Dernière mise à jour : décembre 2025
Vous cherchez un ratio fiable pour identifier les actions sous-évaluées avant le marché ? Le ratio EBITDA/EV (Bénéfice Avant Intérêts, Impôts, Dépréciation et Amortissement / Valeur d'Entreprise) révèle les entreprises capables de générer des flux de trésorerie opérationnels supérieurs par rapport à leur valorisation. Mon backtest sur 20 ans (2004-2024) démontre son efficacité : +11.02% par an en Suisse et +6.75% en France pour le meilleur quintile.

Qu'est-ce que le ratio EBITDA/EV ?
L'EBITDA/EV est un ratio de valorisation qui compare la rentabilité opérationnelle d'une entreprise (EBITDA) à sa valeur d'entreprise totale (EV). Contrairement au PER qui se concentre uniquement sur les bénéfices nets, ce ratio offre une vision plus complète en neutralisant les effets de la structure financière.
Formule de calcul :
EBITDA/EV = EBITDA / (Capitalisation boursière + Dette nette)
L'EBITDA représente le résultat avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement. La valeur d'entreprise (EV) correspond à la capitalisation boursière augmentée de la dette nette (dette totale moins trésorerie).
Interprétation : Plus le ratio est élevé, plus l'entreprise génère de flux de trésorerie opérationnels par rapport à sa valeur totale, suggérant une potentielle sous-évaluation.
Les avantages du ratio EBITDA/EV
Ce ratio présente plusieurs atouts pour l'analyse financière :
Neutralisation des biais comptables : L'EBITDA élimine l'impact des politiques d'amortissement qui varient significativement entre entreprises et secteurs. Cela facilite les comparaisons internationales.
Prise en compte de la dette : Contrairement aux ratios basés sur la capitalisation boursière seule, l'EV intègre l'endettement. Deux entreprises avec des capitalisations identiques mais des niveaux de dette différents seront correctement différenciées.
Focus sur la performance opérationnelle : En excluant les charges financières et fiscales, le ratio se concentre sur la capacité intrinsèque de l'entreprise à générer de la valeur.
Comparabilité sectorielle : Le ratio permet des comparaisons pertinentes entre concurrents d'un même secteur, même avec des structures financières divergentes.
Résultats du backtest 2004-2024
J'ai réalisé un backtest exhaustif sur les marchés suisse et français pour évaluer l'efficacité réelle de ce ratio. Méthodologie : les actions ont été classées annuellement selon leur EBITDA/EV (EBITDA des 12 derniers mois / valeur d'entreprise courante), puis réparties en quintiles. L'analyse a été conduite au sein des secteurs d'activité, méthode qui s'est révélée légèrement plus performante.
Les résultats incluent les dividendes, fractions d'actions et événements corporatifs.
Performance globale
| Marché | Meilleur quintile | Performance marché | Surperformance |
|---|---|---|---|
| Suisse | 11.02% /an | 8.36% /an | +2.66% |
| France | 6.75% /an | 3.06% /an | +3.69% |
Performance par taille d'entreprise
| Catégorie | Suisse | France |
|---|---|---|
| Big & Mid Caps | Performance modeste | Performance modeste |
| Small & Micro Caps | 11.81% /an | 7.2% /an |
Enseignements clés
✓ Le ratio fonctionne sur les deux marchés : Les actions du quintile supérieur (EBITDA/EV le plus élevé) surperforment systématiquement le marché.
✓ Efficacité maximale sur les small caps : L'EBITDA/EV démontre sa plus forte valeur prédictive sur les petites et très petites capitalisations, tant en Suisse qu'en France.
✓ Positionnement relatif : La croissance de la marge brute demeure le ratio unique le plus performant en Suisse (13.4% par an). En France, c'est le rendement en dividendes qui conserve la première place avec 7% par an.
Questions fréquentes (FAQ)
Quelle est la différence entre EBITDA/EV et le PER ?
Le PER (Price/Earnings) se base sur le bénéfice net après toutes charges, tandis que l'EBITDA/EV utilise le résultat opérationnel avant amortissements. L'EBITDA/EV intègre également la dette dans sa formule (via l'EV), offrant une vision plus complète. Le PER est sensible aux choix comptables et à la structure fiscale, contrairement à l'EBITDA/EV.
Quel niveau d'EBITDA/EV considérer comme attractif ?
Il n'existe pas de seuil universel. L'interprétation doit toujours se faire en comparaison sectorielle. Le backtest montre que les 20% d'actions ayant les ratios les plus élevés de leur secteur surperforment.
L'EBITDA/EV fonctionne-t-il mieux sur certains types d'entreprises ?
Oui, le backtest démontre une efficacité nettement supérieure sur les small et micro caps. Sur les grandes capitalisations, les résultats sont plus modestes. Cela s'explique probablement par une moindre efficience du marché sur les petites valeurs, créant davantage d'opportunités d'arbitrage.
Peut-on utiliser l'EBITDA/EV seul pour investir ?
Bien que performant, aucun ratio unique n'est parfait. L'EBITDA/EV devrait idéalement être combiné avec d'autres critères (qualité du business, croissance, solidité financière) pour une analyse complète. Mon approche quantitative intègre plusieurs facteurs simultanément.
L'EBITDA est-il manipulable par les entreprises ?
L'EBITDA, souvent critiqué comme "earnings before bad stuff", peut effectivement masquer certaines réalités (investissements nécessaires, coûts de restructuration récurrents). C'est pourquoi il faut l'analyser en tendance et le comparer aux flux de trésorerie opérationnels pour détecter d'éventuelles anomalies.
Conclusion
Le ratio EBITDA/EV constitue un indicateur efficace pour identifier les actions sous-évaluées, particulièrement parmi les small caps. Mon backtest de 20 ans confirme sa capacité à générer de la surperformance sur les marchés suisse et français : +2.66% par an en Suisse et +3.69% en France par rapport au marché.
Son principal atout réside dans sa capacité à neutraliser les différences de structures financières et comptables, permettant des comparaisons sectorielles pertinentes. Cependant, il ne se positionne pas comme le meilleur ratio unique : la croissance de la marge brute (Suisse) et le rendement en dividendes (France) démontrent des performances supérieures.
L'EBITDA/EV trouve sa meilleure utilisation en combinaison avec d'autres critères dans une stratégie quantitative diversifiée, notamment pour le screening initial d'opportunités sur les petites capitalisations.
Sources et données
Données financières : FactSet (ratios financiers, valorisations, données historiques)
Méthodologie backtest : Données d'entreprises suisses et françaises, période 2004-2024, rééquilibrage annuel, ajustement pour dividendes et événements corporatifs
Classification sectorielle : Classification GICS (Global Industry Classification Standard)
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