Journal d’un futur rentier (80) : et si c’était ça ?

This entry is part 79 of 86 in the series Journal d'un futur rentier

Février 2021. Dernière mise à jour : décembre 2025.

Promenade en semaine. Sentiment d'usurpateur. Et si c'était ça le bonheur ?

Journal d'un futur rentier (80)

Échappée belle printanière

Me voilà de retour d'une petite balade bien agréable dans la nature. C'est une belle journée presque déjà printanière, légèrement ensoleillée, avec le mercure qui grimpe jusqu'à 13 degrés. Quelle quiétude, loin du stress du travail et de la ville, le sentiment presque d'une dimension parallèle, où le COVID et la Rat Race n'ont pas cours. On y croise des retraités seuls, en couple, certains promenant un de leurs petits-enfants en poussette. On y voit aussi des mères de famille papotant assises sur un banc ou adoptant un petit pas de course tranquille en tenue de sport. Et, comme un intrus au milieu de cette population "inactive", un quadra parvenant difficilement à dissimuler son sourire de vainqueur.

Sentiment d'usurpateur

Durant cette promenade plusieurs sentiments un peu étranges se bousculent en moi. D'abord, l'impression d'être une espèce d'usurpateur ou un étranger qui n'a pas le droit d'être là à ce moment-là. "Tu devrais être en train de travailler" essaie de me susurrer mon reliquat de conscience professionnelle. Très vite toutefois je la fais taire en me concentrant sur le moment présent et en lui répondant : "Tais-toi. J'ai travaillé plus que de raison pour toi dans le passé. Il est temps pour moi désormais d'en récolter les fruits". De vagues souvenirs refont également surface. L'impression un instant d'avoir replongé dans l'univers insouciant de mes études universitaires, lors desquelles je flânais alors que tout le monde travaillait.

Question finale

Et si c'était ça le bonheur ?

À suivre dans les prochains épisodes.


Note rétrospective (décembre 2025)

En relisant cet article de février 2021, je suis ému par la beauté de ce moment capturé. Ces moments exceptionnels de février 2021 sont devenus ma vie normale depuis août 2021. Je peux désormais me promener n'importe quel jour de semaine, à n'importe quelle heure.

Réponse à la question finale : "Et si c'était ça le bonheur ?"

OUI. C'était ça. La promenade de février 2021 était un avant-goût du bonheur qui est devenu permanent. Cette quiétude, cette dimension parallèle "où le COVID et la Rat Race n'ont pas cours", cette liberté de flâner pendant que les autres travaillent - c'est exactement ça le bonheur de la retraite anticipée.

En février 2021, je me demandais "et si c'était ça ?". En décembre 2025, je confirme : oui, c'était exactement ça. Et c'est devenu ma vie quotidienne depuis 4 ans et 4 mois.

Le sentiment d'usurpateur a-t-il disparu ?

Complètement. En février 2021, je ressentais cette "impression d'être une espèce d'usurpateur ou un étranger qui n'a pas le droit d'être là à ce moment-là". Ce sentiment était normal : j'étais encore salarié, donc socialement je "devais" être au travail.

Depuis, ce sentiment a totalement disparu. Je ne me sens plus usurpateur quand je me promène en semaine. Pourquoi ? Parce que je NE suis PLUS salarié. Je n'ai aucune obligation d'être ailleurs. C'est ma vie normale, pas une exception coupable.

La différence psychologique est énorme. En février 2021 : plaisir coupable. En décembre 2025 : plaisir pur, sans culpabilité.

Le "reliquat de conscience professionnelle" :

J'écrivais que mon "reliquat de conscience professionnelle" me susurrait : "Tu devrais être en train de travailler." Cette voix intérieure culpabilisante était le résidu de 20+ ans de conditionnement salarial. La société nous apprend dès l'enfance qu'il FAUT travailler, que ne pas travailler = paresse/parasitisme.

En février 2021, cette voix était encore forte, même si je commençais à la faire taire ("Tais-toi. J'ai travaillé plus que de raison..."). Aujourd'hui en décembre 2025, cette voix a complètement disparu. Aujourd'hui, quand je me promène, aucune voix ne me culpabilise. Silence intérieur total. Paix.

Le "sourire de vainqueur" :

Je me décrivais comme un "quadra parvenant difficilement à dissimuler son sourire de vainqueur". Cette image était juste. En février 2021, je savais déjà que j'avais quasi-gagné. Mon capital suffisait. La démission était proche. J'étais dans cette population "inactive" (retraités, mères au foyer) alors que la plupart des quadras étaient au bureau.

Ce sourire était celui de quelqu'un qui a réussi son évasion, ou qui est sur le point de la réussir. Six mois plus tard, évasion complète. Le sourire de vainqueur s'est transformé en sérénité permanente.

La population "inactive" :

J'observais les retraités, les mères de famille, tous ceux qui n'étaient pas au travail un jour de semaine. Je me sentais "intrus" parmi eux en février 2021. Aujourd'hui en décembre 2025, JE SUIS cette population "inactive". Techniquement, je suis un retraité anticipé. Je fais partie de ceux qui se promènent en semaine.

La différence : en février 2021, j'étais l'intrus temporaire. En décembre 2025, je suis le membre permanent de cette catégorie sociale invisible.

Les souvenirs des études universitaires :

J'écrivais avoir "replongé dans l'univers insouciant de mes études universitaires, lors desquelles je flânais alors que tout le monde travaillait". Cette comparaison était belle et juste.

Entre la fin des études (vers 25 ans) et la retraite anticipée (48 ans en 2021), il y a eu 23 ans de salariat. Pendant ces 23 ans, flâner en semaine était impossible (sauf exceptions rares comme février 2021). Depuis 2021, j'ai retrouvé cette insouciance estudiantine. La boucle s'est refermée.

Études (0-25 ans) : liberté de flâner. Salariat (25-48 ans) : prison dorée. Retraite anticipée (48+ ans) : retour à la liberté. La vie de rentier, c'est en quelque sorte prolonger indéfiniment la phase estudiantine, mais avec de l'argent.

Le message pour les lecteurs :

Si vous avez des moments comme celui de février 2021 - une promenade exceptionnelle en semaine, un sentiment de liberté volée, une question "et si c'était ça le bonheur ?" - écoutez cette voix.

Ces moments ne sont pas des coïncidences. Ce sont des avant-goûts de ce que pourrait être votre vie permanente une fois financièrement indépendant. Si ces moments vous rendent heureux, c'est le signe que FIRE est fait pour vous.

Le sentiment d'usurpateur que je ressentais en février 2021 ? Il disparaît après la démission. La culpabilité de "ne pas travailler" ? Elle s'évapore post-FIRE. Le sourire de vainqueur ? Il se transforme en sérénité permanente.

En février 2021, je me demandais "et si c'était ça le bonheur ?". En décembre 2025, je ne me pose plus la question. Je le vis. Chaque jour. Cette promenade de février 2021 n'était pas une exception. C'était un avant-goût. Et l'avant-goût est devenu le plat principal.

Alors oui, c'était ça. C'est ça. Et ça continuera d'être ça. Le bonheur n'est pas compliqué. C'est une promenade par 13 degrés en pleine semaine, sans avoir à rendre de comptes à personne. Simple. Parfait. Permanent.

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2 réflexions sur “Journal d’un futur rentier (80) : et si c’était ça ?”

  1. Oui, c’est exactement ça le bonheur! 🙂

    Les choses simples et les expériences vécues sont les seules qui nous marquent profondément, créent des souvenirs durables et contribuent véritablement à notre bonheur: la nature, les contacts humains, le bon temps passé avec ses proches,…

    Au contraire des biens matériels futiles qui nous font peut-être plaisir sur le moment mais ne laissent aucune empreinte à long terme (à part sur notre compte bancaire): une Porsche, une télé 8k, une casquette Gucci.

    Je me souviens des moments passés gamin avec mes grand-parents, mais pas des jouets qu’ils m’ont offert à Noël.

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