorti des études, je suis rentré en plein dans la dure réalité de la vie professionnelle. J'ai expérimenté en pratique ce qu'était la course des rats de laboratoire, à savoir travailler pour pouvoir consommer.
J'ai aligné les heures supplémentaires, j'ai plié sous des tonnes de courriers et courriels, j'ai encaissé par téléphone ou de visu des milliers de critiques ou remarques désobligeantes, j'ai ruminé et ruminé encore en dehors des heures de travail, j'ai suivi des ordres et contre-ordres qui ne menaient nulle part, j'ai travaillé des heures pour des projets que je savais déjà perdus à l'avance... bref j'étais un rat qu'on pilotait grâce au pouvoir de l'argent.
L'objectif jamais perdu de vue
Vous n'aurez pas ma liberté de penser, disait Pagny. À travers toutes ces années, depuis ma "déclaration d'indépendance" à l'âge de 12 ans citée ci-dessus, jusqu'à aujourd'hui, même si j'ai agi comme un rat bien trop souvent à mon goût, je n'ai jamais perdu de vue mon objectif initial : "je veux tout arrêter pour réaliser mes projets".
Si je n'ai jamais eu de vocation, jamais eu de métier qui m'attirait, j'ai par contre eu très jeune ce but d'indépendance qui ne m'a jamais quitté.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (décembre 2025)
En relisant cet article de mars 2017, et en me remémorant ce formulaire de mes 12 ans, je suis submergé d'émotions. Huit ans après avoir écrit cet article, 33 ans après avoir écrit ce formulaire, voici le bilan.
Ai-je effectivement "tout arrêté" ?
Oui. En 2021, quatre ans après cet article de mars 2017, j'ai démissionné. J'ai "tout arrêté". Le pré-ado de 12 ans qui écrivait "Je veux tout arrêter pour réaliser mes projets" a finalement obtenu ce qu'il voulait. À 48 ans. Cela a pris 36 ans entre la déclaration d'intention et la réalisation, mais ça s'est fait.
Ai-je réalisé "mes projets" ?
Oui et non. À 12 ans, je n'avais probablement aucune idée précise de ce que seraient "mes projets". Aujourd'hui en 2025, mes projets incluent : ce blog que je continue par passion, ma petite activité accessoire indépendante, mes stratégies quantitatives d'investissement, et surtout... vivre à mon rythme, sans contrainte, sans patron. Est-ce que c'est ce que j'imaginais à 12 ans ? Probablement pas exactement. Mais l'essence y est : je fais ce que je veux, quand je veux, comment je veux.
Les 30 ans de Rat Race entre les deux :
Entre la déclaration d'intention à 12 ans (vers 1985) et la réalisation en 2021, il y a effectivement eu tout ce que je décrivais en mars 2017. J'ai été, trop souvent à mon goût, un rat de laboratoire pendant des décennies. Mais contrairement à beaucoup de rats, j'avais un plan de sortie. Et je ne l'ai jamais perdu de vue.
"Avoir aussi peu évolué sur plusieurs décennies" :
En mars 2017, j'écrivais que "ça fait peur" d'avoir aussi peu évolué. Aujourd'hui en 2025, je ne trouve plus ça effrayant. Au contraire, je trouve ça magnifique. La constance d'objectif sur 36 ans (12 ans → 48 ans), c'est rare. La plupart des gens abandonnent leurs rêves d'enfant. Moi, je les ai réalisés. Pas d'évolution ? Non. Fidélité absolue à soi-même.
L'avant-goût universitaire :
Je mentionnais avoir eu un "avant-goût" d'indépendance durant mes études. Cet avant-goût a effectivement été déterminant. Goûter une fois à la liberté rend le salariat insupportable. C'est un point que je ne peux trop répéter : si vous avez la possibilité d'expérimenter, même brièvement, une vie avec moins de contraintes professionnelles, faites-le. Ça vous donnera une cible concrète à viser.
La référence à Florent Pagny :
J'avais cité Pagny en mars 2017 : "Vous n'aurez pas ma liberté de penser". Cette phrase résonne encore plus fort en 2025. Pendant 36 ans, entre 12 et 48 ans, le système a eu mon temps, mon énergie, mon corps. Mais il n'a jamais eu ma liberté de penser. J'ai toujours su que j'allais sortir. Cette certitude intérieure m'a protégé psychologiquement.
Le message pour les lecteurs :
Si vous avez perdu de vue vos objectifs d'enfance, posez-vous la question : qu'est-ce que je voulais vraiment à 10-12 ans, avant que la société ne me conditionne ? Il y a peut-être une sagesse enfouie là-dedans qui mérite d'être exhumée.
Le pré-ado de 12 ans qui a écrit "Je veux tout arrêter pour réaliser mes projets" était plus sage que tous les conseillers d'orientation, tous les profs, tous les patrons que j'ai croisés par la suite. Il savait déjà. Il a juste fallu 36 ans pour que l'adulte le rattrape.
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quelle maturité, à 12 ans !!
en ce qui me concerne, c’est plutôt vers 27 ans que j’ai compris qu’il fallait changer de stratégie de vie
27 ans c’est déjà pas mal. Et si ça peut te rassurer c’est précisément et seulement à cet âge que j’ai commencé à investir.
Moi c’est plutôt vers 15 ans que j’ai compris que quelque chose n’aller pas avec le système classique (Rat Race)… même si je ne savais pas le formuler.
Tu as donc 42 ans.
Finalement, tu partiras à la retraite comme tout le monde. Tu avais la réflexion, mais tu n’as pas agi. Vu ta vitesse de réaction, la faible rentabilité de tes placements et le peu de contraintes que tu t’imposes pour investir plus (= baisser son niveau de vie, sa consommation pour dégager plus de cash-flows), tu ne seras jamais indépendant financièrement…
Car tu ne t’en donnes pas les moyens.
Franck, encore une fois tu me juges en ne lisant que quelques lignes de certains de mes posts. Si mes articles ne t’interessent pas tu n’es pas obligé de les lire et encore moins d’y répondre.
Je partirai à la ‘retraite’ vers 50 ans comme déjà mentionné. Ma rentabilité est bonne. Je m’en donne les moyens également. A 12 ans je ne pouvais évidemment pas économiser et acheter des actions. J’ai dû attendre d’avoir fini mes études et trouvé mon 1er vrai job… Soit bien plus tard.
Déjà aujourd’hui j’en récolte les fruits puisque je suis passé de 60h de travail par semaine à 35h. Le reste de mes revenus proviennent de mes placements. Donc je suis déjà partiellement financièrement indépendant.