Performance des portefeuilles en mai 2026 : PFD et PP 2.x face au rallye IA

Ce mois de mai 2026 restera comme un mois de forte accélération des marchés actions, porté par un rallye technologique et IA qui a fait la part belle aux indices pondérés par la capitalisation. Dans ce contexte risk-on, le PFD (+0.24%) et le PP 2.x (+1.37%) progressent, mais restent à la traîne d'un S&P 500 en hausse de +5.13% et d'un indice mondial à +4.38% en CHF. Ce type d'environnement (euphorie de croissance concentrée, appétit pour le risque maximal, actifs refuges sous pression) est structurellement défavorable aux approches quantitatives value/quality. C'est le coût d'une gestion du risque rigoureuse.

Graphique stylisé illustrant la performance des portefeuilles PFD et PP 2.x en mai 2026, face au rallye technologique et IA

Performance du mois écoulé (portefeuilles et benchmarks, en CHF)

Comme l'indique notre page de statistiques, le PFD et le PP 2.x clôturent le mois de mai sur des résultats en retrait par rapport aux indices de référence.

Portefeuille/BenchmarkPerformance mai 2026 en CHF
PFD+0.24%
PP 2.x+1.37%
MSCI Switzerland+2.74%
S&P 500+5.13%
Indice mondial+4.38%
60/40 "Boglehead"+2.67%

Détail des stratégies du PFD (mois écoulé, en CHF)

Presque toutes les stratégies ont été à la traîne durant ce mois écoulé.

Ce contexte n'est pas une surprise : le mois de mai a été dominé par un fort appétit pour le risque, porté par l'IA. Les résultats du premier trimestre 2026 des entreprises du S&P 500 ont progressé de l'ordre de 18% à 27% selon les analyses (les estimations varient selon les méthodologies), dépassant largement les prévisions initiales de Wall Street et révélant une accélération de la productivité liée à l'IA systématiquement sous-estimée par les analystes. Dans ce contexte euphorique, Goldman Sachs estime que les bénéficiaires des infrastructures IA pourraient contribuer à environ la moitié de la croissance des bénéfices du S&P 500 pour l'ensemble de l'année 2026.

Ce type de rallye concentré sur quelques méga-capitalisations technologiques est historiquement défavorable aux approches value/quality/quant ainsi qu'aux actifs défensifs comme les obligations, l'or et l'immobilier. C'est précisément ce que l'on observe aujourd'hui, et cela n'a rien d'anormal pour un portefeuille construit sur des bases quantitatives rigoureuses.

Ainsi, l'or continue à souffrir, tandis que les Blue Chips, les actions suisses et l'immobilier suisse végètent. Le Bitcoin rentre dans le rang après une grosse performance le mois dernier.

Les obligations suisses ont connu une baisse peu commune pour ce type d'actif. Cela fait plusieurs mois que le momentum est assez mauvais pour cette stratégie. La récente baisse a coïncidé avec un signal de sortie en milieu de mois. Je suis encore en train d'y réfléchir et d'effectuer des backtests, mais il n'est pas certain que je réactive cette approche, même si le signal repasse au vert. En effet, elle apporte une (petite) complexité supplémentaire, sans amener d'avantages significatifs au PFD, même en termes de ratio rendement/risque.

Enfin, le Trading Auto Signal et les Actions internationales sont les seules stratégies à avoir réalisé un bon mois. Elles ont néanmoins fait moins bien que leur indice de référence respectif (S&P 500 et indice monde). Il faut souligner par ailleurs que c'est avant tout la couverture dynamique QLD/TZA qui a tiré les Actions internationales vers le haut, avec un résultat de +13.73%.

StratégiePerformance mai 2026 en CHF
Or-1.67%
Blue Chips-0.18%
Trading Auto Signal+3.89%
Actions internationales+1.20%
Immobilier suisse-0.05%
Actions suisses+0.59%
Obligations suisses-2.00%
Bitcoin-2.55%

Le cash

La position cash se situe désormais à plus de 26% du PFD, ce qui nous laisse de plus en plus de munitions si besoin. Ce niveau élevé de liquidités reflète indirectement une posture défensive dans un marché où les valorisations restent tendues (Shiller CAPE au-dessus de 40, Buffett Indicator à des niveaux historiques). Quand l'opportunité se présentera, que ce soit lors d'une correction ou d'un retour de régime favorable aux stratégies, ce cash sera déployé rapidement.

Mise en perspective : quand les marchés "risk-on" pénalisent les approches défensives

Il est utile de rappeler pourquoi les phases de rallye concentré comme celle de mai 2026 sont structurellement défavorables aux portefeuilles comme le PFD ou le PP 2.x. Ces portefeuilles ne sont pas construits pour maximiser le rendement brut dans les phases euphoriques, ils sont construits pour délivrer un bon ratio rendement/risque sur l'ensemble d'un cycle.

Les recherches sur les facteurs d'investissement (value, quality, momentum) documentent un phénomène bien connu : les stratégies factorielles ont tendance à sous-performer dans les phases de forte expansion des multiples de valorisation, précisément parce que le marché récompense alors la croissance à tout prix plutôt que la qualité à prix raisonnable. L'analogie avec la fin des années 1990 est frappante : les approches value avaient sous-performé pendant plusieurs années avant que l'éclatement de la bulle ne rappelle brutalement leur pertinence.

Avec un Shiller CAPE au-dessus de 40 et une concentration historique des gains sur quelques valeurs technologiques, le contexte actuel présente des similitudes troublantes. Cela ne signifie pas qu'un krach est imminent, mais que la marge de sécurité s'est considérablement réduite. C'est exactement pour cela qu'une position cash élevée et une diversification entre actifs non corrélés constituent une posture rationnelle, même si elle coûte de la performance relative à court terme.

Autres statistiques

Pour les autres statistiques de nos deux portefeuilles (volatilité, ratio de Sharpe, perte maximale, corrélations et résultats à plus long terme), veuillez consulter notre nouvelle page dédiée.

Depuis le début de l'année, le PFD (+3.30%) et le PP 2.x (+4.50%) font plus ou moins jeu égal avec le MSCI Switzerland (+3.74%). En revanche, ils prennent désormais de plus en plus de retard sur le S&P 500 (+9.59%) et l'indice mondial (+10.38%).

La performance annualisée indiquée du PFD (+10.82%) est toujours en dessous des tendances historiques constatées dans mes backtests. Elle demeure toutefois supérieure à celle du MSCI Switzerland (+8.75%). Il faut par ailleurs toujours prendre avec des pincettes celle affichée pour le PP 2.x (+19.70%), les statistiques live de ce portefeuille n'étant calculées que depuis le 25.07.2025. À plus long terme, le CAGR devrait plutôt avoisiner les +10%.

Voici ci-dessous le graphique de l'évolution des portefeuilles (PFD et PP 2.x) depuis leurs lancements respectifs, face au MSCI Switzerland. Ce graphique est désormais mis à jour en live sur la page de statistiques.

Graphique de performance des portefeuilles PFD et PP 2.x face au MSCI Switzerland depuis leur lancement respectif

Conclusion

Ce mois de mai illustre une fois de plus la nature cyclique des facteurs d'investissement. Quand les marchés entrent en mode risk-on extrême, concentrés sur quelques thèmes porteurs comme l'IA, les portefeuilles diversifiés et défensifs encaissent un retard relatif inévitable. C'est précisément pour cela qu'ils existent : protéger le capital dans les phases inverses, qui finissent toujours par arriver. Avec un cash supérieur à 26%, le PFD dispose d'un matelas confortable pour profiter des opportunités qui se présenteront (que ce soit lors d'une correction des marchés ou de nouvelles configurations favorables aux stratégies quantitatives). La patience reste la première qualité de l'investisseur systématique.

Sources et données

  • Statistiques portefeuilles PFD et PP 2.x : dividendes.ch/stats
  • Données de performance indices (MSCI Switzerland, S&P 500, indice mondial, 60/40) : FactSet
  • Goldman Sachs : prévisions bénéfices S&P 500 2026 et contribution des bénéficiaires IA : Goldman Sachs Insights

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