Dernière mise à jour : mars 2026
Banque ou broker, quand on veut investir sur les marchés financiers, on a aujourd'hui l'embarras du choix. Les paramètres à prendre en compte sont si nombreux que la décision finale peut s'avérer complexe. La plupart du temps, les particuliers se focalisent sur les frais de courtage, qui sont aussi l'argument numéro un mis en avant par de nombreux organismes financiers.

Que vous soyez débutant avec quelques milliers de francs ou investisseur confirmé gérant un portefeuille à six chiffres, le choix de votre intermédiaire financier aura un impact direct sur vos rendements nets. Entre frais de courtage, frais de garde et qualité d'exécution, les écarts peuvent représenter plusieurs milliers de francs par an. Cet article compare en détail les principales options disponibles en Suisse en 2026, sur la base de mon expérience depuis 2000.
Quand on débute, avec peu de fortune, on souhaite que les frais des transactions demeurent raisonnables par rapport aux sommes engagées. Cela fait sens. Néanmoins, lorsque le capital commence à grandir, on peut vite être surpris par des frais de garde qui s'envolent chez certains établissements. Comme ces derniers facturent également des frais de transfert de titres rédhibitoires, on devient captif du système. L'une des seules solutions est alors de vendre peu à peu ses positions et de transférer le cash une fois le portefeuille entièrement liquidé.
Pour cette raison, il convient de prendre en compte l'ensemble des paramètres importants avant d'ouvrir un dépôt de titres. Il faut penser non seulement au contexte et aux besoins immédiats, mais également à l'avenir : un portefeuille qui prend de l'ampleur, l'atteinte de la phase de retrait et la nécessité de prélever de l'argent sur son compte.
Les points importants à prendre en compte avant d'ouvrir un dépôt
Voici les critères les plus importants à examiner lors de votre choix :
- Frais de courtage (y compris droit de timbre) : les banques et brokers suisses ont un désavantage structurel, car ils doivent vous facturer entre 0.15% et 0.30% de droit de timbre par transaction.
- Frais de garde : déterminants pour les portefeuilles importants, donc à terme dans la quasi-totalité des cas.
- Frais de transfert de titres : plus ils sont élevés, plus vous êtes captif de votre établissement.
- Dépôts et retraits de cash : les dépôts sont normalement gratuits ; vérifiez les conditions de retrait, les délais d'exécution et la disponibilité d'un IBAN suisse pour les brokers étrangers.
- Marchés disponibles : il est primordial d'accéder aux pays développés (USA, Canada, Suisse, France, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Portugal…). Le Japon est souvent absent, alors que Tokyo est la deuxième place boursière mondiale — on y trouve une multitude de titres sous-valorisés depuis l'éclatement de la bulle dans les années 1990.
- Passation des ordres : les ordres sont-ils exécutés de manière simple, fiable, à bon prix et rapidement ? Les économies réalisées sur les frais de courtage peuvent vite disparaître si l'exécution laisse à désirer.
- Devises étrangères : des comptes multi-devises évitent les frais de change lors du négoce et du versement des dividendes étrangers. Vérifiez les spreads.
- Déclaration fiscale : un relevé fiscal simplifie les formalités annuelles. Très utile pour les dividendes étrangers. Cette option peut être onéreuse selon les établissements.
- Sécurité du patrimoine : solidité de l'établissement, garanties en cas de faillite (titres et cash), protection du compte utilisateur.
- Interface utilisateur : ergonomie, intuitivité, rapidité, disponibilité d'une application mobile.
Attention : les intermédiaires financiers peuvent modifier leurs conditions en cours de route, ce qui peut être problématique si vous êtes captif (frais élevés de transfert de titres).
Tableau comparatif rapide (2026)
| Broker | Frais courtage | Frais garde/an | Marchés | Pour qui ? |
|---|---|---|---|---|
| Interactive Brokers | Très bas | 0 CHF | Mondial | Tous profils |
| Charles Schwab | 0 USD (USA) | 0 USD | USA uniquement* | Complément IB |
| Saxo Bank | Bas | 0 CHF | Mondial | Tous profils |
| Cornèrtrader | Moyens | Appliqués (depuis 2026) | Mondial | Buy & Hold |
| Postfinance | Élevés | 90 CHF/an | Mondial | Buy & Hold |
* Charles Schwab est disponible pour les résidents suisses, mais pas pour la plupart des pays européens dont la France.
Utiliser les forces de chacun et diversifier les risques
Il est rare qu'une banque ou un broker soit excellent sur tous les tableaux. Il est souvent utile et nécessaire d'avoir recours à plusieurs organismes financiers. Chez l'un, on prendra par exemple de grosses positions en buy & hold parce que les frais de transaction sont élevés mais les frais de garde très bas. Chez un autre, on traitera des positions plus petites à plus brève échéance parce que les frais de transaction sont très bas. C'est aussi une bonne approche pour diversifier le risque de contrepartie.
Comparatif banques et brokers
Moneyland fournit un comparatif bien fourni des banques et courtiers en ligne suisses. C'est un bon point de départ pour un premier choix. Cela étant dit, ce site fait abstraction de plateformes internationales comme Interactive Brokers, dont les tarifs sont sans commune mesure avec leurs concurrents helvétiques.
De plus, Moneyland se concentre essentiellement sur les frais. Ceux-ci sont évidemment importants, mais il y a aussi des frais cachés non abordés dans ce comparatif, comme les coûts engendrés par les conversions de devises. La qualité de l'intermédiaire et la palette de marchés disponibles doivent également être pris en compte.
Analyser sur le papier, c'est bien, mais expérimenter, c'est mieux. Parfois, une plateforme coche toutes les cases a priori et se révèle décevante une fois utilisée. D'autres fois, on découvre des défauts ou des frais cachés après plusieurs mois d'utilisation seulement.
Ma sélection de brokers et banques
J'ai acheté ma première action en bourse en 2000. Depuis lors, j'ai transité par plusieurs intermédiaires financiers. Je vous livre ci-dessous mes expériences avec chacun d'entre eux, triés du meilleur au moins bon.

Interactive Brokers
IB, c'est la Rolls Royce des brokers au prix d'une Dacia. Les tarifs sont imbattables. On peut traiter des positions de dizaines de milliers de francs pour quelques centimes.
Il existe deux systèmes de commissions : un fixe, un autre dégressif. On peut passer très facilement de l'un à l'autre. Cela vaut la peine de faire quelques tests, car il n'y a pas de choix universel — cela dépend de la quantité d'actions traitées et des marchés ciblés. J'ai personnellement balancé entre les deux plusieurs fois. Je suis actuellement revenu au système fixe, plus transparent et souvent plus avantageux pour mon usage. Dans tous les cas, quelle que soit l'option choisie, vous resterez à des années-lumière de la concurrence (Charles Schwab mis à part pour les titres US). Comme c'est un broker étranger, aucun droit de timbre ne s'applique lors des transactions, ce qui représente une économie de 0.15% à 0.30% à chaque opération par rapport à un homologue helvétique.
À noter également qu'IB propose une option d'amélioration du rendement des actions. On peut ainsi recevoir un revenu supplémentaire en échange de la mise en prêt de ses titres. Je préfère personnellement que mes titres restent bien au chaud dans mon portefeuille, plutôt qu'ils soient utilisés pour de la vente à découvert.
Les ordres sont exécutés de manière hyper fiable, rapidement et à un cours toujours avantageux, même en cas d'ordre au marché (pour autant que le titre soit suffisamment liquide). IB propose une palette très large de types d'ordres, y compris des ordres algos — aucun autre broker n'offre un choix aussi étendu. Mes ordres sont systématiquement passés nettement plus avantageusement que sur les autres plateformes, non seulement grâce aux frais minimaux, mais aussi grâce à une meilleure exécution au cours.
IB ouvre automatiquement une ligne cash dans une autre devise dès que nécessaire — réception d'un dividende, vente d'un titre, ou simple conversion. Cela évite des frais de change inutiles. Et si un change reste inévitable, IB est archi-concurrentiel sur les frais et spreads.
Il n'y a pas de frais de garde chez IB. À l'époque, ils facturaient des frais modiques pour les comptes très peu actifs, mais même cela a été supprimé.
Les dépôts sont gratuits et s'effectuent directement sur un IBAN suisse, très rapidement — généralement un jour ouvrable, parfois dans l'heure suivant le virement. Le facteur limitant n'est pas IB mais la banque expéditrice. Les retraits sont gratuits une fois par mois, ce qui est largement suffisant, même en phase de rentier.
Le gros atout d'IB, c'est la palette de marchés et d'instruments disponibles. C'est le seul intermédiaire chez qui je trouve systématiquement tous les titres japonais recherchés. Le choix ne s'arrête pas aux actions : ETFs, obligations, contrats à terme, devises, options — tout y est.
Pour les aspects fiscaux, IB offre gratuitement une palette de rapports paramétrables. J'ai établi mes formulaires selon cette procédure, et le fisc les a toujours acceptés.
En matière de sécurité : authentification à deux facteurs, excellente réputation, solidité financière et répartition des avoirs auprès de plusieurs banques. Les dépôts sont garantis par la SIPC jusqu'à 500'000 USD, dont 250'000 en cash. Dans tous les cas, comme en Suisse, les titres appartiennent au client et ne sont pas touchés en cas de faillite du broker. Cette garantie ne s'applique donc qu'en cas de fraude. Si vous vivez en couple, vous pouvez cumuler cette protection en ouvrant un compte pour votre partenaire et un compte joint, soit 1'500'000 USD chez IB seul.
Au niveau de l'interface, on peut s'en tenir à la page web de base, simple et conviviale, ou utiliser la Trader Workstation bien plus élaborée. J'utilise personnellement l'application mobile, également facile d'accès. Il y en a pour tous les goûts.
Le support client répond généralement assez rapidement et de manière complète. Certains clients se sont plaints de délais, mais de mon côté, je n'ai rien à redire.
Exemple concret : achat de 5'000 CHF d'actions US chez IB coûte environ 1 CHF de commission. La même transaction chez Postfinance dépasse 40 CHF. Sur dix transactions annuelles, c'est près de 400 CHF d'économie — avant même de compter le droit de timbre.
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Charles Schwab
Charles Schwab possède une interface sobre et bien conçue, tant sur mobile que sur desktop. Tout est clair, facile à trouver, sans fioritures. Derrière cette simplicité apparente se cache pourtant un service de trading de haut niveau. L'application disponible sur Android et sur iOS suit la même philosophie : simple, rapide, efficace.
Le compte fonctionne exclusivement en dollars. Schwab propose certes un IBAN suisse pour les virements en CHF et un IBAN allemand pour l'euro, mais les frais de change automatiques avoisinent 1% jusqu'à 100'000 USD — ce qui refroidit rapidement. La solution optimale est simple : convertissez vos CHF en USD chez IB à des frais dérisoires, puis transférez les dollars vers Schwab. Comme les deux sont américains, le transfert ne prend que quelques heures. Depuis IB, un virement est gratuit par mois ; dans l'autre sens, trois retraits sont gratuits par trimestre.

Sur les actions et ETFs américains, les ordres sont hyper fiables, rapides, exécutés de manière avantageuse… et totalement gratuits. Aucun frais de garde, aucun frais d'inactivité. Comme IB, l'absence de droit de timbre représente une économie de 0.15% à 0.30% par transaction par rapport à un broker helvétique.
Notons également le réinvestissement automatique des dividendes, activable très facilement pour chaque position à l'achat ou directement depuis le portefeuille.
En revanche, et c'est le seul gros manquement par rapport à IB, l'offre se limite aux instruments financiers américains. C'est pourquoi Charles Schwab n'est pas une alternative à IB, c'est un complément. Pour l'international (hors USA), IB reste indispensable. À noter que Schwab est accessible aux résidents suisses, mais pas depuis la France ni plusieurs autres pays européens.
💡 Un petit truc en passant : si on veut conserver une position cash temporaire en CHF chez Schwab, on peut acheter l'ETF FXF qui réplique le franc suisse.
Du point de vue sécuritaire, authentification à deux facteurs, 50 ans d'histoire et une solide réputation. Les avoirs sont garantis par la SIPC jusqu'à 500'000 USD, cumulables avec d'autres comptes (joint, conjoint, et comptes auprès d'autres établissements comme IB). Au total, la protection peut atteindre 3'000'000 USD en combinant IB et Schwab.
Le service client, joignable par chat, est réactif et très professionnel. Il opère principalement en anglais, mais des traducteurs peuvent être mobilisés si nécessaire.
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Saxo Bank
Dans le passé, Saxo Bank cumulait des frais de garde et des frais d'inactivité, ce qui rendait leur offre totalement dissuasive. Depuis leur refonte tarifaire de 2024, c'est devenu un broker très intéressant pour la Suisse. L'interface est conviviale, intuitive et complète sans être surchargée. La prise en main est rapide. L'application mobile est également bien conçue.
Les frais de courtage figurent parmi les plus bas de Suisse — inférieurs à Cornèrtrader — et peuvent devenir particulièrement attractifs à mesure que le capital déposé chez Saxo augmente. Les frais d'inactivité ont été supprimés. Les frais de change sont tout à fait corrects par rapport à ce qui se pratique habituellement en Suisse.
Un gros atout de Saxo : son large choix de titres, y compris japonais. C'est, à ma connaissance, le seul broker helvétique à le proposer avec Swissquote (mais ce dernier est beaucoup plus cher). Il est par ailleurs possible d'y traiter des ETFs américains, ce qui est impossible auprès de la plupart des établissements suisses. Un relevé fiscal électronique est disponible gratuitement.
Du point de vue sécuritaire : authentification à deux facteurs, rentabilité avérée et présence sur le marché depuis 1992. Les avoirs en cash sont garantis à hauteur de 100'000 CHF ; les titres appartiennent au client et sont soustraits de la masse des actifs en cas de faillite.
Un bémol cependant, et pas des moindres : le service client. Il est pratiquement impossible de les joindre. Le chat passe par un bot qui répond à côté de la plaque ; demander un conseiller humain débouche sur une longue attente sans résultat. Idem par téléphone ou email. On finit bon gré mal gré par se débrouiller seul — contrairement à Cornèrtrader, dont le service client est irréprochable.
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Cornèrtrader
Cornèrtrader a revu sa politique tarifaire, certainement sous l'effet de la concurrence accrue de Saxo. Les frais restent légèrement supérieurs à ceux de Saxo, mais demeurent très intéressants par rapport aux standards suisses, surtout sur les gros capitaux. En revanche, depuis 2026, Corner applique des frais de garde proportionnels au capital investi — une décision étonnante, à contre-courant de la tendance du marché.
Les frais de change sont bas, ce qui est appréciable pour les titres étrangers. En revanche, comme pour tout établissement helvétique, le droit de timbre s'applique (0.15% à 0.30%).
Les ordres en bourse sont très bien exécutés. Cela ne vaut pas IB ou Charles Schwab, mais je n'ai jamais eu de mauvaises expériences — contrairement à Degiro.
L'offre de marchés est mondiale mais nettement moins large que celle d'IB. Cornèrtrader annonce couvrir le marché japonais, mais en pratique seules certaines grandes capitalisations sont disponibles.
Un relevé fiscal est disponible pour seulement 20 francs. Les avoirs en cash sont garantis à hauteur de 100'000 CHF ; les titres sont la propriété du client.
Et c'est un vrai gros plus de Corner : son service client. Toujours au top, à l'écoute, disponible — le contraire de Saxo.
L'interface desktop est complète, peut-être un peu chargée pour des besoins basiques. L'application mobile a fait l'objet d'une récente mise à jour, mais reste encore un peu brouillonne.
Degiro
J'ai ouvert un compte chez Degiro attiré par les tarifs mis en avant et la possibilité de traiter des titres japonais. Mes premières impressions ont été mitigées, et l'expérience de plusieurs mois n'a pas correspondu aux nombreuses évaluations positives que je lisais.
L'interface utilisateur est fonctionnelle mais projette l'image d'un outil bricolé rapidement, tant en esthétique qu'en convivialité. On s'y perd parfois.
Au niveau des frais, malgré la communication autour du "zéro commission", les coûts tout compris restent supérieurs à ceux d'IB. Ils demeurent corrects par rapport aux standards suisses, et l'absence de droit de timbre est un avantage réel (économie de 0.15% à 0.30% par transaction).
En revanche, la passation des ordres est problématique. J'ai expérimenté de nombreux blocages lors des exécutions. Ces entraves font perdre du temps et de la confiance — même si, lorsque l'ordre passe, l'exécution au cours reste dans l'ensemble correcte, quoiqu'inférieure à IB ou Schwab.
Il n'y a pas de frais de garde ni de frais sur les dépôts et retraits. Degiro possède un IBAN suisse. Les délais de transfert sont un peu plus longs que chez IB (compter 2 jours ouvrables).
Un point important : les nouveaux clients n'ont plus le choix du type de compte — les titres peuvent d'office être prêtés. L'ancienne option "compte de dépôt" qui préservait les titres du prêt n'est plus disponible.
Parmi les autres points décevants : l'impossibilité de traiter de nombreuses valeurs, notamment les ETFs américains et certaines small caps japonaises. C'est éliminatoire pour une approche internationale. L'absence de comptes en devises par défaut implique des frais de change à chaque transaction en monnaie étrangère (contournable en passant les changes en manuel dans les paramètres).
La gestion des rapports fiscaux est facile. La sécurité informatique est correcte (authentification à deux facteurs). La sécurité financière est en revanche moins rassurante : les avoirs cash sont garantis à hauteur de 100'000 euros, et les titres sont ségrégués dans une entité distincte (SPV) — mais si cette entité rencontrait des difficultés, la garantie ne couvrirait que 20'000 euros. Les exemples de Lehman Brothers ou Crédit Suisse rappellent l'importance des garanties adéquates.
J'ai clôturé tous mes comptes Degiro. Pour les raisons évoquées ci-dessus, je ne le recommande pas.
Postfinance
Postfinance a été mon troisième intermédiaire financier pour investir en bourse, après Direct Net et e-sider. C'est le seul des trois que j'utilise encore aujourd'hui, principalement pour du buy & hold très long terme.
Les frais de garde s'élèvent à 90 CHF/an, récupérables sous forme de crédits de trading. Cela reste correct. Ce qui l'est moins, ce sont les frais de courtage, particulièrement élevés malgré les efforts consentis ces dernières années. Un bonus allant jusqu'à 20% en fonction du nombre d'opérations est possible, mais les coûts demeurent élevés pour un usage actif. À éviter si vous transigez régulièrement.
L'exécution des ordres laisse à désirer, que ce soit sur les ordres au marché ou les ordres limite. Entre les frais et l'écart de prix, les coûts totaux peuvent faire mal — raison de plus pour limiter Postfinance au buy & hold strict.
Les dépôts et retraits d'argent sont gratuits. Les marchés disponibles couvrent l'essentiel des places mondiales, mais sans valeurs japonaises. Les comptes en devises majeures sont ouverts automatiquement ; pour d'autres devises, tout transite par le CHF avec des frais de change peu avantageux.
Un relevé fiscal très bien fait est disponible pour 100 CHF. Sécurité sans faille : filiale de la Poste Suisse, appartenant à la Confédération. Avoirs cash garantis à 100'000 CHF ; titres ségrégués.
L'interface est correcte mais manque de cohérence entre la partie paiements et la partie trading. Postfinance a la fâcheuse tendance à modifier fréquemment son interface, ce qui peut vite devenir pénible.
Autres brokers et banques
Swissquote
- Broker historique reconnu en Suisse.
- Large choix de valeurs japonaises, y compris des microcaps.
- Frais de courtage dissuasifs, parfois supérieurs à ceux de Postfinance.
UBS
- Banque globale de très gros calibre.
- Difficile de faire plus cher sur tous les frais : à éviter pour l'investissement en bourse.
La taxation des dividendes
"En ce monde rien n'est certain, à part la mort et les impôts." (Benjamin Franklin)
Ne vous cassez pas trop la tête avec des plans fiscaux complexes pour éviter les taxes sur les dividendes. Le seul vrai moyen de les éviter, c'est d'éviter les dividendes et de vous concentrer sur les plus-values (non taxées en Suisse).
Si vous avez un compte auprès d'un broker étranger, vous constaterez qu'il n'y a pas d'impôt à la source helvétique sur les dividendes. Pour les titres US, vous n'aurez qu'un prélèvement de 15% au lieu des 30% ponctionnés via un broker suisse. Mais — si vous faites les choses dans les règles — vous devrez déclarer ces revenus dans votre taxation annuelle. En définitive : c'est bonnet blanc, blanc bonnet.
Pour le droit de timbre en revanche, la situation est différente : passer par un broker étranger représente un vrai avantage financier à chaque transaction.
Quelle plateforme selon votre profil ?
Le débutant (moins de 10'000 CHF)
Recommandation : Interactive Brokers. Pas de frais de garde, frais de transaction minimaux. Idéal pour apprendre sans se ruiner en frais dès le départ.
L'investisseur actif ou avec un capital plus important
Recommandation : Interactive Brokers + Charles Schwab. IB pour l'international, Schwab pour les titres US (0 frais de transaction). L'exécution rapide et les coûts bas sont cruciaux quand on multiplie les opérations. La protection SIPC est cumulable jusqu'à 3'000'000 USD avec les comptes multiples.
L'investisseur préférant un établissement suisse
Recommandation : Saxo Bank ou Cornèrtrader. Si vous tenez à un établissement local pour le service et la proximité. Attention au droit de timbre, inévitable chez tout broker helvétique.
➡️ Mon conseil : quand votre capital commence à grandir, répartissez vos avoirs sur plusieurs intermédiaires. Utilisez les forces de chacun en fonction de vos stratégies d'investissement.
Conclusion et recommandations 2026
Le paysage des brokers en Suisse s'est nettement amélioré avec l'évolution de Saxo et de Cornèrtrader. Toutefois, si vous êtes prêt à passer par un broker international, Interactive Brokers reste incontestablement le meilleur choix, tous profils confondus. Les économies réalisées sur 25 ans d'investissement peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de francs.
Récapitulatif selon votre situation :
- Débutant ou petit portefeuille : IB uniquement.
- Investisseur actif ou capital plus important : IB + Charles Schwab.
- Préférence pour un broker suisse : Saxo ou Cornèrtrader selon vos priorités.
- Très gros portefeuille : IB + Schwab + Saxo et/ou Cornèrtrader pour la diversification maximale du risque de contrepartie.
Le droit de timbre suisse (0.30% par transaction) reste un handicap majeur qui doit vous faire réfléchir avant de surpondérer les brokers locaux. Privilégiez une diversification internationale de vos intermédiaires financiers.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur broker pour débuter en Suisse ?
Interactive Brokers est idéal pour débuter : pas de frais de garde, frais de transaction parmi les plus bas du marché, accès à 150 marchés mondiaux. Sans capital minimum, vous pouvez démarrer avec quelques milliers de francs et faire évoluer votre stratégie sans jamais changer de plateforme.
Faut-il choisir une banque suisse ou un broker étranger ?
Un broker étranger comme Interactive Brokers ou Charles Schwab offre des frais nettement inférieurs et, surtout, vous exonère du droit de timbre suisse (0.30% par transaction). Sur un portefeuille actif à six chiffres, l'économie annuelle peut dépasser plusieurs milliers de francs. Les brokers suisses gardent néanmoins un avantage pour les investisseurs souhaitant la proximité et la régulation FINMA.
Comment sont protégés mes titres en cas de faillite d'un broker ?
En Suisse, les titres sont ségrégués (hors masse de faillite) et les avoirs cash garantis à hauteur de 100'000 CHF. Chez Interactive Brokers et Charles Schwab, les titres sont également ségrégués, et la protection SIPC couvre jusqu'à 500'000 USD (dont 250'000 en cash) par compte. Cette garantie est cumulable : compte individuel, compte conjoint et compte partenaire, chez IB et chez Schwab, permettent d'atteindre jusqu'à 3'000'000 USD de protection.
Peut-on avoir plusieurs comptes chez différents brokers ?
Oui, et c'est même recommandé. Utiliser les forces de chacun — IB pour l'international, Schwab pour les titres US gratuits, un broker suisse pour du buy & hold local — permet d'optimiser les coûts par zone géographique tout en diversifiant le risque de contrepartie. C'est la stratégie que j'applique depuis plusieurs années.
Quel est l'impact du droit de timbre suisse sur les performances ?
Le droit de timbre représente 0.15% à l'achat et 0.15% à la vente de titres suisses (0.30% total) ; il double pour les titres étrangers. Sur 10'000 CHF investis en actions étrangères via un broker suisse, cela représente 60 CHF de taxe par aller-retour — avant même le courtage. Sur des dizaines de transactions et plusieurs années, l'impact sur la performance nette devient significatif. Les brokers américains comme IB et Schwab en sont totalement exemptés.
Sources et données
- Interactive Brokers Commission Schedule, interactivebrokers.com, 2026
- Charles Schwab Pricing Guide, schwab.com, 2026
- Saxo Bank Switzerland — Tarifs et conditions, home.saxo, 2026
- Cornèrtrader — Tarifs, cornertrader.ch, 2026
- Postfinance e-trading — Tarifs, postfinance.ch, 2026
- Moneyland — Comparatif courtiers en ligne Suisse, moneyland.ch, 2026
- Administration fédérale des contributions — Droit de timbre sur les transactions, estv.admin.ch
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Les frais et conditions peuvent évoluer. Vérifiez toujours les conditions actuelles sur les sites officiels des courtiers.
En savoir plus sur dividendes
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Bonjour Jérôme, très intéressant ton comparatif ! Je suis aussi arrivé aux mêmes conclusions. De mon côté en Buy & Hold, j’étais d’abord (en France) sur BourseDirect qui avait des frais avantageux / autres courtiers, mais depuis que je suis en Suisse, je suis passé chez IBKR et DEGIRO.
Que veux-tu dire par action/ETF sans dividende, il y en a toujours un peu?
De mon côté, je verse chaque mois pour les enfants sur l’ETF VWRL de DEGIRO, j’ai pas regardé ce qu’il se passe sur le dividende de cet ETF… DEGIRO représente une petite partie de mes avoirs dans un soucis de diversification…
Mais le gros de mes avoirs mis en bourse restent sur IBKR… il faut donc que je commence à me préparer à aller voir la concurrence, mais pourquoi pas en profiter comme toi pour tester FLowBank !! (dur dur quand on a commencé chez le meilleur de la classe!!)
Salut Sébastien, merci pour ton commentaire. Non il n’y a pas toujours des dividendes. Dans les ETFs par exemple, AUCHAH et DBC ne paient pas de distributions. Dans les actions il y en a pas mal aussi. C’est surtout le cas avec les technos (comme Netflix et Amazon), mais il y a pas mal de petites entreprises qui n’en paient pas non plus. Il y a même des plus grosses entreprises « value » qui n’en paient pas, le plus fameux exemple étant Berkshire Hathaway.
Si tu n’as pas de compte « custody » chez DG, tu n’as pas ce souci, mais comme je l’ai mentionné, ils prêtent alors tes titres…
Salut, merci pour cette belle analyse. De mon côté je suis historiquement resté chez Tradedirect. Sachant que je suis plutôt Buy&Hold cela me convient. Un aspect est pour moi très très important. C’est la sécurité légale. En théorie, en cas de faillite, les titres en dépôt sont notre propriété et pas celle du broker. Ok. Mais dans de tels cas il peut y avoir bcp d’embuches : courtiers qui ne répond plus, site inutilisable, avocats de créanciers qui bloquent les transferts de titres etc.
Donc je privilégie un broker dont le siège et l’activité est localisée en Suisse, sous le droit suisse. Et si derrière il y a un canton (tradedirect – VD) ou la confédération (Postfinance) c’est un gros plus.
IB est effectivement un excellent broker. Mais en cas de cygne noir, comment être certain de récupérer ses titres déposé aux USA ? Exemple : les US gèlent les transferts de titres détenus par des non-US.
Si on en reste sous une juridiction helvète, quel broker recommanderiez-vous ? Swissquote ?
Je comprends ta prudence, néanmoins, en cas de crise systémique, même si la banque est en Suisse, ça risque d’être un peu le bordel. Evidemment c’est toujours un peu plus simple qu’à l’étranger, mais il y aura quand même un peu de grabuge. Pour cette raison, je cherche à diversifier au maximum mes intermédiaires financiers et en Suisse, malheureusement, il n’y a pas grand-chose de valable.
Sous juridiction helvète, il y a effectivement Swissquote, mais comme je le mentionne, au niveau des frais de transaction, c’est assez lourd. Bon, en même temps vu que t’es plutôt Buy&Hold, ça peut aller. Il y a aussi Postfinance pour rester dans le b&h.
Ma préférence au niveau suisse va, comme je l’ai mentionné, à Cornètrader. Même pour un b&h c’est intéressant, malgré les frais d’inactivité.
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