Partners Group (PGHN) : analyse 2026 du leader suisse du private equity

Cet article rédigé initialement par dividinde le 4 août 2017 a été mis à jour avec des données actuelles par mes soins en avril 2026.

Partners Group : un modèle de rentabilité dans le private equity

Si je refuse systématiquement d'investir dans les grandes banques traditionnelles comme UBS, il existe d'autres valeurs financières suisses qui méritent une attention particulière. Cette société zougoise spécialisée dans les placements alternatifs a construit un modèle d'affaires diamétralement opposé à celui des banques classiques, avec une rentabilité qui force le respect depuis sa création.

Partners Group PGHN — analyse 2026 du gestionnaire suisse d'actifs privés : capital-investissement, dette privée et infrastructures

Après une correction boursière significative — le titre a perdu près de -13% sur les 12 derniers mois à son cours actuel de 915 CHF —, il est temps d'évaluer si le titre représente une opportunité réelle ou si les inquiétudes du marché restent justifiées.

Un positionnement stratégique sur les marchés privés

Dans un environnement où les investisseurs institutionnels — fonds souverains, caisses de pension, compagnies d'assurance — recherchent des rendements décents, Partners Group occupe une place de choix parmi les gérants d'actifs alternatifs mondiaux. La société s'est positionnée comme le numéro 5 mondial du private equity, avec 174 milliards USD d'actifs sous gestion répartis sur quatre classes d'actifs principales :

  • Capital-investissement : 51%
  • Dette privée : 20.7%
  • Infrastructures privées : 18%
  • Immobilier privé : 10.2%

Cette diversification permet de lisser les risques tout en maintenant une exposition à l'ensemble du cycle économique via les marchés non cotés.

Un modèle d'affaires à marge exceptionnelle

Le modèle économique de Partners Group repose sur deux piliers complémentaires : des frais de gestion récurrents qui génèrent une base stable et prévisible, et des commissions de performance qui créent un effet de levier significatif lors des sorties réussies. Pour l'exercice clos le 31.12.2025, les revenus totaux ont atteint 2'804.40 millions CHF, en croissance de 18% par rapport à l'exercice précédent.

La profitabilité opérationnelle est tout simplement remarquable :

IndicateurPGHN (TTM)Industrie (TTM)
Marge brute91.40%72.12%
Marge opérationnelle (EBIT)57.66%23.50%
Marge nette44.95%17.49%

Ces ratios sont difficiles à égaler quelle que soit l'industrie. Le bénéfice net pour l'exercice clos le 31.12.2025 atteint 1'260.70 millions CHF, en progression de 11.8% par rapport à l'exercice précédent. Cette efficacité opérationnelle résulte d'une sélection rigoureuse des investissements et d'une structure de coûts bien maîtrisée.

Rentabilité des capitaux et endettement

Le ROE (TTM) s'établit à 54.8%, un niveau impressionnant — mais à interpréter avec précaution. Depuis 2017, la dette à court terme a significativement progressé, ce qui fait mécaniquement gonfler le ROE sans que la rentabilité intrinsèque de l'entreprise ne s'améliore dans les mêmes proportions. Le ratio dette/capitaux propres atteint 1.14, contre seulement 0.17 en moyenne pour le secteur. La couverture des intérêts reste toutefois très confortable à 30.3x, ce qui relativise largement le risque financier.

Une politique de dividende solide, mais sous surveillance

La politique de dividende de Partners Group témoigne de la solidité du modèle. Le dernier dividende versé s'est élevé à 42 CHF par action, en hausse de 7.7% par rapport aux 39 CHF versés l'année précédente. Plus remarquable encore, le dividende n'a jamais diminué depuis près de 20 ans, démontrant une stabilité rare même lors des périodes de turbulence des marchés.

Sur cinq ans, la croissance annuelle du dividende atteint 10.49%, soit plus du double de la moyenne sectorielle (4.89%). Au cours actuel de 915 CHF, le rendement ressort à 4.50% sur la base du dividende indiqué par FactSet — un niveau légèrement inférieur à la moyenne de l'industrie (4.92%), mais cohérent avec la revalorisation du titre depuis quelques semaines.

Il faut toutefois noter que le ratio de distribution s'établit à 86.61% (TTM), en nette progression depuis le COVID. Cette proportion élevée limite mécaniquement les hausses futures du dividende et mérite d'être surveillée attentivement si les bénéfices venaient à fléchir.

Performance boursière : correction en cours de normalisation

Lorsque dividinde avait analysé Partners Group en 2017, l'action s'échangeait à 610 CHF. Sa prévision d'un cours de 800 à 850 CHF dans les 12 à 24 mois s'est non seulement réalisée, mais elle a été largement dépassée. Le titre a ensuite connu une progression extraordinaire, culminant au-dessus de 1'500 CHF, avant de souffrir de la remontée des taux d'intérêt.

Aujourd'hui, Partners Group se négocie à 915 CHF (avril 2026). La performance sur 52 semaines s'établit à -12.98%, et à -7.39% sur 26 semaines. Le titre a donc significativement récupéré par rapport aux points bas atteints début 2026, lorsqu'il s'affichait autour de 824 CHF. Cette normalisation partielle reflète une meilleure visibilité macroéconomique et les bons résultats 2025 publiés entre-temps. Avec un beta de 1.09 et une volatilité annualisée de 27.35%, PGHN reste un titre à volatilité supérieure à la moyenne, mais la situation s'est stabilisée.

Malgré les baisses des dernières années, le bilan à long terme demeure impressionnant : depuis son introduction en bourse, l'action a délivré environ 12% par an en total return, soit près du double de l'indice MSCI Switzerland. La capitalisation boursière atteint désormais 23'702 millions CHF.

Expansion stratégique et partenariat avec BlackRock

Partners Group ne se repose pas sur ses acquis. En 2024, la société a réalisé une solide année de levée de fonds avec 22 milliards USD de nouveaux engagements clients (+22% par rapport à 2023), soutenue notamment par le recentrage stratégique sur le marché américain, qui a représenté 33% des levées.

L'annonce en septembre 2024 d'un partenariat avec BlackRock marque un tournant significatif. Cette collaboration vise à créer des solutions d'investissement communes destinées aux investisseurs privés, un segment que Partners Group souhaite développer activement. Ce partenariat avec le premier gestionnaire d'actifs mondial renforce considérablement la crédibilité commerciale de PGHN sur le marché américain.

Valorisation : un tableau contrasté

Avec une capitalisation boursière de 23'702 millions CHF et un cours en repli par rapport aux sommets, la valorisation de Partners Group mérite une analyse attentive. Le tableau suivant résume les principaux ratios en regard des niveaux de 2017 et des moyennes sectorielles actuelles :

RatioPGHN 2026Industrie 2026PGHN 2017
P/E (TTM)18.8224.7428.9
P/S (TTM)8.506.1013.98
P/FCF (TTM)16.4516.4128.46
P/B (dernier trimestre)10.901.6410.6

Le constat est nuancé. Sur la base des bénéfices, Partners Group continue de se traiter à un discount par rapport à la moyenne de son industrie (P/E 18.82 vs 24.74) — une situation restée inhabituelle ces dernières années. Le P/FCF (16.45) est désormais quasiment à parité avec la moyenne sectorielle (16.41), signe que la décote sur les flux de trésorerie s'est résorbée au fil de la reprise du cours. Le P/S reste au-dessus de l'industrie (8.50 vs 6.10), ce qui est cohérent avec des marges nettement supérieures.

Le point noir demeure le ratio prix/valeur comptable (P/B), à 10.90 contre 1.64 pour l'industrie — soit près de sept fois plus élevé. Il s'agit toutefois d'une caractéristique structurelle des gestionnaires d'actifs alternatifs : leur valeur réside dans leurs équipes, leur réputation et leur accès aux transactions, et non dans leurs actifs tangibles. Cela ne suffit pas à compenser l'absence de marge de sécurité pour un investisseur value strict.

Enfin, le Piotroski F-Score de 5/9 indique une solidité financière correcte sans être exceptionnelle, et l'Altman Z-Score de 5.79 est bien au-dessus du seuil de risque, confirmant une situation financière globalement saine — en légère amélioration par rapport aux données de début d'année.

Questions fréquentes sur Partners Group (PGHN)

Quel est le rendement du dividende de Partners Group en 2026 ?

Au cours actuel de 915 CHF (avril 2026), le rendement ressort à 4.50% sur la base du dividende annuel indiqué par FactSet. Le dernier dividende effectivement versé s'élevait à 42 CHF par action. Ce niveau reste attractif en termes absolus, même s'il est légèrement inférieur à la moyenne du secteur (4.92%). Il faut toutefois noter que le ratio de distribution dépasse 86% (TTM), ce qui laisse peu de marge en cas de baisse des bénéfices.

Pourquoi le P/E de Partners Group est-il passé sous la moyenne de l'industrie ?

La correction boursière des derniers trimestres a comprimé les ratios de valorisation. Avec un P/E (TTM) de 18.82 contre 24.74 pour l'industrie, Partners Group se traite encore à un discount sensible sur cette base. Cela reflète les inquiétudes du marché sur les perspectives de collecte et la sensibilité aux taux d'intérêt, plutôt qu'une détérioration des fondamentaux opérationnels : les résultats 2025 affichent une croissance du chiffre d'affaires de 18% et du bénéfice net de 11.8%.

Le ROE élevé de Partners Group est-il fiable ?

Le ROE (TTM) de 54.8% est impressionnant, mais il faut l'interpréter avec prudence. Une partie de cette hausse depuis 2017 est mécanique : l'augmentation significative de la dette à court terme gonfle le rendement des capitaux propres sans que la rentabilité intrinsèque ne s'améliore dans les mêmes proportions. La couverture des intérêts à 30.3x relativise le risque financier, mais la vigilance reste de mise.

Partners Group est-elle une action value ou growth ?

Partners Group présente un profil hybride. Sur la base des bénéfices (P/E 18.82), la valorisation est raisonnable par rapport au secteur. Sur la base du cash-flow libre (P/FCF 16.45), elle est désormais à parité avec la moyenne sectorielle. Sur la base de la valeur comptable (P/B 10.90), elle reste prohibitive pour un investisseur value strict. La croissance du dividende à 10.49% par an sur cinq ans et les perspectives d'expansion sur le marché américain lui confèrent un caractère "quality growth" plus que value.

Quel est le principal risque pour les actionnaires de Partners Group ?

Le principal risque est la sensibilité aux taux d'intérêt : une remontée prolongée pénalise les valorisations du private equity et réduit l'attrait relatif de cette classe d'actifs. Le ratio de distribution élevé (86.6%) constitue un risque secondaire : toute pression durable sur les bénéfices pourrait contraindre la société à stabiliser son dividende. La volatilité du titre (27.35% annualisée, beta de 1.09) est également à prendre en compte pour les investisseurs au profil défensif.

Conclusion

Partners Group reste l'une des sociétés financières les plus rentables de la cote suisse, avec des marges opérationnelles de près de 58%, un bénéfice net en hausse de 11.8% pour l'exercice 2025 et un dividende qui progresse depuis près de 20 ans sans interruption.

La correction boursière a partiellement reflué : le titre s'affiche à 915 CHF en avril 2026, en repli de -12.98% sur 12 mois. Le P/E reste inférieur à la moyenne de son industrie (18.82 vs 24.74), et le P/FCF est désormais à parité avec le secteur (16.45 vs 16.41). Ces signaux indiquent une valorisation nettement plus raisonnable qu'au cours des années précédentes, sans pour autant constituer une décote franche.

Le P/B de 10.90 reste près de sept fois supérieur à la moyenne sectorielle, ce qui indique que la marge de sécurité demeure insuffisante pour un investisseur value pur. Le ratio de distribution élevé (86.6%) et le levier financier accru sont également des éléments de vigilance à intégrer dans l'analyse.

Pour les investisseurs cherchant une exposition aux marchés privés via une société cotée et de qualité, Partners Group offre une combinaison rare de croissance, de rentabilité et de dividendes croissants — à une valorisation désormais bien plus raisonnable qu'elle ne l'a été pendant des années. Les investisseurs value resteront plus circonspects.

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Sources et données


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19 réflexions sur “Partners Group (PGHN) : analyse 2026 du leader suisse du private equity”

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    JérômeTop membre 🏅🗣️💬

    Merci dividinde pour cette belle analyse. Je ne suis pas un grand fan du private equity car c’est un peu trop recherché par les institutionnels en ce moment. C’est ce qui explique d’ailleurs certainement la croissance et le prix de ce titre. Pour investisseur orienté valeur c’est trop cher. Pour celui orienté croissance ça peut jouer.

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    Merci Jérôme pour ton feed-back. Ça m’intéresserait d’avoir ton avis sur une autre société financière: Compagnie Financière Tradition (CFT).
    Contrairement à Partners Group, zéro croissance mais du point de vue value intéressant.
    Est-tu acheteur sur CFT?

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      JérômeTop membre 🏅🗣️💬

      J’en pense que du bien. C’est un titre que je suis aussi depuis quelques temps. Bon marché et bons fondamentaux. Et de la croissance en joker. S’il n’y avait qu’un seul truc à redire c’est que c’est dommage que l’afflux important de cash ne se transforme pas en accroissement des actifs. Mais c’est vraiment pour chercher la petite bête:)
      Très beau titre en tout cas. On se rejoint totalement sur cette société.

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    Oui, CFT présente de belles qualités, avant tout un bilan très sain et solide. Ce qui me turlupine c’est l’érosion du chiffre d’affaires depuis plusieurs semestres et surtout le dividende qui, bien qu’actuellement très élevé, reste assez imprévisible (cf. notamment 2011 et 2012).
    C’est pourquoi je vais essayer prochainement de m’offrir une tranche vers les 85 fr. mais avec une taille de position plus petite que d’habitude.

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      JérômeTop membre 🏅🗣️💬

      C’est vrai que le CA baisse gentiment mais ça ne les empêche pas à faire des bénéfices et du cash tout particulièrement. Toujours utile quand il faut payer des dividendes justement 😉

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    DavidB🏅 Membre 5 ans 💬

    Belle découverte, merci pour cette article.

    Dividinde, je ne comprends pas pourquoi tu trouves que le dividende est élevé… Pour moi il est plutôt faible (à peine 2.35%)… Pour investir dans une optique dividende à long terme, je pense que c’est actuellement un mauvais placement. Par contre, pour un investissement sur la plus-value, ça peut être intéressant.

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    On parlait dans les commentaires du dividende de CFT, qui est élevé (>5%). Le dividende de Partners est effectivement faible, c’est son ratio de distribution du dividende (payout ratio) qui est élevé.

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    Pas de souci! Je rappellerais quand même qu’il ne faut pas trop se laisser aveugler par le rendement ACTUEL, avec le risque d’oublier tout le potentiel lié à la CROISSANCE du dividende.
    CFT rapporte actuellement 5.1%, mais je ne ne serais pas surpris si le rendement stagnait les prochaines années…
    A l’opposé, Partners a un yield actuel de 2.4% mais pourrait avoir un yield on cost de 5% dans 5 à 7 ans!
    Pour exemple, j’ai acheté Partners il y a quelques années et le rendement à l’époque était d’environ 2.5%. Mon rendement actuel par rapport à mon prix d’achat (YOC) est aujourd’hui d’environ 4.5% et devrait continuer d’augmenter chaque année.

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      Hello Dividinde, est-tu toujours en possession de tes titres Partners? L’entreprise est peu endettée, et continue d’avoir un ROE intéressent. Quel est ton point de vue sur la société 2 ans après?

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        dividindeTop membre 🏅🗣️💬

        Salut AGU. Oui, je suis toujours copropriétaire de cette magnifique société et toujours aussi bullish. Partners est extrêmement profitable, le dividende continue de croître et la valorisation est correcte compte tenu de la qualité de l’entreprise (PER 2020 estimé à 23).

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        Merci dividinde pour ces précisions. Je vais profiter des turbulences que AirTrump provoque ces temps pour acquérir une tranche et la garder bien au chaud.

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    Laurent Martin

    Depuis longtemps, je suis impressionné par les qualités intrinsèques de Partners Group, qui a, selon mon analyse, d’excellents fondamentaux. A ce point, c’est assez rare pour une Blue Chip (cette action fait partie du SMI).
    Il y a 5 ans (soit le 16 juin 2017), le cours de l’action était à CHF 606. Juste avant le krach du Covid19, soit le 21 février 2020, le cours était à CHF 956; ce krach l’a fait descendre à CHF 582 le 20 mars 2020. Ensuite, ça a été une progression positive jusqu’au début novembre 2021 (CHF 1655); depuis lors, le cours n’a plus ou moins pas cessé de descendre (sous réserve de quelques sursauts), pour atteindre CHF 906 au moment où j’écris ces lignes, la séance de ce lundi (qui n’est pas terminée), celle de vendredi passé et la fin de celle de jeudi passé ayant à elles seules fait baisser le titre de pas loin de 10% (soit beaucoup plus que les grands indices, qui ont également fortement baissé).
    Alors, que se passe-t-il pour Partners Group?
    Je n’arrive pas à objectiver une baisse de cette importance pour une action de la qualité de Partners Group.
    Une idée de ce qui se passe? Y a-t-il une raison particulière -qui m’échappe- pour que ce titre baisse autant?

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      JérômeTop membre 🏅🗣️💬

      Salut Laurent
      ça fait quelque temps que Dividinde n’est pas revenu ici, donc je me permets de donner mon avis :
      – légères divergences entre les bénéfices et le cash flow, en particulier en 2018 et 2021… c’est pour moi toujours un point de vigilance
      – titre artificiellement assez bon marché du point de vue du PER, à cause du très bon résultat 2021. Si on regarde toutefois le PER moyen, qui est de 25, c’est une autre affaire
      – cher par rapport à la valeur comptable (8x), même si la valeur immatérielle d’une telle société pèse lourd également
      – très cher par rapport aux ventes (9x), ce qui est un signal de vente
      – très cher par rapport au free cash flow courant et moyen (plus de 30x) pour les deux
      – le rendement en dividende semble intéressant (supérieur à 3%) mais il est mal couvert par rapport aux bénéfices moyens et par rapport FCF courant et moyen
      – les réserves de liquidités sont énormes (current ratio de 4.3) : certes c’est intéressant du point de vue des actifs, et ça donne des possibilités pour le futur, mais c’est aussi du gaspillage de laisser dormir toutes ces devises
      – la rentabilité et la profitabilité sont très intéressantes. On est clairement face à un titre de croissance, limite franchise. C’est un bon point assurément, mais les titres de croissance sont actuellement mal orientés, notamment à cause de l’inflation et de la hausse prochaine des taux. PGHN est très peu endettée, et ne devrait donc pas trop en souffrir, mais quand le marché s’emballe, il rafle tout sur son passage.
      – on en vient à l’autre point : le momentum. PGHN souffre de l’ambiance générale, il est même plus pénalisé que le marché avec son beta de 1.45 et sa volatilité de 31%. Il faut laisser passer l’orage.

      En conclusion, je suis d’accord avec toi, les fondamentaux sont excellents (sauf la divergence du FCF et du bénéfice, et l’excès de liquidités), mais le titre est trop cher et le momentum est mauvais.

      Il est à mon avis urgent d’attendre 🙂

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    Laurent Martin

    Merci pour ton éclairage.
    Avec ses liquidités et si elle ne sait pas quoi en faire d’autre (il doit pourtant y avoir de bonnes opportunités d’investissement actuellement dans le domaine d’activité de cette société), Partners Group pourrait massivement racheter puis détruire ses propres actions, pour le plus grand bonheur des actionnaires, les circonstances s’y prêtant! Un excellent gâteau à partager avec moins de monde…

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        Laurent Martin

        J’ai creusé encore un peu.
        1) Apparemment, Partners Group n’a pas pour habitude de racheter des actions pour les détruire et ainsi diminuer le capital-actions (et donc d’augmenter la valeur des actions). Cette société ne semble racheter ses propres actions que dans le cadre de ses plans de stock options en faveur de son personnel.
        Ainsi, les liquidités ne vont a priori pas servir à des rachats d’actions destinés à diminuer le capital-actions.
        Dommage, à mes yeux.
        2) Partners Group privilégie la croissance organique aux fusions-acquisitions.
        Ainsi, les liquidités ne seront a priori pas investies dans des acquisitions.
        Soit. Au-delà de la stratégie générale de l’entreprise, tout est aussi sans doute question d’opportunité.
        3) S’agissant de la divergence entre le free cash flow et le bénéfice, elle s’explique semble-t-il principalement par des positions de prêts à court terme qui ont augmenté en 2021. Bien que cela réduise le flux de trésorerie dans le tableau de flux de trésorerie, ce n’est rien d’autre que des besoins en fonds de roulement à court terme. Les analystes (et Partners Group) considèrent ces positions comme de la trésorerie et des équivalents de trésorerie. Corrigés de cet effet, le revenu net et le flux de trésorerie disponible de l’entreprise sont finalement très similaires.

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        JérômeTop membre 🏅🗣️💬

        Salut Laurent et merci pour ces explications.

        Je pense maintenant aussi à un autre point qui explique également cette baisse du cours de PGHN. Je cite ce qu’a écrit Dividine en 2017 :

        Les taux d’intérêt anémiques et les risques croissants dans les marchés obligataire et immobilier font que les investisseurs institutionnels internationaux (fonds étatiques, caisses de pension, assurances,…) sont à la recherche de PLACEMENTS ALTERNATIFS.

        La hausse des taux d’intérêt en cours change cette donne. Même si les taux sont encore très loin d’être attractifs, en tout cas en Suisse, le marché agit comme toujours par anticipation : le paradigme a changé et à l’avenir il faudra à nouveau compter sur les obligations.

        À l’inverse, le Private Equity est en sommet de cycle, pour ne pas dire en phase d’éclatement de bulle. Cela peut donner une autre image de cet excès de liquidités : l’entreprise possède (encore) un tas de liquidités, issues de ces années fastes d’argent facile et d’un flux énorme de cash provenant des institutionnels, mais elle ne sait plus où les investir parce que le marché est saturé (et il le sera de plus en plus à cause du resserrement du crédit).

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