5 clés du succès pour investir dans les dividendes

5 clés du succès pour investir dans les dividendesEn 2008 et 2009, le paysage des dividendes a été passablement chamboulé. Durant le quatrième trimestre de 2008, 288 entreprises ont réduit leurs paiements. En 2009, 804 versements de dividendes ont été coupés, coûtant aux investisseurs une somme de 58 milliards. Ces réductions et suspensions de dividendes durant ces deux  années, nous ont rappelé cinq leçons que nous pouvons utiliser aujourd’hui à notre avantage.

Leçon n°1: Les dividendes en actions ne sont pas un droit

La première leçon est la plus évidente : les dividendes ne sont pas garantis. Pourtant la plupart des gens l’ont ignoré dans les années qui ont précédé la crise des subprimes. Contrairement à ce qu’il se passe pour les obligations, un conseil d’administration peut choisir s’il paie ou non un dividende en espèces à ses actionnaires.

Il existe des incitations évidentes à maintenir ou augmenter régulièrement les paiements de dividendes : ils permettent d’attirer des investisseurs et sont un signe de solidité financière. Mais en temps de graves incertitudes, en particulier dans une panique alimentée par le crédit, couper le dividende pour augmenter ou préserver ses liquidités devient une option plus attrayante pour les entreprises. C’est exactement ce que Pfizer (NYSE: PFE) a fait, quand elle a réduit son dividende de moitié pour financer son acquisition de Wyeth.

Lorsqu’une entreprise réduit son dividende, cela signale habituellement une incapacité à gérer ses finances. C’est un signal d’alarme

Leçon n°2: Méfiez-vous des rendements élevés

Les taux d’intérêt et la rentabilité faible du marché qui prévalent depuis une dizaine d’années ont forcé les investisseurs en quête de revenus d’aller plus loin sur l’échelle du risque. Malheureusement pour eux beaucoup en ont payé le prix.

On a vécu cela lors du boom immobilier américain, avec des sociétés qui payaient grassement leurs actionnairesLorsque les propriétés ont cesser de générer autant d’argent, à cause des retards de loyers ou de l’incapacité à payer les intérêts de la dette suite à l’augmentation des taux d’intérêt,  les dividendes ont encaissé le coup. 

Une bonne règle est d’être sceptique sur tout rendement de dividende supérieur à 2.5 fois la moyenne du marché (actuellement 2%, donc se méfier de 5% et plus). Tout ce qui dépasse ce montant suppose que soit le marché a des préoccupations quant à la capacité de l’entreprise de progresser, ou que le cours a fortement chuté (pour une bonne raison).

Rendement historique du S&P 500

5 clés du succès pour investir dans les dividendes

En Juin 2008, par exemple, la Bank of America (NYSE: BAC) affichait un rendement supérieur à 10%, à un moment où la moyenne du marché était d’environ 2% à 3% – une bonne indication que le dividende était loin d’être assuré. Effectivement, il ne l’était pas …

Dividende de BAC

Date     Dividende      
Nov 30, 2011 0.01 Dividend
Aug 31, 2011 0.01 Dividend
Jun 1, 2011 0.01 Dividend
Mar 2, 2011 0.01 Dividend
Dec 1, 2010 0.01 Dividend
Sep 1, 2010 0.01 Dividend
Jun 2, 2010 0.01 Dividend
Mar 3, 2010 0.01 Dividend
Dec 2, 2009 0.01 Dividend
Sep 2, 2009 0.01 Dividend
Jun 3, 2009 0.01 Dividend
Mar 4, 2009 0.01 Dividend
Dec 3, 2008 0.32 Dividend
Sep 3, 2008 0.64 Dividend
Jun 4, 2008 0.64 Dividend
Mar 5, 2008 0.64 Dividend

Celui qui a acheté BAC en juin 2008 pour son rendement généreux s’est donc retrouvé avec un titre qui non seulement ne payait presque plus aucun dividende 9 mois plus tard, mais dont le cours a de surcroît complètement dévissé durant la même période :

5 clés du succès pour investir dans les dividendes

Leçon n°3: Focus sur la trésorerie, pas sur la rémunération

Sans argent réel suffisant, la société doit financer son dividende soit par la dette soit par la vente d’actions, ce qui n’est pas un gage de pérennité. Afin de déterminer si oui ou non un dividende est durable, regardez d’abord les flux de trésorerie provenant de ses activités durant les cinq dernières années. Puis, soustrayez les dépenses d’investissement de capital pour chacune de ces années. Ce qui reste est considéré comme les  «flux de trésorerie libre», que la société peut utiliser pour payer des dividendes ou racheter des actions. Ensuite, regardez combien l’entreprise a versé de dividendes en espèces chaque année. Si ce chiffre est toujours inférieur au cash-flow libre, c’est un bon signe que l’entreprise dispose de suffisamment de trésorerie pour maintenir son dividende actuel.

Si l’entreprise veut payer régulièrement et faire croître son dividende, elle doit avoir un modèle d’entreprise dynamique qui génère un niveau de plus en plus de trésorerie. Malheureusement, la plupart des entreprises disposent d’un degré de variabilité dans laquelle les gains de trésorerie ne progressent pas régulièrement. La manière dont une entreprise parvient à absorber ces hauts et ces bas se reflète dans sa distribution du cash flow libre. Le cash flow libre vous indique combien d’argent il reste à la société après le paiement des dépenses de fonctionnement normales. C’est l’argent utilisé pour payer les acquisitions, les obligations de la dette et les dividendes ! Si le cash flow libre est trop faible, vous pourriez remettre en question les capacités de paiement du dividende.

Leçon n°4: Diversification encore et toujours

Alors que de nombreux secteurs ont connu des réductions de dividendes durant la dernière décennie, aucun n’a été atteint autant que le secteur financier, qui constituait à un moment donné 30% de tous les revenus de dividendes du S&P 500. Ce n’est désormais plus que 9%, selon l’analyste de S&P Howard Silverblatt. En dépit de la morosité dans les services financiers, 33 des 34 sociétés de biens de consommation du S&P 500 payant des dividendes en 2009 ont connu une performance positive.

Leçon n°5: La sélectivité est primordiale

Sélectionnez manuellement un groupe diversifié de payeurs de dividendes solides, plutôt que d’investir sur un indice de dividendes, via un ETFEn décembre 2008, l’ETF WisdomTree Equity Income Fund (DHS) a massivement investi dans General Electric (NYSE: GE), US Bancorp (NYSE: USB) et Wells Fargo (NYSE: WFC). Ceux-ci ont réduit leurs gains les mois suivants. Pour aggraver les choses, puisque l’ETF est seulement autorisé à rééquilibrer une fois par an, les propriétaires de l’ETF ont été forcés de détenir des titres de nombreuses sociétés qui ont soit cessé de payer leurs dividendes soit fortement réduit leurs paiements.

C’est dans la poche

Les cinq clés du succès pour investir dans les dividendes vous aideront à construire un portefeuille diversifié de payeurs de dividendes sélectionnés manuellement avec des rendements supérieurs à la moyenne, mais modestes et bien couverts par l’abondance des flux de trésorerie disponibles. Avec quelques obligations de haute qualité et une poignée de sociétés de placement immobilier, vous aurez construit un portefeuille de revenu qui peut vous aider à réaliser des bénéfices solides sans risque excessif.

Sources :
http://www.fool.com/investing/general/2010/11/03/5-keys-to-successful-dividend-investing.aspx
http://www.dividend-growth-stocks.com/2011/10/13-higher-yielding-lower-debt-dividend.html
http://www.multpl.com/s-p-500-dividend-yield/
 

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8 réponses à 5 clés du succès pour investir dans les dividendes

  1. Bonjour,

    Votre article est réaliste et plein de bon sens.
    Je pense que de nombreux investisseurs devraient le lire.
    Constituer un bon portefeuille de rendement ce n’est pas acheter du FTE et du PAJ…

    Cordialement,

  2. Merci pour ces règles à suivre avant d’investir dans des actions à dividendes. On peut effectivement se laisser séduire par certaines sociétés qui offrent des taux très intéressants, mais sans assurance sur la durée et la solidité réelle de l’entreprise. En suivant ces règles pratiques, on réduit le risque de se retrouver avec des actions qui décôtent fortement en même temps que les dividendes sont réduits ou supprimés…

  3. Bonjour Jérôme,

    je découvre votre blog par le biais de cet article et j’ai également jeté un œil sur votre tutorial (tutoriel?) et votre page à propos. Merci de rappeler ainsi (et de façon claire) que derrière la bourse il y a de l’économie et de la finance. Et que connaître sa tolérance au risque est capital pour ne pas subir de revers dans les périodes de tourmente.
    Bonne continuation!

  4. Jérôme dit :

    Merci Philippe,

    bonne continuation également.

  5. Alain dit :

    Excellent article. A propos de la diversification dans des obligations de haute qualité et des SCPI, pouvez-vous faire un article à ce sujet ? Ce n’est certes pas le sujet du blog, mais une synthèse de votre point de vue serait très intéressante pour moi qui suis diversifié, comme beaucoup d’entre nous, dans de l’immobilier physique ancien et de l’actif général (en l’occurrence du fonds en euros).

    • Jérôme dit :

      Bonjour Alain,

      effectivement ce n’est pas directement le sujet du blog, et je m’y connais un peu moins dans ce domaine. Je peux vous renvoyer à un de mes vieux articles : http://www.dividendes.ch/2010/12/diversifiez-pour-faire-baisser-la-volatilite/ qui est toujours d’actualité.

      J’y cite le célèbre Carmignac Patrimoine qui est un fonds diversifié, comprenant aussi des actions, donc ce n’est pas vraiment ce que vous cherchez, et puis je dois dire que ce n’est plus vraiment ma tasse de thé…

      Les autres fonds que je cite sont en CHF. Je les trouve excellents :
      Schroder Capital Fund, fonds mixte en CHF, ISIN CH0009015188. (aussi avec des actions, mais très défensif)
      CS REF INTERSWISS (INT), fonds immobilier en CHF, valeur 276935.

      Il y a deux autres fonds que j’ai acquis que je trouve bons (toujours en CHF) :
      - immobilier : Mi-Fonds (CH) – SwissImmo A, ISIN CH0108311728
      - obligations : Mi-Fonds (CH) SwissFrancBond A, ISIN CH0023406702

      J’espère avoir répondu à votre question.

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