Septembre 2020. Dernière mise à jour : janvier 2026.
La décision finale. Après 23 ans et 6 employeurs, le bilan est sans appel. Il est temps de reprendre le contrôle.

23 ans, 6 employeurs
Ces 23 dernières années, j'ai écumé six employeurs différents. Cela représente une fidélité moyenne de moins de quatre ans pour chacun d'entre eux. À chaque fois je suis parti parce que j'étais fatigué d'entendre sans cesse les mêmes histoires et qu'on m'en demande toujours plus. À chaque nouveau changement, j'espérais pouvoir enfin tomber sur l'employeur miracle, celui qui serait différent, qui me ferait oublier les autres et qui me réconcilierait avec le monde du travail.
L'illusion des premiers mois
Dans les faits, les premiers mois étaient toujours positifs. Ils me permettaient d'apprendre de nouvelles choses, connaître de nouvelles personnes. Mon cerveau pouvait prendre le temps de se ressourcer. Mais très vite la course du rat repartait de plus belle, ma motivation s'effondrait et je songeais déjà à aller voir ailleurs.
Le bilan final : très largement négatif
Certes, durant ces 23 ans de vie professionnelle, il y a eu de bons moments. Je garderai toujours dans mes souvenirs certaines réalisations remarquables. J'ai également pu faire la connaissance sur mon lieu de travail de personnes qui me sont encore très proches aujourd'hui. Mais si on réalise le bilan final, le résultat est très largement négatif. Combien de prises de têtes sur des sujets sans aucune importance, combien de rentrées très tardives pour des raisons tout aussi inutiles, combien encore d'insomnies pour des problèmes qui m'étaient étrangers ? Tout ce stress occasionné par un organisme tiers avec lequel je n'avais pour lien qu'un simple contrat de travail... juste une signature au fond d'une page A4.
L'aliénation et la délégation des soucis
Ce n'était pas mon business. Ce n'étaient pas mes problèmes. Mais la Rat Race les a fait miens. Tout ceci est particulièrement pervers quand on y pense. Non seulement le patronat aliène notre travail, mais en plus il nous délègue ses soucis. Pas tous bien sûr, il conserve la responsabilité ultime de l'entreprise, mais il fait nôtres tous les problèmes qui en découlent.
Il est temps de reprendre le contrôle
Il est temps de reprendre le contrôle.
À suivre dans les prochains épisodes.
Note rétrospective (janvier 2026)
En relisant cet article de septembre 2020, la décision finale de "reprendre le contrôle", je suis frappé par la détermination qui s'en dégage.
Pourquoi tous les employeurs étaient pareils :
Septembre 2020 documentait la prise de conscience cruciale : le problème n'était pas les employeurs spécifiques. Le problème était la structure du salariat elle-même. Peu importe l'entreprise, peu importe le secteur, peu importe les collègues - les éléments fondamentaux restaient identiques :
- "Les mêmes histoires" (politique interne, réorganisations, justifications)
- "On m'en demande toujours plus" (intensification travail sans reconnaissance proportionnelle)
- "La course du rat" (tapis roulant accélérant sans fin)
- "Prises de têtes sur sujets sans importance" (bureaucratie stérile)
- "Rentrées tardives pour raisons inutiles" (présentéisme toxique)
- "Insomnies pour problèmes étrangers" (stress délégué pour business d'autrui)
Ces éléments étaient présents chez les 6 employeurs. Parce qu'ils ne dépendent pas de l'employeur spécifique, mais de la relation employeur-employé elle-même. Changer d'employeur ne change rien à cette relation fondamentale.
Le cycle répétitif : illusion des premiers mois → désillusion → fuite :
Septembre 2020 décrivait parfaitement le cycle qui s'était répété 6 fois : "Les premiers mois étaient toujours positifs... Mais très vite la course du rat repartait de plus belle, ma motivation s'effondrait et je songeais déjà à aller voir ailleurs."
Ce cycle est classique chez les personnes qui changent régulièrement d'employeur en espérant trouver mieux. Phase 1 (0-6 mois) : lune de miel. Tout est nouveau, intéressant, prometteur. Phase 2 (6-18 mois) : réalité. Les mêmes problèmes structurels apparaissent. Phase 3 (18+ mois) : désillusion et planification de la fuite vers le prochain employeur.
Après avoir répété ce cycle 6 fois sur 23 ans, la conclusion de septembre 2020 était inévitable : le problème n'est pas l'employeur, c'est le salariat. Donc changer d'employeur une 7e fois ne servirait à rien. La seule solution était de sortir complètement du système.
"Il est temps de reprendre le contrôle" : qu'est-ce que cela signifiait concrètement ?
Cette phrase de septembre 2020 - "Il est temps de reprendre le contrôle" - était l'annonce de la décision finale. Mais qu'est-ce que "reprendre le contrôle" signifiait exactement ?
Reprendre le contrôle de mon temps : Ne plus subir les horaires imposés, les réunions inutiles, les interruptions constantes. Décider moi-même de mon emploi du temps.
Reprendre le contrôle de mes priorités : Ne plus être forcé de travailler sur les priorités d'autrui. Choisir mes projets selon mes intérêts et valeurs.
Reprendre le contrôle de mon stress : Ne plus avoir d'insomnies pour des "problèmes qui m'étaient étrangers". Ne plus porter le stress d'un business qui n'est pas le mien.
Reprendre le contrôle de ma vie : Ne plus avoir "pour lien qu'un simple contrat de travail... juste une signature au fond d'une page A4" qui dicte 40-60h de ma semaine.
En septembre 2020, cette "reprise de contrôle" était encore théorique. Une année plus tard, elle est devenue réelle. Et depuis, elle est permanente.
"Ce n'était pas mon business. Ce n'étaient pas mes problèmes" :
Cette observation de septembre 2020 touchait au cœur de l'aliénation salariale. Pendant 23 ans, j'ai porté le stress de businesses qui ne m'appartenaient pas, résolu des problèmes qui n'étaient pas les miens, perdu le sommeil pour des enjeux qui m'étaient étrangers.
Pourquoi cette situation est-elle "particulièrement perverse" comme je l'écrivais ? Parce que le patronat obtient non seulement votre travail (ce qui est le deal explicite du contrat), mais aussi votre santé mentale, votre sommeil, vos week-ends anxieux, vos nuits d'insomnie. Vous payez un prix psychologique énorme pour un business dont vous ne recevez qu'un salaire fixe, sans participation aux profits que votre stress a contribué à générer.
Depuis 2021, cette perversion a disparu de ma vie. Je ne porte plus aucun stress pour le business d'autrui. Si je travaille sur un projet, c'est le mien avec MES priorités et MES décisions.
Cette restauration de l'alignement entre effort et bénéfice est probablement l'aspect le plus libérateur de FIRE. Plus de dissociation schizophrénique entre "ce qui m'importe" et "ce sur quoi je dois travailler".
La "reprise de contrôle" a-t-elle fonctionné ?
Septembre 2020 concluait : "Il est temps de reprendre le contrôle." Août 2021 : démission. Janvier 2026 : 4+ ans après la démission. La reprise de contrôle a-t-elle fonctionné ?
Totalement. Depuis août 2021, j'ai effectivement repris le contrôle sur tous les aspects de ma vie professionnelle et personnelle :
- Temps : Aucune heure imposée, aucune réunion obligatoire, aucun délai arbitraire
- Priorités : Travail uniquement sur des projets qui m'intéressent
- Stress : Zéro insomnie liée au travail depuis août 2021, sommeil serein retrouvé
- Relations : Choix total de mes interactions, aucune relation professionnelle toxique forcée
- Géographie : Liberté totale de vivre où je veux, voyager quand je veux
Cette reprise de contrôle n'est pas partielle ou temporaire. Elle est totale et permanente. C'est exactement ce que j'anticipais en septembre 2020 quand j'écrivais "Il est temps".
Le message pour les lecteurs :
Les leçons de septembre 2020 :
- Si vous avez changé d'employeur 3+ fois et que c'est toujours pareil, le problème est structurel : Six employeurs, tous pareils. Après 3-4 changements infructueux, arrêtez de chercher "l'employeur miracle". Il n'existe pas. Le problème est le salariat, pas l'employeur spécifique.
- L'illusion des premiers mois est un piège : Chaque nouvel emploi semble prometteur pendant 3-6 mois, puis la désillusion arrive. Ne confondez pas la lune de miel temporaire avec une amélioration durable. Le cycle se répétera indéfiniment si vous restez dans le salariat.
- Un bilan "très largement négatif" justifie la sortie : Si après 20+ ans de carrière, votre bilan honnête est négatif (stress > satisfaction), vous avez toutes les raisons de construire une sortie. Ne vous laissez pas culpabiliser par la société qui dit "sois reconnaissant d'avoir un emploi".
- Porter le stress du business d'autrui est une aliénation profonde : Insomnies pour des problèmes qui ne sont pas les vôtres, stress pour un business dont vous ne possédez aucune part - c'est de l'exploitation psychologique. FIRE met fin à cette dissociation.
- "Il est temps" signifie vraiment il est temps : Si vous ressentez clairement qu'il est temps de reprendre le contrôle, c'est probablement vrai. Faites les calculs, vérifiez que vous êtes financièrement prêt, puis agissez. Ne restez pas en mode "encore 5 ans" indéfiniment si vous êtes déjà prêt.
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« Non seulement le patronat aliène notre travail, mais en plus il nous délègue ses soucis. »
Tellement vrai !
C’est incroyable les choses sur lesquelles on prend conscience quand on se rend compte qu’on vit une course de rats… détestable !